RFI muselée dans l’est de la RDC
Publié le 20 juin 2009 dans Dessins par

C’est le 10 juin dernier que le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mendé Omalanga, annonçait nationale l’interruption du signal de la Radio France Internationale à Bukavu « pour des raisons de sécurité nationale ».
Dans une république qui se dit démocratique, il est tout de même surprenant d’observer pour une énième fois que lorsqu’un media opte pour une ligne éditoriale indépendante et refuse de faire le griot du pouvoir, toutes les excuses sont bonnes pour lui arracher la parole.
Bukavu est la deuxième ville qui se voit priver d’information après Bunia, dans la province orientale. La censure, une arme régulièrement utilisée par les hommes forts contre ceux qui ne sont pas d’accord avec eux.
Avec la prise en otage de la radio et télévision nationale congolaise qui s’est vue réduite en outil de propagande du pouvoir, l’assassinat de deux journalistes de la radio Okapi, radio onusienne disposant pourtant d’arguments pour assurer son indépendance, quelle sera la prochaine étape ? Coupure de tous les signaux et musèlement de tous les medias qui font autre chose que chanter la gloire du pouvoir ?
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi »
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En France François Mitterand a failli ne pa s se présenter aux élections présidentielles de 1981 parce qu’il était un des soutiens de la station de radio libre « Radio Riposte ». Les radios libres existent en France grâce à Mitterand. Je veux dire par là que les pays ont toujours contrôlé l’information lorsqu’elle répand des fausses nouvelles surtout dans une région comme le Kivu. Mais entre nous,est il difficile à RFI de diffuser à l’Est du pays? Quand la télévision n’existait pas en RD Congo on captait bien la télévision du Congo Brazzaville. L’ancêtre de RFI,France Inter était captée à Kinshasa via le émetteurs situés au Congo Brazzaville n’est-ce pas?
Il faut comprendre que l’est du pays est une zône militaire qui conduire les autorités à proférer ce genre de ménace qui dans la réalité n’ont aucune efficacité. Voyez l’Iran,malgré les atermoiement du pouvoir islamique nous recevont les informations en provenance de ce pays par la voie des médias intermédiaireS Le monde entier est informé sur l’Iran. Rfi diffuse par satellite,Rfi est captée au Ruanda,au Burundi. Pour un pays dictatorial la RD Congo présente une profusion remarquable de diffuseurs radio-Tv privés.
zône militaire qui peut conduire les autorités
J’aurai bien aimé comprendre les raisons qui ont conduit les autorités à arrêter le signal de RFI.
Qu’est-ce que ce média a dévoilé qui suscite une telle réaction des autorités congolaises. L’est est une zone de guerre. Est-ce une question militaire? Sur Reportes sans frontières, il est fait état que certaines reportages auraient poussé des soldats congolais à la mutinerie. Qu’en est-il?
Je suis par principe en faveur de la liberte de la presse. Cependant nous devons etre conscient que RFI est un instrument de la politique exterieure de la france controle’ par le Quai d’Orasay, le ministere francais des affaires etrangere. RFI est avant tout un outil de propagande sense’ influence’ les opinions dans les zones ou la France veut garder une main mise et en particulier l’Afrique, le seul continent qui donne a la france l’illusion d’etre une grande puissance.Donc il ne faut pas se leurrer le premier obectif de RFI n’est pas philanthropique mais bien politique.Il faut donc etre prudent quand nous voulons prendre position pour ou contre RFI.Il faut essayer de grater un peu pour savoir ce qui se passe « derrier » RFI. D’autre part, il me parait quand meme un peu surprenant que les seules fois ou cette journaliste de RFI, Gyslaine Dupont, parle du Congo c’est uniquement pour annoncer une catastrophe, ou une defaite de l’armee gouvernementale…ou quelaue chose de maccabre contre le Congo.Jamais elle ne dit quelque chose de positif sur le Congo. Elle a grandement contribuee a ternir l’image du pays. Est ce par pure conincidence ou y a t il un contentieux personnel entre elle et certains dirigeants congolais? Franchement je trouve qu’elle est bien loin de l’objectivite’…
Les régimes dictatoriaux ont toujours fait flèche de tout bois pour infantiliser leurs populations en leur privant des droits universels élémentaires à l’éducation et à l’information… Au Congo, le gouvernement n’a que le contrôle de la modulation de fréquence (FM) qui couvre un rayon de près de 60 km. Il y a donc une possibilité de capter RFI sur ondes courtes ou, à l’est, par FM relayée à partir des villes rwandaises de Cyagungu et de Gisenyi. La seule possibilité discrète de black-out total à laquelle peut recourir les obscurantistes de Kinshasa, c’est le brouillage électronique qui consiste à émettre du bruit sur la même longueur d’onde que certains signaux radio indésirables. Mais ces gens sont trop occupés à piller le pays pour être créatifs. Ils sont d’ailleurs si stupides qu’ils envoient leurs sbires tabasser des journalistes sur les plateaux de télévision… Encore heureux qu’ils n’aient pas encore fait appel aux Chinois, avec qui ils sont de mèche, pour brouiller l’Internet… A ce rythme, on est en droit de craindre qu’ils y penseront bientôt.
