La criminalité, une affaire qui marche dans la capitale congolaise

Publié le 7 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Les dames s'accrochent à leurs sacs en main pour les protéger des badauds à Kinshasa

Kinshasa, place victoire dans la commune de Kalamu. Nous sommes ici dans l’un des endroits les plus fréquentée et un des plus grands centres d’échanges de la capitale congolaise. La place de la Victoire est aussi célèbre pour le nombre d’enfants de la rue appelés Shegués qui y trainent, à la recherche de clients à plumer. Ce sont eux les maîtres ici. Ils excellent dans plusieurs activités, toutes axées autour de la débrouille.

Ils sont crieurs, porteurs de fardeaux, manutentionnaires, commissionnaires mais également pickpockets à leurs heures perdues. Les premières et grandes victimes sont les dames. Elles auront beaucoup perdu, de téléphones portables, de bijoux, de l’argent, et plusieurs autres biens de valeur.

Les victimes ont inventé une nouvelle technique de protection des sacs. Il s’agit de les bloquer avec un bras et de toutes ses forces et de les placer devant soi, histoire de contrôler tout mouvement. La photo ci-dessus illustre bien la technique.

« J’ai déjà perdu à deux reprises des téléphones portables. J’ai retenu la leçon et je fais désormais attention », m’a révélé une jeune fille que j’ai vu serrer son sac très fort contre elle. Si cette technique de protection marche, il ne s’agit pas d’une garantie de sécurité absolue. Dans ce coin où le vol et l’escroquerie se portent bien, les malfrats débordent d’imagination pour inventer de nouvelles tactiques.

S’il est vrai que la criminalité est une affaire qui marche dans la plupart des grandes villes dans le monde, la cerise sur le gâteau à Kinshasa c’est que les policiers semblent totalement dépassés par les événements ou tout simplement désintéressés.

Les kinois ne se donnent même plus la peine d’appeler les flics lorsqu’ils réussissent à mettre la main sur un brigand. Ils s’en occupent eux-mêmes parce qu’ils savent qu’en remettant les bandits aux mains de la police, ils se retrouvent en liberté quelques jours plus tard et reprennent avec leurs combines. Les plus réputés des caïds des cités de la capitale se font d’ailleurs surnommer « ba kanga ba cracas, balemba ». Traduction imparfaite : « qui a réussi à fatiguer ceux qui le menottent ».

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