Décès de 12 élèves à l’Institut Maikazo : sorcellerie ou épidémie ?

Publié le 3 déc 2009 dans Kisangani par Boyomais

Des élèves assis à même le sol dans une salle de classe à Kinshasa

En 5 jours, soit du 27 novembre au 2 décembre 2009, 12 élèves de l’Institut Maikazo situé sur la 17ème avenue dans la Commune de la Tshopo, ont trouvé la mort dans des conditions quasi identiques. Deux thèses s’affrontent dans les rues boyomaises pour tenter d’expliquer cette situation.

Pour certains, c’est purement et simplement de la sorcellerie. « Ce sont des sacrifices des sorciers, lesquels interviennent à l’approche de chaque fin de l’année », soutient Bi Théresa qui a l’habitude de vendre ses cacahouètes devant cette école. Pour Edourdo Kombozi, il s’agir bien d’un phénomène mystique : « N’oubliez pas qu’au début de cette année scolaire, le gouverneur a procédé à la permutation des chefs d’établissements scolaires et l’ancien préfet de l’Institut Maikazo avait difficilement accepté cette mesure. Voilà pourquoi, il s’en prend aujourd’hui aux écoliers et même à son remplaçant qui, lui aussi, est gravement malade ».

La thèse officielle parle plutôt d’une épidémie. « Tous les élèves décédés ou encore malades présentent des signes cliniques de la méningite : céphalées, raideur de la nuque, vomissements, fièvres », atteste un médecin chef de zone de la place. Dans le registre des mesures préventives, l’autorité urbaine vient de suspendre momentanément les enseignements dans les établissements scolaires de la ville de Kisangani, en attendant d’y voir clair sur cette épidémie.

Dans l’entre-temps, des rumeurs les plus folles se propagent dans la ville comme une drainée de poudre ; les écoliers boyomais vivent dans une panique généralisée.

Les églises dites de réveil voient dans cette situation confuse une occasion de renflouer leurs caisses. Les pseudos hommes de Dieu disent être les seuls à détenir la solution face à ce problème. Ils font croire aux familles des victimes que le remède se trouve uniquement dans la prière, la seule arme contre ce qu’ils qualifient d’esprit de mort. Ainsi, des enfants malades vident les hôpitaux. Certains parents refusent de les conduire dans les centres de santé, au profit des églisettes qui, bien évidemment, réclament une « petite contribution volontaire » en échange d’un hypothétique miracle.

Mots-clés : , , , ,
2 commentaires »