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Bukavu : Les marches suffisent-elles pour mettre fin aux violences sexuelles ?

Publié le 14 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Journée internationale de la femme à Bukavu

« Sida nous te vaincrons, non aux viols et violences faites aux femmes, oui au processus de paix en RDC… » Voilà ce qu’on pouvait lire sur les banderoles et les calicots que tenaient les femmes de Bukavu le samedi 07 mars dernier.

Elles étaient des milliers, venues de toutes les catégories sociales. Travailleuses, commerçantes, policières, militaires, élèves et journalistes. Elles ont traversé les artères principales de l’avenue Patrice Emery Lumumba scandant des chansons et des slogans pour réclamer le retour de la paix et la fin des violences contre la femme.

Des pagnes, dons de certains partis politiques et associations ont été distribués aux femmes pour la circonstance.

Les Mamans de l’intérieur de la province ne se sont pas jointes à celles de Bukavu dans la marche. Elles ont préféré célébrer la journée de la femme dans la méditation et la prière.

Ont-elles eu raison ? Cette question se pose parce que les femmes manifestent depuis des années. Malgré ces multiples marches, on continue à compter par milliers des femmes victimes des atrocités des groupes armés et de certains éléments indisciplinés de nos forces armées.

« Ces femmes se fatiguent pour rien. Les politiciens veulent les exploiter tout simplement », ai-je entendu dire, d’un air moqueur, un jeune homme qui observait un défilé des femmes. En guise de réponse, de la part de son compagnon : « on ne sait jamais, peut être qu’elles seront entendues un jour »

Nos autorités comprendront-elles un jour que la femme a assez payé pour les conflits armés imposés à notre pays et qu’il était temps d’œuvrer pour sa paix et sa sécurité ?

Je me demande d’où est sorti l’argent pour l’achat des plusieurs yards des pagnes pour les femmes alors que leurs maris sont impayés depuis plus d’une décennie.

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Jean-Pierre Bemba bientôt libre ?

Publié le 12 mar 2009 dans Dessins par

Jean-Pierre Bemba bientôt libre ?

Au cours d’un point de presse à Kinshasa, François Mwamba, secrétaire général du MLC soutient que les juges de la CPI n’ont jusque là aucun élément de responsabilité contre le leader de son parti. La CPI a ajourné l’audience de confirmation des charges de l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles, en Belgique, puis remis début juillet à La Haye, aux Pays-Bas.

Le secrétaire général du MLC déplore ce qu’il a qualifié de « énième manœuvre du procureur de la CPI qui cherche à tout prix à prolonger le séjour du sénateur Jean-Pierre Bemba en prison jusqu’au 24 juin 2009 ».

Illustration : Patou Bomenga

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Kinshasa : Des immondices pour combler les ravins

Publié le 12 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Décharge publique à l'entrée de l'université pédagogique national

« De deux maux choisir le moindre ». Cette sentence de Socrate trouve tout son sens à Kinshasa. Déjà, mes compatriotes n’éprouvent aucune gêne à créer des décharges publiques à l’entrée de leurs maisons ou avenues. Il semble en effet plus facile pour les Kinois d’enjamber ces immondices plutôt que de réfléchir au moyen de s’en débarrasser.

Aujourd’hui, cette pratique devenue monnaie courante à travers les quartiers de la ville, et même dans les universités, ces milieux dits intellectuels, est défendue et justifiée. L’excuse, c’est qu’il est question de combattre les érosions. C’est ainsi qu’on se retrouve marchant sur des tapis d’immondices dans plusieurs coins de la capitale congolaise.

Un exemple : l’entrée de l’université pédagogique nationale. Pour freiner le début d’un glissement de terrain du à l’eau de pluie, les étudiants ont transformé cet endroit en une énorme poubelle. Et comme les immondices ne se séparent jamais de leurs odeurs, il faut pratiquement retenir sa respiration pour passer par là. Et tous les jours, à toute heure, étudiants et professeurs entrent et sortent de l’université en passant par leur poubelle bien aimée.

C’est quand donc que les étudiants se mettront à appliquer ce qu’ils apprennent en cours ? Au lieu de chercher des solutions efficaces pour chasser un mal, on se contente de déshabiller Paul pour habiller Pierre. Une solution qui se révèlera au bout, n’être qu’un autre problème. Et face à ce genre de situation, l’excuse bien aimée des Kinois reste : « l’état doit trouver une solution ». A en croire qu’ils ne se sont pas encore rendus compte que ceux qui sont censés représenter l’état ne font pas de la salubrité une priorité.

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Mois de la femme en RDC

Publié le 11 mar 2009 dans Dessins par

Mois de la femme en RDC

Pagnes imprimés avec des slogans dénonçant les violences faites aux femmes et plusieurs manifestations à travers le pays. La femme est à l’honneur en ce mois de Mars et on ne peut que s’en réjouir. Qu’en est-il cependant des violences infligées aux hommes ?

Illustration : Patou Bomenga

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Goma : Etat démocratique sans justice ?

Publié le 11 mar 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Cette parcelle n'est pas à vendre...

