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Le militaire qui a tué un policier condamné à mort

31 juillet 2009 par Joy, Leki ya Bukavu Lu 2 538 fois 6 commentaires Envoyer par E-mail

Procès d'un militaire qui a assassiné un policier de roulage

Le procès dont je parlais il y a quelques temps et qui opposait le ministère public au militaire qui avait assassiné un agent de police s’est soldé par une sentence lourde. Le caporal B est condamné à mort et révoqué des Forces Armées de la République Démocratique du Congo. Lui-même et son employeur l’Etat Congolais doivent payer une somme de 500 000 dollars américains à titre de dommages-intérêts, en faveur de la famille du défunt.

Le tribunal militaire de garnison de Bukavu en a décidé ainsi dans cette affaire qui a défrayé la chronique et qu’une bonne partie de la population a suivi de près. Certains se disent satisfaits de cette sentence. « Il l’a bien mérité ce tueur. Qui tue par l’épée, périra par l’épée. D’ailleurs, on devrait l’exécuter ici, séance tenante », ai-je entendu murmurer.

D’autres personnes ont par contre du mal à croire en l’exécution ou la mise en application de cette sentence. « Cet homme ne sera jamais exécuté, on va le mettre en prison quelques jours et il sera libéré par la suite », pensent pour leur part deux jeunes étudiants qui ont suivi l’affaire depuis le début. « Nous connaissons la maladie de notre justice, et ce n’est pas le premier à être condamné à mort. Nous en avons vécu des cas où le condamné disparaît comme par enchantement de sa cellule. On nous raconte souvent qu’il s’agit d’évasions ordinaires mais nous savons très bien que ces bandits prennent le large avec la bénédiction de certains hommes forts », rajoutent-ils.

L’audience levée, le condamné est menotté et placé dans la jeep de la Rejusco (Restauration de la Justice à l’Est du Congo) qui doit l’acheminer dans son couloir de la mort, si exécution il y aura, à la prison centrale de Bukavu.

Quelques heures seulement après ce verdict du tribunal, les ONG qui militent pour l’abolition de la peine de mort haussent le ton. Elles soulèvent le fait que la condamnation à mort de ce caporal ne l’aide en rien pour se repentir et méditer sur son mauvais agissement.

En observant bien la situation telle qu’elle se passe autour de moi, je me rends compte que la peine de mort est appliquée même sur des gens qui n’ont commis que des délits mineurs. Même si on ne leur coupe pas la tête, ces derniers sont mêlés aux tueurs, violeurs et autres dans des prisons bondées et insalubres. La finalité est la même. Les criminels ne finissent pas la tête tranchée ou sur une potence mais meurent à petit feu, de faim et de maladies que l’on contracte dans ces geôles d’un autre temps.

6 commentaires »

  • bony dit :

    La loi du talion donne l’illusion d’être équitable mais la réalité est souvent proche de l’iniquité même si le fait d’ôter la vie de son prochain est un des actes le plus odieux. Les bantou disent que si l’enfant a mis le feu à la maison on ne va pas l’immoler à son tour. Cette affaire est très morale,elle ne mérite ni le jugement de Salomon ni celui du talion. Il ne faut pas non plus qu’elle donne le signal que l’auteur d’une insulte mériterais la mort mais en même temps il ne faut pas en retour conduire à l’échafaud des personnes dénuées manifestement de raison au moment des faits. Je ne dis pas que c’était le cas de ce jeune soldat,ce serait trop m’avancer. Mais son histoire avant et après son crime est relatée ici même. Une forte humiliation de la part d’un supérieur dans la hiérarchie de l’armée bien que servant dans des corps différents, a motivé son geste. Dans une région où la justice porte un nom sinistre de REJUSCO (Restauration de la justice à l’est du Congo).
    Cette région est une zone de non droit depuis 1960. Les rébellions ont eu souvent leur point de départ au Kivu. Être jugé par une équipe chargée de restaurer la justice à l’est du pays vous met dans une position délicate. Vous risquez à tout prix de subir une condamnation pour l’exemple. Si tel est le cas pour ce caporal,ce serait dommageable.
    Voilà qu’après les ONG qui sapent le morale des troupes,ceux qui luttent contre la peine de mort entrent dans la danse. Ils refusent la mort du caporal B. Cette condamnation ne changera pas l’opinion de ceux qui accusent injustement le gouvernement de laxisme et d’incompétence. A l’évidence on croit que ce soldat va mourir parce qu’il a tué. Non,il va mourir pour rien. Il a offert sa vie pour défendre le pays, pas pour se voir maltraité sans ménagement par un sous-officier probablement imbu d’une autorité abusive. Il a cru bon se faire justice dans une région qui en était dénuée,voilà que la restauration de la justice le rattrape. Le bouc émissaire a beau bêlé,le couperet tombera quand même sur son cou gracile.
    Il faut savoir qu’attenter au morale des troupes est un délit. Que nos voeux de consolations accompagnent le caporal B.
    L’exemple contraire eut été aussi valable. Il y a quelques années en France Madame Caillaud,l’épouse du Ministre Caillaud que le journal Le Figaro malmenait assassinat son directeur dans son bureau à coup de pistolet. A la surprise générale la cour d’assise de Paris l’acquitta avec les applaudissements du publique. La justice reconnaissait là la souffrance morale et les blessures qu’elle pouvait causer.
    Beaucoup de nos compatriotes sont gagnés par l’autoritarisme qui est la petite porte par laquelle s’insinue souvent la dictature. Je leur demanderais instamment d’être vigilant car l’excès d’autorité fini toujours par avilir le peuple.
    Je réitère mon affection envers le caporal B. Je me retenais de le dire jusqu’alors car ce soldat aurait dû bénéficier des circonstances atténuantes. Je l’ai dit,je me sens soulagé.
    J’aimerais connaître le montant en dollar que reçoivent le parents qui ont perdu un des leur dans le théâtres des opérations à l’est du pays. Je souhaite incessamment que ce soldats et ses avocats interjettent appel de cette condamnation,la démocratie mériterais bien un nouveau procès dans un climat serein et apaisé.

