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Bukavu : Pêche interdite sur le lac Kivu

Publié le 10 déc 2008 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Pirogues de pêcheurs sur le lac Kivu

Le lac Kivu sera fermé pour trois mois à partir du 30 décembre prochain. Cette décision des autorités locales inquiète les nombreux pêcheurs qui alimentent en poisson la ville de Bukavu et qui n’ont pas d’autre moyen de subsistance. « C’est une décision illégale et inhumaine. Nous allons crever de faim avec nos familles » déclarent-ils.

Pour l’inspecteur chef du bureau chargé de la pêche à la division provinciale de l’environnement et conservation de la nature, cette décision est prise pour faire face à la baisse de la production de poisson sur le lac Kivu. « Les pêcheurs ne respectent pas les normes de pêche et se rendent parfois dans les baies où il y a seulement des œufs pour pêcher. On est obligé de fermer momentanément le lac pour permettre à ces œufs d’éclore et de grandir » affirme Mr Tabino Mutingano.

Les militaires des forces navales sont instruits de faire respecter cette décision en arrêtant les pêcheurs qui vont désobéir.

Le poisson du lac Kivu est l’un des aliments de base pour les Bukaviens. Avec la somme de deux cents francs Congolais, il est possible de se procurer des fretins pour un repas de midi, et ce pour une famille de quatre personnes. Du très bon et bien gros tilapia, on peut en avoir 4 pour mille francs Congolais (un peu moins de 2 dollars américains). Cette mesure n’occasionnera-t-elle pas la rareté et en même temps la montée des prix du poisson ?

On verra bien sûr lorsque la mesure entrera en application.

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Kisangani : Toleka, une source de revenus pour les jeunes de Kisangani

Publié le 8 déc 2008 dans Kisangani par Boyomais

Un Tolekiste dans une rue de Kisangani

Comme ailleurs dans le pays, le chômage touche bon nombre de jeunes Boyomais (habitants de Kisangani). Certains se tournent vers le Toleka (taxi-vélo) comme activité génératrice de revenus. Depuis plus d’une décennie, le « Toleka » (entendez « Passons », en lingala) s’est imposé comme le principal moyen de transport à Kisangani. Il y en a environ 2000 dans toute la ville.

Il ne faut pas grand chose pour transformer des vélos ordinaires en taxis-vélos. Des lanières, une petite mousse tapissée et bien serrée servant de siège pour les passagers sur le porte-bagage et le tour est joué. Le mot d’ordre est clair : avoir le plus beau vélo et attirer le plus grand nombre de clients. Des slogans, on peut en lire de tous les types sur ces vélos « Dieu voit tout, vélo 4×4 tout terrain, l’Eternel garde mon vélo, Yes we can,…».

Âgé de 17 ans, Junior Kenge est en 4ème année des humanités pédagogiques. Depuis près de trois années, il exerce comme Tolekiste les après-midis après ses cours. « Après la mort de mon père, mes oncles sont venus prendre tout ce qui revenait à leur frère. Ma mère s’est ainsi retrouvée dans l’incapacité de scolariser mes deux jeunes sœurs et moi. Pour ne pas rester à la maison, j’ai décidé de faire le Toleka », confie-t-il. Ne possédant pas de vélo, Junior a conclu un arrangement avec un voisin. Les clauses de leur contrat sont claires : Junior s’engage à verser chaque soir la somme de 1200 francs congolais (2 dollars américains) au propriétaire. Tous les jours, il se lance dans une course contre la montre, dans le but de faire plus que le minimum exigé et garder le surplus.

Généralement, Junior parvient à réunir entre 4500 et 5000 francs congolais (8 dollars américains) par jour. Il parvient ainsi à contribuer aux charges familiales. « Une partie de mes revenus journaliers sert à acheter la nourriture et l’autre est toujours mise de côté pour couvrir mes frais d’études » révèle-t-il.

Les tracasseries policières et les guet-apens de la brigade spéciale des recettes viennent comme pour gâcher l’enthousiasme de ce jeune homme. Pour protéger ses recettes contre les extorsions policières, Junior a trouvé une astuce. « En temps de soleil comme en temps de pluie, je porte toujours mon képi car, en dessous, je glisse mes recettes. Si les policiers m’arrêtent pour une quelconque raison, leurs mains vont immédiatement dans mes poches. Désormais, ils ne trouvent plus rien, sinon une modique somme. »

Malgré les obstacles, Junior reste confiant et garde espoir. Son plus grand souhait est de devenir autonome. « Comme tout tolekiste, je voudrais acquérir mon propre vélo. Je gagnerais alors assez pour payer les études pour mes deux sœurs qui chôment encore aujourd’hui ».

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Kinshasa : Chinois, investisseurs ou envahisseurs ?

Publié le 8 déc 2008 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Chinoises vendeuses de beignets à Kinshasa

Incroyable mais vrai. Aujourd’hui à Kinshasa, les chinois exercent des activités même aux coins de nos avenues. Je me réveille un samedi matin. C’est le jour du mariage d’une copine. Comme toute congolaise qui se respecte et aime « la sape », je choisis une belle robe à mettre pour l’occasion.

Malheureusement, je me rends compte que je n’ai pas des boucles d’oreilles assorties à la robe. Pas assez de sous pour me rendre au centre ville et payer « mes bijoux ».

Sans trop peser le sens de ses propos, mon frère me dit : « ne t’inquiète pas, les chinois ne sont pas venus juste pour les grands projets des 5 chantiers. Ils ont ouvert une boutique dans le petit marché du quartier. Tu peux y trouver tes bijoux »

Etonnée, déçue…besoin oblige ! J’arrive au petit marché du quartier. Pas besoin de chercher longtemps, vous connaissez l’engouement des kinoises devant des bijoux fantaisies. Femmes et filles attroupées devant une boutique : « Ets shingon». Comme les autres j’achète ce que je cherchais, jolie et à vil prix, à la coutume des chinois.

La soirée : « Mira, elles sont jolies tes boucles ! ». Je ne me retiens pas. Je parle de ma découverte. C’est en ce moment que je me rends compte que ca n’en était pas une.

« Ça t’étonne ? Ils vendent même des arachides au rond point Ngaba… Les habitants du Quartier 1 à Masina ont empêché à un chinois d’installer une cabine téléphonique… Rien ne les arrête, les chinois ont même des Nganda Masanga ! »

Je vous épargne des autres commentaires de la soirée. Mais, dans l’entre temps, les routes pour lesquelles ils sont arrivés à Kinshasa attendent toujours ! Mais que fait l’autorité urbaine face à ces étrangers qui venus pour investissement, excellent en envahissement ? Et plus encore, la loi congolaise n’interdit-elle pas le petit commerce aux étrangers ?

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