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Bukavu : Exode rural au Sud Kivu, qui cultivera les champs ?

Publié le 13 jan 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une boutique à Bukavu

L’insécurité et la pauvreté dans les zones rurales de la province du Sud-Kivu poussent bon nombre de jeunes à se déplacer vers le centre urbain. Ils vendent ainsi leurs terres et à leur arrivée dans l’agglomération, certains s’affairent à des taches ménagères dans des familles contre une petite rémunération, et d’autres se lancent dans des petits commerces.

« Pendant la guerre, des hommes armés sont passés dans mon village et ont enrôlé de force tous les jeunes. J’y ai échappé parce que j’étais aux champs au moment de leur passage. J’ai suis venu m’installer à Bukavu et je survis grâce à mon petit commerce », raconte Mushagalusa, un jeune homme qui tient une petite échoppe où il vend bonbons, biscuits, cigarettes et d’autres articles. Sa boutique lui sert en même temps de lieu de travail, de cuisine et de chambre à coucher, une fois la nuit tombée.

Ils sont nombreux à vivre dans les mêmes conditions que Mushagalusa. Cela fait donc moins de mains pour accomplir les travaux champêtres. Les habitants de ces villages qui fournissaient jadis les villes en légumes, fruits et autres denrées abandonnent leurs terres pour venir chercher refuge en ville.

Et dire que tous les mouvements armés qui sévissent dans la région prétendent œuvrer pour le bien être de la population et défendre ses intérêts…

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Kinshasa : La raison de l’homme armé est toujours la meilleure

Publié le 12 jan 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Soldats congolais

Ça va faire un peu plus d’un mois qu’un général des FARDC (forces armées de la République démocratique du Congo) a aménagé près de chez moi. J’ai appris l’arrivée du nouveau voisin d’une manière assez particulière. En me ramenant chez moi il y a quelques jours, le taximan s’est fait battre par deux militaires commis à la garde du Général. Son péché : s’être arrêté devant la parcelle qu’occupe le chef pour me déposer.

Je me dirigeais déjà vers chez moi quand j’ai entendu du bruit derrière moi. En revenant sur mes pas pour voir ce qui se passait, l’un des deux soldats m’a crié : « Yo oyebi te que mokonzi avandaka awa, olingi kosala attentat? Soki omeki lisusu kotelemisa mutuka awa to ko tia yo na cachot…» Traduction: « Tu ne sais pas que c’est la résidence d’un chef? Tu veux faire un attentat ou quoi? Si tu oses encore stationner un véhicule ici, nous allons te jeter au cachot. »

Observant autour de moi, je n’ai vu aucun panneau ou indication mentionnant qu’il était interdit de s’arrêter à cet endroit. Je n’ai pas osé discuter, sachant très bien comment finissent ceux qui osent se mettre en opposition avec ces hommes forts armés.

Une interrogation se ballade dans ma tête : Devrions-nous déplacer les arrêts de bus à chaque fois qu’une autorité s’installe à proximité? N’étant jamais sortie de mon pays, je me demande si les choses se passent de la même manière ailleurs. Ici à Kinshasa, les habitations des officiers militaires sont des endroits interdits. Des rues entières sont parfois barricadées juste parce qu’une autorité politique y habite. Tout cela sans compter le spectacle habituel des cortèges des ministres, députés, leurs copines et leurs enfants qui obligent tout le monde à sortir des routes pour les laisser passer.

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Kisangani : La débrouillardise n’attend pas le nombre des années

Publié le 9 jan 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un vendeur de pétrole dans les rues de Kisangani

C’est devenu presque une tradition, un passage obligé pour bon nombre d’enfants Boyomais : vendre du pétrole, le soir, à travers les rues de Kisangani.

Fabrice a 11 ans. Il est vendeur ambulant de pétrole. Chaque soir, il prépare sa logistique pour aller bosser : une bouteille de Coca Cola bien remplie de pétrole, un entonnoir, une boîte de tomate vide pour servir de mesurage et une autre bouteille pleine de pétrole dans le dos. « J’habite la 16ème avenue dans la commune de la Tshopo. Pour mieux vendre, je cible plutôt les quartiers qui n’ont pas d’électricité ou qui ont été délestés par la SNEL », me confie-t-il innocemment.

