Vous parcourez les archives de Congo

Urbanisme à la congolaise

Publié le 23 fév 2009 dans Dessins par

Urbanisation à la congolaise

On ne compte plus les érosions et engloutissement d’habitations à Kinshasa. A chaque grande averse, compter les victimes devient un détail. Sans plan d’urbanisation digne de nom et les fonctionnaires de l’état se distinguant par leur manque d’intégrité, Kinshasa se fait engloutir lentement par les érosions.

Lien : Un nouveau chantier dans la liste !

Illustration : Luba

Mots-clés : , , , , , , ,
1 commentaire »

Kinshasa : Indépendance cha cha, la population se débrouille sans la SNEL

Publié le 23 fév 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Un jeune patron d'une cabine téléphonique de rue avec son dispositif de chargement de téléphones portables

Nombreux sont les métiers engendrés par la descente aux enfers de la société nationale d’électricité (SNEL). Parmi ces techniques plus ou moins révolutionnaires, le fameux et de plus en plus sollicité dispositif « multi prises » pour charger les batteries des téléphones portable. Inventé par les jeunes kinois patrons de cabines téléphoniques ambulantes, ce système fonctionne de manière autonome, utilisant exclusivement l’énergie générée par des groupes électrogènes.

« C’est une affaire qui marche Mira, plus que les simples appels téléphoniques », me confie l’air fier de lui, Lolo, un jeune débrouillard. Du carburant, ½ litre par jour et cent francs congolais par téléphone chargé, c’est vrai qu’avec le fonctionnement au ralenti de la SNEL, ça doit faire de la marge.

« Du domestique au ministre,  celui qui a un téléphone portable est obligé de recourir à mes services s’il veut utiliser son téléphone », ajoute le jeune, affichant désormais clairement sa préférence pour le manque d’électricité, moteur de son business. Ce qu’il oublie de mentionner c’est que nos ministres, particulièrement celui de l’énergie, ne manquent pas de moyens pour s’acheter les générateurs les plus puissants et du carburant pour les faire tourner. La population peut toujours aller crever.

Si une solution semble être trouvée pour les téléphones, il n’y en a pas encore pour les autres appareils électroménagers. Lorsqu’ils tombent en panne suite aux nombreuses coupures de courant, on ne peut même pas se plaindre. La SNEL a toujours raison ! Le pire c’est que le lendemain, des agents de la société passent déposer des factures, pour une fourniture qui n’est même pas assurée.

La SNEL a tout d’un mari qui entretient bien ses maîtresses en oubliant sa propre femme. Si l’obscurité est désormais l’amie des congolais, certains pays voisins qui dépendent de l’énergie provenant de la RDC n’en manquent pas.

Le pire c’est qu’il n’y a pas d’issue de sortie visible. Nous avançons lentement et sûrement vers un pays sans électricité.

Mots-clés : , , , ,
1 commentaire »

Les armées ougandaises et rwandaises élisent domicile en RDC

Publié le 20 fév 2009 dans Dessins par

L'armée ougandaise en république démocratique du Congo

Face à une incapacité qui n’est plus à prouver de l’armée de la RDC à sécuriser le territoire national, deux armées étrangères opèrent actuellement sur le territoire congolais.

Avec l’Ouganda ainsi que le Sud-Soudan, Kinshasa s’est accordé pour opération dans le nord-est de la RDC depuis décembre 2008, dans le but de capturer le chef de la rébellion ougandaise de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Avec le Rwanda dont les troupes ont envahi la RDC à deux reprises (1996 et 1998), l’armée congolaise s’est lancée le 20 janvier dernier dans la traque des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Estimés à environ 6.500 hommes, ils sont réfugiés dans l’est de la RDC depuis le génocide au Rwanda de 1994, auquel certains ont participé.

Alors que la fin des opérations de l’armée Ougandaise était prévue pour le début du mois de février, « elles se poursuivront jusqu’à ce que tous les terroristes des LRA soient anéantis », annonçait il y a quelques jours le porte-parole ougandais de l’opération conjointe, sans donner la moindre date.

Du côté du front rwandais sur le territoire congolais, le président Kabila parlait d’un départ à la fin du mois de février. Une fête d’adieu a même été annoncée.

J-8 avant la fin de mois de février. L’armée rwandaise sera-t-elle venue à bout des FDLR ? Wait and see comme diraient les anglophones…

Illustration : Kash

Mots-clés : , , , , , , , , ,
4 commentaires »

Kinshasa : Quand le bénéfice prime sur l’hygiène…

Publié le 20 fév 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Livraison de pain à Kinshasa

Par un total hasard, je me retrouve un matin au parking de l’UPN pour prendre un taxi. Le décor habituel est bien planté : cris des « chargeurs », invitant les clients à prendre place à bord des taxis, commerçants ambulants et pickpockets attendant patiemment leur bonne affaire de la journée.

Sortant du décor, une voiture grise, vient se garer à quelques mètres de moi. Un homme en descend et commence à étaler des bâches par terre, derrière le véhicule. Une fois cette tâche achevée, il ouvre le coffre et commence à décharger du pain sur les bâches étendues dans la poussière.

