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Les enfants sans droits de la république démocratique du Congo

Publié le 25 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

En marge de la célébration du 20e anniversaire de la convention relative aux droits des enfants, j’ai entrepris de regarder autour de moi ce qu’il en était. Neuf années après la ratification de ce document par notre pays, il y a de plus en plus d’enfants dans les rues. Certains enfants travaillent pour compléter le budget familial et d’autres sont purement et simplement enrôlés au sein des groupes armés.

Pour fêter à ma manière cet anniversaire, je suis allé à la rencontre de quelques uns de ces enfants travailleurs qui m’ont livré les secrets de leurs business.

« Droits de l’enfant ? J’en ai entendu parler, mais je dois vous avouer que je ne sais pas grand-chose de ce que cela implique », m’a répondu le premier enfant que j’ai rencontré. Le jeune garçon m’a confirmé qu’il n’allait plus à l’école depuis des années à cause du manque des moyens. « J’ai arrêté les études en 3e année des humanités. Mes parents ne pouvaient plus me prendre en charge. Maintenant pour survivre, je vends des cakes. Avec ce commerce, je peux réunir quotidiennement jusqu’à 5000 FC. Avec cet argent, je peux offrir à manger à mes petits frères et me vêtir », m’a-t-il confié.

« Je sais que les enfants ont droits à l’éducation, à être intelligent. Ils doivent aussi respecter leurs parents et les grandes personnes », m’a laissé entendre e deuxième gamin à qui j’ai posé la question de savoir ce qu’il entendait par « droits de l’enfant ».

Au-delà des discours et des célébrations, le tableau de la situation des enfants en RDC est sombre. Les droits les plus fondamentaux des plus jeunes sont purement et simplement foulés des pieds. Une fois par an, le 21 novembre, tout le monde sursaute et commémore en attendant l’année suivante. Entre temps, cette jeunesse qui est censée prendre la relève et piloter le Congo de demain patauge dans la misère et la débrouillardise.

Je veux bien être optimiste mais la réalité que je vis au quotidien me pousse plutôt à me poser des questions sur l’avenir de mon pays avec une jeunesse de moins en moins instruite et de plus en plus tournée vers l’article 15.

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Quand le pain vient assurer le quotidien

Publié le 25 nov 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Quand le pain vient assurer le quotidien

L’implantation récente de boulangeries industrielles à Lubumbashi offre de nouvelles possibilités de business aux Lushois. Ces établissements fournissent du pain à un prix abordable laissant une marge bénéficiaire conséquente pour les revendeurs.

Tous les jours, hommes et femmes débouchent de toutes les communes et se pressent vers les grandes boulangeries. Le matin comme le soir, des véhicules, remplis de pains sillonnent les artères de la ville à la recherche de clients. D’autres se garent sur les lieux de vente publique où les Lushois aux faibles revenus prennent rendez-vous. « Je fais toujours un effort pour acheter du pain tous les soirs, surtout lorsque je quitte tard le boulot et que je n’ai pas laissé à manger chez moi », fait savoir Jeannot que j’ai rencontré à l’entrée du marché central Mzée Laurent Désiré Kabila. Pour 800 Francs congolais (0.92 dollars), il se procure assez pour le dîner avec sa famille.

Les revendeuses au détail se réjouissent de l’implantation de ces nouvelles boulangeries dans la capitale cuprifère du Katanga. « A cause du prix compétitif, ces boulangeries nous permettent de gagner un peu plus », déclare Mme Florence Lwembwe, vendeuse et cliente de la boulangerie Pain de vie.

A Lubumbashi, le pain est vendu généralement en sachets de 8 à 13 pains. Les consommateurs font souvent fi de la qualité et privilégient la quantité pour parvenir à satisfaire leurs besoins.

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Internet fait ses premiers pas dans le commerce en RDC

Publié le 23 juil 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Argentine, une jeune couturière handicapée de Goma

Qui aurait cru que le E-commerce pourrait se pratiquer à Goma, ville dont le monde entier entend parler à cause des conflits armés qui durent depuis des années dans la région ? Pionnières du commerce électronique dans le coin, Argentine et Mapendo sont deux jeunes filles couturières. Toutes deux handicapées, elles sont colocataires et tiennent un atelier de couture avec d’autres amis.

