Payer ou pas son parking, les Lushois sont partagés

Publié le 23 août 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Payer ou pas son parking, les Lushois sont partagés

Payer pour garer son véhicule à un arrêt de bus n’est pas du goût de tous les conducteurs de Lubumbashi. Les uns apprécient l’initiative, les autres s’inscrivent en faux. Vêtus de combinaisons bleues avec insignes de l’Acco (Association des Chauffeurs du Congo), carnet de reçus, stylos et petits bloc-notes en mains, les agents de l’Acco sont placés à chaque station de bus au centre-ville de Lubumbashi, percevant 600 Francs (0.8 Dollars américains) sur tout véhicule qui arrive pour stationner chaque matin et 150 à 200 Francs pour chaque course.

« Nous travaillons ainsi tous les jours de 6 heures à 18 heures 30. L’argent que nous percevons permet à la mairie de réaliser plusieurs travaux d’intérêt public, et à l’association de résoudre certains problèmes liés aux droits et devoirs du conducteur », explique Nicolas Nyange que j’ai rencontré sur l’arrêt de bus de la ligne centre-ville – Ruashi.

L’initiative n’est pas mal perçue par toute la population. Certains voient à travers cette nouvelle organisation le retour progressif de l’ordre dans la ville. « C’est un système à encourager. C’est nous qui devons permettre à la mairie de faire des services dont nous sommes les premiers bénéficiaires », me confie Doudou, conducteur de taxi-bus qui exhorte ses collègues à s’acquitter de cette taxe.

Les conducteurs qui s’opposent à cette organisation, finissent par quitter le lieu officiel de stationnement et se livrent au « Kimbirikite », phénomène qui consiste à faire le ramassage des clients sur les artères non indiquées par les autorités urbaines, courant ainsi le risque de tomber dans le filet de la police de circulation routière. « Moi je ne peux pas donner mon argent à un groupe des personnes qui cherchent à satisfaire leurs besoins privés en gardant nos droits hypothétiques », se justifie André Tambwe, conducteur.

« Et surtout qu’il n’y a pas de transparence dans la gestion de cet argent », poursuit-il. Cette affaire met en évidence le manque de confiance de la population face aux dirigeants. Les premiers sont habitués à se débrouiller tous seuls et les autres ne sont pas toujours dignes de confiance.

Que faire ? Chercher à restaurer l’ordre normal ou se contenter de la débrouille ? L’opinion est très partagée par rapport à cette question mais tout passe à mon avis par une gestion transparente et responsable du bien public et surtout par la restauration de la confiance de la population vis-à-vis des dirigeants.

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