Pour information, le délestage est un mode de distribution de courant électrique inventé par la Société nationale d’électricité. Le principe de ce système révolutionnaire est simple : différents quartiers reçoivent à tour de rôle l’électricité. Ainsi, certains coins ne sont alimentés qu’une fois par semaine. Le reste du temps, les habitants doivent trouver des moyens alternatifs pour s’éclairer et cuisiner.

Cherchant à savoir ce qu’il tire comme bénéfice de ce business, Fabrice m’explique : « J’achète une bouteille de pétrole à 540 francs congolais et je le revends en détail. Ca me rapporte 1000 francs congolais au bout de deux nuits. Une partie de mon bénéfice de 460 francs congolais me sert à acheter, le lendemain, quelques morceaux de molé (manioc cuit) à l’école pendant la récréation et je conserve un peu d’argent dans ma caisse (tirelire). »

Tant que dure l’agonie de la SNEL, le commerce de Fabrice marchera. Je m’interroge cependant sur l’avenir de mon pays avec une jeunesse poussée dès le bas âge vers l’informel.

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Goma : Les débrouillards qui alimentent la ville en eau

Publié le 8 jan 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Vendeur d'eau dans une rue de Goma

Comment se faire de l’argent lorsqu’on habite la ville de Goma, qu’on est chômeur, que la compagnie chargée de la distribution d’eau potable tourne au ralenti et qu’il y a un lac à proximité ? Les jeunes Gomatraciens ont trouvé la réponse :

  • Un vélo,
  • Quelques bidons en plastique,
  • Une branche et des cordes pour attacher les bidons au vélo,
  • Une bonne dose de courage et la force d’aller puiser l’eau du lac Kivu,
  • Et enfin une bonne campagne marketing pour revendre l’eau ainsi récoltée à la population des quartiers privés d’eau.

C’est depuis l’éruption volcanique de 2002 que l’eau ne coule plus des robinets de certains quartiers. La Regideso ne dessert plus que des quartiers jugés « stratégiques ». Conséquence : le nombre de ces cyclistes vendeurs d’eau a galopé dans la ville. J’en croise partout dans les rues de mon quartier.

Le prix d’un bidon d’eau varie entre 100 et 150 francs congolais. Pour les cyclistes robustes, pouvant transporter plusieurs bidons par jour, le gain est assuré. Ils se retrouvent ainsi tous les jours avec une somme variant entre 2000 et 7500 (environ 3 et 12 dollars américains). Un budget suffisant pour nourrir une famille.

Dans le registre des difficultés rencontrées par ces jeunes débrouillards, un cycliste m’a laissé entendre que les militaires (marins) qui montent la garde sur les rives du lac Kivu font payer une taxe de 20 francs congolais par bidon d’eau puisé. Pas de quittance en échange, preuve que c’est une taxe totalement illégale.

Si on peut se réjouir des services rendus par ces vendeurs, il y a aussi lieu de s’interroger sur la qualité de l’eau provenant directement du lac et sur les risques liés aux maladies hydriques. Les vendeurs ont d’autres soucis que de désinfecter leur marchandise. Pour leur part, les consommateurs ne prennent pas toujours les précautions nécessaires pour débarrasser l’eau du lac des microbes qu’elle pourrait contenir.

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Kinshasa : Rareté de touristes en RDC, une difficulté majeure pour les vendeurs d’objets d’art

Publié le 7 jan 2009 dans Kinshasa par Joy, Leki ya Bukavu

 Une vendeuse de tapis Luba à Kinshasa

Agée d’une quarantaine d’années, Maman Malu vend des tapis en raphia au marché Bikeko de la gare centrale de Kinshasa depuis 1998. « J’étais mariée à un blanc qui aimait embellir la maison avec des objets d’art. C’est comme cela que je me suis intéressée aussi à la chose » confie-t-elle.

Cette activité générait beaucoup de revenus avant les nombreuses guerres qui ont secoué la RDC. Aujourd’hui, il est difficile pour cette femme et pour ses collègues de vivre de ce commerce. « C’est parce que les touristes se font rares que nos produits ne s’écoulent plus facilement. Lorsque nous essayons de voyager pour vendre nos marchandises à l’étranger, nous sommes butés à des difficultés avec les histoires de visa et autres », ajoute-t-elle.

