Les morts et les vivants cohabitent
Publié le 31 mai 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

A Bukavu, les morts ne reposent plus en paix comme jadis. L’exode rural de ces dernières années a occasionné l’érection de constructions anarchiques sur les cimetières. Les croyances et traditions donnant les cimetières pour des endroits inhabitables et pas fréquentables la nuit à cause des esprits des morts qui rodent semblent être loin derrière.
Au cimetière de la Ruzizi (voir la photo), il manquera bientôt de la place pour déposer les morts. Plusieurs habitations y sont érigées et les constructeurs ne se gênent pas de jeter de côté les os et les croix pendant les travaux. Et comme les morts sont morts et ne peuvent pas écrire des mémorandums et encore moins sortir dans la rue pour revendiquer leurs droits, leurs dernières demeures sont spoliées au grand jour, au vu et au su de tout le monde. Le pire c’est que cela ne semble pas déranger grand monde.
Fait étonnant, les locataires vivants des cimetières affirment avoir des documents légaux et des autorisations de bâtir en bonne et due forme. À la question de savoir pourquoi ces personnes construisent sur un cimetière, Paulin Nundu, un habitant de l’avenue du cimetière répond : « Il n’y a plus de parcelles libres en ville. L’autorité nous a demandé de chercher un endroit libre et de le lui proposer, ce que nous avons fait. »
Plus d’une bagarre ont été enregistrés entre ceux qui viennent enterrer leurs morts et les habitants du quartier cimetière. Ces derniers ne veulent pas que des passages soient crées dans leurs parcelles pour faciliter l’accès aux tombes. Souvent, les cercueils sont déposés par terre le temps d’en finir avec les palabres.



TOLEMBI MANGUGU NA BANGO, PESA LOSAKO NA BATU BA SALISA YOOOO.
traduction: »nous sommes fatgués des racontars, respectes tes ainés!!!!
pour les enfants perdus, respecter les AINES, eza mawaaaaa!!!!
Manseba, noko, prof tongo etani
Ainsi va la vie dans ce pays de Kasa-Vubu, de Lumumba, de Mobutu et des Kabila 1er 2.
le repos de nos morts devenus cadique,les scenes auxquelles nous assisttons,nous jettent à la figure la honte et les dernieres limites qui separent notre societè à celle des hommes.
D’abord à l’abandon total,nos cimetieres sont pris d’assaut,les depouilles souillés,jetés comme des vulgaires objets,le dernier sanctuaire exposé aux 4 vents,on vient avec femmes et enfants,convaincus de son bon droit,s’installer et pietinner le seul répère qui dissocie les animaux des hommes,le respect aux morts et fait de nous des êtres civilisés.
Comment cela pouvait-il en être autrement? En déliquence depuis des nonbreuses années, la sociétè Congolaise à l’image de notre pays est moribonde et son coup de grace est peut-être à son apogée.
La décadence generale des nos moeurs,de nos traditions vidées de toute substance,l’inversion de valeurs, entretenus par un discour politique demissionaire,la sociétè Congolaise est malade de ces elites.
« lorsque les fondements d’un Etat vacillent, le peuple se dispersse »,disait l’excellent homme francais,Montaigne.
je pense qu’on y est!