Après quelques minutes, c’était une petite montagne de pain que j’avais devant moi. Regardant autour de moi, je me rends compte que je suis la seule à être impressionnée par ce spectacle.

Après une enquête rapide avec les habitués de ce lieu, j’apprends qu’il s’agit là d’une livraison normale. Une des grandes boulangeries de la capitale balance ainsi des quantités importantes de pain. Finissant sa livraison, le livreur referma le coffre de sa voiture, discuta quelques minutes avec ses clientes, quelques dames qui attendaient avec leurs bassines et s’en alla. A partir de ce moment, ces femmes débrouillardes prennent la relève et vont se charger de la distribution du pain dans les foyers du quartier.

Entre la livraison et la vente, l’hygiène n’a visiblement pas d’importance. C’est visiblement le bénéfice qui compte. Combien de microbes et de maladies circulent ainsi dans ces miches savoureuses ? Les sorciers étant considérés responsables de tous les malheurs, ceux qui ingurgiteront ces pains et qui se retrouveront avec une fièvre typhoïde n’iront pas voir un médecin mais plutôt un « pasteur » pour se faire exorciser…

Mots-clés : , , , , ,
7 commentaires »

Une cérémonie d’adieu aux troupes rwandaises au Congo

Publié le 19 fév 2009 dans Dessins par

 Départ des troupes rwandaises de la RDC

Une cérémonie d’adieu aux forces rwandaises, qui participent à la traque des rebelles hutu rwandais dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), est prévue avant fin février, ont annoncé les autorités congolaises.

Les forces rwandaises partiront « avant la fin du mois de février », rapportait le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, confirmant une annonce faite fin janvier par le président Joseph Kabila.

Les armées congolaise et rwandaise ont lancé le 20 janvier dans l’est de la RDC, une opération conjointe sans précédent visant à neutraliser les rebelles hutu rwandais, estimés à environ 6.500 hommes et réfugiés en RDC depuis le génocide au Rwanda de 1994 auquel certains ont participé.

Illustration : Luba

Mots-clés : , , , , , , , ,
1 commentaire »

Quand il pleut dans la capitale congolaise…

Publié le 18 fév 2009 dans Dessins par

Quand il pleut à Kinshasa

Il suffit d’une averse à Kinshasa pour que tout soit sens dessus-dessous. Même le slogan cinq chantiers n’empêche pas les lacs artificiels d’inonder les nids d’alligator dans les artères de la ville jadis appelée « Kinshasa la belle ». Du haut de leurs 4×4, nos autorités ne sont pas touchées par ce problème, résultat d’un entretien quasi inexistant des canalisations.

Le pire c’est qu’avec les câbles électriques en plein air un peu partout dans la ville, les électrocutions sont fréquentes. Un avantage cependant, les kinois qui passent tout leur temps à se débrouiller ont une occasion de se détendre en faisant un peu de natation…

Illustration : Michaël Maloji

Mots-clés : , , , , , , ,
4 commentaires »

Kinshasa : Lancement des travaux des « 5 chantiers », qu’en pensent les kinois ?

Publié le 9 fév 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Un buldozer chinois sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa

Kisalu me banda! Un vrai spectacle auquel assistent les habitants de la capitale congolaise sur le boulevard du 30 juin, principale artère du centre-ville. Des bulldozers qui cassent et des chinois à l’œuvre. Seulement, ces derniers ne sont pas fidèles à leur réputation de travailleurs de nuit, bâtie lors de la construction du stade des martyrs. « Ba chinois ba tongaka kaka na butu… » Traduisez : « les chinois ne construisent que la nuit », a-t-on d’ailleurs entendu dans une chanson d’un des groupes les plus connus de la capitale.

Coup de pub trompe œil ou début effectif de travaux sérieux de reconstruction de la ville ? Les avis divergent. Habitués à voir des travaux débuter et ne jamais aboutir, certains Kinois sont sceptiques, d’autant plus que les chantiers ne sont visibles que dans le centre-ville de Kinshasa. D’autres espèrent et pensent que cette fois est la bonne, que leur ville pourra peut-être retrouver comme jadis son appellation de « Kinshasa la belle ».

Un choinois sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa

Un choinois sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa (Photo Mira)

« Nous pourrons enfin rouler tranquille sur le boulevard du 30 juin, il n’y aura plus d’embouteillage et cela nous permettra de mieux faire notre travail », réagit un chauffeur de taxi. Un jeune débrouillard, cireur de chaussures hésite « J’attends de voir les tracteurs dans toute la ville et même chez moi à Kingasani (banlieue kinoise) pour me réjouir »

Annoncées lors de la campagne électorale en 2005 et 2006, les premiers travaux dans le cadre des « cinq chantiers » ne débutent que maintenant, alors que les prochaines élections générales doivent normalement se tenir en 2011.

Pas de commentaire à faire pour l’instant, j’attends la fin des travaux pour juger de leur qualité. J’espère juste que ces travaux ne vont pas pondre des routes qu’il faudra reconstruire quelques mois seulement après leur inauguration.

