Kinshasa, la poubelle urbaine
Publié le 28 mar 2009 dans Dessins par

L’insalubrité ne dérange plus les Kinois qui sont habitués à leurs décharges publiques improvisées. Il n’est pas étonnant de retrouver restaurants et marchés sur des immondices dans la ville jadis appelée « Kinshasa la belle ». N’allez surtout pas leur demander de nettoyer, la réponse est connue : « l’état aya kotalela biso likambo oyo », Traduisez : « que l’état vienne résoudre ce problème », comme s’ils ne s’étaient pas encore rendus compte que les dirigeants sont beaucoup trop occupés à construire leurs villas, acheter des 4×4 et renflouer leurs comptes bancaires en occident.
« Le nègre est invulnérable aux microbes », cette phrase revient souvent sur les lèvres des Kinois. Ebola et les autres maladies ne font donc pas peur. De toute façon, les sorciers prennent à leur compte les décès des victimes.
Ilustration : Patou Bomenga



L’Etat, dans son rôle de protecteur, est devenu si insignifiant au Congo qu’on écrit maintenant le mot avec un « e » minuscule comme ci-haut ! Pour protéger l’intégrité territoriale, on fait appel aux Rwandais et aux Ougandais. On ne s’étonnera donc pas quand l’Etat fera appel à la police de Brazzaville pour pacifier les « kuluneurs » de Kinshasa ! Pour construire des latrines publiques à Lubumbashi, c’est l’Agence Espagnole de Coopération Internationale qui intervient. Une grande capitale sans sapeurs-pompiers… Et les gens ont bien raison d’en référer à l’Etat, quand il s’agit de salubrité publique. Il y avait bien un service d’hygiène pour assainir les lieux publics et remettre à l’ordre ceux qui causent l’insalubrité publique par des fortes amendes. Les services d’hygiène contrôlaient les parcelles pour voir si les W.C. étaient construits selon les normes fixées. Aujourd’hui les gens chient dans des sachets qu’ils jettent dans la rue ! Dans l’indifférence de l’Etat. Etat sans états d’âme ! Pour construire des routes, on brade les ressources naturelles aux Chinois. Ce que l’Etat oublie, c’est que la chaussée se renouvelle tous les 10 ans. Que fera-t-on pour renouveler ces chaussées à cette échéance? Pendant ce temps, on oublie les marigots qui sont devenus des décharges publiques. Si l’Etat est ainsi incapable de gérer le normal, que fera-t-il quand il devra faire face à l’anormal ? Que ferait cet Etat s’il y avait un tremblement de terre à Kinshasa ? On comprend pourquoi nos grands-parents regrettent l’« époque des Flamands »…