Gangoueus :
Suis ce lien pour la réponse à ton interrogation :
http://www.congoindependant.co.....cleid=4613
La démocratie répose sur la liberté de la presse, un pays qui a peur des opinions, c’est comme la corée du nord, la chine etc….
Si tu n’as rien à cacher, tu as peur de quoi?
Noko tongo etani
Il n’y a pas que les dictatures que le Congo n’est pas qui réduisent la liberté de la presse. Les Etats-Unis,une grande démocratie n’ont pas hésité à mettre sous les verroux la journaliste Judith Miller qui a refusé de révéler ses sources comme le lui dicte la déontologie de son métier. Le plus grand journal du monde le New York Times a dû subir des tracasseries judiciaires jusqu’à l’interdiction de publier les documents du Pentagone sur la guerre du Vietnam,sort subi de concert avec le Washington post et plusieurs autres journaux américains. Le gouvernement américain s’est réfigié derrière la sécurité des Etats Unis mise en péril par les informations que ces journaux auraient divulgées.
La Grande Bretagne qui ne peut être soupçonnée de menées liberticides a pourtant vu ses soldats et ceux de Hollande prendre d’assaut le bateau du radio libre « Radio Caroline » pour faire taire ce média très écouté par les jeunes.
Depuis la guerre du Vietnam l’Amérique tient à distance la presse et a appris à contrôler l’information comme il l’a fait à Dominique,à l’ex-Yougoslavie,en Irak par deux fois,en Afhganistan.
L’est du Congo est en guerre,le Congo est en droit d’y contrôler l’information surtout si celle-ci cherche à atteindre le morale des troupes. Les occidentaux voient des dictateurs partout même là où il n’y en a pas.
Nous ne pouvons se voiler la face. Tous les donneurs de leçons de la démocratie, toute les grandes démocraties du monde violent cet article 19 de la déclaration universel des droits de l’homme à un moment ou à un autre.
Bref aucun pays au monde ne la respecte à la lettre.
C’est sans rancune.
Qui n’a rien à cacher ne craint pas la presse. Si les autorités congolaises veulent couper la tête aux spéculations, elles n’ont qu’à travailler avec plus de transparence, en mettant à disposition de la presse et de la population les vraies informations.
Ayant moi-même presté comme journaliste dans notre pays, j’ai expérimenté la difficulté que représentait la rencontre avec une autorité pour solliciter des éclaircissements par rapport à un dossier précis. Les autorités congolaises entretiennent souvent du flou autour de leur gestion de la chose publique.
Ici en France, même en étant étudiant en journalisme, j’ai plusieurs fois, dans le cadre de mes travaux d’école sollicité des hauts fonctionnaires (Députés, maires…) qui m’ont reçu et qui ont répondu à mes questions. Chez nous, ils te font poireauter et lorsque tu enquêtes tout seul et publie des informations, tu es pris pour cible par les concernés.
