Kuluna : un mal en puissance dans la capitale congolaise
Publié le 21 juin 2010 dans Kinshasa par Cédric

Il est 23 heures, je reviens d’un pot avec des amis près des galeries présidentielles et je rentre chez moi en marchant sur le boulevard du 30 juin. A la hauteur du bâtiment administratif de la poste, je croise un groupe de 8 jeunes. Ils ont entre 15 et 20 ans environ. Ils se rapprochent de moi et me demandent de l’argent. La réponse négative qui suit déclenche une avalanche de menaces. « Sautez-lui dessus », lance l’un des jeunes gens à ses amis. Mais personne n’ose s’approcher de moi. C’est sans doute mon gabarit qui calme leurs ardeurs. Nous restons là et les menaces se poursuivent « vide tes poches si tu ne veux pas que nous le fassions pour toi… » Je garde mon calme et tourne mon regard vers le grand commissariat de police qui se trouve à quelques pas. Il est désert.
Je menace à mon tour : « vous m’aurez peut-être parce que vous êtes nombreux mais il y en a au moins deux qui tomberont avec moi les gars. » Ça marche. Le groupe s’éloigne de moi. Je m’en sors indemne et j’ai gardé tous mes biens. Peut-être un coup de chance.
Depuis mon arrivée à Kinshasa, j’ai eu plusieurs mises en garde. Deux jours après mon arrivée, mon grand-père qui habite le quartier Debonhomme dans la commune de Matete me chasse pratiquement de chez lui. « Tu dois partir avant 18 heures si tu ne veux pas croiser les jeunes gens qui terrorisent tout le quartier », me disait-il. Il ne voulait pas que je subisse le même sort que ma cousine qui est tombé dans le filet de ces bandits qui ont non seulement piqué son sac à main, mais ont pris le temps de lui donner quelques coups.
C’est ainsi que les choses se passent dans les quartiers populaires de Kinshasa. Toute cette génération de jeunes non scolarisés et sans perspective professionnelle s’occupe comme elle peut. Ils orchestrent des larcins pour financer leurs clopes et pour se faire de l’argent de poche.
Il y a quelques années, ces jeunes se contentaient du « matolo », pratique bien connue des kinois qui consiste à imiter le renard qui a réussi à extorquer son fromage au corbeau. Aujourd’hui ils ont grandi et se sentent assez fort pour ravir. Armés de couteaux et de machettes pour certains, ils sillonnent les rues en quête de « clients ».
La répression violente est l’option prise par les autorités pour répondre à cette montée en puissance du phénomène Kuluna. De temps en temps, la police descend dans les quartiers jugés sensibles et rafle. Tous les jeunes un peu musclés et surtout ceux qui se font surprendre avec des altères chez eux se font embarquer, sans toute autre forme de procès. La suite c’est que les familles vont payer des amendes forfaitaires pour faire libérer leurs enfants. Loin de résoudre le problème, ces arrestations mettent en lumière la vraie teneur du problème : le marché du crime est alimenté tous les jours par des centaines de jeunes affamés, très peu instruits et sans visibilité sur l’avenir, qui expriment leur frustration par la violence.
A l’allure où vont les choses, Kinshasa rejoint d’un pas certain le rang des capitales dangereuses comme Johannesburg, Lagos ou encore Nairobi. Comme dans bien d’autres domaines, ce fléau est perçu comme une fatalité, alors qu’une gestion intelligente peut permettre de juguler très vite le problème.



Cédric,
Il faut peut-être dire que tu as eu de la chance exceptionnelle en sortant sans heurts de cette situation. Mais une chose, à la prochaine tu devrais peut-être bien gérer ton agenda de manière à ne pas te retrouver à des mauvais endroits pendant les mauvaises heures. Te promener à 23heures c’est accepter toute aventure sur toi et à mon avis ce n’est pas du tout responsable pour ta vie qui est un cadeau précieux que le divin t’a donné.
Tires-en toutes les leçons.
Hakuna Matata.
…C’est pourquoi le gouvernement doit tout faire pour que l’école Élémentaire soit gratuite. Le budget que le Gov alloue à l’éducation doit atteindre au moins 20%.
Et chaque congolais doit tout faire pour travailler. Et ceux qui travaillent doivent faire 8h de travail et non 8h au travail.
Ne réclamons pas les bonnes conditions en croisant les bras. Ceux qui ont les bonnes conditions de vie aujourd’hui, sous d’autres cieux, ont travaillé. C’est pour dire que le fruit du travail c’est la richesse créée ( Bon salaire, Éducation et santé assurées).Le fruit de la paresse c’est le Kuluna.
