Goma : Les jeunes champions du billard de fabrication locale
Publié le 30 mar 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Tous ceux qui sont passé à Goma l’ont constaté, les jeunes de cette ville sont des champions du billard. Dans les bars et dans les restaurants, avoir une table permet d’attirer un nombre plus élevé de clients. Au delà de la passion, le billard constitue désormais une source de revenus. Un business de fabrication se développe; pas besoin donc d’importer les tables, encore mois les queues. Le seul élément importé c’est la boule.
Roger, jeune Gomatracien de 17 ans tient une table de billard qu’il a lui-même fabriqué. 1 mètre sur 65 centimètres, fabriqué totalement avec du matériel de récupération, cette table est son gagne-pain.
Pour attirer la clientèle, Roger s’est installé à un lieu « stratégique », au croisement de la route Goma-Sake et la rue menant au bureau du gouverneur, dite rue présidentielle. « J’ai investi seulement 10 dollars au départ juste pour acheter des boules. Je gagne facilement 4000 francs congolais (environ cinq dollars américains) à la fin de la journée. Cela me permet de subvenir à mes besoins », me confie-t-il.
Comme bon nombre de jeunes congolais, Roger ne compte pas sur le pouvoir politique ou sur les cinq chantiers pour manger. Cette situation m’interpelle et me pousse à me poser des questions. Que nous réserve l’avenir, lorsque la jeunesse est classée dans les oubliettes ?
Le pire c’est que ces jeunes débrouillards qui ne demandent rien à qui que ce soit se retrouvent souvent piégés par des conflits armés qui ne les concernent pas, obligés de fuir ou de se cacher, laissant derrière eux ce pour quoi ils se sont battus pendant des années.



Ah, le billard… Est-ce le petit Roger qui tient la queue avec une telle maîtrise ? Il est sur le point de décocher avec sa queue, tout en douceur et en tendresse, un coup sur la bille de choc pour faire lentement rouler la bille « solide » (couleur) dans la poche supérieure droite. Petit Roger ferait beaucoup d’argent dans les bars de Nairobi ou des villes américaines !… Je remarque qu’il y a déjà une bille « rayée » dans la poche centrale droite (dans certains jeux, c’est la bille de l’adversaire). Ma question est la suivante : où sont les autres 13 billes ? Car il y a normalement 15 billes dans un jeu réglementaire de billard (sans compter la bille blanche de choc) : 7 billes solides, 7 billes rayées et 1 bille « 8 » noire… Il n’y a pas non plus de craie (pour aiguiser le « procédé » ou la pointe de la queue) ni de « râteau » pour les coups des angles difficiles. Je remarque aussi que le « triangle », qui est normalement un petit triangle de bois, est directement dessiné sur la table. Il y a un effort réel pour aménager un « tapis » de roulement des billes, quoiqu’il ne soit pas de couleur verte réglementaire… Une autre question : les tables des billards dans les bars sont-elles plus grandes que ce prototype du petit Roger ? L’avantage du billard à Goma, c’est qu’il permet au moins aux jeunes un exercice physique des membres supérieurs et des muscles du dos, dans un pays où les écoles n’offrent plus de leçons d’éducation physique. Mais ce jeu présente un danger réel : l’addiction, qui peut mener à l’alcoolisme, au vol et à la prostitution. Aux USA, les accros du billard ne quittent presque jamais les bars et deviennent ce qu’ils appellent ici des « bar flies » (mouches des bars)…
Je viens de vérifier les prix du matériel de billard. Au vu de ces prix, on ne peut que féliciter les jeunes gomatraciens pour leur initiative. Je n’ai même pas inclus des accessoires comme les gants de billard. Voici quelques prix :
Table de billard: 3.000 dollars.
Billes (suivant la qualité) : de 30 dollars à 320 dollars.
Queues (suivant la qualité) : de 30 dollars à 2.000 dollars.
Triangles (suivant la qualité) : de 3 dollars à 40 dollars.
Craie : de 2 dollars à 5 dollars.
Tête de râteau : de 1 à 15 dollars.
Bonjour Alex,
On appelle en France les « bar flies » des « piliers de comptoir », ou des « raisins », nous aussi nous en avons.
Mais dire que les accros du billard passent systématiquement du tapis vert au comptoir est une idée reçue.
Si c’était vrai, la proportion de joueurs de billard parmis les piliers de comptoir serait importante, hors c’est loin d’être le cas puisque l’activité de pilier de comptoir consiste en général à commenter le foot, la bière, la télé, la politique; en évitant soigneusement les noms difficiles à articuler.
Et si c’était vrai bis, la proportion de joueurs de billard devenant pilier de comptoir serait plus importante que la moyenne. Hors c’est l’inverse.
J’étais président de ma propre association de billard à 17ans (pool 51 à Tréguier), et c’est à cause de telles idées reçues, que justement on nous refusa des subventions et l’octroi d’un local (pourtant inutilisé) qui nous aurai justement permis de pratiquer notre sport loin des bars.
Le billard, au contraire permet de rencontrer des personnes de tout Âge, de développer des qualités de vision dans l’espace (permettant de conduire plus sûrement entre autres avantages), de se passionner, de progresser, d’élaborer des stratégies, d’apprendre à gagner, à perdre, apprendre à recevoir et à partager… Et surtout apprendre à ne pas juger au premier abord: Car le billard nous apprend que chacun a en soi le feu d’une passion qui d’une explosion de génie peu donner suite à tout ce qu’on veut bien imaginer, à condition de ne pas être effrayé par la liberté!
Pour conclure donc, cher Alex, merci de ne plus catégoriser les personnes au premier regard. Allez plutôt faire un petit billard, ça va vous détendre…
Jérôme – Joueur de billard – Non alchoolique – Pas pilier de comptoir,
Comme tous les membres de mon équipe Pool 51 d’il y a 20 ans. Merci d’avance pour bien vouloir changer d’avis, au moins sur nous
Quand j’ai vu la photo je me suis dit ENFIN!
Mais helas j’avais souris trop top.
Le billard un sport mental et je m’etais rejouit parce que je me suis
dit enfin les KINOIS decident d’activer leur potentiel mental, malheureusement le genie nous vient de Goma, ce qui est extraordinaire parce que les congolais de l’Est ont tout eu une certaine vision plus intellectuelle de la vie par rapport a nous les KINOIS.
Dans la capitale, les jeunes sont beaucoup plus interessEs par des fitulitEs qui n’engagent pas leur quotien intellectuel, ce qui est triste.
Maintenant, je pense qu’il ME faut organiser des artisans locaux pour fabriquer des tables avec les moyens locaux et les distribuer dans les ecoles, exiger aux ecoles d’encourager les eleves a apprendre et maitriser ce sport qui va les aider a developer leur potential mental et par consequent ameliorer leurs resultats scolaires. Et puis tenir des competitions annuelles inter-scolaires et les gagnants se veront offert une opportunitE de competition nationale et internationale, ce qui n’est pas du tout impossible.
Qui est dans le projet avec moi?
Il nous faut monter a la jeunesse que les opportunitEs de reussir et de gagner sa vie sont multiples et la plus part d’entre elles ne se croisent que sur le banc de l’Ecole.
A ZionBoy777: oui, je suis d’accord, il faut encourager les jeunes a construire de vraies bonnnes tables de billard localement, du bois de qualite il y en a… avez-vous deja un peu creuse l’idee? Je suis partante pour vous soutenir et faire la promo