Lubumbashi : Crise financière, faillite des entreprises minières et chômage au menu
Publié le 5 fév 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

L’effondrement des prix des minerais sur le marché international n’épargne pas les entreprises minières de la province du Katanga, au sud-est de la République démocratique du Congo. Des milliers d’ouvriers et de creuseurs artisanaux se trouvent au chômage.
Une cinquantaine d’entreprises minières et des centaines de petits comptoirs d’achat ont fermé leurs portes depuis fin 2008. Selon le gouvernement provincial du Katanga, la faillite de ces entreprises a contraint au chômage un peu plus de 300.000 ouvriers dans cette province cuprifère.
Sans sécurité sociale et indemnités payées au bon vouloir des entreprises, les anciens employés de ce qu’on appelle localement les « Mining » ne baissent pas les bras et, en bons congolais débrouillards, ils trouvent des moyens alternatifs pour survivre. La plupart de ces anciens ouvriers et creuseurs artisanaux se tournent vers l’agriculture. « Avec la somme que j’ai reçu comme décompte final, j’ai acheté un lopin de terre que je compte exploiter pour cultiver des fruits et des légumes », confie Blaise Kayumba. « Ce n’est pas la première fois que ce genre de crise se déclare, les entreprises minières tomberont en faillite et décevront toujours mais avec mon petit champ, je serais autonome », complète-t-il.
Pour le président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) au Katanga, la chute des cours des métaux au niveau mondial n’explique pas tout. L’augmentation depuis mi-2008 des taxes au niveau national n’a pas facilité les choses. La redevance annuelle des entreprises minières a quasiment été doublée, c’est-à-dire, de 60.000 à 100.000$. Les maillons faibles de la chaine sont donc écartés et les plus costauds résistent, mais pour combien de temps ?
Alors qu’on entend parler ailleurs de mesures gouvernementales et d’aide de l’état pour sauver des entreprises et en même temps des emplois, chez nous en RDC (république dresseuse de constats), rien n’est fait concrètement pour remédier à ce problème.
Question : Où va donc l’argent généré par la vente des minerais? Suivez mon regard…



La finance est au coeur de la vie de l’entreprise. Toutes les décisions que l’on va prendre auront une incidence qu’il convient de mesurer et d’anticiper. Nos entreprises se délitent faute de gestion rigoureuse. Le concept de gestion est la recherche permanente des meilleurs choix – c’est-à-dire des arbitrages financiers – à effectuer pour atteindre les objectifs fixés.
Muyomba(oncle) Prof.tongo etani
Wow! République Dresseuse de Constats — formule-matraque qui encapsule la fonction non seulement de l’Etat congolais mais aussi celle d’un bon nombre de pays sous-développés. La crise économique mondiale actuelle, qui se double d’une crise financière qui l’a d’ailleurs causée, est l’une des plus pernicieuses depuis la Grande Dépression des années 1930. Des Etats ayant une bonne côte de crédit —comme les pays développés — peuvent faire de grands emprunts (en vendant des obligations d’Etat à d’autres Etats ou à des individus) pour faire des injections massives dans leur économie. L’administration Obama s’apprête par exemple à injecter dans l’économie américaine 950 mille milliards de dollars empruntés principalement à la Banque Centrale Chinoise. Cette intervention d’Obama vient d’ailleurs à la foulée de plus de 700 mille milliards de dollars injectés aux derniers mois de l’administration Bush pour prévenir la faillite des institutions financières et de l’industrie automobile en difficulté. Et même avec ces interventions massives, on ne sait si et quand cette crise va se résorber aux USA. Et que dire alors des pays comme le nôtre qui ne font que subir et dresser des constats, selon la belle expression lushoise. « Se prendre en charge », la belle formule du Mzee, devrait revenir à l’ordre du jour.
Quant aux taxations de ces entreprises d’extraction, je conviens avec la majoration de leurs taxes —même si ce qu’on fait de ces taxes laisse à désirer. Comme Le Lushois le note si bien, ces entreprises n’assurent pas la sécurité sociale de leurs travailleurs ; elles ne sont là que pour extraire et opérer des fuites des capitaux vers l’étranger. Le Lushois prétend que l’Etat congolais, comme aux USA, devrait intervenir « pour sauver des entreprises ». Je rejette véhémentement cette suggestion pour des raisons évidentes de l’incapacité de l’Etat congolais à le faire. De plus, le débat devrait plutôt se centrer sur les privatisions abusives projetées ou auxquelles on assiste actuellement. Cette crise montre clairement que le néolibéralisme sauvage va à l’encontre du petit peuple des pays sous-développés. L’Etat devrait rester le seul garant de certains secteurs clés — comme les communications, une bonne partie du transport, les ressources stratégiques du sous-sol, l’enseignement, la production et la distribution électrique et de l’eau, etc.
Belle photo en tout cas de la cheminée éteinte de cette usine. Il y aura certainement des écolos pour applaudir la fermeture de ces usines polluantes. Si les anciens mineurs se reconvertissent dans l’entretemps dans des activités agricoles, tant mieux pour la bonne subsistance de nos populations.
Belle analyse Alex, chapeau.
Le FMI a renfloué les pays Européens en déliquescence comme l’Islande et la Norvège, avec des taux bas, mais rien pour les pays sous-développés, deux poids deux mesures, nous sommes délaissés, ces institutions prédatrices nous abandonnent dans notre érrances co – génitales, EZA MAWA MINGI
Prof. tongo etani
Les ateliers de la GCM à Lubumbashi. Plus que de la mitraille.
Trop is te veel (clin d’oeil au prof
!)
L’argent va dans les poches de …. (vous avez deviné la réponse). Je trouve admirable la façon dont les ouvriers se ressaisissent du chômage en adoptant l’agriculture.