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Les jeunes prennent en main la sécurité

Publié le 26 avr 2010 dans Goma par Yves Zihindula

Les jeunes prennent en main la sécurité

D’aucun les confondent avec jeunes scouts. Chemise kakis, pantalons noirs, armés pour certains de planches, ces jeunes pour la plupart aux allures costaud, sont des plus en plus visibles dans les principales artères de la ville de Goma. La mairie de ville appuie depuis peu, une initiative dénommée « Anti gang », avec comme objectif, sécuriser davantage les civils et leurs biens. Seule différence avec la police, ces jeunes gens ne possèdent pas d’armes à feu.

Au marché de Birere, l’un des plus grands et plus populeux, les avis convergent, ça marche! Jeanine Masika, vendeuse du sucre est satisfaite du service rendu : « Avec leur présence on est certaines que nous ne seront pas volées ou tracassées par des enfants de la rue. Les cas des vols ont sensiblement baissé », se réjouit-elle. « Ils sont efficaces. Ils n’ont pas de grands moyens mais nous sentons l’impact de leur travail », ajoute Christian, un tenancier d’une cabine publique dans le même marché.

Malgré la satisfaction de Jeanine et Christian, cette initiative n’est pas vue d’un bon œil par tout le monde. Parmi les lésés, la police qui voit en ceci une menace. « Ces petits sont des civils sans aucune formation au préalable. La majorité d’entre eux sont des bandits ou voyous évadés de la prison. Je pense que la mairie, en appuyant ce groupe de jeunes commet une grave erreur d’encadrer la racaille », fait remarqué un officier de police.

Force est de constater qu’au delà de la lutte pour se nourrir au quotidien, la population se reprend en main d’autres prérogatives de l’État comme la sécurité. Mais au regard de l’état actuel des choses après des décennies de débrouille, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir, dans un pays où l’État ne joue pas pleinement son rôle.

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Le paradoxe des maquis

Publié le 26 avr 2010 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Des élèves à Lubumbashi

Tous les ans pendant 3 mois (de fin-mars à fin juin), les élèves en dernière année du secondaire de plusieurs écoles de Lubumbashi se réunissent dans le but de réviser leurs leçons, en prévision des épreuves des examens d’État. « Nous cachons le lieu de maquis pour ne pas être dérrangés par des visites intempestives », raconte Daniel KALALA, élève finaliste, option Math-Physique.

Plus qu’une nécessité pour préparer les épreuves des examens d’État, le maquis est une sorte de rite, un apprentissage de la vie, en dehors du cocon familial. C’est le moment d’apprendre à s’organiser seul pour la cuisine, le puisage de l’eau, la lessive… C’est aussi le moment propice aux premières expériences amoureuses et sexuelles, loin des regards des parents.

La pratique essuie de plus en plus de critiques  de la part des autorités scolaires et des parents qui estiment que les résultats obtenus à l’issue de ce retrait ne sont pas toujours ceux escomptés. La dimension financière entre également en compte. Si les maquisards se débrouillent pour cuisiner et pour exécuter les autres tâches ménagères, le financement du séjour dans le maquis coûte cher aux parents qui se plaignent parfois d’escroquerie de la part de leurs propres enfants : « Ils ne tiennent pas compte de nos moyens. Nous nous sacrifions pour payer tous les frais, mais ils gonflent toujours les chiffres et ne tiennent pas compte des revenus modestes de la famille », se plaint Monsieur MBAYO ILUNGA, père de deux élèves finalistes.

Dans bon nombre de cas, les maquisards regagnent le toit familial avec tout autre chose qu’un diplôme. Le premier contact avec la liberté se solde de temps en temps par des grossesses et d’autres expériences sans aucun rapport avec l’objectif premier des maquis qui reste la préparation des examens d’État dans la sérénité.

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Le triste sort des étudiants logés au Complexe Elungu

Publié le 31 mar 2010 dans Kisangani par Boyomais

Les images valent mieux que de longs exposés. Je vous propose un petit album photo du Complexe Elungu-Bâtiment : Situé juste à côté du Batam (bâtiment administratif de l’Université de Kisangani).

