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Kinshasa : Une vie de fou, oubliés par l’Etat!

Publié le 4 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un fou couché dans une fosse à Kinshasa

Pas loin de chez moi il y a quelques jours, j’ai vu un jeune homme lorgner, l’air inquiet, dans un grand trou au bord du chemin, avant de poursuivre sa route. Curieuse, je me suis approchée pour voir ce qui pouvait bien se passer. Quelle ne fut ma surprise de voir un fou, endormi paisiblement au fond de la fosse d’une profondeur de près de 3 mètres, creusé par les jeunes du quartier pour retenir les eaux de pluie responsables des érosions.

N’eut été le fait qu’il ait bougé précisément au moment où j’arrivais, je l’aurais cru mort. Cette scène ne devrait normalement pas me surprendre. A Kinshasa, les fous ont la liberté de trainer où ils veulent. Comme l’Etat les ignore délibérément, chacun essaie de s’en sortir comme il peut. Certains s’installent aux abords des décharges publiques, qu’ils considèrent comme leur garde-manger, d’autres encore en plein centre-ville, sous l’œil indifférent des administratifs.

Au meilleur des cas, ces malades mentaux amusent les passants par leurs drôleries, au pire, ils les agressent, constituant ainsi un danger public permanent. Dans certains quartiers, on évite d’emprunter certaines artères de peur de tomber sur le fou du coin. Et il n’est pas rare de retrouver le corps d’un fou, mort pendant la nuit, et on ne saura jamais de quoi.

En santé publique, comme dans beaucoup d’autres domaines, l’Etat congolais est démissionnaire. Il n’y a qu’à visiter le CNPP, Centre neuropsychopathologie du Mont-Amba, autrefois réputé pour ses éminents médecins et son matériel de pointe, pour se rendre compte que réellement, en matière de santé publique, la RDC n’est pas encore sortie de l’auberge. Et ce n’est pas pour demain la veille !

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Goma : Tchikudu, la trottinette made in Congo

Publié le 28 fév 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Un Tchikudu dans une rue de Goma

Si la trottinette est vue comme un outil de divertissement sous d’autres cieux, elle est un moyen de transport et une source de revenus des moins négligeables dans l’est de la république démocratique du Congo. Spécialité de la province du Nord-Kivu, le « Tchikudu » a ses quelques particularités qui font de lui un objet unique en son genre.

Au départ utilisé par les paysans de Kibumba, une localité située à une vingtaine de Kilomètres au Nord de Goma, afin d’acheminer les produits agricoles (pomme de terre, carotte, oignons, chou) sur la ville de Goma, le Tchikudu a séduit les Gomatraciens. Ses deux roues en bois à la circonférence large, couverte d’une couche de caoutchouc, lui donnent l’allure d’un 4×4.

Cette masse de bois fait entre 50 et 70 kilogrammes et peut transporter jusqu’à 300 kilogrammes. Dans les rues de Goma, le Tchikudu fond dans le paysage et côtoie sans complexe les motos et les camions.

Très sollicité pour le transport de marchandises et ne nécessitant que de la sueur humaine pour fonctionner, le Tchikudu a le mérite de respecter l’environnement.

En attendant le réajustement du code de la route pour prendre en compte la présence de la trottinette made in Nord-Kivu, les Tchikudistes arpentent les rues rocailleuses de Goma et s’imposent de plus en plus comme transporteurs, n’ayant rien à envier aux automobilistes et aux motocyclistes.

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Delestage alimentaire dans les menages Kinois

Publié le 27 fév 2009 dans Dessins par

Delestage alimentaire dans les menages Kinois

Crise oblige, le délestage alimentaire s’applique désormais dans les ménages Kinois. Lundi les parents mangent, mardi c’est au tour des enfants âgés de plus de 10 ans et mercredi ce sont les moins de âgés qui ont droit à un repas.

Illustration : Philma

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Kinshasa : Petits boulots et débrouille au quotidien pour survivre

Publié le 27 fév 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Un cireur de chaussures dans une rue de Kinshasa

Une phrase assez pessimiste revient souvent à Kinshasa : « Congo ekobonga te » traduisez : « Le Congo ne sortira jamais de ce trou dans lequel il se trouve ». J’avoue que ce pessimisme je l’ai parfois. Il m’arrive de perdre espoir quant à une issue de sortie de crise pour mon pays. Une lueur d’espoir revient tout de même lorsque je vois tous ces congolais débrouillards, las de se plaindre, mais qui travaillent dur pour gagner leur pain quotidien.

