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Kisangani : Policiers corrompus et usagers de la route prêts à payer

Publié le 30 jan 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un roulage se faisant corrompre à Kisangani

Deux nouveaux policiers de roulage œuvrent désormais près de chez moi. Ils ont bien choisi leur lieu de travail, cachés derrière un manguier. Ils surgissent par surprise à l’approche d’une voiture ou d’une moto et là ça ne rigole pas!

J’ai passé du temps à les observer à l’œuvre et j’ai bien compris comment le business marche. Dès qu’une moto ou un véhicule s’approche, ils prennent position, tel un pécheur qui voit un poisson s’approcher de sa ligne, et surgissent au moment M pour barrer la route. Un petit contrôle de papiers s’en suit, quelques billets de banque glissent ensuite et le conducteur peut repartir.

Nos policiers ont ensuite une petite pause, le temps de fumer quelques cigarettes en attendant le prochain poisson. C’est une scène plus que normale qui se répète encore et encore, au vu et au nez de tout le monde sans que cela ne choque qui que ce soit.

A la fin de la journée, ces deux hommes habillés en jaune et bleu auront bien récolté une belle somme d’argent pour le compte non pas du trésor public mais pour le compte de ce qu’ils appellent, dans leur jargon, le « sombe ya watoto » ou le « madesu ya bana » ou encore le « bana basumba » (Traduction :  »le pondu pour les enfants » ,  »les haricots pour enfants » ou encore  »de quoi envoyer les enfants aux toilettes »).

En vivant ce genre de scènes, je me rends bien compte que l’Etat congolais est un parent pauvre dont les enfants, agents de police et de l’administration se débrouillent pour manger. La mère patrie, personne ne s’en soucie et la même interrogation qui revient régulièrement : « Ngai moto nakobongisa mboka yango ? » traduisez : « Est-ce moi qui vais reconstruire ce pays en ruines ? »

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Bukavu : Chasse aux Albinos en Tanzanie et au Burundi, ceux de Bukavu réagissent

Publié le 29 jan 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Juvénal Lushule, président de l’Association pour la Promotion des Albinos au Sud Kivu

« Ce n’est pas vrai, nos organes ne portent pas chance… », C’est le cri d’alarme des albinos de la ville de Bukavu, réagissant aux nouvelles provenant du Burundi et de la Tanzanie et faisant état d’une chasse généralisée aux albinos. Au mois de novembre dernier, l’ONU dénonçait cette pratique qui avait entrainé notamment le meurtre d’une petite fille de six ans, tuée d’une balle dans la tête pour récupérer ses membres censés apporter la richesse.

Débordant d’imagination et certainement fous, des charlatans ont lancé la rumeur selon laquelle le sang des albinos pouvait être utilisé pour rechercher de l’or et leurs membres pouvaient servir à améliorer la pêche de poissons.

Réagissant face au sujet, Juvénal Lushule, président de l’Association pour la Promotion des Albinos au Sud Kivu a du mal à comprendre : « Pourquoi s’acharne-t-on contre les albinos ? Les membres de mon association qui ont de la famille ou qui font des transactions commerciales au Burundi, ne savent plus s’y rendre et vivent dans la peur. Ils craignent surtout que ces pratiques ne traversent la frontière lorsque les stocks d’organes s’épuiseront dans les deux pays voisins. »

L’association s’est adressée aux autorités locales, réclamant des mesures préventives pour la protection des albinos mais n’a reçu aucune réponse. Pas étonnant quand on sait que les politiciens congolaises, incapables de prévenir, attendent que les tragédies aient lieu pour dépêcher des commissions parlementaires ou encore faire des « dons » aux familles des victimes.

Je comprends parfaitement que les albinos n’aient pas trop envie de se faire charcuter mais j’ai par contre du mal à comprendre qu’en plein 21ème siècle, des croyances de ce genre soient encore répandues et surtout suivies…

Liens : La chasse aux albinos au Burundi (RFI)

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Kinshasa : baignades gratuites pour tous les habitants

Publié le 28 jan 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Piscines publiques à Kinshasa

Des piscines gratuites et à ciel ouvert, on en trouve pratiquement dans tous les coins de la ville de Kinshasa. Les habitants des quartiers bordant la route Kinshasa – Matadi sont particulièrement gâtés !

Dame la pluie, constructrice et conservatrice de ces piscines ne se soucie pas trop des embouteillages et des problèmes de transport qu’occasionnent ces flaques d’eau gigantesques en pleine capitale.

Traverser ces mares est assez périlleux pour ceux qui ne savent pas nager. Les riverains qui doivent les franchir tous les jours pour se rendre ou revenir de leurs lieux de travail se voient offrir les services des débrouillards du coin. Pour la modique somme de 100 francs congolais, ces derniers prêtent leurs dos et épargnent leurs clients de la noyade. Le problème c’est qu’ils ne veillent pas trop à l’hygiène. Ils semblent ignorer que tous leurs bénéfices risquent de passer en soins médicaux, l’eau de ces piscines n’étant pas très propre.