Mapendo (entendez, Amour en swahili) a 18 ans. Sa famille vit à Bulengo, un camp de déplacés parmi ceux qui environnent la ville de Goma. Suite à un accident, elle a eu la jambe droite fracturée à l’âge de 12 ans. Après trois ans de rééducation, elle parvient à retrouver la marche avec des béquilles.

Si Mapendo est la cadette de sa famille, Argentine, elle, est l’aînée de la sienne. Elle a 22 ans. Elle attrape la polio à quatre ans. Difficile pour elle de fréquenter l’école. De Kitchanga (une cité dans le Masisi), elle débarque à Goma à l’âge de 15 ans. Ici, elle rencontre Mapendo au Centre pour Handicapés, où elles apprennent à coudre.

Plus tard, elles trouvent l’idée de mettre en place un atelier de couture. Encadrées par une expatriée, leur atelier sort du commun à Goma. Leurs produits sont vendus via Internet, la majorité de leurs clients résident à l’étranger. « La plupart de nos produits sont destinés à l’étranger. Nous avons une forte visibilité aux Etats-Unis où la clientèle ne cesse de croître d’un jour à l’autre », explique Dawn Hurley, leur encadreur.

Un seul souci pour ses deux jeunes couturières, les conditions dans lesquelles vivent leurs familles, qu’elles sont obligées de soutenir financièrement. Mapendo compte bientôt sortir sa famille du camp de Bulengo. Elle vient de finir la construction d’une maison pour les accueillir. « J’ai beaucoup bossé afin d’offrir ma famille un toit. Je ne supportais plus les voir sous des bâches », dit-elle. En ce qui concerne Argentine, elle supporte tous les frais scolaires de ses frères et sœurs.

Sans le savoir, ces deux jeunes mettent les pieds dans une forme de commerce déjà avancée sous d’autres cieux. Même si elles ont une mobilité réduite, elles parviennent à franchir les frontières traditionnelles pour commercialiser le fruit de leur travail. Une initiative à encourager et un exemple à suivre.

Les liens à suivre :

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Kisangani : Congolais débrouillards, vendeuses de feuilles de manioc

Publié le 10 fév 2009 dans Kisangani par Boyomais

Vendeurs de feuilles de manioc à Kisangani

Les feuilles de manioc, sombé en swahili et pondu en lingala constituent la denrée de base des Boyomais. Tout un parcours depuis les champs des villages avoisinants et les assiettes des habitants de Kisangani.

Comment marche le business de pondu à Kisangani ? Maman Machozi qui vit de ce commerce depuis plus de 12 ans explique : « J’ai un capital de 6000 francs congolais (environ 10 dollars américains). Je vais m’approvisionner à 24 kilomètres de la ville de Kisangani, à Alukutu. Là-bas, la botte de sombé coûte 30 francs congolais. A l’aller, je prends le Toleka mais au retour, avec ma marchandise, je suis obligée de prendre le camion. Je revends ensuite la botte de sombé à 130 ou 150 francs congolais en ville, ce qui me fait une marge qui me permet de subvenir aux besoins de ma famille. »

Pour le voyage retour, marchandises et commerçants sont entassés dans les bennes de vieux camions pourris. Chaque passager doit alors se débrouiller trouver sa place. Lorsque dame la pluie s’invite à la fête, c’est une bonne douche froide qui attend maman Machozi et ses congénères.

À l’arrivée au marché à Kisangani, juste après sa descente du camion à la manière d’un commando, Maman Machozi prend soin de réserver quelques bottes de sombé pour sa famille. Le reste est revendu et au bout de quelques minutes, toute la marchandise étant écoulée, maman Machozi peut rentre chez elle, fière d’apporter dans sa gibecière de quoi nourrir son chômeur de mari et ses enfants pendant au moins une semaine.

Comme bon nombre de femmes congolaises, en attendant qu’un ange tombe du ciel pour donner du travail à son mari, Maman Machozi endosse sans se plaindre toute la charge de sa famille. Que serions-nous sans ces mamans congolaises ?

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