Accueil » Lubumbashi

Lubumbashi : Le bien public qui devient privé

22 janvier 2009 par Le lushois, mdogo wa Katanga Lu 3 860 fois 11 commentaires Envoyer par E-mail

Poubelles de Lubumbashi

Que choisir entre une citerne et une poubelle? Cette question se pose actuellement à Lubumbashi où, depuis un certain temps, les barils servant de poubelles et portant la mention  »don de Moïse », faisant référence au nom du gouverneur de la province du Katanga se font de plus en plus rares. Il y en avait pourtant dans pratiquement tous les coins de la ville.

« Don de Moise » est devenu la marque de poubelles et de citernes de prédilection des Lushois. Avec une capacité de 70 litres, elles constituent un moyen sûr pour stocker de l’eau, denrée très rare dans la deuxième ville congolaise.

Les utilisateurs-recycleurs des poubelles publiques proviennent de toutes les couches de la société et ne manquent pas d’imagination. Ainsi, j’ai vu une femme, patronne d’un restaurant dans la commune de Kenya, utiliser une des poubelles qu’elle a pris le soin de nettoyer pour stocker de la farine servant à cuisiner du foufou pour ses clients.

Réfléchissant à ce qui pouvait être fait pour empêcher ce trafic, j’ai pensé à l’option de mettre un agent de police devant chaque poubelle pour la surveiller mais au final ce n’est pas une bonne idée, pour la simple et bonne raison qu’un de mes voisins, agent de la police nationale congolaise en possède une chez lui. Il n’a malheureusement pas voulu me révéler comment il se l’est procuré malgré mon insistance.

Les habitants de ma ville ont visiblement choisi de faire un autre usage ce « don ». Si rien n’est fait, je crains qu’il ne reste plus rien de ces poubelles dans quelques mois. Les prochaines, il faudra sans doute les enchainer ou les enterrer pour au moins être sûrs qu’elles ne se feront pas spolier.

11 commentaires »

  • franck baku dit :

    Il faut un vrai travail d’éducation pour changer les mentalités dans ce pays afin d’amener les gens ou tout simplement les contraindre à respecter les biens publics. Avec des comportements si rétrogrades, comment se développer?

  • Alex Engwete dit :

    « Don de Moïse Katumbi »… Est-ce une blague ou une dérive aveugle du culte de personnalité qui rappelle les heures sombres du mobutisme éclairé ? Est-ce une propriété publique, cette poubelle ? Si oui, pourquoi marquer dessus « Don de Moïse Katumbi »? Si non, des questions éthiques pourraient être soulevées sur les motivations réelles d’un individu qui fait des dons non-sollicités à l’Etat car, après tout, Moïse Katumbi n’est pas Mère Teresa…

    Mais je crois plutôt qu’il s’agit ici de la première alternative à ma question : ces poubelles appartiennent au contribuable du Katanga et le gouverneur, en y apposant frauduleusement son nom, commet une infraction, un détournement, une escroquerie de la propriété morale des Katangais — tout comme Mobutu, lorsqu’il offrait des « cadeaux » en son nom pour une localité en puisant dans les caisses de l’Etat, redonnait en réalité à ces citoyens leur propre argent ! Le gouverneur Katumbi doit donc changer de mentalité au plus vite !…

    J’ai interrompu la rédaction de ce commentaire pour aller copier ce qui est écrit sur les deux poubelles de la parcelle où je réside, ici à Washington DC. Chaque parcelle ici reçoit de la mairie deux poubelles : une grande poubelle vert olive pour les déchets ménagers et une poubelle bleue plus petite pour le recyclage (bouteilles et boîtes de conserves vides, etc.). Le flanc des deux poubelles porte cette inscription : « Property of the District of Columbia Government » (Propriété du Gouvernement du District de Columbia) et chacune porte un numéro d’identification : 1) DC 609064 pour la poubelle de recyclage ; et 2) DC 021796… Ces numéros d’identification permettent de comptabiliser ces poubelles et de les situer géographiquement avec précision dans la ville.

    Finalement, le placement de ces poubelles dans des parcelles en rend les occupants responsables. Les grandes poubelles publiques sont métalliques et attachées fermement au trottoir par des chaînes métalliques et du ciment. Finalement, la salubrité publique d’une ville n’incombe pas à un gouverneur de province mais au maire de la ville !

