La « bleusaille », un calvaire pour les nouveaux venus à l’université
Publié le 24 mar 2010 dans Kisangani par Boyomais

Officiellement, la pratique est interdite. Pourtant, chaque année, elle monte en puissance. Depuis le 15 février dernier, date de la reprise de l’année académique à l’université de Kisangani, les « boulets », entendez les nouveaux admis à l’université, sont maltraités, voire torturés, par les « poils », entendez les anciens.
Aujourd’hui, Julie et ses camarades sont venus tôt le matin aux cours, escortées par un poil pour assurer leur protection, seul moyen d’espérer un accès en douceur dans l’auditoire. « Hier, je suis venue seule et j’ai été interceptée par trois poils, juste à l’entrée de l’université. Ils m’ont exigé de rouler dans la boue, puis ils m’ont tabassée. Coup de pied sur mes derrières, gifles et insultes étaient mon lot », m’explique Julie, nouvelle à l’université de Kisangani.
Elle n’est pas la seule à subir ces actes de torture. Chaque jour, depuis le début des cours, presque tous les nouveaux passent par là. Carine, inscrite en première année de la faculté de droit, témoigne : « Moi, je viens de subir une intervention chirurgicale mais cela importe peu aux yeux de nos tortionnaires. L’autrefois, j’ai dû exhiber mon ventre à des garçons pour prouver mon état mais cela n’a pas suffi. Ils m’ont frappé avant de me demander de courir sans regarder derrière. »
S’il est possible aux garçons « boulets » de se dissimiler parmi les « poils », il est très difficile aux « boulettes » d’échapper à la sentence. « Ce sont nos cheveux qui nous trahissent. On exige de les couper avant de monter à l’université. Ce faisant, l’on permet aux poils de nous identifier de loin et de nous malmener. Conséquence : aucune protection ne pourra être efficace», estime Carine.
Que font les autorités académiques pour décourager cette sauvagerie ? « Nous avons mis en place, dans chaque faculté, de brigades d’étudiants dont la mission essentielle est non seulement de protéger les nouveaux mais aussi de mettre la main sur ceux qui s’arrogent le pouvoir de bleuir », répond un membre décanal de la faculté des sciences sociales, administratives et politiques.
Kisangani n’est pas la seule ville dans laquelle on observe la montée en force de la bleusaille. A Kinshasa, certains « poils » se sont permis de violer des filles. Terrorisées les jeunes étudiantes kinoises ont trouvé une solution : accorder des faveurs sexuelles aux poils, afin d’être protégées.



Halte à la torture à l’Université !
Je lance ici un appel vibrant à tous les étudiants congolais de mettre fin à cette pratique retrograde et inhumaine. Qu’est-ce que cela vous apporte ?
Il est temps aussi que les autorités académiques mettent en place une bonne politique pour décourager cette pratique. Des brigades, c’est bon mais lorsqu’ils sont constitués de tortionnaires, les poils donc, le résultat sera le même.
La justice aussi doit faire son travail
Et nos autorités?
A Brazza, dans les années 90, il y avait un phénomène semblable de bizutage. Les nouveaux bacheliers étaient les « palins ».
On a gardé depuis cette hiérarchie militaire dans nos rapports avec les « anciens ». Cela restait bon enfant. La moquerie, la plaisanterie étant à la base de ce phénomène. Dans le secteur scientifique, ce phénomène pouvait être plus durement ressenti par les étudiantes vu leur extrême minorité. De la à parler de viol, on est là dans une dérive complète du système.