A la question de savoir pourquoi ce marché semble exclusivement destiné à des clients étrangers, une réponse claire : la majeure partie de la population congolaise est occupée par la lutte quotidienne pour rester en vie et gagner son pain quotidien. Dans ce contexte, l’art n’a que très peu d’intérêt.

Espérant des jours meilleurs, Maman Malu et ses autres collègues ne baissent pas les bras. Malgré toutes les difficultés rencontrées, ils se rendent tous les matins au marché et prennent d’assaut les rares touristes qui se risquent encore dans la capitale congolaise.

Cet exemple prouve bien que la population congolaise ne profite en rien de tous ces conflits qui rongent le pays. Serait-ce utopique d’espérer retrouver un Congo en paix, uni et fort, attirant des touristes provenant des 4 coins de la planète ?

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Kinshasa : Des gris-gris dans les poches, comme dans les champs

Publié le 6 jan 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Des fétiches dans un champ de maïs à Kinshasa

A proximité du tunnel que j’emprunte tous les jours pour me rendre à l’arrêt de bus, il y a quelques plants de maïs. Je n’avais jamais vraiment fait attention à ce petit champ, jusqu’au jour où j’ai remarqué de petits paquets de tissus rouges attachés à certaines plantes. me renseignant sur leur utilité, j’ai appris qu’il s’agissait de gris-gris destinés à décourager d’éventuels voleurs. Cette drôle de découverte me pousse à me poser une question : les oiseaux auraient-ils peur de ces fétiches au point d’éviter de picorer les grains de mais ?

Fiction ou réalité, je me rends compte que le Congolais, qu’il soit de Kinshasa ou de l’intérieur du pays, reste attaché à des croyances ancestrales même quand elles ne sont pas rationelles. Il y a quelques jours, alors que j’étais à bord d’un taxi collectif (qu’on partage à 4 et parfois à 5, sans compter le chauffeur),  j’ai participé à une discussion fort intéréssante. Les autres passagers qui voyageaient avec moi discutaient à propos de la dextérité des pickpockets de Kinshasa. Le premier qui se disait chef coutumier pretendait que nul ne pouvait lui dérober son bien et rester impuni. Et le deuxième d’évoquer la vie du village : « les habitants de mon village ne fermaient pas leurs portes, même lorsqu’ils allaient aux champs, parce que justement personne n’oserait voler, de peur d’en devenir fou, ou pire, d’en mourir », affirmait-il.

Au marché, les commerçantes truffent leurs produits de piments rouges, censés les protéger contre les personnes mal intentionnées. Je m’interroge aujourd’hui sur l’impact de ces croyances dans l’épanouissement du Congolais. Et parfois, dans une vision peut-être un peu exagérée, ces croyances m’apparaissent comme des racines qui nous empêchent d’avoir des ailes.

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Kinshasa : Un match de foot pour aider les victimes de la guerre à l’Est de la RDC

Publié le 26 déc 2008 dans Kinshasa par Joy, Leki ya Bukavu

Le stade des martyrs de la pentecôte à Kinshasa

Cinquième journée à Kinshasa. En suivant la radio nationale Congolaise (RTNC) ce matin, je sursaute lorsque j’entends le journaliste annoncer à la fin de son journal que la Fondation Shabani Nonda en collaboration avec l’association des footballeurs congolais organisent un match de gala ce samedi 27 décembre 2008, au stade des martyrs de la pentecôte à Kinshasa. Ce match opposera l’équipe nationale locale et les joueurs congolais évoluant à l’étranger.

« Ce match est placé sous le signe de la paix et de l’unité nationale. Les recettes obtenues au cours de cette rencontre serviront à l’achat de vivres et non vivres à envoyer aux déplacés et autres victimes de la guerre au Nord et au Sud Kivu », disait le journaliste.

Je trouve que cette initiative est louable mais je me demande combien de temps nous, habitants des Kivu allons nous contenter de dons. Ce que nous voulons vraiment c’est la paix. Cultiver nos terres, vendre nos produits et arriver ainsi à subvenir aux besoins de nos familles.

