La guerre de 6 jours, 9 ans après…

Publié le 9 juin 2009 dans Kisangani par Boyomais

La guerre de 6 jours, 9 ans après...

C’était il y a 9 ans, le 5 juin 2000. Un jour ordinaire où les enfants étaient à l’école, les papas au bureau, les mamans au marché. C’est à 9 heures 45 minutes que les deux premiers coups de canon ont retenti, suivis de deux autres et de crépitements d’armes automatiques. Une grande panique d’ensuivit, les uns restant là où ils étaient, les autres se refugiant où ils pouvaient. C’était le début d’affrontements entre les armées ougandaises et rwandaises dans la troisième ville congolaise.

Pendant six jours de combat, presque toutes les familles se sont séparées dans leur fuite. Les morts se comptaient par centaines et les blessés par milliers. Les maisons vidées de leurs habitants ont été pillées et pire encore, sortis de leurs cachettes, la plupart des boyomais n’ont pu que pour constater que leurs maisons n’étaient plus que des tas de ruines.

Jusqu’à ce jour, on se pose encore des questions. Pourquoi le Rwanda et l’Ouganda qui sont voisins ont préféré s’affronter sur le sol congolais ? En dépit de la condamnation de l’Ouganda par la cour internationale de justice, rien. Pas d’arrestation et pas d’établissement de responsabilités. A Kisangani, la journée du 5 juin dernier s’est déroulée normalement. Une journée ordinaire comme toutes les autres. Pas de commémoration, pas de message d’hommage aux victimes. Rien !

Les seuls à se souvenir de cet épisode malheureux sont les victimes mes regroupées au sein d’une association qui tente de récolter les fonds auprès des autorités locales en vue d’organiser des manifestations commémoratives. « C’est une opportunité pour nous de rappeler au Gouvernement central que nous attendons toujours la concrétisation de la promesse d’indemnisation nous faite par le ministre des affaires sociales. Des milliers de personnes sont mortes ces jours-là, des habitations ont été détruites mais rien ne se fait dans le sens de la réparation », s’indigne Monsieur Aziza Baele Sydol, secrétaire de l’ASBL Fonds de solidarité des victimes des guerres dans la Province orientale.

Loin de moi l’idée de remuer dans le passé dans le but d’attiser la haine mais je pense seulement que nous devrions tous nous souvenir de ces atrocités et en tirer des leçons. Plus jamais ça !

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