La santé, un chantier dangereux dans nos hôpitaux

Publié le 30 déc 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un malade et sa gardienne dans un centre de santé à Kisangani

Dans la majorité des centres de santé de la ville de Kisangani, les conditions d’hospitalisation laissent à désirer. Dans la plupart de cas, quand ils ne vont pas à l’étranger, ceux qui en ont les moyens équipent leurs chambres lorsqu’ils sont internés dans les hôpitaux de la place. Les démunis peuvent toujours se contenter des conditions désastreuses des mouroirs insalubres.

« Nous avons du mal à fermer l’œil la nuit tellement il y a des moustiques. Mon mari a des problèmes d’estomac mais, dans ces conditions, il n’est pas surprenant qu’il soit atteint de la malaria dans cet hôpital. Les moustiquaires que nous avons trouvé ne servent plus à rien car il a des trous partout », se plaint Bi Sakina qui garde son époux depuis son hospitalisation.

Un lit de malade dans un centre de santé à Kisangani

Aux piqûres des moustiques, il faut ajouter les conditions hygiéniques précaires, mais aussi et surtout le monnayage de visite des médecins. Les professionnels de la santé s’assoient sur le serment d’Hippocrate. Le mot d’ordre bien connu de tous est : pas d’argent, pas de soins.

Papa Georges Walisangu, sans emploi depuis des années, a du mal à cacher son désarroi : « J’ai entendu dire que la santé faisait partie de cinq chantiers de la République. Je demande donc aux autorités de mon pays de faciliter aux indigents comme moi l’accès aux soins de santé. »

L’appel de Papa Georges sera-t-il entendu par les décideurs politiques congolais ? Ou faudra-t-il comme d’habitude attendre que les institutions internationales initient des projets de renforcement des capacités de centres hospitaliers de la République ?

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