La Sape, véritable phénomène de société dans la capitale congolaise
Publié le 20 mai 2009 dans Dessins par

Etre élégant est une question d’honneur dans la capitale congolaise. Même le ventre vide, l’essentiel est d’être coquet et surtout de s’habiller « griffé ». Né au Congo à la fin des années 70, la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes) a encore des adeptes, et ce malgré la crise multiforme que connaît la république démocratique du Congo.
Versace, Kasamoto, Girogio Armani et autres grandes marques sont bien connues de pratiquement tous les Kinois. Les nombreux allers-retours entre l’Europe et le Congo des groupes musicaux congolais et des parisiens [terme qui désigne toute personne résidant en occident] suffisent à alimenter le marché Kinois en vêtements de grande marque.
Deuils et autres rassemblements populaires sont des occasions dont profitent les Sapeurs pour se montrer et de prouver leur suprématie. Est plus fort celui qui a la tenue la plus inédite et les marques les plus prestigieuses. Surtout, l’étiquète doit être authentique et bien mise en évidence. Une précaution nécessaire contre les mauvais joueurs, capables de coller des étiquètes de grandes marques sur des vêtements ordinaires.
Pour avoir la tenue la plus remarquable, les sapeurs recourent à une autre pratique, elle aussi bien connue des jeunes de la capitale : « le Mudungu ». Cette dernière consiste à aller emprunter à un bout de la ville la chemise qui irait bien avec le pantalon qu’on a et à l’autre extrême les souliers assortis.
Au mois de décembre dernier, lors d’un séjour à Kinshasa, j’ai croisé un ancien camarade d’école qui me demandait pourquoi je ne me faisais plus voir. Ma réponse selon laquelle j’habitais depuis quelques mois en Europe ne semblait pas le convaincre. Pour raison, il m’avait scruté de la tête aux pieds et avait très bien vu que je n’avais qu’un pauvre Jeans, un vulgaire tee-shirt et des Converses aux pieds, ce qui n’est pas digne d’un « vrai parisien ».
Attention à votre façon de vous habiller lorsque vous visitez la capitale congolaise.



Mort de rire ! A Abidjan, la voiture fait le moine. Je suis allé à la Présidence/Primature avec une grosse Américaine et en taxi. La première fois, je suis passé comme une lettre à la poste. La deuxième fois, je te raconte pas l’interrogatoire des cerbères…
Le sujet n’est pas de mon âge comme l’a dit un interlocuteur, j’étais un vieillard. Un petit correctif, la SAPE n’est pas né au Congo, ni à Brazzaville ni à Kinshasa. Elle est née à Paris sur la rue Béranger dans lieu mythique appelé la MEC anciennement résidence universitaire: Maison des Etudiants Congolais. Non loin des bureaux du journal Libération.
Bien avant cela, il y avait les “crâneurs», ancêtres des sapeurs qui sévissaient alors à Brazza puis à Kinshasa. On peut se saper avec un jean. Des jolis mocassins de chez Weston remplacent valablement les converses à Sciences po ou à l’ENA.
L’habit ne fait peut-être pas le moine mais il fait la classe sociale. Même en jean il est facile de faire la différence. Une chemise, des pompes de qualité, la façon de se tenir, de parler vient couronner le tout. C’est vrai que l’habillement est perçu comme un sujet frivole surtout lorsqu’il s’agit des chiffons féminins.
Les beaux vêtements sont aussi un signe de réussite pour certains. Quand on a bénéficié favorablement de l’ascenseur social, un beau costume marque la signature de sa nouvelle classe. On voit les enfants même dans des jeans fournir un effort pour ne pas ressembler à la “racaille” du quartier d’à côté.
Ah yaya!
Ca repart et on n’ en sortira pas. La sape, Mvuatu … vérifiez partout à Kinshasa et au monde si vous retrouverez un seul investissement de feu Niarkos le N’gatshie, ni de son mentor Papa Wemba ?
Mais faites un tour à Dakar ou à Bamako vous serrez surpris par les idées progressistes de Youssouf N’dour ou Salif Keita.
D’ ailleurs à l’ âge de Papa Wemba, mendier des fringues au près des gosses qui ont l’ âge de ses petits enfants ne peut pas faire objet d’ un prestige personnel…
» NIONGO YA LIBUMU ELEKI NIONGO YA KOLATA » disait le prophète… Nous n’ allons pas construire le Congo avec cette logique de parvenu…
Il est bien de s’habiller modestement mais quant à faire le « Mundugu » c’est bête. Pourquoi nous attachons beaucoup d’importance à des futilités? Les RDCongolais doivent rester maintenant humble et se lancer dans des choses qui font avancer le monde, le pays.
