Quand les vivants et les morts cohabitent
Publié le 27 fév 2010 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un véritable centre de négoce, un lieu de rendez-vous d’affaires, … telle est l’image que présente le cimetière du quartier Tabac-Congo dans la commune Kampemba à Lubumbashi. On crie au voleur par-ci, on négocie des vivres par là… et au dessus des sépulcres, les transporteurs par vélo discutent le prix du transport avec leurs clients.
Chez nous, les morts ne sont pas morts, ils vivent, mangent et sont quotidiennement avec les vivants. C’est ce qui explique que les habits, aliments et boissons sont souvent déposés par des proches au-dessus des tombes des membres de leurs familles. Et l’expression du respect dû aux morts est telle qu’il paraît scandaleux qu’un parking de taxi-vélo soit installé au cimetière ou qu’un vendeur d’habits usagés en expose un échantillon en le suspendant aux croix plantées sur les tombes et portant les identités des morts.
« … ils sont morts c’est fini pour eux. Nous le serons aussi un jour. Je n’ai pas de rasion d’avoir peur et m’empêcher de chercher le pain pour mes gosses à côté d’une tombe », me confie Dieudonné Ngwej, transporteur.
Pour Monsieur Debwayo, habitant du quartier, « Les morts sont nos grands parents, nos oncles et tantes… ils ne peuvent que nous bénir ; d’ailleurs ils sont ravis par notre présence dans leur camp… ».





quel malheur!nous aimons trop nous plaindre du malheur qui frappe notre pays, de cas comme ca ou nos morts sont profanes de la sorte, quelle benediction nous aurions vraiment?l’imoralite a atteind un niveau dangereux pour nos us et coutumes. je me demande de fois comment les autorites congolaise raisonnent, meme ca elles ne sont pas en mesure de donner de lecon de moral, mawa trop
Merci pour tout ce que je trouve sur ce site.
Loin de l’Afrique, je suis – avec d’autres – proche d’Africains, ici (à Paris, à Orléans), et il y a beaucoup à faire, et beaucoup à apprendre.
Claude Mouchard
Cela ne me surprend plus. J’aurai tendance à penser que le culte des ancêtres encore très présent chez les bantous, autorise ce type de phénomène. Je pense que cette situation est moins grave que celle des pilleurs de tombe au Congo Brazzaville.
Et la mairie dans tout ça?
« Mon corps vit en exil sur terre,
Bientôt je rentrerai chez nous,
Car chez nous sous-terre,
Mon corps est une vitamine
Pour la vermine ! »
EXTRAIT DE : « Aux Yeux De La République », recueil de poèmes, Editions Le Manuscrit, Paris, 2008.
« Je marche guidé par une boussole menteuse. Les années enterrent les années, j’entends parler de bonheur enfouit dans les restes de corps de mes ancêtres. J’appelle ce bonheur. Il s’enfouit dans les leurres. Pendant ce temps, le bonheur m’attend au cimetière. » BONHEUR AU CIMETIRE. « Six mois durant, j’avale le reste des corps de mes ancêtres. Trois mois encore, le reste deleurs corps m’accompagnent là où l’on meurt chaque nuit, et réssucite au matin. Suis-je un homme ? » SUIS-JE UN HOMME ? Faustin Muliri
EXTRAIT DE : « Les rimes qui liment », recueil de poèmes, Editions Edifree-Aparis, Paris, 2009.
« … qu’un parking de taxi-vélo soit installé au cimetière ou qu’un vendeur d’habits usagés en expose un échantillon en le suspendant aux croix plantées sur les tombes et portant les identités des morts. »
Voilà qui dit tout ! C’est « La Déglingue », un titre d’un autre poème dont je suis l’auteur.
Un être humain qui pose un tel acte n’existe plus, il déjà mort ! Car « Il n’y a plus de souvenirs dans les têtes de certaines personnes. Leur unique souvenir, le passé et avenir sont déjà morts !
SOUVENIRS ET AVENIR, un autre extrait de mes poèmes.
Bref, c’est la déglingue ! Quel « Bel immonde » !
Faustin Muliri
Ecrivain de profession,
Bukavu-République Démocratique du Congo
C’est vraiment scandaleux de vivre une telle situation. C’est comme si l’espace manque dans cette ville pour ériger un lieu de négoce signe de ce nom et laisser les morts se réposer en paix.
Nous pensons sincérement que les autorités politico-administratives doivent agir sans tarder.
Aubert