Quant à eux, les conducteurs de taxi évitent les routes parsemées de piscines, ce qui fait que le transport en commun est un véritable casse-tête chinois dans la capitale congolaise. Les plus téméraires qui s’y risquent avec leurs voitures sont souvent obligés de les abandonner pour se sauver à la nage.

Nos dirigeants dans tout ça ? Ils ont des bouées de sauvetage très efficaces : leurs beaux 4×4 payés gracieusement par les fonds publics. Ils attendent sûrement que les piscines se transforment en fleuves pour réagir.

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L’armée rwandaise à nouveau au Congo, qu’en pensent les congolais ?

Publié le 26 jan 2009 dans Kinshasa par

Goma : Maleck, étudiant

Goma : Maleck, étudiant

« Je ne comprends pas à quoi joue le gouvernement. Il y a à peine quelques jours, le chef d’état major général des FARDC a affirmé ne pas être au courant de l’entrée des éléments Rwandais dans notre pays. Peu avant lui, c’était Vital Kamhere, président de l’assemblée nationale qui se disait surpris. Personnellement je garde un très mauvais souvenir des antérieures présences de troupes Rwandaises au Congo. En 2003, j’ai été sérieusement battu par un militaire rwandais, simplement parce que j’avais refusé de dégager des pierres placées en barricade sur la route après des manifestations de protestation par rapport à leur présence. Maintenant, nos dirigeants les laissent revenir, je ne comprends rien. »
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Kisangani : Samuel Atayaka, gardien dune ONG locale

Kisangani : Samuel Atayaka, gardien dune ONG locale

« Ça doit faire la quatrième fois que les troupes rwandaises entrent en RDC. Elles sont venues d’abord avec l’AFDL et elles sont arrivées jusqu’à Kinshasa en 1997 en laissant derrière elles les FDLR dans les provinces du Nord et Sud-Kivu. Ensuite, elles sont revenues avec le RCD en 1998 et ont occupé les provinces où se trouveraient les FDLR sans pour autant les neutraliser. Lors de la chute de Bukavu entre les mains de Laurent Nkunda et de Jules Mutebusi, elles étaient encore là. Récemment, elles ont été aux côtés du CNDP de Laurent Nkunda dans certains territoires du Nord-Kivu. Mais, les FDLR ne sont toujours pas neutralisées. Cela démontre clairement que l’armée rwandaise, chaque fois qu’elle entre au Congo, ce n’est pas pour traquer les FDLR mais bien pour une autre raison: exploiter nos richesses. »
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Bukavu : Chantal Sibazuri, étudiante

Bukavu : Chantal Sibazuri, étudiante

 

« Je suis étonnée comme tout le monde d’ailleurs que notre gouvernement a accepté ce retour des Rwandais chez nous. C’est vrai, tout le monde veut que les Interahamwe retournent dans leur pays, mais ce qui est grave et qui étonne c’est qu’aucune mesure n’ait été prise pour sécuriser la population. Les autorités devraient informer la population et la prévenir de cette entrée. Le gouvernement devait ensuite déplacer les populations qui vivent dans des coins occupés par les Interahamwe vers des territoires plus sécurisés. Comme toujours, là où deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre. La population sera encore massacrée et les femmes violées. C’est sûr que les FDLR vont réagir et c’est sur la population qu’ils se vengeron. Les jeunes seront encore une fois recrutés de force et soumis à l’esclavage. Nous devons avoir une armée qui soit capable de défendre l’intégrité du territoire et pour cela il faut mettre les militaires dans des bonnes conditions de vie et de travail. Et enfin, il faut la communauté internationale qui a fait enter ces Hutus au Congo s’implique encore pour les faire retourner chez eux sans verser le sang des congolais. »
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Kisangani : Taorin, chômeur

Kisangani : Taorin, chômeur

 

« Je crois que cette nouvelle entrée des troupes rwandaises au Congo a été décidée très loin, en Occident, peut-être par OBAMA, le nouveau Président des Etats Unis d’Amérique. Tenez, 4 jours avant son investiture, les rebelles du CNDP déclarent la fin de la guerre. Le jour de sa prestation de serment, les troupes rwandaises entrent au Congo pour traquer aux côtés des FARDC les FDLR; c’est une nouvelle donne. Même certaines autorités congolaises comme le Président de l’Assemblée nationale, le Chef d’Etat major des FARDC ont avoué ne pas être informées de ce qui se passait. Je souhaite que pour cette fois-ci, l’opération conjointe aboutisse et que le Rwanda et la RDC, condamnés à vivre en voisinage, enterrent finalement la hache de guerre car le sang des Congolais innocents a trop coulé depuis 1996. »

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Investiture de Barack Obama à Ngaba, Kinshasa

Publié le 22 jan 2009 dans Dessins par

Investiture de Barack Obama à Ngaba, Kinshasa

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L’investiture de Barack Obama vue de Kinshasa

Publié le 21 jan 2009 dans Dessins par Michaël

L’investiture de Barack Obama vue de Kinshasa

A Kinshasa aussi, la cérémonie d’investiture de Barack Obama était attendue. Dans les discussions de bar, chacun a commenté à sa manière la prise de pouvoir du premier président noir aux Etats-Unis d’Amérique.

