Kinshasa : La découverte de nouvelles richesses fait couler les larmes
Publié le 27 fév 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Il y a quelques semaines, alors que j’allais rendre visite à ma sœur qui venait d’avoir un bébé dans la commune de Ngiri-Ngiri, j’ai vu un attroupement. Curieuse, je m’en suis rapprochée pour voir ce qui se passait. Au moment même où j’arrivais, j’ai vu un homme reniflant le contenu d’une petite boite s’écrier : « c’est du vrai pétrole ». La boite contenait un liquide noir qui avait réellement l’odeur du pétrole. Il coulait d’une fosse sceptique nouvellement construite.
En quelques minutes, « le gisement » a attiré davantage de monde, et même des policiers. Une voix sortie de la foule propose alors d’inviter la presse pour couvrir l’événement. « Non pas la presse ! », rétorque une dame présente sur les lieux. D’une voix tremblante et les larmes aux yeux, elle poursuit : « Vous voulez que des assaillants viennent envahir notre quartier ou quoi ? Vous ne savez pas que s’il y a la guerre au nord Kivu, c’est à cause des richesses ? N’en parlez pas s’il vous plait, laissez ce monsieur construire sa dalle et couvrir ce pétrole qui risque de se transformer en sang… »
Tout est dit ! La découverte de nouvelles richesses fait désormais peur. J’espère qu’il viendra vite ce jour où cette guerre de minerais prendra fin dans mon pays et que les congolais pourront se réjouir de découvrir des nouvelles richesses, et surtout d’en bénéficier.
Message aux prédateurs : ce n’est pas la peine d’essayer de lancer un mouvement de « libération » de la commune de Ngiri-Ngiri ! Aux dernières nouvelles, des experts sont descendus sur les lieux pour creuser le mystère. Ils ont trouvé une barrique de pétrole volée et enterrée dans cette parcelle avant que le propriétaire actuel ne l’achète. En exécutant des travaux, les maçons ont dû trouer le fût qui a laissé échapper son contenu.



@ Mira :
Il ne faut pas casser trop vite les espoirs de Ngiri-Ngiri. Qui nous dit que ces experts n’ont pas fait un faux rapport, le temps de signer un contrat léonin avec un vautour de la finance internationale. Ont-ils déterré le fût en question ? Hm… je me rappelle soudain que ça fait un bail que je n’ai pas appelé mon oncle de Ngiri-Ngiri. Il est grand temps de lui donner un coup de téléphone et de m’enquérir de sa santé. Qui sait ? Il pourrait s’asseoir sur des millions de dollars sans le savoir…
Salut Mira,
Très beau commentaire, encore une fois.
Les populations sont lucides comme en témoigne le cri de détresse de cette femme. Même si elles dorment sur des nappes d’or, elles sont conscientes que dans l’état actuel des choses, elles n’en profiteront pas, pire, ce n’est que folie, fureur et massacre qui s’abattraient sur elles en cas d’extraction.
Ton article soulève également la question des kadhafi (enfin, il me semble que c’est sous ce vocable, ces fameux futs d’essence et de pétrole enterrés pendant la guerre à Brazzaville, pour être revendu au noir à prix d’or). Il y a encore des familles qui dorment sur ce genre de poudrière. Ce qui est très grave…