Conflits fonciers et escroquerie officielle dans la capitale congolaise
Publié le 19 mai 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Il suffit de voir comment le mot escroc (scrocs, escrot…) est écrit sur certains portails de Kinshasa pour mesurer le degré d’exacerbation. L’orthographe est le cadet de leur souci, l’essentiel c’est que le message passe.
Si moi je comprends cette douleur, cette colère et ce désarroi…dans ces messages qui sont sur les portails et murs de plusieurs parcelles de Kinshasa, c’est par ce que les conflits fonciers dans la capitale sont devenus monnaie courante. Sans compter le nombre des procès à ce sujet, je vous raconte ma petite expérience :
Dans mon quartier, deux familles se regardent en chiens de faïence dans une même parcelle. Elles détiennent toutes les deux des titres de propriété en « bonne et due forme ». Une parcelle vendue par la même personne à deux acquéreurs différents. Et il ne se passe pas un mois sans que ces « voisins par contrainte » ne se lancent des pierres.
Une autre histoire c’est celle de mon frère qui a trouvé une fondation élevée dans la parcelle qu’il avait acheté 2 mois auparavant à Kutendele, un quartier de Kinshasa. Surpris, puisque ce n’était pas son ouvrage. Les voisins qui remarquent son regard interrogateur lui confirment que la fondation appartenait à un général et qu’il n’est pas la première victime du chef coutumier. C’est comme ça que ça se passe toujours ici…
Et nul n’ignore que dans les procès sur les conflits fonciers, c’est la raison du plus fort qui est la meilleure. Sachant qu’il ne pouvait récupérer son argent, ni gagner le procès contre un « général », il a été obligé de choisir une autre parcelle dans un coin plus reculé et moins attrayant.
Le plus étonnant c’est que ce sont bien les services officiels qui délivrent les titres de propriété. Les mêmes services et qui lotissent les terrains inhabités. Il faut donc beaucoup de précautions avant d’acheter. Un document des services publics n’est pas gage de sécurité. Il suffit de voir combien d’immeubles l’Etat démolit alors que c’est lui-même qui les a vendu.



C’est devenu un phenomene trop courant…