Pas loin de chez moi, à la place Kintambo Magasin, je croise souvent ceux que les Kinois appellent « cireurs » ou abusivement « cirageurs ». Ils sont jeunes, souvent très peu ou pas du tout instruits. Tous les jours, ils sillonnent les artères de la ville, les yeux sur les chaussures des passants et leur proposent de les nettoyer. Une boite de cirage, une brosse à chaussures et une petite boite en bois suffisent pour se lancer dans ce business.

Je me suis rapproché de l’un de ces jeunes. Âgé de 15 ans, il exerce ce métier depuis 2007. «J’exige entre 100 et 200 francs congolais par prestation et je réunis environ 2000 francs congolais (environ 3 dollars américains) tous les jours. Ce n’est pas beaucoup mais ça me permet de me payer à manger et de me vêtir», m’a-t-il confié. «Je n’attends rien des politiciens qui ont toujours de bons discours. Je n’ai pas l’intention d’attendre que les 5 chantiers débutent effectivement pour manger. Mon travail me permet d’être indépendant et de ne pas plonger dans le vol ou la mendicité comme le font d’autres jeunes de mon âge», ajoute le jeune homme.

Les difficultés ne manquent pas au quotidien. Les clients insolvables ou encore les rencontres indésirables sont les principaux ennemis.

Si la témérité de ce jeune congolais est louable, la question du long se pose. Quel sera l’avenir du Congo avec de plus en plus de jeunes obligés de se débrouiller et de recourir aux petites tâches pour survivre ?

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Kisangani: Journée ferriée pour accueillir président de la république

Publié le 27 fév 2009 dans Kisangani par Boyomais

Joseph Kabila, président de la république démocratique du Congo

En me réveillant ce matin, j’ai vu des écoliers rentrer chez eux beaucoup plus tôt que d’habitude. Qu’est-ce qui se passe ? La réponse est aux lèvres de tous les passants : Joseph Kabila, le Président de la République, arrive aujourd’hui à Kisangani. Un mot d’ordre aurait même était lancé pour que les magasins et autres boutiques au centre-ville n’ouvrent pas !

Kisangani est pratiquement paralysée, une ville morte. Des agents de police et des services de renseignement sont déployés sur les artères de la ville, prêts à « ramener à l’ordre » tout commerçant qui oserait travailler. Sur les ondes de la Radio Télévision Nationale Congolaise-Antenne de Kisangani, des appels à la mobilisation pour réserver au Chef un accueil chaleureux se succèdent.

Des camions sont mis à disposition pour assurer le transport des sympathisants des partis politiques proches du pouvoir, entre la ville et l’aéroport. Aubaine pour certains, il y aurait comme d’habitude le « mbongo ya transport » (entendez une certaine somme d’argent en guise de rétribution et de remerciement pour le déplacement). Le marché central traîne à s’ouvrir et les discussions et rumeurs de tous genres circulent. On annonce même que le Président Joseph Kabila sera accompagné par homologue américain.

A Kisangani comme ailleurs dans le pays, la majorité de la population congolaise vit de la débrouillardise. Demander à un Boyomais de ne pas travailler un jour, c’est pratiquement le contraindre à un jeûne. Je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’opportunité de ce genre de démarches. Les choses se passent-elles de la même manière ailleurs dans le monde ?

Les présidents et les gouvernements se succèdent mais les pratiques restent visiblement les mêmes. Des journées chômées, il y en avait déjà à l’époque où Mobutu régnait encore sur le Zaïre.

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Kinshasa : La découverte de nouvelles richesses fait couler les larmes

Publié le 27 fév 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Faux gisement de pétrole à Kinshasa

Il y a quelques semaines, alors que j’allais rendre visite à ma sœur qui venait d’avoir un bébé dans la commune de Ngiri-Ngiri, j’ai vu un attroupement. Curieuse, je m’en suis rapprochée pour voir ce qui se passait. Au moment même où j’arrivais, j’ai vu un homme reniflant le contenu d’une petite boite s’écrier : « c’est du vrai pétrole ». La boite contenait un liquide noir qui avait réellement l’odeur du pétrole. Il coulait d’une fosse sceptique nouvellement construite.

