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Bukavu : Exode rural au Sud Kivu, qui cultivera les champs ?

Publié le 13 jan 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une boutique à Bukavu

L’insécurité et la pauvreté dans les zones rurales de la province du Sud-Kivu poussent bon nombre de jeunes à se déplacer vers le centre urbain. Ils vendent ainsi leurs terres et à leur arrivée dans l’agglomération, certains s’affairent à des taches ménagères dans des familles contre une petite rémunération, et d’autres se lancent dans des petits commerces.

« Pendant la guerre, des hommes armés sont passés dans mon village et ont enrôlé de force tous les jeunes. J’y ai échappé parce que j’étais aux champs au moment de leur passage. J’ai suis venu m’installer à Bukavu et je survis grâce à mon petit commerce », raconte Mushagalusa, un jeune homme qui tient une petite échoppe où il vend bonbons, biscuits, cigarettes et d’autres articles. Sa boutique lui sert en même temps de lieu de travail, de cuisine et de chambre à coucher, une fois la nuit tombée.

Ils sont nombreux à vivre dans les mêmes conditions que Mushagalusa. Cela fait donc moins de mains pour accomplir les travaux champêtres. Les habitants de ces villages qui fournissaient jadis les villes en légumes, fruits et autres denrées abandonnent leurs terres pour venir chercher refuge en ville.

Et dire que tous les mouvements armés qui sévissent dans la région prétendent œuvrer pour le bien être de la population et défendre ses intérêts…

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Kinshasa : La capitale est donc une poubelle?

Publié le 23 déc 2008 dans Kinshasa par Joy, Leki ya Bukavu

Une grande flaque deau dans une rue de Kinshasa

Voilà quatre jours que je suis à Kinshasa pour participer à la formation dans le cadre du projet « Ba Leki ». Le spectacle qui s’offre à moi est bien différent de ce que j’aurais pu imaginer.

Des magasins et boutiques VIP, des cabines téléphoniques et des jeeps stationnées… mais où?

Des flaques d’eau pleines de moustiques et de déchets en tous genres avec une odeur nauséabonde entourent ces endroits VIP de Kinshasa et ça ne dérange visiblement personne.

Tumba, un jeune homme d’une quinzaine d’années, assis sur un banc devant un tas de sachets et de boîtes de sardines vend des cartes téléphoniques. « Je ne cherche que l’argent, cette odeur ne m’intéresse pas », déclare-t-il.

Les clients sont obligés parfois de marcher, insouciants dans ces ordures pour se procurer des produits qu’ils désirent dans des boutiques et magasins. Le chantier de la salubrité publique n’est pas encore une réalité dans la capitale de la RDC et je crains que cela ne dure encore longtemps.

Madame Suzanne qui vend des beignets à Kingasani, un quartier populaire de Kinshasa, pense pour sa part que les Congolais sont immunisés contre les maladies liées à la saleté. « Nous sommes habituées à notre saleté, on est là depuis des années et on ne tombe jamais malade. Nous résistons pour faire vivre nos familles », affirme-t-elle.

Et dire que bon nombre de jeunes de Bukavu, ma ville, caressent le rêve de gagner la capitale pour découvrir la beauté de la grande ville.

Comme qui dirait : les rêves sont toujours permis mais la réalité déçoit souvent…

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Bukavu : Pêche interdite sur le lac Kivu

Publié le 10 déc 2008 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Pirogues de pêcheurs sur le lac Kivu

Le lac Kivu sera fermé pour trois mois à partir du 30 décembre prochain. Cette décision des autorités locales inquiète les nombreux pêcheurs qui alimentent en poisson la ville de Bukavu et qui n’ont pas d’autre moyen de subsistance. « C’est une décision illégale et inhumaine. Nous allons crever de faim avec nos familles » déclarent-ils.

Pour l’inspecteur chef du bureau chargé de la pêche à la division provinciale de l’environnement et conservation de la nature, cette décision est prise pour faire face à la baisse de la production de poisson sur le lac Kivu. « Les pêcheurs ne respectent pas les normes de pêche et se rendent parfois dans les baies où il y a seulement des œufs pour pêcher. On est obligé de fermer momentanément le lac pour permettre à ces œufs d’éclore et de grandir » affirme Mr Tabino Mutingano.

Les militaires des forces navales sont instruits de faire respecter cette décision en arrêtant les pêcheurs qui vont désobéir.

Le poisson du lac Kivu est l’un des aliments de base pour les Bukaviens. Avec la somme de deux cents francs Congolais, il est possible de se procurer des fretins pour un repas de midi, et ce pour une famille de quatre personnes. Du très bon et bien gros tilapia, on peut en avoir 4 pour mille francs Congolais (un peu moins de 2 dollars américains). Cette mesure n’occasionnera-t-elle pas la rareté et en même temps la montée des prix du poisson ?

On verra bien sûr lorsque la mesure entrera en application.

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