1. Le home pour étudiants dénommé "Complexe Elungu" présente un visage de désolation : bâtiment dans un état de délabrement avancé, l'insalubrité, ...

2. Complexe Elungu-Chambre : Inialement prévue pour loger trois pensionnaires, une chambre héberge aujourd'hui jusqu'à six étudiants. Conséquence : la promuiscuité, facteur favorable à la propagation rapide des épidémies ! Les appartements ambigus : juste la place nécessaire pour installer son lit.

3. Complexe Elungu-Cuisine : Ce réseau monté localement se retrouve dans presque toutes les chambres de ce home. Relié vaille que vaille à l'électricité, il aide les étudiants à préparer vite leurs repas, lorsqu'il n'y a pas délestage.

4. Complexe Elungu-Installations électriques : C'est ici la boîte centrale à partir de laquelle le courant électrique est distribué dans les chambres. L'état dans lequel il se trouve est alarmant. Mais, ici comme ailleurs au Congo, on attend gentiment les conséquences pour penser à arranger les choses.

5. Complexe Elungu Toillettes : Les toilettes de ce home ne sont pas épargnées par ce délabrement. Les étudiants logés au Complexe Elungu sont obligés de prendre bain dans une insalubrité indescriptible. Le service du patrimoine de l'Unikis est pointé du doigt accusateur.

6. Complexe Elungu-Petit commerce : Pour pouvoir couvrir les deux bouts du mois ainsi que les frais académiques et connexes, certains étudiants tiennent de petits commerces au home. Ici et là, l'on vend des produits de première nécessité, des habits, ...

Complexe Elungu-Plantation

7. Complexe Elungu-Plantation : Certains étudiants cultivent de petits champs de manioc à la fois pour l'autoconsommation et la vente.

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Sourd ou muet, pas de barrière pour apprendre

Publié le 31 mar 2010 dans Goma par Yves Zihindula

Un élève du complexe scolaire Ephata

Le complexe scolaire Ephata est le seul établissement qui encadre les sourds-muets dans la province du Nord-Kivu. Depuis sa création en 1985, les élèves et écoliers y apprennent à lire, à écrire et à s’exprimer à travers le langage des signes. Certains retrouvent même l’usage de la parole.

« La majorité d’enfants parviennent à s’exprimer grâce aux exercices auxquels nous leur soumettons, affirme John Gakuru, un de responsable de l’école, Au départ, nous avions commencés avec 9 élèves. Maintenant nous avons un effectif de 196 apprenants. Beaucoup viennent de plusieurs Kilomètres de la ville de Goma », continue t-il.

Cette école n’a seulement de particulier le fait qu’elle offre aux sourds-muets l’instruction mais, aussi et surtout par le fait qu’elle est quasi gratuite. « Etant une initiative de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) et appuyée par organisations humanitaire, nous demandons aux parents de contribuer avec un minimum de 40 dollars américains par an », déclare un des enseignants.

La fierté de cette école c’est Eric Kambale. Ce jeune homme de 24 ans, sourd-muet, a passé l’année dernière les examens d’état et a décroché son diplôme. Une première depuis la création de cette école. Il est actuellement inscrit à l’Université et s’en sort pas mal : « N’ayant pas accès à des explications des enseignants je m’arrange pour avoir les notes chez des amis. Je les copie et les lis et je m’en sors tant bien que mal », explique t-il en signe et interprété par des ses encadreurs.

Un élève du complexe scolaire Ephata

Des élèves du complexe scolaire Ephata

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Le journal en lingala facile a été suspendu pour une durée de trois mois

Publié le 25 mar 2010 dans Dessins par Cédric

Le journal en lingala facile a été suspendu pour une durée de trois mois

Décision prise par la Haute autorité des médias, HAM. L’instance de régulation des médias congolais reproche à ce journal atypique de s’écarter des normes éthiques et de déontologie du journalisme.

Ce que je trouve surprenant c’est que ce programme existe et qui est diffusé depuis 2008. Il aura donc fallu deux ans pour que la HAM réalise qu’il ne respecte pas la déontologie.