Comment comprendre quelqu’un qui achète une chemise à quinze mille euro et pas seulement ça? Une fois malade on commence à faire des réunions pour se cotiser, question de l’amener à l’hôpital, soit payer sa note. Cette mauvaise habitude chez nos musiciens doit cesser.
Après c’est pour condamner le gouvernement, le ministère de la culture et art.
C’est sans rancune.
Pour la deuxième fois, je suis d’accord avec Bony, j’ai habité BOULEVARD MAGENTA à côté de la place de la REPUBLIQUE à PARIS, surtout à proximité de la MEC (maison des étudiants Congolais (CONGO BRAZZA), à cette époque dans le troisième arrondissement, nous attendions les nouveautés pour épater les copains du congo de l’autre rive, à la fin nous sommes aller au METRO ETIENNE MARCEL pour avoir des nouveautés pour dévancer les NGAYAS TSHIGONDOS (incapables de bien se SAPER.
La SAPE, c’est l’harmonie, les couleurs.
A kin, les petits en me voyant me demandent: « Vieux, oyé koboma bisooooo, oyo nini yaya tomona yango tséééé na kin, je réponds: ba petits, moyen na pesa bino kombo tséééé, boluka na ba ligablo ya mikili.
J’avais des jeans, mocassins, les petits étaeint EBERLUES, ça leur faisait PLAISIR.
J’avais un copain docteur comme moi, qui ne voulait pas s’habiller, les petits rigolaient sous CAPE en disant: AWUTA CHINE POPULAIRE!!!!!
Nos mentalités!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Oncle Prof.tongo etani
J’étais choqué de voir qu’un concours de « sape » est organisé à kin pour juguler le phénomène « kuluna » avec la bénédiction semble-t-il des autorités..si l’idée d’occuper les jeunes et des moins jeunes est louable, je doute fort qu’un concours de « kitendi » soit la meillleure façon.
cette « idéologie » a pourri et continue à pourrir tant des jeunes, même des vieux ici en europe et partout ailleurs.
La légitimer sous pretexte d’occuper les jeunes, c’est un comble…
Il ya tant d’activités qui peuvent occuper ces jeunes gens et qui peuvent en plus leur permettre d’avoir une formation et un avenir.
Je ne cite pour illustrer mon propos que l’agriculture qui est susceptible d’occuper intélligemment bcp de nos jeunes.
Si seulement les moyens mis en oeuvre pour cette » mascarade » étaient orientés vers l’insertion de ces jeunes dans des activités rémuneratrices, formatrices…
Dommage qu’on continue à nous enfermer dans des clichés stériles…
La caricature de LUBA sur les sapeurs est remarquable. A elle toute seule atteste l’affirmation qui souligne la qualité de journaliste à part entière du caricaturiste de presse. Un dessin très éloquent même sans sa légende.
J’aimerais savoir si lui et ses congénères déssinent sur du support papier ou directement sur écran?
Tres bonne article, c’est une constante. Je m’arrache les cheveux chaque fois que j’entends l’association d’idees sape et reussite. C’est tres congolais.
J’aimerais poser une question : connaissez-vous un seul couturier congolais. un seul chausseur congolais de renommee internationale? Les africains qui s’illustrent dans ce domaine sont souvent ouest-africains. Il m’est arrive une fois d’aller me payer un costume vers la place de Republique. A l’idee de savoir que j’etais congolais, c’est a peine si le commercant moundele e nme sautait pas dessus. Nous consommons ce que nous sommes incapables de produire.
La question de la sape est un ecran de fumee pour un phenomene plus grave en Afrique centrale : celui du paraitre et de l’apparat. Aussi, je pose la question a nos aines ici presents : est-ce un heritage ancestrale?
