Certains quartiers menacés de disparition
Publié le 27 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Dans quelques mois, il y a des coins dont on ne parlera plus dans la ville de Bukavu. Les quartiers qui seront bientôt rayés de la carte de la ville sont notamment Mosala, Cimpunda et Kahuzi, dans la commune mère de Kadutu. Les célèbres érosions de la province montagneuse du Sud-Kivu, les constructions anarchiques, l’abattage désordonné des arbres et l’exode rural sont les principales causes de ce malaise.
Aujourd’hui, avec 100 à 200 dollars américains, on peut s’acheter un lopin de terre dans certains coins de Bukavu. C’est la raison même pour laquelle les gagne-petits s’y précipitent sans songer aux conséquences fâcheuses qui peuvent s’en suivre.
Cizungu Kasi, qui vit à Funu breski dans le quartier Mosala depuis vingt ans, dit observer un délabrement de la situation depuis près de dix ans. « Ceux qui achètent les terrains dans ces endroits à risque et potentiellement érosifs se débarrassent en premier des arbres », confie-t-il.
Qui lui a vendu le terrain qu’il occupe ? Le chef de quartier. « Quand on arrivait à son bureau, il demandait où nous voulions construire et il vous fixait directement le prix qui variait selon l’endroit et la taille du terrain désiré. Ensuite, lui-même et l’un de ses agents venaient mesurer avec une corde l’étendue du terrain acheté. Après cette formalité, libre à l’acquéreur de construire. »

Des agents qui se revendiquent du cadastre foncier font de temps en temps des incursions dans ces quartiers marginaux et font chanter leurs habitants, en prétextant du fait que leurs maisons sont en fait des constructions anarchiques. « Quand nous avons un peu d’argent, nous leur donnons pour qu’ils nous laissent tranquilles », révèle Cizungu Kasi. « Nous vivons en danger permanent mais nous n’avons pas d’autre choix. La saison de pluie est redoutable et les glissements de terrain sont notre premier ennemi. Il nous arrive souvent de passer la nuit à la belle étoile pour ne pas être emportés en plein sommeil par les eaux. »
Une alternative pour les habitants de ces quartiers ? Aucune. Louer une maison ou même d’acquérir un terrain dans un quartier « normal » coûte très cher. Avec le nombre croissant de gens qui fuient les conflits armés dans les zones rurales et qui se retrouvent dans la ville, cette tendance a plutôt tendance à s’aggraver.
Quelle solution attendre face à une situation de ce type dans un pays sans aucune planification et politique d’urbanisation digne de nom ?



Très belles photos, Joy. Incroyable ! Il faut être un commando pour circuler dans ce quartier… Tu as tout dit : « aucune planification et politique d’urbanisation » dans ce pays dont les rennes sont dans les mains des irresponsables.
Le pays est perdu dans le cyclone de la corruption, nous allons en dansant vers l’abîme, nous sommes maudits.
Mawa trop
Noko Prof.tongo etani
Les générations d’aujourd’hui doivent connaitre l’histoire vraie de ces quartiers que l’on trouve un peu partout. On les appelle vulgairement les constructions anarchiques. Les politiciens de l’indépendance les ont distribués à leurs partisans. Ainsi nous avons les camps Luka,le camps Mombele,Ngaba,Kingasani et j’en passe.
En 1960 il n’y avait pas de géomètre pour obtenir ces terres. Ces zones ne sont pas urbanisées. Ce sont en quelque sorte nos bidonvilles à nous,nos favelas. Présenter ces cités autrement,soit c’est de l’inculture ou de la mauvaise foi. A l’indépendance les gens voulaient avoir un chez soi même sur des pentes aussi raides comme ici. Puis les chefs coutumiers,les maires de ces communes périphérique car elles sont devenues un jour des communes ou incluses dans des communes,s’attélèrent à vendre des lopins de terre à tour de bras. 49 ans que cela dure. L’humanité seule doit présider à la solution de ce problème. En 1960 l’armée était appelé à la rescousse pour déloger ceux qui ont occupé ce qui est devenu Ngaba avec beaucoup des morts à l’appel. C’étaient des bayaka,on s’en foutait presque mais le bon sens a fini par prendre le dessus. C’est aujourd’hui une commune. Un squatter n’a pas besoin d’urbaniste sur le moment. Il est dans une quête de survie.