Des groupes armés à la débrouille, le parcours des enfants soldats du Sud-Kivu

Publié le 6 mai 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Enfants-soldats travaillant dans un abbatoire de Bukavu

« Nous vivons au jour le jour », témoigne le petit Papy âgé de 14 ans et qui vient de sortir d’un groupe « Maï-Maï »de la plaine de la Ruzizi plus au Sud de Bukavu. Ce jeune comme la plupart de ses camarades sont entrés dans ce groupe armé en 2004, alors qu’ils n’étaient âgés que de 10 ans. Avec le programme du gouvernement congolais pour la démobilisation, et la réinsertion, ils viennent d’être ramenés dans leurs familles respectives.

« Après avoir fait six mois dans le centre de transit et d’orientation, CTO, nous avons été ramenés à la maison et les autorités nous ont promis e nous donner une petite somme d’argent et un kit pour recommencer notre vie civile, mais ça tarde », déplore-t-il.

En attendant que le gouvernement honore ses promesses, Papy et ses camarades sont obligés de se prendre en charge. En bon congolais débrouillards, ils ont trouvé la combine qui leur permet de gagner un peu d’argent. Tous les matins, dans les marchés ou dans les abattoirs, ils récupèrent les déchets et les recyclent à leur manière pour ensuite les vendre.

 Un enfants soldat travaillant dans un abbatoire de Bukavu

Tel que vous le voyez sur la photo, ils récupèrent les cornes et les peaux des vaches égorgées et les rasent avec des couteaux. Le produit final qu’ils en tirent, le Nkulo, est une nourriture traditionnelle qu’on prépare avec de l’huile locale, le Male.

Ces enfants ont déjà des clients bien identifiés qui achètent leurs marchandises et ils peuvent ainsi nouer les deux bouts du mois en attendant que les fameux frais de réinsertion n’arrivent. Aucune instruction, pas de visibilité sur l’avenir et débrouille au quotidien dès leur jeune âge, c’est ainsi va la vie des enfants associés aux groupes armés en RDC. De quoi s’interroger sur l’avenir de cette nation, avec une jeunesse sacrifiée.

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