« Cette parcelle n’est pas à vendre, celui qui l’achète donne son argent aux escrocs ». Cette inscription, je l’ai lu sur le mur de mon voisin. Pas besoin d’être un savant pour comprendre qu’il s’agit d’une mise en garde. Mais la question c’est à qui elle est adressée et pourquoi ?

« Il s’agit d’un problème familial », me répond Blaise, auteur de l’inscription et étudiant en droit à l’Université Libre des pays des grand-lacs (ULPGL). Avec la complicité de certains agents des services publics d’urbanisation, certains membres de sa famille tentent de mettre en vente la parcelle appartenant à son défunt père sans son accord.

Il me révèle en outre que les documents (titres de propriété) lui ont été ravis par ses oncles. Le jeune homme a essayé d’exprimer son désaccord au sein des réunions familiales mais personne ne semble être disposé à l’écouter. N’ayant aucun autre recours pour les dissuader, il a opté pour une mise en garde publique.

« Après l’étape d’inscription sur le mur, je compte introduire le dossier au tribunal. Même si la justice n’a jamais été efficace dans ce pays, je vais me battre jusqu’au bout ». Pour la défense de sa cause, Blaise projette même d’impliquer s’il le faut ses camarades étudiants. « C‘est sûr que je n’aurais pas assez de sous pour payer les frais administratifs du tribunal et encore moins un avocat. Je vais essayer de mobiliser la faculté et on verra ce que ça vas donner », conclut-il.

Peut-on parler d’état de droit et démocratique sans justice fonctionnelle et accessible à tout citoyen ? La réalité actuelle en république démocratique du Congo prouve que la raison du plus fort est toujours la meilleure. Impossible de tenir tête à une personne plus fortunée, capable de payer des frais administratifs et des pots de vin.

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L’Europe à tout prix

Publié le 10 mar 2009 dans Dessins par

L'europe à tout prix

Partir, échapper aux conflits armés et à la faim, ils sont nombreux ces congolais qui donneraient tout pour avoir en échange une place en Europe. Tous les moyens sont bons et rien n’est trop osé pour les candidats au départ pour l’eldorado européen.

Les nombreuses campagnes et le durcissement des conditions ne découragent pas ces hommes et ces femmes qui bradent tout, abandonnent les leurs et s’en vont vers des terres inconnues, espérant une vie meilleure.

Illustration : Philma

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Kinshasa : Commerce de prières et des bénédictions divines de plus en plus fructueux

Publié le 10 mar 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Un prêcheur dans un bus à Kinshasa

Pas besoin de s’en faire si vous ratez la messe du dimanche. A Kinshasa, l’église et les prêcheurs vous suivent partout. Des églises dites « de réveil » poussent comme des champignons dans la ville de Kinshasa. Comment les repérer ? Au bruit ! Des chants fusent dans tous les sens et le repos des voisins est le dernier des soucis. N’allez pas vous plaindre auprès des « pasteurs », ils vous traiteront de sorcier hostile à la prière et à la « délivrance » des habitants du quartier !

Depuis un certains temps, se développent même des églises ambulantes ! Il n’est donc pas surprenant de tomber sur un prêcheur dans les bus de transport en commun. J’en ai vu un il y a quelques jours. Il nous a obligé à garder silence pour écouter « l’homme de Dieu » selon ses propres termes. L’essentiel de la prédication : donnez pour recevoir les bénédictions divines.

Apres la récitation de plusieurs versets bibliques, le prédicateur a fini par dévoiler sa vraie intention : « donnez de l’argent à l’homme de Dieu et le seigneur vous bénira ». Quelques personnes généreuses one accepté de donner mais je n’ai vu circuler que 3 billets de 50 francs congolais. Ceci malgré les amen et alléluia qui fusaient de partout. Enervé, le prêcheur s’est mis à nous menacer : « ne savez vous pas que Dieu ne bénit que ceux qui donnent ? Je comprends pourquoi tous nos agresseurs dominent sur la RDC et que la guerre ne s’arrête pas…le congolais ne respecte pas les envoyés du seigneur…vos activités ne seront jamais florissantes… »

Ce n’était pas son jour de chance ! La vente de la parole de Dieu est une activité rémunératrice pour bon nombre de Kinois. Et je vous assure que c’est une affaire qui marche. S’il y a de plus en plus de vendeurs, ce ne sont pas les acheteurs qui manquent. Il y a heureusement ou malheureusement bon nombre de congolais prêts à donner aux « hommes de Dieu » pour recevoir en retour du travail, la réussite dans les études ou encore le mariage.

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Bukavu : Diplômés dans la débrouillardise

Publié le 8 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une jeune photocopieur à Bukavu

Ils sont plantés par dizaines devant les bâtiments avec leurs machines à photocopier et ils proposent à qui le veut leurs services. Lorsqu’on vit dans un pays où trouver un emploi relève du miracle, on apprend à faire avec les moyens du bord pour lutter contre la crise et survivre.

« J’ai une licence en sciences commerciales après cinq années infructueuses dans la recherche d’un emploi, j’ai opté pour la débrouille », confie Rémy, un jeune « photocopieur ». « J’ai reçu ma photocopieuse de mon grand frère qui vit en Belgique et en échange, je dois prendre en charge mes vieux parents et ma propre famille », ajoute-t-il.