N’exagerons pas chers amis,
Cette pratique existe dans toutes les universites du monde entier. En general il s’agit d’une maniere particuliere d’acceuillir les nouveaux. Tout se passe en general sans probleme lorsque le blue » boule’ » n’est pas tetu(e). Au lieu de reclamer son interdiction la pratique doit seulement etre bien encadree.Pour ma part j’en garde un tres bon souvenir. On nous avait demande de plonger dans un lac artificiel ( en fait de l’eau de pluie qui ne coulaient pas) du Cote de de ce qui etaient G2 economie et G1 agronomie UNILU, le lac avait ete baptise lac Gaetan. Mon Dieu que c’etait terrifiant pourtant avec le temps je ne regrette rien….
ds toutes les univ du monde on ne tabasse pas les nouveaux… le problème c est q le congolais est un loup pour le congolais…
Certes, les bleusailles permettent au boulet de s’intégrer dans la vie estudiantine et pour cette raison il est hors de question de l’interdire strictement. Ce qui peut en être déploré ce sont des déviations qui en découlent. Peut-être plaider pour un encadrement de cette pratique. LE drame est que celui qu’on appelle boulet aujourd’hui, demain il sera un dangéreux bleuilleur(passez moi l’expression). C’est très rare de voir un étudiant de deuxième cycle se lancer dans cette pratique. Nous observons que ceux qui s’y investissent sont ceux-là qui ont été bleuillis l’année dernière, un façon pour eux de se venger…
Je me rappelle à l’époque où je terminais mes études, les bleusailles avaient pris des proportions inquiétant allant jusqu’au viol des filles boulettes et le recteur de l’époque était descendu lui même personnellement sur les cités universitaires pour en interdire et interpeller les recalcitrants. Fort malheureusement sa présence qui devrait en principe empecher cette pratique, mais plutôt nous avions observés le contraire! Sous sa barbe, les bleusailles avaient pris une tournure difficile à expliquer à travers les mots. Découragé, il était obligé de rentrer, et quelques jours plus tard il avait convoqué la délégation des étudiants pour en dialoguer et quelques stratégies étaient prises de manière à encadrer la pratique bien que non reconnue officiellement.
En ce quime concerne, j’étais bleuilli et aujourd’hui je suis très fier de ceux là qui me l’avaient fait! Bien sûr, leur manière de procéder n’était pas si violente que je m’en inquiète, étant donné que j’étais poli et obéissant.
Pour moi donc je ne peux en aucune façon plaider pour une interdiction mécanique de la pratique étant donné qu’elle date de longtemps et qu’elle est comptée dans la culture estudiantine. Tout ce que je peux solliciter est son encadrement de manière à éviter le débordement.
Je suis contre cette pratique de ceux qui se disent « poils aux universités de la RDC », ce sont des personnes qui ne sont même pas intelligent qui font trop de bruits tout simplement pour torturer les nouveaux.
Que le gouvernement se charge de cette opération!
Georges dit Olem@s
Je demande à toutes et tous ceux et celles que soutiennt cette pratique inhumaine se fait dans toutes les universités du Monde. Reduisez vous le monde à vos realités congolaises? Dites moi dans quelle université des usa cette est courrante? Dans quelle université de l’europe où votre pratique est courante. le temps a changé! Change we need! yes we neeed!
Ne justifiez pas cette pratique inhumaine.
joseline
Et les droits de l’homme dans tout ça?Cette pratique ne devait-elle pas être versée dans la dictature mobutienne?
Le Congolais affectionne vraiment la souffrance,dans toutes ces formes.
Bravo pour cet article qui dénonce ce que nous appelons en France lle « bizutage ». Mon association SOS bizutage s’est battue pendant des années pour faire interdire le bizutage et une loi a été votée en 1998, grâce à Ségolène Royal.
Le bizutage subsiste cependant encore en France ici ou là, il est camouflé sous l’appellation « week-ends d’intégration », il est autorisé en Belgique, aus Pays-Bas et dans d’autres pays. Aux Etats-Unis, il s’appelle « hazing », et si vous allez sur Google, vous verrez qu’on cite des incidents qui peuvent être très graves.
Les « poils » qui violent des « boulettes » devraient être condamnés à des peines très sévères, comme tous les violeurs, et ceux qui obtiennent des « faveurs sexuelles » des filles de 1e année pour leur permettre d’échapper à ces sévices méritent eux aussi des sanctions dissuasives.
Jean-Claude Delarue
wwww.sos-bizutage.com