Dans cette affaire, il est reproché à Rfi d’avoir parlé des soldes des militaires congolais qui n’étaient pas conséquents et encore moins versés régulièrement. Quel congolais ne sait pas que nos militaires reçoivent un salaire de misère ? N’est-ce pas prendre les congolais pour des idiots quand ont coupe le signal d’une radio qui ne fait que parler d’une évidence ?
Quel congolais ne connaît pas la réalité du soldat crève la faim et de l’officier au ventre bedonnant et aux multiples Mercedes ?
Comment expliquez-vous que l’armée congolaise a tant de peine à venir à bout de la plus petite milice ?
Mon cher cédric vous êtes bien présomptueux. Une grande journaliste comme Laurence Haïm correspondante à Washington de plusieures télévisions françaises et de surcroit journaliste accréditée à la Maison Blanche a fait des pieds et des mains pour intervewer le candidat puis le Président Barrack Obama. Et vous vous êtes content d’avoir obtenu des intervews facilement en France de quelques notables locaux. Je vous croyais plus modeste,je m’étais trompé. Les scoops on vous les offre rarement sur un plateau d’argent. Le scandale du Watergate ce n’est pas Nixon qui l’a fourni au Washington-Post. Ce n’et pas à un étudiant de ESJ Lille que je vais apprendre que le journalisme d’investigation existe. C’est une spécialité où l’on fouille parfois dans les poubelles au figuré comme au sens propre.
Si vous êtes à Lille mon cher Cédric ce n’est pas pour créer le futur parti communiste congolais mais bien pour faire partie de l’élite congolaise celle là qui touchent plusieurs fois les 25 dollars mensuels des professeurs. La Roumanie,la bulgarie qui sont pourtant des pays européens offrent des salaires dignes des pays du tiers-monde. Je ne refuse pas que vous éclairiez nos compatriotes à l’aide des pamphlets aux gouvernants mais il faut leur dire aussi qu’ils vivent dans un pays pauvre et exsangue. C’est surtout un pays hyperendetté et du tiers-monde. Le moindre revenu est d’abord distrait au profit de nos créanciers. Si la monnaie qui à l’unité égalait presque le dollar américain à sa création se déprécie,c’est parce que le gouvernement pour joindre les deux bouts se sert souvent de la planche à billet usant certe de son droit régalien qui nous aide à survivre tout en étant toxique.
Se borner à dénigrer le Congo en se disant que l’on dit la vérité et en taxant ceux qui vous le font remarquer de ceux là même qui veulent cacher la vérité comme si vous en êtes les seuls détenteurs est surprenant. C’est à dire vous possédez la vérité unique. Le Congo souffre parce qu’il est lourdement endetté depuis 1960,il faut le dire. Quand vos amis seront au pouvoir ils ne feront pas mieux. Je crains qu’ils ne développent les comportements qui étaient les leurs pendant la deuxième république.
Celà me surprend qu’un journaliste expérimenté comme vous accepte que RFI participent à saper le moral de nos troupes. Que vous defendiez votre corporation rien d’étonnant mais que vous déniez au Congo le droit de contrôler l’information dans une zone militaire me laisse pantois.
@ Bony
Au cas où tu ne le saurais pas, dans le traitement d’une information, le journaliste recherche souvent des faits et les confronte aux propos des officiels. Lorsqu’il y a une érosion qui fait des morts à Ngaliema, le journaliste que je suis descend sur les lieux, écoute la population, cherche un professionnel qui peut expliquer la nature de la tragédie et contacte enfin les autorités pour leur demander si elles sont au courant de situation, ce qu’elles pensent et quel est le bilan officiel. La difficulté au Congo c’est que autorité ne répond pas toujours. Et elle est même prête à vous menacer lorsque vous publiez quand même les chiffres par rapport aux fait que vous avez vu vous-même. Je parle d’une expérience vécue.
