Accueil » Goma

Internet fait ses premiers pas dans le commerce en RDC

23 juillet 2009 par Yves Zihindula Lu 2 611 fois 10 commentaires Envoyer par E-mail

Argentine, une jeune couturière handicapée de Goma

Qui aurait cru que le E-commerce pourrait se pratiquer à Goma, ville dont le monde entier entend parler à cause des conflits armés qui durent depuis des années dans la région ? Pionnières du commerce électronique dans le coin, Argentine et Mapendo sont deux jeunes filles couturières. Toutes deux handicapées, elles sont colocataires et tiennent un atelier de couture avec d’autres amis.

Mapendo (entendez, Amour en swahili) a 18 ans. Sa famille vit à Bulengo, un camp de déplacés parmi ceux qui environnent la ville de Goma. Suite à un accident, elle a eu la jambe droite fracturée à l’âge de 12 ans. Après trois ans de rééducation, elle parvient à retrouver la marche avec des béquilles.

Si Mapendo est la cadette de sa famille, Argentine, elle, est l’aînée de la sienne. Elle a 22 ans. Elle attrape la polio à quatre ans. Difficile pour elle de fréquenter l’école. De Kitchanga (une cité dans le Masisi), elle débarque à Goma à l’âge de 15 ans. Ici, elle rencontre Mapendo au Centre pour Handicapés, où elles apprennent à coudre.

Plus tard, elles trouvent l’idée de mettre en place un atelier de couture. Encadrées par une expatriée, leur atelier sort du commun à Goma. Leurs produits sont vendus via Internet, la majorité de leurs clients résident à l’étranger. « La plupart de nos produits sont destinés à l’étranger. Nous avons une forte visibilité aux Etats-Unis où la clientèle ne cesse de croître d’un jour à l’autre », explique Dawn Hurley, leur encadreur.

Un seul souci pour ses deux jeunes couturières, les conditions dans lesquelles vivent leurs familles, qu’elles sont obligées de soutenir financièrement. Mapendo compte bientôt sortir sa famille du camp de Bulengo. Elle vient de finir la construction d’une maison pour les accueillir. « J’ai beaucoup bossé afin d’offrir ma famille un toit. Je ne supportais plus les voir sous des bâches », dit-elle. En ce qui concerne Argentine, elle supporte tous les frais scolaires de ses frères et sœurs.

Sans le savoir, ces deux jeunes mettent les pieds dans une forme de commerce déjà avancée sous d’autres cieux. Même si elles ont une mobilité réduite, elles parviennent à franchir les frontières traditionnelles pour commercialiser le fruit de leur travail. Une initiative à encourager et un exemple à suivre.

Les liens à suivre :

10 commentaires »

  • Fab5 dit :

    Amen!!

  • Philippe Mochamps dit :

    Très bien !

    Sauf que l’initiatrice vient tout juste de quitter goma, définitivement !…

    Et ne faudrait-il pas créer une version en français de ce site ???

    Et voir à réduire les frais d’hébergement, surtout de la solution d’e-commerce !…

    Et il faudrait, me semble-t-il, indiquer la réelle (?) efficacité de cette initiatives : ventes suffisantes ? en hausse ?…

  • Alex Engwete dit :

    J’ai lu le blog de Dawn Harley. Elle ne quitte pas Goma définitivement. Elle et son mari partagent leur vie entre la RDC et les USA, consacrant 3 ans dans chacun de ces pays. Et son projet, comme elle l’explique dans son billet du 21 juillet, n’était pas de faire le babysitting pour ces couturières, mais DE renforcer leurs capacités afin qu’elles volent de leurs propres ailes. Comme elle le dit dans son billet : « Nous essayons de faire quelque chose de bien remarquable. Je laisse les artisanes se débrouiller seules. Elles n’auront ni manager ni intermédiaire. Ces jeunes femmes non-instruites le feront d’elles-mêmes. Donc, restez branchés. C’est destiné à être un voyage fascinant, et nous sommes sur le point de poser le premier pas ».

  • Patrick M.Mutupeke dit :

    Cet article m’intéresse au plus haut degré et ai l’intention de le vulgariser à travers ce canard qui m’utilise à Kinshasa, en respectant les règles d’usage bien sûr… mais « Bouboul » me semble un pesudonyme indigeste pour mon lectorat. Si l’auteur ou les ayant droit peuvent me faire parvenir le nom appropiré qui serait suivi de « correspondant pareticulier » dans mapublication… sans plus d’engagement. Merci

    … P.M.L

  • Philippe Mochamps dit :

    ben si, elle part définitivement ! ou du moins, pour longtemps…
    Et est-ce bien sensé de laisser ces jeunes femmes se débrouiller seules ?…
    C’est bien beau de se la jouer « égalitaire » (pas de manager, pas d’intermédiaire), mais des personnes non-instruites pourront-elles 1/vraiment gérer 2/ se défende contre les multiples « prédateurs » qui ne vont pas tarder à s’abattre sur leur activité et d’autant plus vite et fort 1/ qu’elles seront seules et non-instruites (et non protégées par leur statut d’étranger, surtout US!…) 2/quel leur affaire sera florissante !
    Non ???????????????

    En outre (et c’est maintenant que cela me frappe, un peu tard, je l’avoue), il apparaît donc que tout l’aspect e-commerce n’a pas été et ne sera pas initié/conçu/réalisé/maintenu…par elles, ni par des congolais de Goma (vu que pas d’intermédiaire, aps de manager) mais par Dawn Harley et son mari ou quelqu’un sous leur contrôle !

    Je regrette vraiment d’avoir fait la publicité de cette initiative !…

    On regarde on tout cela en est dans 6 mois ou 1 an ?…
    (et je trouve bizarre que personne ne s’étonne que ce site soit uniquement en anglais, alors que le français est la langue officielle de la RDC et d’une bonne partie de la clientèle potentielle…). Sans compter d’autres langues, peut-être…

    Evidemment, je râle peut-être de na pas avoir réussi à monter ce genre d’activité et de site, à Kin, à L’shi, à Kolwezi ! ;-)

    Bien cordialement

  • Alex Engwete dit :

    @ Philippe Mochamps:

    Merci pour l’information additionnelle.

  • Emery dit :

    C’est une bonne initiative pour ces compatriotes. Le secteur privé peut aider le congolais à sortir de la misère. Mais à une condition: La structuration de l’offre et de la demande.

    Sur le lien SHONA, GOMA n’est pas seulement ça :
    http://www.shonacongo.com/imgs/house3.jpg
    Que les journalistes et les opérateurs humanitaires apprennent à monter les deux réalités de la vie congolaise

    Goma c’est aussi ça:

    http://www.tripadvisor.fr/Loca.....-Goma.html

  • Cédric Kalonji dit :

    @ Emery
    Les deux réalités sont bien montrées. 90% de la population vit dans la pauvreté et 10% vit dans l’opulence, méprisant leurs frères et sœurs, victimes d’une répartition inégale. Comprenez donc qu’il y ait 90% d’informations montrant la misère et 10% donnant la parole à ceux qui tirent leur épingle du jeu et qui se pètent le ventre pendant que leurs voisins crèvent.

    Dans l’éventualité que les choses s’améliorent, c’est avec plaisir que nous journalistes en ferons écho.

  • frogblog » Pyramid scheme dit :

    [...] you read French, here is more on their [...]

Laissez votre message !

Rédigez votre message ci-dessous ou créez un rétrolien depuis votre propre site web. Vous pouvez aussi suivre les réponses via le flux RSS.