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Isangi: Pour les débrouilards, pas de retraite!

7 mai 2009 par Boyomais Lu 2 217 fois 10 commentaires Envoyer par E-mail

Une vendeuse de pots en argile dans une rue d'Isangi, province orientale

Située à l’ouest de la ville de Kisangani, la cité d’Isangi n’est pas épargnée par la crise multiforme que connaît le Congo. Ici, le fameux « Débrouillez-vous » de l’article 15 Zaïrois s’applique à tout le monde. Hommes ou femmes, jeunes ou vieux, un même mot d’ordre pour tous : se débrouiller pour survivre.

Malgré le poids de l’âge sur ses épaules, Tata Zabibu, née probablement née autour des années 1925 ne ménage aucun effort pour nourrir sa grande famille. Fabriquer des marmites avec de l’argile est le seul héritage que sa mère lui a légué. « Ce métier est un patrimoine familial. Nous le tenons de nos aïeux », confie-t-elle, avant de jeter de la salive sur le sol en guise de gratitude envers ses ancêtres.

« Pour fabriquer mes marmites, j’ai besoin d’argile que je mélange avec du sable. Pas besoin de chercher la main d’œuvre ailleurs, mes petits-fils travaillent avec moi. » Deux fois par mois, elle parcourt environ 5 km pour aller à la recherche de sa matière première.

La concurrence des marmites importées n’arrange pas le business de la vieille femme. « A l’époque de mes parents, les marmites en argile n’avaient pas de concurrence sur le marché. Mais, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La modernité et les blancs bousculent nos traditions. Très peu de gens sollicitent encore nos poteries » se plaint-t-elle.

Les difficultés du quotidien et le poids de l’âge ne font pourtant pas fléchir Tata Zabibu, chevronnée de la débrouille qui transmet son savoir-faire à sa descendance. Les promesses politiques augurant des jours meilleurs, elle n’y croit pas du tout. A son âge, elle en a sans doute entendu plusieurs sans voir de concrétisation.

10 commentaires »

  • Rukia dit :

    Comme c’est triste et révoltant cette histoire !!
    Avec son âge, elle a grandement et obligatoirement droit au repos au lieu de continuer à se débrouiller…Je comprends qu’elle n’ait pas le choix dans ce pays-là qui s’appelle fièrement République Démocratique du Congo.

  • Musengeshi Katata dit :

    Pour que cette femme puisse se reposer un jour, il faut que ses enfants ou petits enfants aient appris à faire mieux pour venir la relever et lui permettre de se reposer ! Si l’Etat cafouille, si le progrès n´atteint pas la région où vit cette femme, et si par surcroît les enfants ou petits enfants ne vont pas à l´école pour venir faire mieux…

    S’apitoyer sur le sort de cette femme aujourd’hui c’est facile, mais on oublie que les gens qui vivent dans ces conditions avaient eu, au préalable, plusieurs moyens de voter, d’envoyer leurs enfants s’instruire, de lutter pour une meilleure organisation de la société… Nous n´en serions pas là aujourd´hui.

    Il faut donc, pour tous ces gens, accepter l’effort et surveiller ses intérêts au plus étroitement… Afin qu’un jour l’avenir prenne un visage plus souriant. Du moins plus émancipé de la pauvreté, créatif et moins terne de bien-être. Si les descendants de cette femme ne sont pas diligents, que l’Etat et la société n’évoluent pas ou ne font pas d´efforts de bonne gestion et de modernisme… croit-on que le bien-être tombe du ciel et qu´il sera distribué gratuitement à tout le monde ? Si c´est le cas, alors elle peut encore attendre longtemps. Bien longtemps. Elle a notre profonde compassion.

  • simon kwete dit :

    Félicitation Tata ZABIBU. Je ne vois aucun mal à cette grand mère qui a encore un peu de force pour travailler.
    La rétraite est réservée aux personnes travaillant dans des entreprises ne leurs appartenant pas.
    C’est sans rancune.

  • Solution dit :

    @ Simon

    Comment soutenez-vous que cette pauvre dame doit continuer à travailler, malgré son âge… C’est revoltant !!

    On ne peut réinventer la roue : il faut retenir, c’est d’ailleurs un rappel, qu’il y a un temps pour tout. Un temps pour travailler et un temps pour se reposer.

    Là, vous semblez nier le droit de cette pauvre dame à se reposer…C’est dommage !!

