Kinshasa : Le business des ordures
Publié le 7 mar 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Kobeta libanga, travailler dur pour gagner son pain, est une réalité, un mode de vie à Kinshasa. Le mot retraite n’existe pas dans le vocabulaire des Kinois. Etre vieux n’exempte pas de l’article 15, bien connu des kinois et qui stipule clairement : débrouillez-vous !
J’ai rencontré dans mon quartier un vieux qui correspondrait bien au vieillard du célèbre poème « le laboureur et ses enfants ». Son métier : récolter des ordures dans chaque parcelle en échange de quelques billets de banque.
« C’est depuis 1961 que je suis dans ce métier. A cette époque, je travaillais pour une société belge, mais le soir, je faisais du ramassage d’ordures pour arrondir les fins de mois», raconte le grand-père.
Le business du vieux débrouillard est bien organisé. Il s’est arrangé avec ses clients et fixé les jours de son passage. Le jour de la récolte, pas besoin de parlementer, tout le monde sait bien comment ça fonctionne.
Une fois son chariot plein et son argent dans les poches, il se débrouille pour aller déverser son contenu dans une des décharges publiques à ciel ouvert et en pleine agglomération dont regorge la ville de Kinshasa. « J’ai touché 3000 francs congolais [environ 5 dollars américains] pour ce chariot plein d’ordures », me lance-t-il lorsque je lui pose la question de savoir si son affaire était rentable. Ce n’est pas une fortune mais la somme ainsi récoltée lui permet de subvenir aux besoins des siens.
Quant aux risques relatifs aux maladies, ils n’ont pas l’air de décourager papy. C’est dans ces moments que ressort la fameuse phrase « moto moyindo akufaka na microbes te ! » traduisez : « l’homme noir est invulnérable aux microbes ! »



lorsque le pays est mort , tout le monde est appelé a créer son emploi pour vivre.
au lieu et place d’aller voler , voila au moins un travail qui peut l’aider à subvenir ses besoins car qui mert de honte n’a rien.
Salut le vieux pour ton courage,je pense que tu n’as pas tord de te livrer à cette activité car sous d’autres cieux il existe des grandes sociétés qui en n’ont fait leur affaire au brésil on arrive à produire du courant grâce aux ordures ménagères,d’autres arrivent à produire du gaz servant à l’usage domestique’cuisine).L’Etat congolais a démissionné dans le domaine c’est pas mauvais si les privés ou particuliers prennent la relève pour nous sauver de la fièvre typhoîde qui est dangereuse voir mortèle.GBACH
Cela montre qu’il est possible de s’organiser dans les quartiers pour payer les services de nettoyage des ordures au lieu de se contenter de déplorer que rien n’est fait pour éliminer les imondices et les déchets en tous genres que tout un chacun déverse devant sa porte sans se soucier de l’hygiène publique.Une autre solution consiste à tranformer sur sa parcelle ou au coin de sa rue les déchets végétaux en terre cultivable, à brûler ce qui ne peut plus être recyclé autrement, à nettoyer la portion d’égout et de moitié de rue qui passe devant son lieu d’habitation ou de commerce.Dans les villages, la propreté des parcelles et des lieux communs se fait d’évidence par les villageois. Pourquoi pas dans les villes? Les urbains se sentiraient-ils déchus de tenir un balai? Dans les pays qui organisent le ramassage des ordures et déchets, les citoyens paient des impôts qui servent à payer des salariés dans les communes ou des entreprises qui travaillent pour le compte des communes. Au bout du compte, ces services ne sont pas gratuits.
Ce blog est original et performant.
Pourriez-vous user des termes moins régionaux, accessibles à tous les cogolais. Vous scrutez avec succès la vie de tous les coins du pays.
Tikalamalamu, Baleli quoique fondateurs du blog qui atteint un succès phénoménal, il convient d’user des termes neutres ou communs/alternatifs de tous les congolais.
Bravo pour cette peinture du Congo décadant…qui devrait éclairer les projets des élus indignes à ce jour.