  • bony dit :

    madame Caillaux

  • Emery dit :

    Bony

    Merci pour votre réaction.
    Mais quelques questions restent en pending:
    Que faire maintenant? parce apparemment vous accordez raison à l’homme qui a tué !!!

    Je ne suis pas d’accord avec vous quand vous dites que « Cette région est une zone de non droit depuis 1960″
    Je peux vous confirmer que l’Est a été troublé au début des années 60 et puis plus rien jusqu’en 1996 ( 1996-2009.
    Les motivations des années 60 sont de loin comparables à celles d’aujourd’hui.
    Ma crainte est de continuer, par des telles déclarations, à donner raison à ceux qui arguent gratuitement que la RDC est difficile à gérer et qui donnent toujours faussement l’exemple de l’Est.
    Pourquoi tous ces militaires sont devenus des tueurs? (Chose d’ailleurs qui n’était pas possible avant 1996). c’est seulement parce que Les ONG et les Agences se sont imposées pour qu’il y ait mixage, brassage sans tenir compte de la moralité, la capacité des individus membres des milices qui ont été brassés. (des civils dans la plupart de cas bandits sans foi ni loi et d’autres des étrangers. Et le résultat: Nous avons des tueurs sur les coins de toutes les rues et souvent en uniforme.

    Les mêmes ONG ( qui sont actuellement comme des grains de sable à la plage) réclament une justice équitable, sont les mêmes qui reviennent pour condamner la justice. Que faire dans un tel cas?
    La place d’un tueur, qui qu’il soit, n’est pas dans la société.

    Pour terminer, le Gvt doit tout faire pour que les prisons soient viables et que le personnel pénitencier soit outillé pour la gestion et la sécurisation des prisons.

  • Simol dit :

    Je voudrais juste donner une opinion personelle au sujet de la sentence prononcée contre le militaire B. Aussi longtemps que cette histoire ne me soit pas totalement connue, j´ose croire á l´application des lois en vigueur en RDC. Cette application devrait, en théorie, réfleter la justice digne, notamment la jouissance de droits et devoirs pour chaque individu.

    En effet, tout acte commis en bonne ou mauvaise conscience, devrait etre traité en terme de circonstances ayant conduit á sa mise en oeuvre.
    a) D´une part, á l´hypothése que l´assassinat du policier soit sujet d´une certaine prémeditation,aussi demosntrative soit-elle, l´accusé est supposé purger d´une peine, applicable en fonction de lois et coutumes du pays. Ce qui ne signifierait pas á priori, la condamnation á la peine capitale, mais plutot, une culpabilité en rapport aux points d´accusation indiqués. Supposons que l´acte commis par Mr B.,le caporal, ait été motivé au départ ou qu´il ait agi seul, en toute connaissance de causes, on pourrait certes, consentir avec le jugement prononcé contre lui, en tant qu´ accusé principal.
    Mais, si au contraire, il n´est qu´un bouc émissaire de pratiques courantes et manifestes, qu´on connait bien au sein des unités de l´armée congolaise, la justice ne devrait pas aller vite en besogne avec la condamnation. Elle devrait plutot chercher á réunir suffisament des éléments de conviction et aussi trouver les complices. On sait que c´est un travail de fourmis qui n´est pas tellement prisé par les hommes en toges dans l´exercice de leurs fonctions en RDC, mais qui meriterait au moins d´etre exécuté.

    Comme vous l´aurez certainement constaté, je ne partage pas, d´une part, l´application de la peine capitale. Chaque acte qui conduit au décés d´un individu, est certes triste et regrettable, mais son acteur ne devrait pas nécessairement subir le chatiment supreme. Je sais qu´oter la vie á quelqu´un,á l´accusé par exemple, n´entrainera pas l´éradication des mefaits commis par les militaires congolais. A titre d´exemple´, aux USA ou cette peine est appliqué dans certains Etats, tout n´a pas toujours été resolu, les délits ou la criminalité démeurent á ce jours au sein de la société américaine. Outre cet aspect,au Congo, comme dans beaucoup d´Etats africains, il y a un certain manque d´équité dans pas mal de procés, les notions de justice étant appliquées qu´ á certaines couches de population  » dites touchables -vulnérables » en RDC. Il est donc important de veiller sur la veracité de certaines sentences.

    D´autre part, je suis d´avis que chaque malfaiteur puisse etre condamné á sa juste valeur. Tout acteur d´un acte démontré du vendalisme, banditisme, délits de société, viols …. mérite bien d´etre jugé et condamné selon les lois du pays ainsi qu´en terme de droits et respect de la dignité humaine. Si le caporal B, est bien responsable de ses actes, il mérite bien d´etre condamné d´une maniére équitable. Je trouve que 25 ans de prison ou la réclusion á perpétuité seraient raisonnables á son endroit.

    Simol

  • tongo etani dit :

    Vingt ans de réclusion pour le militaire, on ne peux pas lui ôter la vie.

    Noko tongo etani

    :( :( :( :(

  • Angalisho dit :

    C’est bien de condamner à mort dans une pays comme la RDC. Cela peut dissuader d’éventuels candidats au meurtre. Par contre une peine similaire devrait aussi être infligée aux 2 norvégiens qui ont abattu de sang froid leur chauffeur congolais à l’Est. Les chinois eux savent se faire respecter comme on vient de le voir avec l’exécution du citoyen britannique accusé de trafic de drogue

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