Pourquoi ne pas appeller un chat un chat, et appeller « Kuluna » ce qui s’appelle en fait des « gangs »? Est ce que « Kuluna » ca fait plus chic? ou plus couleur locale?
Ce n’est que le fruit de ce qu’on a semé, comment résorberont-ils cette délinquance trop brutale? cette génération sacrifié, cette jeunesse qui n’a pas d’autres opportunités, il faut que le pouvoir essaie de les occuper, par des formations aux métiers par exemple, leur donner une petite chance de s’en sortir, sinon je ne vois pas ce qui va les calmer. Il faudrait une vraie volonté politique pour cela.
Les envoyer dans des centres de détention ou des corrections à des milliers de kilomètres de Kin comme le pouvoir en a souvent procédé ne sera pas la solution idéale.
Ceci est typique des pays a l’abandon de leur propre gouvernement dont les seuls objectifs sont d’ordre d’interêt propres. Le sport, l’education, meme l’armé sont des solution pour la jeunesse…mais que esperer dans un pays ou la classe politique se fait payer 100 fois le salaire minimum ?
Je me dis toujours que le jour où je rentre au pays, je demanderai un permis de port d’arme. Car après 16 ans passés en occident; diminué en tant qu’étranger, je ne vais pas me faire pourrir la vie dans mon propre pays !
La crimilalité est un cancer qui gangrène toute la planète vivante avec des formes très variées allant jusqu’au terrorisme structuré. Aucune nation n’en est épargnée!
Hakuna Matata
Nos propres enfants, nos cousins, nos neveux…, et nous avons le courage de leurs donner des noms comme KULUNA ou CHEGUE.
Reconnaissons que ses enfants ne sont pas tombés du ciel. C’est le résultat d’une relation sexuelle que nous avions eu avec nos copines laissées au bord de la route. Et ajouter à celà des guerres qui ont ravagés environs cinq millions des Congolaises et congolais. Malgré ça se sont les adultes qui sont à l’origine de tout.
Acceptons pour une fois notre part de responsabilité dans cette situation.
Oyo aza na matoyi yakoyoka ayoka.
Tout à fait Simon, il faut accepter la responsabilité! Mais à mon sens on ne peut pas se limiter à la simple acceptation qui ne dure qu’un moment dans le temps et qui ne répare rien. Il faut absolument imaginer des voies et moyens (même impopulaire) de manière:
1. A décourager l’arrivée d’autres enfants dans ce monde qui posent
problème à la société humaine;
2. Encadrer ceux qui sont déjà sur la rue à apprendre un métier qui
leur assurera une intégration sociale et un avenir radieux.
La deuxième solution revient de pleine obligation au gouvernement, et aussi aux oeuvres caritatives et philanthropiques. Au gouvernement, ces jeunes gens peuvent servir par exemple au sein du service national de manière à apprendre à nourir des milliers de congolais qui meurent de faim. Celle-ci restera une solution durable plutôt qu’user de la brutalité en les jetant en prison loin de leur milieu d’origine, prison comme lieu où ils n’apprendront pas un métier qui leur permettra d’assurer leur survie dès lors qu’ils seront hors cellules carcérale. A mon avis, je plaide pour la naissance d’une volonté politique allant dans le sens de mettre en place des structures d’encadrement sous tutelle du minist’sociales en partenariat avec les organisations caritatives.
Hakuna Matata
En RDCongo existe plusieurs ONGs inactives dont les fondateurs se sucrent la vie sur le dos de ces pauvres enfants. Pire encore se sont des adultes et intellectuels de surcroit qui trichent en créeant ces ONGs bidons. La responsabilité de l’Etat Congolais devrait commencer à la fermeture pure et simple de ces ONGs et leurs rétirer les autorisations et au besoin les mettre dans la main de la justice.
Certaines Eglises ne sont pas épargnés parce qu’elles sont aussi à l’origine de l’instabilité de beaucoup des foyers en RDCongo et qui donne comme conséquence l’abandon des enfants par les familles.
C’est un problème inquiètant que chaque province doit prendre aux sérieux. N’attendons pas que les pressions viennent de l’extérieur pour agir. Des gouvernements provinciaux doivent faire des états généraux de la jeunesse et Sport qui associeront les ministères de la justice et droits humains, des affaires sociales… et les décisions qui sortiront de là doivent être mises en pratique et ne souffriront d’aucunes failles.
Oyo aza na matoyi yakoyoka ayoka.