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Crieurs et attrapeurs, deux métiers inventés par les congolais

26 août 2009 par Yves Zihindula Lu 4 765 fois 23 commentaires Envoyer par E-mail

Crieurs et attrapeurs, deux métiers inventés par les congolais

Tradition orale oblige, plutôt que d’indiquer par un écriteau la destination d’un bus, les transporteurs congolais préfèrent solliciter les services de ceux qu’on appelle localement « bombeurs » ou « railleurs ». Leur rôle est de rabattre les clients en criant le plus fort qu’ils peuvent la destination : « Kingasani ya suka, rond-point victoire, Kintambo magasin, rond-point Ngaba… » Ils se chargent également d’informer les clients du prix du jour (les prix changent selon l’humeur des transporteurs qui ont du mal à respecter les prix officiels).

Ça fait tellement longtemps que les crieurs de destinations opèrent que je connais des congolais qui ont du mal à imaginer la vie sans eux. Dans la capitale, les crieurs se transforment aussi en « attrapeurs ». Pendant les heures pointe, dans la lutte pour trouver sa place dans un taxi ou un bus, ils proposent pour la modique somme de 100 francs congolais de se battre à votre place. A l’approche d’un taxi, ils sautent dessus et trouvent une place avant même que le véhicule ne s’arrête. Les enchères montent les jours de grande affluence. C’est au plus offrant que la place revient.

Bon à savoir lorsqu’on visite la capitale congolaise, prévoir en plus des frais de transport les frais d’ »attrapeurs ».

23 commentaires »

  • Al-Kanz dit :

    Bonjour,

    :)
    J’aime beaucoup ces néologismes plein de fraîcheur et de vie.

  • claire dit :

    Très joli billet. Même chose (en plus soft) à Madagascar…

  • Simon Ngenda dit :

    Je reagis sur le probleme souleve par monsieur Jean sur le probleme qui divise la diaspora congolaise qui vit dans l’Etat de Western Australia (Astralie Occodentale.)

    M. Jean, les congolais qui vivent dans cette partie de l’Australia doivent comprendre que la communaute congolaise de WA n’est pas un parti politique, son but n’est pas non plus politique mais plutot communautaire, social. On a cree cette communaute dans le but d’essayer un peu de resoudre les quelques problemes qui surgissent au sein de ses membres et surtout garder la culture bantu en general et congolaise en particulier.

    Ceux qui ont change la nationalite pour devenir burundais ou rwandais ne l’on fait par volonte mais par contrainte surconstancielle. Personnellement j’etait refugie en tanzanie. je sais combien les affaires de la protection sont compliquees. Ces congolais ont use de cette maniere comme la strategie d’avoir la protection du HCR. Mais sont de vrais congolais et ils ne doivent pas etre exclus de la communaute congolaise en tant que famille pour tout le monde qui s’y identifie comme tel.

    simon Ngenda

  • TAMBA dit :

    Très intéressant, et quelle similitude!
    Il y’en a au Cameroun, dans les gare routière et certains carrefour. Mais on les appelle ici « chargeurs ».
    Pour la rémunération, c’est le conducteur du véhicule déjà rempli qui s’en charge.

  • oniN dit :

    Sans vouloir trop m’avancer, ces métiers existent dans presque tous les pays africains.
    Au Cameroun, depuis au moins 10 ans, les chargeurs existent. Leur métier est de charger les voitures, de faire en sorte qu’elles soient pleines quoi.

  • Jean dit :

    Cher simon

    S’il est vrai que la question de protection est si impliquée ,pourquoi les congolais veulent la soulever et s’entredéchirer ? Et d’ailleurs beaucoup ont falsifié leurs noms et les provinces …Il est temps que tout le monde réfléchisse et fasse un examen de conscience au lieu d’inviter les blancs encore à trancher les affaires des congolais.

    Jean

  • momzo dit :

    Le même phénoméne existe au Sénégal et ici on parle de « coxeur ». Ne me demandez pas d’ou vient ce mot ! Ils sont chargés de remplir les véhicules parfois de façon musclé en se disputant les clients et ça occasionne des situations souvent cocasses.

  • Yuxx dit :

    ça existe aussi au Maroc depuis que j’ai vu le jour ! ce sont maline ‘taxi (traduction: proprio du taxi) même si leur métier n’est que de crier !

  • Alex Engwete dit :

    @ Momzo:

    Je crois que le mot « coxeur » provient du verbe anglais « to coax » (prononcez en français : « caukss »), qui signifie : cajoler, persuader, exhorter, pousser quelqu’un à faire quelque chose. Je ne serais pas étonné que cette appellation provienne du pidgin gambien.