En quelques minutes, « le gisement » a attiré davantage de monde, et même des policiers. Une voix sortie de la foule propose alors d’inviter la presse pour couvrir l’événement. « Non pas la presse ! », rétorque une dame présente sur les lieux. D’une voix tremblante et les larmes aux yeux, elle poursuit : « Vous voulez que des assaillants viennent envahir notre quartier ou quoi ? Vous ne savez pas que s’il y a la guerre au nord Kivu, c’est à cause des richesses ? N’en parlez pas s’il vous plait, laissez ce monsieur construire sa dalle et couvrir ce pétrole qui risque de se transformer en sang… »

Tout est dit ! La découverte de nouvelles richesses fait désormais peur. J’espère qu’il viendra vite ce jour où cette guerre de minerais prendra fin dans mon pays et que les congolais pourront se réjouir de découvrir des nouvelles richesses, et surtout d’en bénéficier.

Message aux prédateurs : ce n’est pas la peine d’essayer de lancer un mouvement de « libération » de la commune de Ngiri-Ngiri ! Aux dernières nouvelles, des experts sont descendus sur les lieux pour creuser le mystère. Ils ont trouvé une barrique de pétrole volée et enterrée dans cette parcelle avant que le propriétaire actuel ne l’achète. En exécutant des travaux, les maçons ont dû trouer le fût qui a laissé échapper son contenu.

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Bukavu : Congolais débrouillards, vendeuses des bananes

Publié le 26 fév 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Vendeuses de banane à Bukavu

Elles sont nombreuses, femmes et jeunes filles paysannes des territoires proche de la ville de Bukavu qui ont pour métier la vente de « Bitika » ou bananes, très consommées à Bukavu parce qu’elles coûtent moins chères que les autres fruits.

Maman Bénite âgée d’une trentaine d’années pratique cette activité depuis plusieurs années. Elle parcoure une vingtaine de kilomètres tous les matins pour rejoindre la ville de Bukavu où se trouvent ses clients. « J’achète un bassin de bananes à 1800 francs congolais (environ trois dollars américains). A la fin de la journée, je réunis le double et parfois le triple de ce que j’ai investi », confie-t-elle. « Mon bénéfice me permet de nourrir et de scolariser mes deux enfants. Je suis veuve, j’ai perdu mon mari pendant la guerre de 1998 » ajoute-t-elle.

A côté de cette femme, des jeunes filles qui n’ont pas pu être scolarisées font la même chose et supportent le poids de leurs familles.

Tous les matins, maman Bénite, sillonne les écoles à la recherche de clients. Quand elle en a assez de marcher, elle étale ses bananes sur un carton au bord de la route. Le soir, après avoir vidé son bassin, elle achète à manger pour ses enfants et prends le chemin de retour.

Sans se plaindre et sans rien demander à qui que ce soit, cette femme travaille dur pour subvenir aux besoins de sa famille. Son plus grand souhait, voir ses enfants grandir et bénéficier d’une instruction qui leur évitera de finir dans la débrouille.

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Lubumbashi : Que choisir entre la survie de la population et l’ordre public ?

Publié le 26 fév 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Commerces de rue à Lubumbashi

La fermeture d’entreprises, les congés techniques, la crise économique ainsi que la nécessité de survie journalière des Lushois ont déversé un nombre important de personnes sur les rues. Mêlés dans les rues de la deuxième ville congolaise, badauds mais aussi et surtout des responsables de familles à la recherche du pain quotidien.

L’imagination et le courage ne manquent pas à ces gens qui ont compris que se plaindre ne leur apportera rien et que le seul moyen de s’en sortir c’est de recourir au fameux « Article 15 ». Courtage, escroquerie ou vol à l’arrachée, chacun choisit sa voie.

Parmi tous ces métiers de la débrouille, le commerce ambulant est le plus répandu. Cette manœuvre qualifiée de « pirate » est combattue depuis un certain temps par les autorités urbaines, au nom du désengorgement des avenues et du maintien de la propreté dans la ville. La police nationale profite de cette situation pour se lancer dans une chasse aux vendeurs. Rackets, arrestations et bastons sont fréquents.