  • tongo etani dit :

    C’est hallucinant de voir des poubelles griffées comme une marque. Nous devons changer nos mentalités, lutter contre la corruption, la cupidité, l’avilissement :( :( ;) :)

    Prof. tongo etani

  • gangoueus dit :

    Je communique pas mal sur les articles de ce blog quand je vais chez mon coiffeur. Ils sont congolais. Je lui ai fait par de mon désarroi après la lecture de l’article de l’ambulance sur cale et surtout des fameuses poubelles de Moïse Katumbi (et de leur usage). Il m’a apporté une précision qui m’a permis de mieux comprendre le sujet du lushois. Moïse Katumbi appartient à une famille très riche et cette griffe qu’il laisse souligne le fait que ces poubelles sont réellement un don qu’il fait à la ville (idem pour l’Ambulance).

    Cela soulève quelques points importants à mon niveau :
    Comment se fait il qu’un homme qui n’hésite à sortir de sa poche du pognon pour équiper la ville principale de sa région, ne se donne pas les moyens de suivre l’exploitation qui faite de ses poubelles? Après tout, une campagne de sensibilisation des populations sur le caractère public de l’usage de ses poubelles devrait amener les populations à plus de sagesse pour peu qu’on se donne les moyens de l’expliquer.

    Idem pour une ambulance qu’on apporte en fanfare à un hôpital mais dont on n’a pas prévu le coût de l’entretien.

    Il y a quelque chose dans cette attitude du gouverneur Moïse Katumbi qui m’échappe et qui me donne l’impression qu’on fait les choses justes pour qu’elles soient vues mais sans conviction profonde.

    C’est regrettable.

  • Zangiefula dit :

    Sans vouloir defendre Moïse, qui en bon politicien fait un peu de pub en effectuant des dons hautement visuels et opportunistes. Je trouve quand même, qu’il n’est pas obligé de gerer ses dons, c’est dommage que les gens soient trop inciviques que pour s’approprier des biens devenus publics.

  • Zangiefula dit :

    C’est dommage qu’il aie tant de crasses là ou il y a justement une poublle pour les récuperer.

  • AfroVoltaire dit :

    Merci Zangiefula, tu as touche ce que je voulais relever. Les immondices a cote d’une poubelle publique. La est la racine du probleme.

  • MUANA MBOKA dit :

    Vous aussi les congolais à quand le changement des mentalités. Pour nous qui avons eu l’occasion de voyager nous remarquons comment les gens aiment leurs pays et en prennent soin, mais nous les congolais nous ne sommes pas fiers de l’être etr en plus nous sommes prêts à décourager nos frères qui veulent nous sortir de notre situation de médiocrité.Je dis helas mille fois helas

  • Laurent - projet MDP en Afrique dit :

    Je ne sais pas si c’est un problème de gestion des déchets, ou gestion du bien public … mais il faut vite trouver une solution à commencer par la question des déchets ménagers. Si l’environnement était propre, beaucoup de ce genre de situation ne serait pas là.
    A suivre …

  • Kashama dit :

    Vous ne connaissez pas Moise. Il a fait des dons a la ville, à la Province avant qu’il ne devienne Gouverneur. Les Katangais en connaissent de sa générosité. Si l’etat ne peut pas ,que voulez-vous que les bonnes volontés fassent? Le problème posé n’est pas celui des poubelles mais de la mentalité des notres qui sont restés au pays. Que faire? Et toutes ces télévisions et radios?C’est un problème de changement des mentalités.

  • Kashama dit :

    Monsieur de Washington,
    T’as pas oublie les verites de ton Congo natal.Avec un budget de pres de 6 milliards de $,combien crois-tu que la commune de Gombe ou de Lubumbashi peut gerer?Soyons realistes.Comment pouvez-vous imaginer que le Donnateur devra assurer la gestion de l’offre?Monde a l’envers.

Laissez votre message !

Rédigez votre message ci-dessous ou créez un rétrolien depuis votre propre site web. Vous pouvez aussi suivre les réponses via le flux RSS.