La HAM qui n’a jamais été dérangée par tous ces programmes très peu étiques, diffusés à longueur de journées sur les chaines congolaises se réveille subitement pour en censurer un.

Quel est le vrai problème derrière cette suspension?
Bien qu’atypique, ce journal en lingala facile expose le quotidien des kinois et les difficultés du quotidien. Est-ce à cause de ce côté dénonciateur que la HAM décide de suspendre cette émission ? Je peux aller plus loin en m’interrogeant sur la vraie intention qui se cache derrière ce musèlement. Et si cette émission ne réapparaissait pas au bout des trois mois ?

Tout observateur averti peut se rendre compte que les vois discordantes sont très peu supportées au Congo. Dans l’état actuel des choses, il faut faire le choix entre le silence et le métier de griot pour les « honorables » et « excellents » politiques congolais.

Je fais bien-sûr allusion à la suspension de la Radio France internationale, dont le traitement de l’information congolaise ne caressait pas l’homme politique congolais dans le sens du poil. Mesure du gouvernement : suspendre purement et simplement les programmes de cette radio, privant à tout un pays l’accès à l’actualité internationale.

Chassez le naturel et il revient au galop… Parti unique et hymnes aux chefs font peu à peu leur retour.


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Casse-tête kinois ou le calvaire des étudiants de la capitale congolaise

Publié le 25 mar 2010 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Le casse-tête kinois des étudiants de la capitale congolaise

Il est 4heures 30 minutes. Le réveil sonne. Malgré elle, elle quitte son lit. Carline Tshilanda a 24 ans. Elle est étudiante en première année de doctorat en médecine à l’université de Kinshasa.

  • Cette demoiselle est obligée de se lever aussi tôt pour plusieurs raisons :
  • Elle habite Binza ozone, un quartier à x km de l’université
  • Elle n’a pas pu obtenir une chambre au home cette année (bien qu’elle soit un ayant droit)
  • Trouvez un taxi pour le campus âpres 6h du matin est un parcourt de combattant
  • En tant que femme, elle doit aussi avoir un peu de temps pour se faire belle…

Mira : alors carline, une fois prête pour le campus, dit nous comment ca se passe

Carline : tu sais Mira, souvent je n’aime pas parler de mes journées

M : Pourquoi ?

C : Elles sont tellement lourdes que j’aimerais les oublier

M : raconte-nous quand même…

C : Je vais quand même te résumer mon calvaire : 5heures 40…6 heures je prends mon bus. 2 heures plus tard je suis sur le campus. Je ne suis pas la première arrivée. Des centaines de camarades sont déjà dans l’auditoire. Les places assises font objets de bagarres dans l’auditoire. Nous sommes à 2000 pour un auditoire construit à l’origine pour accueillir 500 personnes. Imaginez…

Ce parcours du combattant,  c’est celui e tous les étudiants de la capitale. J’ai proposé à carline de l’accompagner prochainement dans son auditoire pour que vous et moi puissions palper du doigt la réalité. Il faudra juste attendre la fin de la grève… Affaire à suivre.

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Les professeurs de l’université de Kinshasa en grève depuis plus d’un mois

Publié le 24 mar 2010 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Les professeurs de l'université de Kinshasa en grève depuis plus d'un mois

Voilà plus d’un mois que les professeurs de l’Université de Kinshasa sont entrés en grève. Un mouvement de protestation qui se radicalise, les enseignants jugeant que leurs revendications ne sont pas prises en compte par le gouvernement. Pour en savoir plus sur cette grève, nous nous sommes entretenus avec le professeur Anthoine Kitombole, président de l’Association des professeurs de l’université de Kinshasa (APUKIN).

Professeur dites-nous pourquoi vous avez déclenché la grève ?

Nous revendiquons deux points : d’abord un statut particulier aux professeurs en suite un barème salarial qui avait été d’abord adopté à l’assemblée en première lecture, puis rejeté en deuxième lecture. Nous pensons que ce barème même rejeté par le parlement, le gouvernement peut nous l’appliquer.

Qu’entendez vous par un statut particulier ?