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Kinshasa : Un Noël morose

Publié le 26 déc 2008 dans Kinshasa par

Père Noël sous les tropiques

Pour la première fois, j’ai vécu un Noël tranquille à Kinshasa. Pas de guirlandes dans les rues, aucune décoration, pas de musique, bref rien. Les habitants de ma ville natale semblent fatigués et rompent avec l’habitude de se dépasser pour célébrer avec faste la nativité. Dans mon quartier, la SNEL a eu la magnifique idée de nous priver d’électricité. Décidés à faire la fête malgré tout chez moi, nous avons donc renoué avec notre bonne vielle méthode de cuisson des aliments au feu de bois. Pour la musique, mon voisin a utilisé la radio de sa voiture.

Je me souviens des années de mon enfance où les parents étaient obligés d’acheter des vêtements neufs à leurs enfants et de leur offrir des cadeaux pour Noël. En ce qui concerne la bouffe, le 25 décembre, c’était l’occasion de changer les habitudes culinaires et d’offrir des plats spéciaux à la famille. Les choses se passent différemment aujourd’hui. La pauvreté qui touche la majorité des foyers congolais change les habitudes. Ce qui me surprend c’est que les congolais, ne se plaignent toujours pas.

Tendant l’oreille autour de moi, je n’ai entendu que quelques murmures : « c’est la crise, pas d’ambiance festive cette fois-ci mais Dieu aidant, ça ira peut-être mieux l’an prochain… »

Je ne vais pas faire la mauvaise langue pour prédire ce qui va se passer dans une année mais j’espère juste que la date du 25 décembre restera chômée.

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Kinshasa : A la découverte des « Malewa »

Publié le 24 déc 2008 dans Kinshasa par Yves Zihindula

Un plat Kinsois servi dans un restaurant

Il est midi à Kinshasa. Sous une chaleur suffocante, nous allons manger dans un malewa (les Kinois utilisent ce mot pour désigner des petits restaurants de rue), en groupe avec les autres correspondant BA LEKI en formation à Kinshasa. Une découverte pour moi et les autres du groupe qui venons des provinces et qui ne connaissons pas très bien comment les choses se passent dans la capitale. Les Kinois du groupe connaissent et semblent apprécier. Nous nous laissons donc entraîner.

Quelques minutes de marche, et nous nous retrouvons dans l’espace d’une parcelle clôturée par des morceaux de tôles rouillés. Quelques filles font des va-et-vient, se faufilant entre les tables couvertes des tissus sur lesquels est imprimés le logo de l’une des sociétés brassicoles. Elles servent à boire et à manger aux nombreux clients. Je m’arrête devant les mets proposés. Le choix est large et les prix abordables. Je choisis de manger du mpiodi (poisson braisé), du pondu (feuilles de manioc) et du foufou, une pâte à base de farine de maïs et de manioc. Un vrai régal!

Pour un lieu fréquenté par des Kinois, réputés amoureux de la musique, je trouve un peu bizarre qu’il en manque. L’ambiance est tout de même bonne. On discute, on mange, on négocie divers articles proposés par des vendeurs ambulants.

Une chose est sûre, je reviendrai manger dans ce restaurant à l’ambiance particulière.

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Kinshasa : Quand l’Union Européenne vient nettoyer chez nous

Publié le 24 déc 2008 dans Kinshasa par

Salubrité à Kinshasa : un panneau publicitaire

Kinshasa ne s’est pas arrêtée de tourner en mon absence. De retour après six mois d’absence, pas grand-chose de changé finalement. Je retrouve les embouteillages, les problèmes de transport, les policiers corrompus, les nids-de-poule et toutes ces autres choses qui font de Kinshasa une ville très particulière. Il y a aussi les Kinois qui peinent au quotidien sans se plaindre et nos chers politiciens, à bord de leurs 4×4, toujours si élégants et éloquents mais autant impuissants face à la déliquescence du pays.

Comme pour la réhabilitation de la distribution d’eau de la Regideso il y a quelques mois, je découvre une publicité annonçant un programme de salubrité financé par l’Union Européenne. Me réjouir ? Je ne sais pas trop si je devrais. Je me pose plutôt la question de savoir si les congolais ne sont pas capables de maintenir eux-mêmes propre leur cadre de vie.

Sur le panneau, Djo Bopeto, envoyé spécial de l’Union Européenne chargé de nettoyage des pays incapables d’assurer les conditions minimum de salubrité demande aux Kinois de préserver la salubrité de leurs quartiers. Dommage qu’il n’ait pas de chicote pour sanctionner les réfractaires.

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