PS : ecrit avec un clavier Qwerty
@Gangoueus, @Tongo etani,
Vous êtes dans l’erreur,un Rmiste qui utilise ses maigres revenus pour se saper n’est pas dans la réussite. Il est bien dit que celui qui a bénéficié de l’ascenseur social c’est à dire qui est parti du bas de l’échelle pour se retrouver au sommet peut signer sa réussite en changeant de livrée pour revêtir celle de sa nouvelle condition. Les banquiers par exemple s’habillent en costume complet gris. Contrairement à l’adage la robe de bure fait le moine. Dans les CHU parisiens le personnel en blouse blanche avec le col relevé est de la catégorie d’étudiants hospitalier,des internes ou de chefs de clinique. Le col relevé les distingue des infirmiers. Arborer la grande tenue avec la coiffure bicorne est la fierté des polytechniciens français. Symbole par excellence de réussite et le rêve de tous le parents. Les étudiant de l’université Lovanium portaient une casquette à large visière ornée des bijoux, offerts par leurs fiancées ou leurs soeurs, d’une manière ostentatoire marquant ainsi leur qualité d’universitaire congolais. Je crois que vous avez compris qu’une tenue peut définir une symbolique de succès.
Vous demandez s’il existe des couturiers congolais? Ce n’est pa parce que vous ne les connaissez pas qu’ils n’existent pas. Connaissez-vous ici en France Ciffoneli ou Canalli? Ce sont des grand couturiers. Encore que Canalli est ponnu parce qu’il crée des vêtements prêt à porter de luxe mais Schiffoneli ne fait que du sur mesure. C’est le couturier des chefs d’Etat français,des ministres,des PDG etc. Les gens d’argent le connaissent,les moins friqués ne le connaissent pas. Voilà l’histoire des couturiers congolais que vous ne connaisez pas non plus.
Les congolais s’illustrent ici en France dans tous les domaines. Aiguisez votre curiosité et vous allez les connaitre. Fille et garçons sont diplomés des universités,des grandes écoles,des facultés de médecine et exercent leurs métiers comme tout le monde. Un de commandants de la gendarmerie française diplômé de l’école de Melun est un jeune congolais.
Le Congo était un pays développé avec des industries dans tous les domaines de la production. Les usines d’habillement y existaient. Benatar Alhadeff avait un grand magasin de vêtements masculins de grande qualité sur le boulevard du 30 Juin en face de l’hôtel Régina.La boutique Cendrillon en face de la grande Poste n’avait rien à envier aux grands bottiers que je vois ici en France. Rodriguez fabriquait des chaussures sur mesure en plus de la réparation des semelles et empeignes.
Les congolais aimaient la mode. Nos parents s’habillaient sur catalogue comme ils aimaient à le dire. Nos musicies parlent de la mode dans leurs chasons. Bana Amida basukisi tembe ya molato na kati ya Lipopo chante Franco et l’Ok jazz. J’ai parlé des craneurs qui ont donné le mot crac qui veut dire élégance. Vieux oyo aza crac. Crac c’est aussi les vêtements. Nasombi ba cracs. L’élégance se traduisait aussi par le mot jazz. Tolati jazz,nous nous sommes élégamment vêtus. Masta ango azanga ba jazz,ce mec n’a pas de quoi s’habiller. Le jargon kinois est très riche dans ce domaine.
Le jean il était hors de question de le porter c’était le vêtement des voyous,l’habillement des indoubils et des cowboys. On aurait éssuyé un refus catégorique si on sollicitait nos parent de nous le procurer. Mais l’usine Flamy le fabriquait en masse sous la marque du même nom. Le substantif Flamy désignait le blue-jean tout comme frigidaire est synonyme de frigo. Les blue-jeans qui ont suscité l’inclination des kinois pour ce pantalon nous sont venus de Brazzaville avec les trafiquants ces commerçant qui traversaient le fleuve Congo même quand la frontère était fermée. Puis le magasin Byblos voisin de Memling était envahi par les jeunes pour se procurer les blue-jeans de marque.
C’est vrai que pendant les vacances scolaires les belgicains suscitaient l’envie mais pas les « parisiens » qui n’ont existés que depuis les années quatre-vingts,surtout en quatre-vingt-un après l’électiion de François Mittérand. Des « voyous » venus de Belgique aspirés par la régularisation des sans papiers avec leur »leader »Niarcos investirent les milieux interlopes de la MEC qui n’était plus habité par des vrais étudiants. Voilà comment Papa Wemba et Niarcos ont volé la SAPE dont le Pape était Jo Balard,aux congolais de Brazzaville après en avoir reçu l’initiation par ces derniers.
Le parterre de l’hôtel Memling et l’esemble de la rue était la mècque de la mode. En face de Memling la boutique New man diffusait la mode de Paris,Londre et Milan. En face de Kin Mazière Sonia boutique appertenant à deux soeurs congolaise faisait le bonheur des victimes de la mode.