Je ne suis pas du genre à polémiquer pour rien. Je ne dénigre pas le Congo mais je parle de faits qui sont bien réels et qu’aucun congolais n’ignore. Les dirigeants dans notre pays ne supportent pas la presse indépendante. C’était le cas sous le règne de Mobutu et ça n’a pas changé. Comme dans bon nombre de pays africains, les politiques aiment bien les journaleux qui font les griots du pouvoir. Ceux qui travaillent sérieusement, ceux qui sortent en public les magouilles de certains politiques et jouent réellement leur rôle de 4ème pouvoir sont pris pour cibles. Ils sont arrêtés et foutus en tôle sans procès lorsqu’ils ne sont pas tout simplement assassinés (voir le site de l’ONG journaliste en danger).
C’est ainsi que la Radio et télévision nationale congolaise qui fonctionne avec l’argent du contribuable chante à longueur de journées les louanges du pouvoir même quand il ne le faut pas. Cette chaine qui était une des plus grandes du continent africain n’est plus que l’ombre d’elle-même. La plupart des couloirs du beau bâtiment de « la voix du peuple » sont sombres, sans électricité et insalubres. Lorsque Les employés de ce média public se permettent de couvrir des événements qui ne vont pas dans le sens de la pensée du pouvoir, ils sont tout simplement virés.
C’est ainsi que chaque politique veut avoir sa propre chaine de télévision et de radio pour faire sa communication. Le Congo ne réserve pas de place pour des journalistes indépendants, c’est connu. Et tant que nous nierons cette situation, les choses n’évolueront pas. Le problème dans notre pays c’est que nous détournons nos regards de ces choses anormales et nous sursautons lorsque la situation devient très grave et difficilement maitrisable.
Quand je parle du fait que je peux facilement rencontrer des élus français sur demande, c’est pour démontrer justement que ceux-ci sont modestes et proches des populations. Il faut comparer ce qui est comparable. Obama parle et les dirigeants congolais cachent.
Vous devez le savoir, ici, lorsque les élus ont des jours de permanence pour recevoir leurs électeurs. Vous appelez, vous prenez rendez-vous, il vous reçoit. Chez nous, lorsque la population te donne le pouvoir, tu enfles et tu la méprise en échange.
Ne sortons pas du cadre de la discussion. Nous parlons bien du musellement d’un organe de presse international. Vous parlez de RFI qui sape le moral de nos troupes ? Nos troupes seront bien plus motivées le jour où leurs salaires seront dignes de gardiens de l’intégrité du pays. Les soldats congolais n’accepteront de mourir pour leur pays que si leurs épouses et leurs enfants ont une chance d’être pris en charge par l’état en leur absence.
Que RFI émette ou pas, si les soldes des militaires sont détournés systématiquement et impunément comme cela se fait maintenant, il y aura toujours des opportunistes qui s’érigeront en mouvements dissidents, sachant qu’ils ont face à eux une armée affamée.
En tant que journaliste il est prétentieux de croire que l’on détient le quatrième pouvoir qui n’existe pas dans la réalité. Voilà comment naît le mépris envers les journalistes de la part des hommes politique qui tiennent leur légitimité du peuple.
Le figaro est un journal de droite,le Monde est un journal sérieux qui s’est longtemps positionné à gauche avec une audience s’étalant de part et d’autre,bref c’est le journal de l’intelligentia,Minute c’est le journal des idées de l’extrême droite,Radio riposte fut une radio socialiste,RTL a une ligne éditoriale de droite etc. La presse d’opinion a toujours existé. Que celà vous offusque au Congo qui est un pays dy tiers-monde je ne peux que comprendre. Lisez l’histoire de votre pays vous découvrirez qu’il y a existé un florissant média avec une multiplicité des journaux qui étaient tous liés à un courant d’opinion.
En France jusqu’à l’avènement de François Mitterand l’information était contrôlée par le gouvernement. On avait coutume à dire folkloriquement que les journaux de 20 h étaient corrigés par Alain Peyrefite Ministre de l’information avant leur diffusion. TF1 c’était la première chaine publique que François Léotar a dû privatiser. Je ne comprends pas très bien votre critique des médias gouvernementaux et des médias d’opinion au Congo. Etes-vous contre le pluralisme? Voulez-vous un média centralisé comme chez les communites?