  • bony dit :

    @boyomais

    Cette femme est un artiste. Elle sculpte des cruches ou des marmites comme à nulle autre pareilles. Elle est belle. Je ne sais pas quel est son âge réel. Le reste n’est que supputation.
    La vieillesse survient aussi en temps et en heure par rapport à ce qui a été votre activité dans le courant de votre vie. Dans les maisons de retraite des réligieux on trouve des personnes qui approchent la centaine d’année et les travailleurs de force depassent à peine la soixantaine avant la mort.
    La mode est à la faute du gouvernement. Les conditionss de vie de cette femme donnent l’impréssion qu’elle est vieille. L’est elle vraiment. A-elle besoin de retraite en tant qu’artiste? Piacasso, Salvador Dali sont morts à quelle âge? Quand nous allons chez les magasins « CASA »n’achetons-nous pas des assiettes en grès fabriquées tout aussi avec les mêmes matériaux que les marmites de cette dames? Achetez lui de l’émail ou des émaux vous allez voir comment ces marmites vont devenir des ustensiles modernes et construisez lui un four,c’est possible avec moins de 100 dollars vou verrez comment sa condition va s’améliorer. « La faute du gouvernement » même là où l’initiative peut s’exprimer montre que les mentalités sont encore ancrées sur le mode de l’assistanat. Les congolais ne veulent pas être des assistés et surtout pas pour gagner leur vie.
    C’est beau ce que je suis entrain de voir. Ces marmites en terre cuite. Demandez à votre mentor Cédric Kalonji qui vit en France de vous envoyez des émaux et vous verrez ce que vous allez faire des marmites de cette dame. Il faut adapter son busness avec la vie d’aujourd’hui. Une présentation moderne qui viendrait habiller une oeuvre traditionnelle mais éclatant de modernité.
    Appelez son travail la « débrouille » me choque énormément. Celà me donne à penser que vous ignorez ce qu’on nomme le travail. Un artiste est son propre patron. La noblesse de l’activité de cette dame est là,une motivation sans faille. Sans moule,des mains magiques fournissent des clônes comme le montre votre photographie. Ce n’est pas de la débrouille c’est un travail d’artiste qui n’a peut être pas de débouché indutriel mais qui fait vivre sa parsonne.

    Ps: je voudrais prendre des nouvelles de Gaby et j’ai sollicité le moyen d’entrer en contact avec vous si celà est possible.

  • simon kwete dit :

    @solution,
    Au mois de février j’étais aux Etats Unis, et un monsieur de plus de 75 ans était venus me servir. Posant la question à mon beaufrère, ce dernier me dira que c’est le propriétaire du restaurant et c’est son Job. Voilà la personne qui ne veut pas dérranger les autres.

    Solution, voulez-vous que ce grand mère se mette sur la route pour quémander alors qu’elle se sent encore capable de se défendre, et défendre sa dignité? Donnes lui une solution pour vivre alors.
    C’est sans rancune.

  • tongo etani dit :

    Pour une fois, je suis d’accord avec BOny, je penses que SIMON a aussi raison, cette maman, c’est a elle de décider de s’arrêter, j’ai vécu ds situations scabreuses en France, j’avais mon chef Directeur Financier qui adorait travailler, il n’avait pas d’amis, sa femme se plaignait, ila ramenait du travail les week-end chez lui, il adorait ça, les jours de la semaine, je me défilais pour ne pas manger avec, il ne parlait que du travail: audit, comptabilité, économie, fiscalité, contrôle de gestion, prévision, budget etc…..

    A midi, je voulais un peu m’éloigner de tous ça, lire le journal, me distraire.

    Une semaine avant sa retraite(soixante ans), il est , dévenu PARANO, il me parlait: tu te rends compte, qu’est-ce que je vais faire sans mon travail? Le répondais, tu mérites le repos!!!!!!!

    Je suis passé chez lui pour savoir comment il passe sa retraite, j’ai été reçu par sa femme, elle m’a annonçait: « LE DIRECTEUR S’EST SUICIDE ».

    Prof.tongo etani

  • Folo Aena dit :

    J’ai envie d’y aller un jour à Isangi, car c’est mon village. Je suis de Isangi mais née à Basoko. J’ai passé mon enfance à Kisangani, car Monsieur FOLO KITONA mon père étais un grand commerçant avec des magasins un peu partout dans tout le territoire d’Isangi avant les années 50, malheureusement il avait tout perdu pendant la guerre de 1964 qu’il avait ravagé Kisangani et j’avais dix ans.

    Malgré mon jeune âge à l’époque, il me reste des mauvais souvenir, les cadavres restés plusieurs jours non enterrés et mangés par les chiens. Fusiller les gents devant tout le monde par les rebelles de Mulele, Olenga et Sumialo. Ils passaient maison par maison pour chercher surtout les hommes qu’ils allaient tuer sur le pont de TCHOPO.

