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Des groupes armés à la débrouille, le parcours des enfants soldats du Sud-Kivu

6 mai 2009 par Joy, Leki ya Bukavu Lu 3 061 fois 6 commentaires Envoyer par E-mail

Enfants-soldats travaillant dans un abbatoire de Bukavu

« Nous vivons au jour le jour », témoigne le petit Papy âgé de 14 ans et qui vient de sortir d’un groupe « Maï-Maï »de la plaine de la Ruzizi plus au Sud de Bukavu. Ce jeune comme la plupart de ses camarades sont entrés dans ce groupe armé en 2004, alors qu’ils n’étaient âgés que de 10 ans. Avec le programme du gouvernement congolais pour la démobilisation, et la réinsertion, ils viennent d’être ramenés dans leurs familles respectives.

« Après avoir fait six mois dans le centre de transit et d’orientation, CTO, nous avons été ramenés à la maison et les autorités nous ont promis e nous donner une petite somme d’argent et un kit pour recommencer notre vie civile, mais ça tarde », déplore-t-il.

En attendant que le gouvernement honore ses promesses, Papy et ses camarades sont obligés de se prendre en charge. En bon congolais débrouillards, ils ont trouvé la combine qui leur permet de gagner un peu d’argent. Tous les matins, dans les marchés ou dans les abattoirs, ils récupèrent les déchets et les recyclent à leur manière pour ensuite les vendre.

 Un enfants soldat travaillant dans un abbatoire de Bukavu

Tel que vous le voyez sur la photo, ils récupèrent les cornes et les peaux des vaches égorgées et les rasent avec des couteaux. Le produit final qu’ils en tirent, le Nkulo, est une nourriture traditionnelle qu’on prépare avec de l’huile locale, le Male.

Ces enfants ont déjà des clients bien identifiés qui achètent leurs marchandises et ils peuvent ainsi nouer les deux bouts du mois en attendant que les fameux frais de réinsertion n’arrivent. Aucune instruction, pas de visibilité sur l’avenir et débrouille au quotidien dès leur jeune âge, c’est ainsi va la vie des enfants associés aux groupes armés en RDC. De quoi s’interroger sur l’avenir de cette nation, avec une jeunesse sacrifiée.

6 commentaires »

  • Serge Adam dit :

    Je viens de parcourir votre article et j’ai cru bon de le mettre sur mon blogue. C’est intéressant et je vais continuer a vous lire.

  • Global Voices Online » DRC: Former child soldiers wait for government to pay dit :

    [...] Congoblog [Fr] tells the story of two former child soldiers who are still waiting for the reintegration money promised by the government.  They survive by collecting garbage and grating cow horns to make Nkulo, a traditional dish. Cancel this reply [...]

  • simon kwete dit :

    Les autorités provinciales doivent maintenant commencer à imaginer des formules magiques, pour encadrer ces jeunes en attendant les sommes qui n’arriveront presque pas. C’est vrai que ces enfants sont Congolais mais avant tout kivutiens. Pourquoi attendre kinshasa qui est à deux milles kilomètres? La poste ne fonctionne plus, les coups de fils avec des réponses aléatoires, les routes sont inexistant et les avions sont rare.
    C’est sans rancune.

  • Lolita dit :

    Des belles photos qui attristent. En voyant ces enfants j´ai des larmes aux yeux. Ils méritent notre attention car ils sont abandonnés à eux-mêmes. Avant qu´ils quittent l´armée, la promesse fut leur prise en charge qui n´aura peut-être pas lieu, le voici dans la débrouille.

    Nous sommes-nous déjà pausé la question de savoir ce qu´ils vont devenir dans une dizaine d´années ? Congolais(ses) que nous sommes, essayons d´envisager un avenir moins douloureux pour ces enfants dont la plus part n´auront pas la chance de fréquenter des écoles normales.

    Nous pouvons construire quelques Ecoles d´apprentissage de métiers, comme ça ils peuvent se prendre en charge dans l´avenir et mener une vie digne. C´est ça qui arrive lorsqu´on a des gouvernants irresponsables.

  • tongo etani dit :

    @ LOLITA,

    Yo ndéééé,

    Merci pour ton post, je suis estomaqué de te donner raison, nous devons former ces enfants perdus par l’éducation.

    nous avons l’obligation de former les enfants aux métiers d’avenir: Menuiserie, maçonnerie, électricité, mécanique etc…

    Merci encore LOLITA

    ;) ;) :) ;) :)

    Prof.tongo etani

  • ALI dit :

    Le Fléau du congo les enfants soldat, se sont nos petit frère nos enfants, nos bébé que ces monstres utilisent, kabila père lui même a utilisé des enfants solodats pour soit disant libérer le congo. pouvoir au peuple.

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