Kinshasa : Des immondices pour combler les ravins

Publié le 12 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Décharge publique à l'entrée de l'université pédagogique national

« De deux maux choisir le moindre ». Cette sentence de Socrate trouve tout son sens à Kinshasa. Déjà, mes compatriotes n’éprouvent aucune gêne à créer des décharges publiques à l’entrée de leurs maisons ou avenues. Il semble en effet plus facile pour les Kinois d’enjamber ces immondices plutôt que de réfléchir au moyen de s’en débarrasser.

Aujourd’hui, cette pratique devenue monnaie courante à travers les quartiers de la ville, et même dans les universités, ces milieux dits intellectuels, est défendue et justifiée. L’excuse, c’est qu’il est question de combattre les érosions. C’est ainsi qu’on se retrouve marchant sur des tapis d’immondices dans plusieurs coins de la capitale congolaise.

Un exemple : l’entrée de l’université pédagogique nationale. Pour freiner le début d’un glissement de terrain du à l’eau de pluie, les étudiants ont transformé cet endroit en une énorme poubelle. Et comme les immondices ne se séparent jamais de leurs odeurs, il faut pratiquement retenir sa respiration pour passer par là. Et tous les jours, à toute heure, étudiants et professeurs entrent et sortent de l’université en passant par leur poubelle bien aimée.

C’est quand donc que les étudiants se mettront à appliquer ce qu’ils apprennent en cours ? Au lieu de chercher des solutions efficaces pour chasser un mal, on se contente de déshabiller Paul pour habiller Pierre. Une solution qui se révèlera au bout, n’être qu’un autre problème. Et face à ce genre de situation, l’excuse bien aimée des Kinois reste : « l’état doit trouver une solution ». A en croire qu’ils ne se sont pas encore rendus compte que ceux qui sont censés représenter l’état ne font pas de la salubrité une priorité.

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