Concernant l’armée vous devriez savoir que c’est un organisme européen,l’EUSEC,qui gère la paie des militaires. Le détournement des fonds contrôlés par l’EUSEC est difficile. Il est même prévu une carte bancaire de paiement pour que les soldats reçoivent leur salaire directement sur leur compte. Raconter les trains qui arrivent en retard c’est votre fond de commerce mais les choses positives il faut en parler aussi. Les forces intégrées ont un salaire un peu plus élevé.
Les hommes politiques sont les mêmes dans tous les pays du monde. Votre cursus en France va vous permettre de l’apprendre. Tous ceux qui font de la politique ont un égo particulier.
RFI a plusieurs supports de diffusion,la supposée coupure de son signal à Bukavu est une farce. On peut capter RFI partout au Congo.
@ Bony,
Je vois que nous sommes bien d’accord mais que vous faites semblant de ne pas comprendre de quoi je parle. Et puis je trouve incommode de comparer la France à un pays comme le Congo. Il n’y a pas (à quelques exceptions près) de presse indépendante au Congo. Je vois que tu n’es pas du tout au courant de la réalité sur place.
En France, on a le choix. Il n’y a pas à ce que je sache de journal, chaine de radio ou de télévision qui appartienne directement à Nicolas Sarkozy ou à François Fillon. Chez nous au Congo, c’est le cas. Chaque politicien veut avoir la sienne. Et pendant que la RTNC agonise, il y a plus de 50 chaînes de télévision « privées » appartenant pour la plupart à des politiques qui s’en servent pour diffuser leur propagande.
En France, quand on lit un journal plutôt de gauche ou de droite, on en a conscience. Au Congo, le même média change de couleur tous les jours en fonction de celui qui paie. Le lecteur, on n’en a rien à faire et d’ailleurs la population le sait très bien et sanctionne. Le journal congolais qui imprime le plus ne va même pas au delà de 5000 exemplaires pour une capitale dont la population est estimée à 10 millions d’habitants. Comprenez donc que les journalistes dépendant du fameux coupage (pratique qui consiste à exiger une certaine somme à celui qui donne l’info avant de la diffuser).
En ce qui concerne la radio, Radio Okapi et RFI sont les plus populaires. Pourquoi? tout simplement parce que les Nations Unies et la Fondation Hirondelle qui gèrent la radio Okapi veillent sur la neutralité et l’impartialité des informations. Et RFI parce que cette radio est indépendante du pouvoir et apporte en plus de l’information internationale qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Couper le signal de RFI ce n’est pas seulement la museler par rapport à l’info congolaise mais c’est aussi empêcher à cette population de savoir ce qui se passe à travers le monde.
En gros, il y a un choix à faire quand on est journaliste en RDC. Le premier c’est de faire le griot, de déformer l’information quand il le faut au bénéfice du pouvoir et en échange, on roule Mercedes, on se fait octroyer une villa à Binza avec policiers de garde armés jusqu’aux dents. Ce boulot paie bien mais le risque c’est que le jour où on ose dire des choses qui ne plaisent pas à ses créanciers, on finit comme Franck Ngyke.
Le deuxième choix c’est celui de la liberté. On se met au service de la population et on reste dans le factuel. Pas de couleur politique, on se bat tous les jours avec ses compatriotes dans les transports en commun, on vit la réalité (coupures d’électricité et d’eau, insécurité…) de la vie au quotidien et on la relate. Ce choix est risqué parce que n’étant pas protégé par ceux qui ont les armes, on risque de se faire supprimer le jour où on étale en public des faits trop accablants pour les hommes forts.
C’est une question de choix et moi j’ai choisi de parler de ce que je vis au quotidien. Ne me demandez donc pas d’ignorer 85% de congolais comme moi pour me mettre au service des 15% qui profitent de l’état chaotique du pays. Ils ont déjà assez d’employés comme ça!
Les jeunes qui ont pris la relève et qui alimentent Congoblog font de même. Ce choix, je l’ai fait parce que je suis issu de cette frange de la population congolaise, les 85% qui souffrent de la gestion chaotique de leur pays et qui veulent que les choses changent. Du positif, nous en parlons lorsque nous le voyons mais comprenez qu’il y en ait moins parce que c’est la réalité au Congo.