Illustration : Michaël

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Goma: Quand l’espoir de paix renaît…

Publié le 21 jan 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Goma : La société civile salut la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et le CNDP

Buvons et dansons car la paix revient, c’est l’intention que j’ai prêté à ces motocyclistes roulant à vive allure dans les artères principales de la ville de Goma. Pourquoi se réjouissent-ils? Une aile du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) a signé une déclaration de fin de la guerre avec le gouvernement, dans la soirée du 16 janvier dernier. Cette nouvelle a réjoui les habitants de la ville de Goma et de la province toute entière.

Parmi les fêtards que j’ai pu croiser, il y a Jean-Marie, cultivateur en temps normal et actuellement vendeur de chaussures usagées à Goma. La guerre a tout bouleversé dans la vie de cet homme. Fuyant les exactions et les mauvais traitements infligés par les hommes armés engagés dans les conflits, il a abandonné sa famille dans le Masisi, regagnant Goma pour s’y réfugier. Ceux qui sont restés sont contraints de partager leurs récoltes avec différents groupes armés.

Jean-Marie a toujours rêvé de regagner son village pour retrouver les siens et reprendre le travail sur ses terres. La signature de cet acte de paix est une bonne nouvelle pour lui mais il reste sceptique. « Les politiciens congolais nous roulent souvent dans la farine. Nous en avons vu des accords qui ont avorté et qui n’ont jamais été appliqués. J’espère que cette fois-ci sera la bonne », m’a-t-il lancé.

Ils sont nombreux à caresser le rêve d’un retour de la paix dans les Kivu. J’espère que les démons à qui la guerre profite tairont enfin leur égoïsme et leurs intérêts personnels pour laisser vivre en paix cette population meurtrie.

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La minorité, cheval de troie

Publié le 21 jan 2009 dans Dessins par Kash

Minorité, cheval de troie

L’est de la RDC demeure le ventre mou du territoire national. Depuis plus de 10 ans, les provinces du Nord et du Sud-Kivu sont le théâtre de conflits armés récurrents. A chaque fois,le scénario est (presque) le même. Des individus « non autrement identifiés » déclenchent les hostilités pour défendre la minorité tutsi qui serait menacée par les combattants Hutus Rwandais (FDLR). Après ceux-ci mutent en « libérateurs du Congo » et ne déposent les armes que lorsque leur sont ouvertes les portes du gouvernement central.

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Enfants de la rue, une bombe à retardement au Congo

Publié le 20 jan 2009 dans Dessins par

Enfants de la rue, une bombe à retardement au Congo

On les appelle « Shégués ». Ce sont des enfants qui mangent, dorment, jouent, respirent… Bref qui vivent dans la rue. Ils ne respectent aucune règle, sauf celles qu’ils établissent eux-mêmes. Pour trouver leur pain quotidien, il ont le choix entre mendicité, vol à l’arrachée et prostitution pour les filles.

L’état congolais dans tout ça? Il se contente d’en rafler quelques uns de temps en temps pour les mettre en prison ou encore les isoler en les éloignant des grandes villes.

Les shégués constituent aussi une main d’œuvre de prédilection pour différents groupes armés.

Pour la majorité de ces jeunes, il n’y a que la chance qui peut les sortir de la misère dans laquelle ils vivent. Comme chantait une star de la musique congolaise « Shé shé shé shégué, chance eloko pamba… »

Crédit dessin : Patou Bomenga

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Kisangani: Un bureau administratif pas comme les autres !

Publié le 16 jan 2009 dans Kisangani par Boyomais

Bureau sous un manguier du quartier du stade à Kisangani

A quelques cinquante mètres du stade Lumumba dans la ville de Kisangani, s’est implanté, sous l’ombre d’un manguier, le bureau administratif du quartier du stade de la commune Tshopo. Ce bureau sans porte ni fenêtre, bref sans bâtiment, est bel et bien celui de l’Etat et le lieu de travail d’une autorité : le chef de quartier qui sert de pont entre les habitants de son quartier et le Bourgmestre de la commune. Retour aux pratiques ancestrales, les conflits de voisinage et autres dossiers sont traités à l’ancienne, sous un arbre.

Une pancarte placée sous le manguier indique qu’il s’agit bien d’un bureau administratif. En cherchant à m’entretenir avec les agents trouvés sur place sur l’état et le fonctionnement de ce bureau, c’est une fin de non recevoir qui m’accueille. « Allez poser des questions au bourgmestre. Notre installation en ce lieu est une mesure salutaire. Fallait-il que nous restions chez nous parce que le bureau n’a plus de bâtiment ? Qui allait nous payer ?», me lancent-ils.

Bien que j’entende souvent parler de la restauration de l’autorité de l’état dans les discours, je suis surpris de voir que dans la troisième ville de la République Démocratique du Congo, pays souvent qualifié de  scandale géologique, l’Etat n’est pas capable de bien installer ses agents.

A l’heure où nous cheminons vers la décentralisation, j’espère que des mesures seront prises pour éviter que certaines des entités décentralisées se retrouvent sans infrastructures, à l’image de ce bureau administratif à Kisangani.

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