Vous voulez savoir s’il y a des couturiers congolais. Je ne peux vous répondre dans l’état actuel. Mais je crois qu’il y en a. Par ailleurs en faisant appel à me souvenirs je peux vous dire que les couturiers de qualité ont exité au Congo. En dehors des couturiers blancs il y avait John tailleur sur Itaga et Duboyer en ville. Les journaux parlaient beaucoup des jeunes couturiers dont William et Lajos étaient les chefs de fil. Ils ont lancé à Kinshasa la mode de chemises et vestes cintrées qui nous sont revenues de l’Europe avec les belgicains terme que les journalistes donnaient aux congolais résidents en Belgique.
La SAPE et la sape sont un phénomène puisque les thèses de doctorat et des ouvrages sérieux leur sont consacrés. Je ne contredis pas Cédric Kalonji,je participe au forum avec ce que je sais.
Oui le malien Xuly Bet a derrière lui des finaciers et les banques, ce que les congolais n’ont pas encore. Si vous vous sentez l’âme d’un financier lancez-vous,sponsorisez les jeunes couturiers congolais.
A tous,
Si l’histoire ne nous trahi pas, moi je pense que la SAPE a existe depuis la nuit de temps, c-a-d, depuis que l’homme a appris a se mettre un cache-sexe. Bien sur que lorsqu’on s’adonne a une chose de tout son coeur cela devient une passion. Je ne vois pas du tout pourquoi on ne peux s’adonner a ce que l’homme en general aime. Il y a ceux qui on de la passion pour la politique, les arts, les lettres, les voitures, les femmes, les voyages, les timbres…et j’en passe.
Le debat sur ce blog est passionant et encourageant aussi longtemps que la liberte d’expression est garantie meme a ceux qui ont des injures faciles. Pour moi la SAPE n’est pas une mauvaise chose en soi. Le mal de la SAPE vient de ceux qui en abuse. Au fait, qui n’aime pas se bien tailler. Il n’ y a pas que ceux qui en abuse mais il y a aussi le gros problem vient tout simplement du cote de l’ignorance.
En Afrique nous avons des grands coutiers. Cela dit, le Congo en regorge pas mal. Moi j’ai connu couturier Congolais comme les SAMMY DE BASE, MALOTTRE etc. Mais par faute de fond d’investissement ces gens ne cousent que pour leur petite clientele. Si les derniers cites ne sont pas connus de vous tous, ben laisse-moi vous parler d’un grand en gestation. C’est le cas du compatriote Patrice Soku. Ce dernier, bien qu’installe au Canada, nous donne une de cette fierte que l’on ne peut s’en passer. Si vous connais pas la marque SOKU (http://www.soku.ca), eh ben, faites-en votre chanson desormais et beaucoup du courage a Patrice que je salue en passant.
Aujourd’hui, je suis fier de voir qu’enfin, le coutier congolais, se fraie, a l’instar des autres artistes, un chemin dans le monde des grands noms. Qui dit mieux? Moi j’aime bien m’habiller mais je n’en fais pas ma religion!!!
Au fait, j’ai oublie de presenter mes excuses sur mon francais que je ne parvient plus a maitriser comme le faisait si bien Maurice Grevisse.
je dirai que la sape fait partie de la vie de chaque jour, on s ‘habille premierement pour cacher sa nudité , et l elegance ne viens qu’ajouté un peu de tonus dans la chose.
pour dire vrai , la sape en afrique , precisement dans le deux congo tire ses origines du retour des anciens combattants africains qui ont combattus pour la france pendant la seconde guerre mondiale.
Ils ont vus comment s ‘habillaient les blancs ( chemise , cravate, veste, echarpe….)et ils ont copiés cela a leurs manieres , et de fil en aiguille , au fil du temps les generations se sont succedaient , on a connu entre autres joe balard, aurlus mabele, fernand mabala , raph bunzeki et tant d’autres pour le congo brazza. les papa wemba, niarcos, tyty le vallois, adolphe domiguez, pi roger ibuna et d’ autres pour la rdc.
MAIS CE QUE nous deplorons , c’est le fait qu’actuellement la sape au congo est beaucoup plus associés aux musiciens , aux voyous , alors que jadis c ‘etait la classe de noble….
Mawa trop mais tosala nini??? o moers o temporis, autres temps , autres moeurs.