Les chinois attendus sur la route d’Opala
Publié le 16 avr 2009 dans Kisangani par Boyomais

Située à la rive gauche du fleuve Congo à Kisangani, la Route Opala est d’une très grande importance pour l’approvisionnement de la troisième ville congolaise en produits vivriers. Chaque jour, en vélo, en moto ou en camion, les transporteurs des diverses marchandises empruntent cette voie pour ravitailler Kisangani en bananes, riz, poissons, viandes, escargots…
Actuellement, c’est plus une piste boueuse qu’une route qu’empruntent les plus téméraires des commerçants et débrouillards. Pas besoin donc d’être un savant pour comprendre la montée en flèche des prix des denrées de première nécessité.
A en croire les usagers de cette route, plusieurs facteurs justifieraient le délabrement avancé de ce tronçon routier. L’amateurisme de ceux qui l’avaient réhabilité sous peu ainsi que le manque d’entretien constituent les deux principaux problèmes. Sans doute encore l’œuvre d’une entreprise fictive qui a empoché des millions pour un travail bâclé.
Ici aussi on attend qu’arrivent les 5 chantiers promis lors de la campagne électorale il y a un peu plus de deux ans. Avant le retour du messie, ce sont les chinois qui sont attendus avec impatience.
Entre temps, les gens du coin, jeunes et vieux, hommes et femmes de tous les âges affrontent les pistes et se débrouillent pour contourner les difficultés. Ils appliquent bien les prescriptions du maréchal qui recommandait la débrouillardise à toute la population zaïroise de l’époque. Une interrogation au regard de l’état catastrophique des choses à ce jour, le fameux article 15 (débrouillez-vous) n’atteint-il pas ses limites ?



Belle Photo, Boyomais !
Je ne voudrais pas être à la place de ces transporteurs qui voient de toutes les couleurs sur cette route d’Opala qui n’est route que de nom.
On nous avait promis les Chinois. Où sont-ils ? Ailleurs, oui, ils ne peuvent pas tout faire à la fois. Ils viennent de faire un bon travail sur le tronçon Kisangani-Bafwasende-Beni et le Chef de l’Etat était sur terrain pour s’en rendre compte. Il a fait Kisangani jusqu’à Goma en voiture ! Une première ! Signe que les choses bougent mais ce n’est pas encore assez à voir l’état délabré de la route Opala.
Je crois aussi que lors de campagnes électorales, nos autorités locales nous avaient promis monts et merveilles. Que font-ils pour cette route. A mon sens, si tout devrait revenir aux seuls Chinois, on ne sortira pas de l’auberge. Tout le monde doit donc mettre la main à la patte.
Mon père et son employeur belge empruntaient régulièrement ce tronçon pour se rendre à Léopoldville (Kinshasa). Durée du voyage : une semaine et demie. Encore est-il qu’ils s’arrêtaient en cours de route ! Mais il est un mythe qu’on doit tout de go évacuer sur l’investissement sur les routes sous les Belges : l’Etat colonial n’entretenait pas les routes, c’étaient les villageois qui le faisaient. Travail obligatoire sous peine des huit coups réglementaires de chicotte appelés « mwambe » (lingala= huit) infligés au chef du village et ses notables ! Chaque village devait donc, de manière compulsive, entretenir un tronçon de route une fois par semaine. Ceci s’accompagnait d’un dispositif de contrôle sévère des déplacements des personnes : on ne pouvait nullement se rendre d’une localité à une autre sans un visa qu’on appelait « feuille de route » délivrée par l’administrateur du territoire… Si on essaie de forcer aux gens ce genre de régime aujourd’hui, on peut déjà entendre d’ici la société congolaise, de concert avec les ONG internationales, pousser des cris d’orfraie… Et d’ailleurs, l’Etat congolais exsangue n’a pas les moyens d’une telle politique !…La route vit, vibre et se meurt si on ne l’entretient pas. Ce qui nous amène droit au deuxième mythe qu’il faut aussi immédiatement évacuer : la durée de vie d’une chaussée macadamisée est en moyenne de 10 ans. Ceci signifie que le troc fait avec les Chinois est pure folie ! Car autant forcer nos amis chinois à camper le long de ces routes de manière permanente, les Congolais devront bien un jour s’atteler au maintien de ces routes. Aux USA par exemple, le réseau d’autoroutes est un chantier permanent : réparation des nids-de-poule, nouvelles macadamisations, etc. Ceci signifie qu’une route doit être financièrement « viable », comme une entreprise. On a ainsi mis en place un système de « péage », géré par une parastatale, par lequel les automobilistes paient pour accéder aux autoroutes ; et c’est avec l’argent ainsi récolté que les routes s’entretiennent d’elles-mêmes. Tout ceci demande une vision sur le long terme. Et à regarder les 5 chantiers, je n’y vois aucun signe d’une réelle « vision » de long terme. Un exemple de cécité des décideurs : dans des villes enclavées, la SNEL continue à investir dans des centrales thermiques nécessitant une consommation incroyable de carburant, alors qu’on devrait plutôt investir dans l’énergie solaire… Comme quoi : on est encore loin de voir la lumière rayonner au bout du tunnel !
Merci, mon petit BOYOMAIS,
Trés belle photo, nous avons du travail à faire pour notre pays.
Cette route est essentielle pour l’Economie de notre pays.
Je me rappelle, j’avais mon cousin qui allait à kisangani acheter du poisson séché pour venir vendre à kinshasa, avec son commerce il avait achéter une voiture, il me disait mon petit, je retournes à kisngani, à kin, il avait une femme deux enfants, deux maitresses, il est parti à kisangani, il est resté là-bas avec une nouvelle femme commerçante, aaah kisangani singa MWAMBE.
Nous ne devons pas attendre la bouche ouverte que les chinois viennent nous mettre une bavoire pour nous nourrir à la petite cuillère, nous devons retrousser nos manches, construire nos routes, libérer l’eau et l’électricité, arrêtons de vivre dans la MENDICITE.
EZA PASI, DIS, KOZELA BOMENGO, BAYA KOSALA PO NA BISO, TOZA NA MISISA TO TEEEE, MAKASI NA BISO KAKA KO BETA TO KO DAMER BA NZELES, MAWABLE
Oncle (manseba)(Muyomba)(NGUATSCHI)Prof. tongo etani
On éspère la réalisations de beaucoup des choses dans divers domaines pour faciliter les échanges ect… mais n’ignorons pas que c’est pétit à pétit qu’on arrivera à moderniser ce pays