Lubumbashi : la justice populaire prend la place face à la démission de la police

Publié le 15 fév 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un voleur menotté et assis à même le sol 

« … Tuons-le, brûlons-le… apprêtez un pneu… dix litres d’essence… voleur et sorcier sont pareils… la police n’en fera rien et va le libérer, mieux vaut en finir tout de suite… ». Tels sont généralement les cris que poussent les habitants de Lubumbashi se saisissant d’un voleur surpris en flagrant délit de vol.

Pas question de faire appel à la police, perçue comme complice des malfaiteurs. Cailloux, pillons, marteau, couteau, toute arme à portée de main peut servir pour « écraser le serpent ». Un voleur est un serpent dit une citation assez célèbre par ici. « Il faut l’écraser avant qu’il ne vous morde », renchérit-on. Pas besoin de se poser des questions sur le sort réservé à ceux qui sont surpris à dérober le bien d’autrui.

Il y a quelques jours, près de chez moi, s’est fait appréhender un certain Songo Bololo, voleur professionnel et apparemment réputé. Surpris essayant de pénétrer dans une habitation par le toit à 3 heures du matin, il a eu la vie sauve grâce à l’intervention du chef de quartier. Ce dernier a empêché la population d’exécuter la sentence de mort, épargnant le filou d’être brulé vif. Ce n’est 3 heures plus tard que la police s’est pointée pour embarquer le criminel.

« Notre justice est la meilleure, parce que nous savons que lorsque la police ouvre les portes des prisons et oublie de les fermer.  Quand les inciviques y entrent le matin et en sortent paisiblement le soir même, ayant ainsi la possibilité d’accomplir tranquillement leurs forfaits », me lance un des habitants du quartier. « Nous savons très bien que nous allons revoir bientôt ce voleur à l’oeuvre…, rajoute-t-il.

Un vrai problème de société dans mon pays. Une crise de confiance est bien perceptible entre la population et ceux qui sont censés maintenir l’ordre et veiller sur elle. J’espère juste que nous ne finirons pas comme dans certains pays où on est obligé de porter une arme sur soi pour se défendre face aux agressions.

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