Cinémas de fortune : entre les besoins du ventre et ceux de la tête
Publié le 24 juin 2009 dans Likasi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Depuis quelques années, les habitants de Likasi ont trouvé une nouvelle manière de se divertir grâce aux cinés vidéo qui poussent comme des champignons dans la ville. La multiplication de ces petites maisons de projection pousse les écoliers à faire l’école buissonnière pour s’offrir une séance de ciné. En plus des élèves, les cinés de Likasi accueillent également ouvriers et chômeurs.
Le matériel est rudimentaire : Une cabane très souvent construite avec des matériaux de récupération, une petite télévision, un lecteur de cassettes vidéo et dans les meilleurs des cas un lecteur de DVD suffisent pour se lancer.
À 200 francs par client et avec près de 5 séances par jour, les cinés réalisent des recettes journaliers non négligeables, comme s’en réjouit George BAKU, gérant du ciné vidéo Enock dans la commune de Kikula : «C’est une bonne affaire et ce ne sont pas les clients qui manquent. Je n’ai pas d’emploi et pas d’autre source de revenus que mon petit ciné. Mes recettes me permettent de m’offrir de quoi manger et subvenir à mes autres besoins. »
Quant au choix des programmes proposés, il est large. Du film d’action au film pornographique, en passant par les derniers clips des grandes stars de la musique tant internationale que nationale, enfants et adultes ont l’embarras du choix. Pour les jeunes amoureux de la musique provenant de la capitale, les cinés offrent la possibilité de se tenir à la page par rapport aux nouveaux pas de danse. Aucun contrôle ne s’impose cependant. Les films pour adultes sont accessibles aux plus jeunes.
Au pays de la débrouille, il n’est pas toujours évident de placer la frontière entre les besoins du ventre et ceux de la tête. Ce qui constitue une source de revenus pour certains et un moyen de détente pour d’autres devient le cauchemar des parents de Likasi qui s’inquiètent pour l’éducation de leurs enfants.



L’idée de ciné-vidéo en soi est très bonne d’autant plus que ça existe déjà depuis longtemps dans beaucoup de villes africaines depuis la disparition des salles de cinéma en Afrique noire surtout.
j’en ai connu beaucoup à Uvira il y a plus de 15 ans lors de mes anciens voyages et ç’a toujours marché.
Bien sûr il serait mieux de réguler ce marché car on y passe du tout et du n’importe quoi et les propriétaires dans la plupart des cas se foutent complètement du bien-être du public et de son confort.
On passe de films érotiques voir porno sans se soucier des jeunes mineurs d’âge et de leur éducation.
Et pourtant l’auto-censure serait de mise vu qu’au niveau des structures de l’Etat rien n’est encore fait en ce sens pour structurer les marchés de ciné-vidéo ou ce qu’on peut de surcroît appeler Home-cinéma.
En soi c’est une très très bonne affaire qui, menée à bien, peut être très lucrative, procurer de l’emploi et faire rêver.
Tout cela, comme dans mes commentaires sur l’article de la cinéaste kinoise, peut mener à faire exister à long terme un marché du cinéma congolais fait par des congolais.
Actuellement nous avons commencé des petits castings à Likasi pour notre « PROJET DE « POPULARISATION » DU CINEMA CONGOLAIS (RDC) ».
Mon partenaire sur place s’appelle Besa Chris: chrisbesa2004@yahoo.fr
THIESCOS VISUAL FX / AJARINO FILMS
Production/Video Compositing & Editing – Matte painting (2D & 3D) – VFX – Etalonnage Colorimétrique
e-mail: thiescos@hotmail.com