Pas la peine de s’interroger sur la destination des marchandises confisquées lors des « Chasse aux marchés pirates ». Biscuits, maniocs, arachides grillés et autres vivres finissent dans les ventres des enfants des flics qui sont eux-mêmes obligés de se débrouiller, leur salaire de misère n’étant même pas versé régulièrement.

Que choisir entre la survie des Lushois et l’ordre public ? L’attitude des autorités locales est meurtrière à mes yeux dans ce pays dépourvu d’une politique sociale adéquate. Au lieu de mettre la charrue devant le bœuf, les autorités ne devraient-elles pas principalement se soucier du bien être de la population ?

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Kinshasa : En attendant les Chinois, les jeunes se transforment en « ingénieurs maisons »

Publié le 24 fév 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Jeunes gens réparant une ligne électrique à Kinshasa

Scène normale et même banale près de chez moi. Sous un soleil de plomb, un groupe de jeunes gens s’activent autour de la cabine électrique du quartier. Pelles et sac de sables en mains, ils tentent d’aplanir le terrain, afin de permettre le passage des véhicules. Pourtant, à ce niveau, plusieurs câbles électriques sortent dangereusement de terre.

Ruphin, un jeune du quartier, et ses amis travaillent à enterrer ces câbles. Ils poseront ensuite des sacs remplis de sable dessus pour permettre aux véhiculer de passer. L’entreprise peut se révéler dangereuse. Heureusement, affirme Ruphin, ils ont demandé à la SNEL (Société nationale d’électricité) d’interrompre momentanément la distribution d’électricité pendant qu’ils travaillent. Un agent de la société d’électricité est d’ailleurs présent sur les lieux, en observateur !

Les jeunes comptent aussi en profiter pour rafistoler un câble électrique usé. Ces jeunes s’y connaissent-ils seulement en électricité ? « Oui », rassure Ruphin. « Certains d’entre nous sont de l’ISTA (Institut Supérieur des Techniques Appliqués), d’autres ont appris sur le tas ». Selon une jeune femme qui passe par là, les Chinois sont venus prospecter sur cette avenue il y a plusieurs mois. « Ils sont repartis. Et depuis, plus rien. Heureusement que les jeunes sont aussi débrouillards », se réjouit-elle.

Sans trop poser de questions, je les laisse alors à leur travail, un peu déçue de devoir manquer d’électricité chez moi mais me disant en même temps que c’est pour la bonne cause. L’avenue réhabilitée, les véhicules pourront se rendre plus facilement dans mon quartier.

Plus tard dans la soirée, alors que les travaux étaient achevés et l’électricité rétablie, Ruphin a fait du Porte-à-porte pour vérifier qu’il n’y avait aucun problème d’électricité.

Ainsi va la vie au Congo, où cohabitent politiciens très peu soucieux du bien être du peuple et population n’attendant plus rien de ses dirigeants mais se débrouillant toute seule pour résoudre ses problèmes.

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Bukavu : La police meilleure amie du trésor public

Publié le 24 fév 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Police, championne dans la récolte de fonds dans la province du Sud-Kivu

« Nous sommes engagés à maximiser les recettes du trésor public pour que la reconstruction de notre pays soit effective » C’est en ces termes que s’exprime l’Inspecteur Principal Provincial de la Police Nationale Congolaise au Sud Kivu sur les ondes de la Radio nationale Congolaise RTNC/Bukavu.

La Direction Générale des Recettes Administratives et Domaniales (DGRAD) venait de publier quelques jours plus tôt un communiqué félicitant le travail des services sous son contrôle en matière de recettes. La Police est félicitée particulièrement pour avoir réalisé 51 millions des francs Congolais (environs 72.857 dollars américains) pour l’année 2008.

Selon le numéro un de la police au Sud Kivu, ces recettes proviennent des amendes transactionnelles, des taxes de gardiennage ainsi que des taxes de délivrance des documents attestant la perte des pièces de bord.

Alors que tueries, pilages, viols et assassinats sont devenus des détails, dont on parle presque avec le sourire dans la province du Sud-Kivu, je suis bien tenté de me poser la question de savoir quel est le vrai rôle de la police. Générer des revenus pour les caisses de l’état ou protéger les personnes et de leurs biens ?

Je crains que cette officialisation du business du policier qui rançonne la population ne vienne aggraver la situation qui est déjà assez difficile comme ça…

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