Mots-clés : , , , , , ,
26 commentaires »

Goma : Au-delà de la guerre et de l’insécurité, les volcans

Publié le 6 fév 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Le Nyiragongo à Goma

Violences, viols, guerres et misère. C’est l’image qui colle à la ville de Goma et la province du Nord-Kivu depuis plus d’une décennie. En dehors de cette image, classée dans les oubliettes, la chaîne volcanique de Virunga est située à juste quelques kilomètres au Nord de la ville. Parmi ces volcans, certains sont en activité. Je fais allusion à Nyamulagira et Nyiragongo. On les appelle ici : « les voisins de toujours ».

Depuis un certain moment, selon un communiqué diffusé sur les ondes de la radio nationale, l’observatoire volcanologique de Goma, fait savoir que le volcan Nyamulagira était en « intense activité « . C’est à dire, une éruption est imminente.

Bien que la ville de Goma ne soit pas directement menacée, tout le monde s’y prépare. Face aux éruptions volcaniques et aux dégâts qu’elles entraînent, chacun a sa théorie. La plus folle, c’est celle d’un de mes voisins, un vieillard qui a vécu plusieurs éruptions. « Les ancêtres sont mécontents, il faut trouver un moyen de les calmer », affirme-t-il. Le vieux va jusqu’à qualifier de maudit le quartier Office, le plus touché lors de l’éruption du Nyarangongo du 17 janvier 2002. « Ce quartier a été totalement rasé et englouti par la lave à cause de la prostitution, des vols, escroqueries, et autres dépravations de mœurs qui y avaient élu domicile. Cela ne plaisait plus aux ancêtres,  d’où la décision de le nettoyer », soutient-il.

Suivant le raisonnement de ce vieux voisin, je me pose une question : Si ces ancêtres existent réellement et s’ils peuvent punir ceux qui se comportent mal , pourquoi n’interviennent-il pas afin d’alléger un tant soit peu la souffrance de cette population ?

Mots-clés : , , , , , ,
8 commentaires »

Laurent Nkunda toujours attendu à Kinshasa

Publié le 4 fév 2009 dans Dessins par

Laurent Nkunda toujours attendu à Kinshasa

Dans son adresse à la presse le 1er février dernier, le président Joseph Kabila disait que le processus est engagé sur le plan politique et diplomatique pour son extradition. Une question se pose à ce jour : Quel est le statut actuel de Laurent Nkunda ? Prisonnier politique, exilé politique ou prisonnier de guerre ? L’extradition du patron du CNDP se fait toujours attendre depuis son arrestation au Rwanda le 23 janvier dernier.

Illustration : Michaël Maloji

Mots-clés : , , , , , , , , ,
5 commentaires »

Kinshasa : Police, amie ou ennemie de la population?

Publié le 4 fév 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Policiers congolais

La semaine dernière, en plein milieu de la nuit alors que je dormais paisiblement, des coups de feu ont retenti dans le voisinage. Au réveil le matin, j’ai appris mes voisins avaient reçu la visite d’hommes armés. Solidarité africaine oblige, j’ai entrepris d’aller les consoler. Arrivé sur place, je me suis conter l’horrible scène par ma voisine : « Ces bandits ont profité de l’absence de mon mari pour nous attaquer. 3 d’entre eux ont emmené ma fille de 15 ans à l’extérieur. Quelques minutes plus tard, je l’ai entendu hurler; elle venait de se faire violer. Les 4 autres qui surveillaient et qui nous empêchaient de bouger ont voulu faire la même chose à ma fille de 21 ans. Celle-ci leur a remis 400 dollars pour sauver sa peau. Ils ont emportés le téléphone de mon fils, les bijoux et même mon alliance. »

La suite de l’histoire c’est qu’après le départ des brigands, ma voisine a vite fait d’alerter son mari. Quittant son lieu de travail pour rejoindre son domicile vers 4 heures du matin, il a croisé une patrouille de la police « d’intervention rapide ». « Je me suis dit que c’était une chance de les croiser et je me suis rapproché d’eux pour leur raconter le drame que venait de subir ma famille. Ils m’ont embarqué dans leur véhicule et accompagné jusqu’à l’entrée de ma rue. Et là, ils ont pris soin de vider mes poches des 20.000 francs congolais que j’avais sur moi. Ils m’ont ravi mon téléphone et se sont même rués sur le sachet de pains que je ramenais pour les enfants. Ils m’ont abandonnés là et sont partis », m’a-t-il raconté.

Cette histoire triste et révoltante remet sur le tapis le comportement incivique des hommes en uniforme dans mon pays. Au Congo, croiser un agent de police n’est pas rassurant. Ça fait même très peur. Remettre un bandit aux mains des policiers ne sert à rien parce qu’on sait très bien qu’il sera relâché quelques minutes plus tard s’il paie.

Voilà ce qui arrive lorsqu’on recrute des bandits au sein des forces de l’ordre. L’uniforme et le flingue qu’ils portent ne servent pas à veiller sur la population mais plutôt à la terroriser et à la rançonner.

Mots-clés : , , , ,
11 commentaires »