Deux Norvégiens accusés d’assassinat refusent de parler devant le tribunal !

Publié le 26 août 2009 dans Kisangani par Boyomais

Deux norvégiens accusés de meurtre à Kisangani

Joshua French et Tjsostov Mhulandhi, deux sujets norvégiens, sont accusés d’avoir tué Monsieur Kasongo Abeti, un chauffeur congolais qui les avait transportés le 5 mai dernier, à bord de son véhicule 4 x 4 en partance pour Nyanya.

A en croire le réquisitoire du ministère public, les deux Norvégiens ont intimé ordre au chauffeur de s’arrêter lorsqu’ils sont arrivés au Pk 109, puis, sans motif connu à ce jour, l’un parmi les deux a tiré sur l’infortuné. Pris de panique, le chauffeur assistant qui accompagnait le chauffeur Kasongo réussit à s’enfuir. Joshua et Tjsoltov disparaîtront par la suite dans la nature, avec le véhicule !

L’armée et la police se sont mises à leur recherche. Et les deux suspects seront arrêtés. D’abord, le 9 mai 2009, Joshua est surpris dans la réserve naturelle d’Epulu, lieu abritant les okapis, à plus au moins 200 km de Kisangani ; ensuite, deux jours après, Tjsostov est lui aussi arrêté à Mambasa, cette fois-ci, dans le district de l’Ituri à presque 500 km de Kisangani. Depuis, ils ont été acheminés à Kisangani où ils ont été entendus par un instructeur de l’auditorat militaire et sont détenus à la Prison centrale.

Le vendredi 14 août 2009, vers 9 heures, les deux prévenus ont été conduits, à pied, sous les injures et les menaces de la foule très en colère, à la salle d’AFRACO (alliance franco-congolaise) désignée pour abriter les audiences de ce procès. « Faut-il vraiment un procès pour cette affaire ? Ils ont tué un de nôtres, ils devraient tout simplement être eux aussi mis à mort », s’exclamait alors une dame dans la foule.

A la troisième audience du procès tenue samedi dernier, les deux accusés, assistés de leurs avocats, se sont abstenus de répondre aux questions du tribunal, prétextant que le procès était politisé. Aux yeux de plusieurs observateurs, cette position des accusés n’est pas de nature à faciliter le bon déroulement du procès ni à permettre l’éclatement de la vérité. Pour une énième fois, l’audience a été remise à une date ultérieure.

« Nous espérons que la vérité éclatera et que nos juges rendront justice, malgré toutes ces manœuvres pour distraire le tribunal », soutient un membre de l’association des chauffeurs du Congo (ACCO/Kisangani) constituée partie civile aux côtés de Bibiche, la femme du défunt. La prochaine audience permettra peut-être d’établir les faits et de dire le droit, à condition que les deux accusés acceptent de parler.

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