Un statut particulier c’est-à-dire traiter un professeur suivant son rang. Donc  nous situer dans la société c’est à dire qu’il y ait  de la considération pour les formateur des formateurs, parce que les professeurs forment les hauts cadre de la république et nous pensons qu’ils méritent une position social du à leur  rang.

Et le nouveau barème que vous réclamez, c’est quoi ? A combien vous voulez être traité ?

C’est un barème que nous réclamons depuis des années. C’est depuis 2004 que nous a promis qu’en 2006, le professeur ordinaire aura 2100 dollars, et jusqu’à ce jour, 2100 dollars nous ne les avons jamais eu. Mais cette fois ils ont été adoptés, mais en deuxième lecture ça était rejeté. Nous pensons qu’il est grand temps que le professeur ordinaire ait quand même ces 2000 dollars. Ce n’est pas trop demander à la république. Cela va améliorer les conditions de travail et de vie des professeurs.

Mais comment faites vous aujourd’hui pour survivre ?

Nous donnons des coups de mains par ci par là, dans d’autres institutions. Nous sommes presque dispersés et nous perdons de l’efficacité en essayant de donner cours à gauche à droite. Nous voulons que le professeur se consacre aux vrais problèmes du pays plutôt que de s’éparpiller.

Est-ce que vous pensez qu’il y a assez d’argent pour répondre à votre demande ?

Oui, la première chose c’est que le budget a été préparé par les experts du ministère du budget. Le même budget déposé au parlement, les parlementaires ont trouvé des recettes additionnelles. C’est montré aux experts que vous n’avez assez travaillé et si vous travaillez encore un peu vous aurez plus que ce nous avons trouvé.  Les parlementaires ont prouvé à suffisance qu’il y a de l’argent pour payer tout le monde.

En initiant cette grève, vous pensez que la situation sera décantée ?

Nous espérons que notre action va réactiver les choses. Les choses sont entrain peut être de se dérouler à une vitesse  plus lente, et nous pensons qu’avec ce que nous faisons, on pourra trouver une solution rapide.

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Indépendance cha-cha : le roi des Belges à Kinshasa en juin

Publié le 15 mar 2010 dans Dessins par Cédric

Indépendance cha-cha : le roi des Belges à Kinshasa en juin

C’est confirmé, le roi Albert II de Belgique assistera aux cérémonies du 50e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo. Après le roi Baudouin en 1985, le chef de tous les nokos va donc se rendre à Kinshasa pour participer à cette fête dont l’ambiance s’annonce très festive.

La confirmation du gouvernement d’Yves Leterme apporte la pièce manquante pour que la fête soit totale, et ce en dépit du fait que de plus en plus de voix qui s’élèvent pour réclamer que le cinquantenaire de l’indépendance soit célébré dans le recueillement, pour honorer la mémoire de tous ces congolais qui ont perdu leurs vies dans les conflits armés de ces dernières années.

Nous allons fêter, et le roi sera avec nous. Mais qu’allons-nous vraiment fêter ? La question revient encore et encore.

Le Congo est-il en position de faire la fête ? Est-ce par pur je m’en-foutisme ou par fatalisme que nous nous sentons de faire la fête alors que le Congo tombe en miettes tous les jours qui passent ?

Connaissant mon pays et l’humeur festive de ses habitants, je sais que les brasseries offriront de la bière. Les musiciens congolais griots et autres griots du pouvoir seront payés aux frais du contribuable pour livrer des concerts un peu partout dans le pays. Les organisateurs en profiteront également pour se faire du beurre. Un petit zéro de plus dans les frais, ça fait également partie de la fête.

C’est le même cycle encore et encore. Le jour d’après, le 1er juillet, ce sera le retour à la réalité. Les miliciens bourrés de la veille vont violer et tuer et ça passera comme des faits divers comme des autres. Ceux qui auront fait la fête la veille vont retourner sans broncher dans leur débrouille, en attendant la prochaine occasion…

A toutes et à tous, bonne fête du cinquantenaire…

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Journée de la femme : la parité prend les dessus sur la sécurité

Publié le 13 mar 2010 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Célébration de la journée de la femme à Bukavu

La journée du 8 mars dernier a été célébrée comme d’habitude avec faste dans la province du Sud Kivu. Les femmes ont répondu massivement au rendez vous de la marche pacifique organisée pour la circonstance. Pour cette année, le thème choisi était « Le progrès pour tous par la parité homme femme dans un Congo cinquantenaire ».