  • Alex Engwete dit :

    @ Momzo:

    Au fait, je viens de consulter le dictionnaire, le substantif « coaxer » existe bel et bien = celui qui persuade par flatterie ou insistance. Une piste, voilà…

  • Alex dit :

    Ce phenomene existe aussi ici a Manille, aux Philippines. Malheureusement, je ne sais pas comment on les appelle.

    Ils se chargent d’appeler les gens a remplir les jeepney (le moyen de transport le plus popoulaire de Philippines). Et c’est le chauffeur qui les paient. Souvent, il y a cependant certains chaffeurs qui viennent avec les leurs (soit un membre de la famille), pour eviter de payer a chaque arret.

    Ils sont souvent polis et n’insistent pas si on ne les regarde pas et le passage a le choix de prendre le jeep de son choix (meme le dernier de la ligne).

  • Etienne dit :

    Au Japon, 2ème pays le plus riche du monde, il existe des pousseurs, dans le métro, en gants blancs, qui aident les portes du métro à se refermer quand la rame est bondée…

    Excellent billet et fil de discussion !

  • Ben dit :

    A New York, il ya le systeme de dollar vans et dollar cabs dans certains quartiers de Queens et Brooklyn ou nos freres jamaicains, haitiens et ouest africains offrent le transport a bord de leur van ou voiture personnelle au prix d’$1 par personne au lieu de $2.25 que chargent le Transit Authority (compagnie officielle de transport en commun a New York).

  • Phil dit :

    Ce phénomène existe aussi au Congo Brazzaville, la débrouillardise n’est pas exclusivement kinoise en ces temps de misère.

  • bony dit :

    Il semblerait qu’il n’y aurait pas de sot métier. Pourquoi ce métier là soulèverai-t-il des passions? La société n’aurait-elle plus besoin des bras de tous?

  • Ya Dieudo dit :

    Salut a toi mon frere Cedric K. ,j’apprecie bcp le travail que tu fais..etant congolais vivant a l’etranger, tes ecrits me font revivre l’ambiance de notre cher Kin..et beau pays..a New york, dans le quartier appele de : « Chinois », on y trouve des gens qui font presque le meme metier, ils cherchent des clients pour les amener dans les magasins qui sont loges dans ces veiux immeubles, a l’etages, il y fait tres chauds et ce sont souvent les haitiens et nos freres ouest africains qui passent leur temps dehors a trouver les clients pour les chinois ou les indiens..bon boulot et courage a toi.

  • momzo dit :

    @ alex

    Merci pour ces précisions cher Alex :-) .

  • job dit :

    A kinshasa, c’est plutot « chargeurs ». Ce « pas de sot metier » on le retrouve meme en Afrique du Sud, surtout a Cape-Town.

  • Lorraine dit :

    Congo Strip : Quand la communication passe par les bulles !

    L’exposition « Congo Strip » se tiendra en décembre 2009 et janvier 2010 à la Ville de Bruxelles.

    L’ambition de l’exposition Congo Strip: exposer la BD congolaise comme un des langages majeurs de l’art, de la culture et de la vie contemporains congolais.

    Le but général de l’exposition est de proposer un bilan non certes exhaustif mais synthétique et pertinent de la BD congolaise, née sous l’influence et dans le contexte de la colonisation belge au Congo et dont les développements dans la période postcoloniale et les développements actuels à l’ère de la mondialisation constituent des phénomènes fascinants mais peu connus du public belge voire congolais.

    Quand la communication passe par les bulles !

    Par ses capacités expressives, l’univers de sympathie qu’elle dégage, la BD se révèle un outil de communication performant….

    source: http://afriblog.com/blog.asp?code=congostrip

  • Bibi dit :

    Piquants article et dessin! Je pense que cela forge la débrouillardise. Finalement, au lieu d’un métier de transporteur, le fait d’avoir besoin de se déplacer fait vivre d’autres personnes. Mais cela doit tout de même atteindre un coût élevé pour le client?
    Cordialement

  • Jean Bosco dit :

    Je voudrais savoir si l’intervenant BONY est Bah……. ancien séminariste,collègue de SAFARI,en développement communautaire.

  • Réduisez rapidement votre excédent de poids dit :

    Sans vouloir trop m’avancer, ces métiers existent dans presque tous les pays africains.
    Au Cameroun, depuis au moins 10 ans, les chargeurs existent. Leur métier est de charger les voitures, de faire en sorte qu’elles soient pleines quoi.

  • guy matuka dit :

    A Tembo,une cité de Kasongo-lunda, un sécrataire académique du CIDEP a vendu le distictions aux tyrafiquants , vendeurs du diament.Plus de 7 distinctions dans une promotion.Les loréats eux-mêmes en étonnent devant la population.Ils voulaient la réussite mais voilà la distinction

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