En plus de la nourriture pour sa famille, l’argent gagné dans ce petit business permet à Rémy de payer son loyer. Comme tous les autres débrouillards congolais, ce jeune homme garde espoir et croit en un lendemain meilleur. Mais en attendant, il vit au « taux du jour » comme on dit ici.

La débrouille comme récompense pour tous ces jeunes congolais qui étudient dans des conditions très difficiles. Longues distances à pied, frais académiques exorbitants, syllabus et supports de cours vendus au prix fort, tout ça pour finir dans un petit métier. Autant de cerveaux disponibles qui ne demandent qu’à travailler pour leur pays mais qui chôment. Comment espérer que le Congo s’en sorte avec des réalités de ce genre ?

Pendant ce temps, ceux qui sont censés représenter le peuple et répondre à ses attentes s‘affairent à se tirer les cheveux pour tel ou tel autre poste politique. Ces mêmes politiques congolais, incapables de remettre les choses sur les rails dans leur pays, envoient leurs enfants étudier et se réfugier en occident.

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Kinshasa : Le business des ordures

Publié le 7 mar 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Un ramasseur d'ordures dans une rue de Kinshasa

Kobeta libanga, travailler dur pour gagner son pain, est une réalité, un mode de vie à Kinshasa. Le mot retraite n’existe pas dans le vocabulaire des Kinois. Etre vieux n’exempte pas de l’article 15, bien connu des kinois et qui stipule clairement : débrouillez-vous !
J’ai rencontré dans mon quartier un vieux qui correspondrait bien au vieillard du célèbre poème « le laboureur et ses enfants ». Son métier : récolter des ordures dans chaque parcelle en échange de quelques billets de banque.

« C’est depuis 1961 que je suis dans ce métier. A cette époque, je travaillais pour une société belge, mais le soir, je faisais du ramassage d’ordures pour arrondir les fins de mois», raconte le grand-père.

Le business du vieux débrouillard est bien organisé. Il s’est arrangé avec ses clients et fixé les jours de son passage. Le jour de la récolte, pas besoin de parlementer, tout le monde sait bien comment ça fonctionne.

Une fois son chariot plein et son argent dans les poches, il se débrouille pour aller déverser son contenu dans une des décharges publiques à ciel ouvert et en pleine agglomération dont regorge la ville de Kinshasa. « J’ai touché 3000 francs congolais [environ 5 dollars américains] pour ce chariot plein d’ordures », me lance-t-il lorsque je lui pose la question de savoir si son affaire était rentable. Ce n’est pas une fortune mais la somme ainsi récoltée lui permet de subvenir aux besoins des siens.

Quant aux risques relatifs aux maladies, ils n’ont pas l’air de décourager papy. C’est dans ces moments que ressort la fameuse phrase « moto moyindo akufaka na microbes te ! » traduisez : « l’homme noir est invulnérable aux microbes ! »

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Kisangani : Le phénomène « Enfants sorciers » fait deux victimes de plus

Publié le 6 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Le pont sur la rivière Tshopo à Kisangani

Dans la nuit du samedi 28 février dernier, aux alentours de 22 heures, une fillette de 8 ans et un petit garçon de 13 ans ont été amenés par leur oncle paternel au Pont Tshopo sur la rivière qui porte le même nom. Arrivés sur le pont, l’oncle poussa, délibérément, un après l’autre, les deux enfants du haut des allées du pont vers la rivière. Les corps sans vie de ces deux enfants ont été découverts le lendemain par des pécheurs.

La raison de ce geste odieux n’est pas à chercher bien loin : une semaine plus tôt, un pasteur, venu réconforter l’oncle après la mort de son bébé suite à une courte maladie, « l’homme de Dieu » avait affirmé que le Saint-Esprit lui avait révélé que les deux enfants dont il avait la garde (lesquels sont des enfants de son jeune frère) étaient des sorciers et qu’ils étaient à la base du décès du bébé.

Après avoir commis son horrible crime, l’oncle assassin n’a pas pu garder le secret. Il est allé voir le lendemain son pasteur pour implorer le pardon pour son péché. Ironie du sort, après avoir relaté son histoire à son pasteur, ce dernier l’a dénoncé à la police. Sachant pertinemment qu’il était lui aussi lié à cette affaire, le « pasteur » a ensuite pris le large.

Du lieu où il est détenu en attente d’un procès public tel que sollicité par l’autorité urbaine, le criminel signe et persiste : « Mon pasteur m’a dit que les deux enfants ont avoué devant lui qu’ils avaient mangé le bébé. Ma nièce de 8 ans a même déclaré que la chair de mon bébé avait un goût amer ».

Encore une histoire mettant en cause ces prédicateurs qui se spécialisent dans la détection des sorciers. Ils ne mesurent pas les tensions sociales que suscitent leurs incriminations et plus grave, il y a toujours assez naïfs pour jouer le jeu.

Affaire à suivre… Nous attendons le dénouement de la procédure judiciaire.

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