Particularité cette année, la parité semblait être la priorité par rapport aux dernières années où les femmes réclamaient prioritairement la sécurité. Les viols et autres violences sexuelles font moins parler d’eux. Désespoir ou amélioration de la situation ? Une chose est sûre, sur la moitié des calicots que tenaient les manifestantes, on pouvait clairement lire : « Nous réclamons le respect de l’article 14 de la constitution. Plus de place pour les femmes dans la gestion de la chose publique. »

Cet article 14 stipule que les femmes devraient occuper à 30% des places dans les institutions du pays. Mais la réalité sur le terrain est toute autre. Sur 36 députés dans la province du Sud-Kivu, il n’y a que deux femmes et sur les dix membres que compte le gouvernement provincial, il n’y a qu’une seule.

Célébration de la journée de la femme à Bukavu

Cette fête de la femme s’est clôturée comme toutes les années avec son lot de promesses. Réponse du Gouverneur intérimaire de la province du Sud-Kivu aux femmes : « Nous allons tout faire pour que les femmes soient valablement représentées dans les institutions tel que le prévoit la constitution. »

Cette énième promesse se transformera-t-elle en réalité ? Rendez-vous l’année prochaine.

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Cinquantenaire de l’indépendance : vaut-il la peine de fêter ?

Publié le 9 mar 2010 dans Dessins par Cédric

Cinquantenaire de l’indépendance : vaut-il la peine de fêter ?

Plus la date du 30 juin se rapproche, plus on parle des festivités pour le cinquantenaire de l’indépendance. Le comité d’organisation spécialement mis en place annonce une possible participation du roi belge et d’autres invités de marque. L’ambiance s’annonce donc festive. Mais depuis qu’on parle de cette commémoration, je réfléchis sans cesse et j’essaie de trouver, moi, une bonne raison pour fêter.

Indépendance cha-cha, 50 ans après, quel bilan ?

D’après ce qui se raconte, en 1960, le Congo était un pays fonctionnel. Il parait qu’il y avait des routes et des trains. Il se raconte également qu’à l’époque, manger, étudier ou se soigner, ce n’était pas du luxe. 50 ans plus tard, ce géant qui comptait parmi les puissances sur le continent africain est à bout de souffle. Il agonise. Pire, avec les années qui passent, la situation ne cesse de se dégrader. Le temps passe et le nombre de ceux qui ont connus un Congo fonctionnel se réduit.

Moi, je ne l’ai pas connu ce Congo qui marche, mais les histoires de mon grand-père me font rêver. Quand il me parle de son Congo à lui, je suis jaloux et je me demande s’il est possible d’inverser la tendance actuelle afin de retrouver ce paradis perdu. Mais la frontière entre le rêve et la réalité est souvent infranchissable. Verrais-je arriver ce Congo qui me fait rêver du temps qui me reste à vitre ? Je n’y crois pas trop mais qui sait ?

Deux regards différentes

J’ai trois heures d’attente dans un aéroport et j’écoute en boucle l’hymne de l’indépendance. Pas celle de Joseph Kabaselle dit le Grand Kallé avec son African Jazz, mais une version qui se rapproche plus de mon regard. Baloji, presque le même âge que moi et mêmes interrogations.

Première version : Grand Kalle, salue l’avènement d’un Congo indépendant. Accompagnant Patrice Lumumba à Bruxelles en janvier 1960, lors de la table ronde à l’issue de laquelle la date de l’indépendance du Congo sera fixée au 30 juin, Grand Kallé avait écrit cette chanson, devenue en Afrique un hymne de la libération.

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Deuxième version : 50 ans plus tard, Baloji, jeune congolais résidant en Belgique et visiblement en quête d’identité s’interroge interroge : 50 ans après, mais qu’est-ce qui a changé ?

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