    Il y avait tellement des orphelins et des veuves après cette geurre, que quand j’avais eu mes 15 ans, je me disais que un jour plus tard je construirai un orphelinat et une école. C’est la raison pour la quelle à Kisangani j’avais acheté un terrain. A Kinshasa j’ai une ONG « Les orphelins de Kisangani et d’Afrique (O.K.A) ».

    J’ai 300 maraichers à qui j’ai distribué les semences. J’ai des étangs, porcheries, Cyber café .Je m’adresse à tous et toutes personnes qui pourraient m’aider par des idées pour que je réalise mon projet d’enfance de construire un orphelinat et peut-être rencontre Tata ZABIBU ou bien ses petits enfants à Isangi mon village natal.

  • Alex Engwete dit :

    Je suis moi-même passé une fois à Isangi en 1987. La petite ville vibrait de vie : des bars, un beau jeune prêtre congolais à la paroisse catholique où il y avait un moulin à riz, la sucrerie chinoise de Lotokila toute proche, de l’électricité jusqu’à 20 h 30 fournie par l’entreprise d’Akafomo qui comptait dans le personnel un expatrié belge, un bac tenu par un coopérant allemand, la pêche et l’agriculture florissantes, un hôtel avec plusieurs bungalows (appartenant aussi à Akafomo), etc.

  • anneet dit :

    @ Folo Aena
    Selon vous y a-t-il des orphelins en Afrique noire? J’en doute. Rappelez-vous :’ »L’Arche de Zoé » dont les 6 Français condamnés par la Cour criminelle de N’Damena et purgeant leur peine de prison en France après confirmation de leur condamnation par la justice française. Le Tchad demande aujourd’hui à la France de payer les 6,3 millions d’euros de dommages et intérêts aux familles des 103 enfants. Pour moi ces Français étaient très mal informés ou faisaient mine de n’en rien savoir car fondamentalement pour moi il n’y a pas d’orphelins en Afrique noire. La famille n’ y est jamais limité aux parents et grands parents. Tout africain appartient toujours au clan familial. Le drame peut parfois provenir chez des femmes (amantes) abusées par des hommes étrangers dans les régions où les familles sont essentiellement patrilinéaires. Si vous devez mieux connaître le sujet que moi j’accepterai volontiers vos remarques.
    Sur le site internet « orphelinats de lodja et de lubefu », on parle même de 2 orphelinats dans le même diocèse si je ne me trompe pas, le diocèse de Tshumbe, au Sankuru, Kasaï oriental; où les populations sont patrilocales et patrilinéaires. Les parents immédiats au sens occidental du terme peuvent être décédés mais quiconque appartient toujours à un clan. Bien entendu la région a pu être troublée par des envahisseurs étrangers à la région et semés des enfants parmi les filles de la région et donc produits des enfants sans père et par conséquent sans famille ou clan. Mais d’après ce que je sais il existe ou tout au moins existait une législation au Congo pouvant par tout élément de preuve obliger les pères à reconnaître leurs enfants naturels. Je suis né en 1933, j’ai connu la période coloniale et suis resté au Congo jusqu’en juillet 1990.
    J’ai connu au début de ma carrière au Congo en 1959 un brave père missionnaire qui s’occupait des enfants de filles mères qui de plus étaient des enfants métis j’ai eu plusieurs entretiens avec ce brave homme et l’ai encouragé à rechercher les pères mais il me tenait ce raisonnement, oui je veux bien rechercher les pères célibataires mais non les pères mariés ou ceux que leur état empêcheraient de pouvoir reconnaître leurs enfants. Il ne nous appartient pas de détruire les structures familiales traditionnelles mais au contraire de les encourager mais je crains fort que l’Eglise soit remplie d’incirconcis sur le plan culturel comme le disait si bien Mgr Kileshye, secrétaire de la Commission épiscopale pour le développement lors du 3ème Séminaire national « Eglise et développement »(Kinshasa 15/22 novembre 1981).
    Généralement en milieu traditionnel la question des filles-mères ne se pose même pas. Dans les grandes villes il a sans doute une destructuration de la société mais il ne nous appartient pas à nous étrangers ou africains trop occidentalisés de favoriser cette évolution et au contraire de raviver les valeurs traditionnelles.
    Vous pouvez consulter mon site http://anneetjacquesmarcel.lalibreblogs.be/ vous verrez que je n’ai pas une vue si idéaliste de l’Afrique, j’écris tant sur le Congo que sur la Belgique, et j’y professe des idées certainement peu conformistes.
    Vous m’obligeriez en me donnant quelques explications et en me prouvant éventuellement que je me trompe largement.. Bien vôtre.

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