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Route Opala, véritable chemin de la croix pour ses usagers !

Publié le 25 mai 2010 dans Kisangani par Boyomais

Un usager de la route Kisangani-Opala

En avril 2009, je rapportais que les Chinois étaient vivement attendus sur la route d’Opala pour essayer de la réfectionner. Plus d’une année après, rien n’a été fait. Les Chinois ne sont toujours pas là et ce tronçon routier, dont l’importance n’est plus à démontrer pour le ravitaillement de Kisangani, se meurt. Il se trouve actuellement dans un état d’impraticabilité notoire.

« C’est vraiment un calvaire », me certifie Jospin Sakila, un transporteur à peine âgé de 18 ans. « Il doit faire maintenant 6 heures du temps depuis que je pédale pour me rendre à Kisangani afin de vendre ma marchandise. Et pourtant, il y a quelques années, deux à quatre heures suffisaient pour quitter mon village et atteindre Kisangani » m’explique-t-il.

Lorsque l’on sait que le village de ce jeune débrouillard se trouve juste à quelques 19 kilomètres de la ville mais qu’il lui reste encore près de 4 heures à parcourir, l’on ne doit pas s’étonner des prix toujours galopants des produits vivriers (riz, bananes, manioc, …) à Kisangani.

A l’approche des élections prochaines prévues, sauf modification de la Constitution, en 2011, je me demande quelles promesses encore l’on donnera aux gens de ce coin qui s’estiment oubliés par les 5 chantiers. « Beaucoup de personnes ici ont carrément perdu confiance aux politiciens. D’ailleurs, quant à moi, je ne voterai même pas ; comme ça, j’aurai au moins ma conscience tranquille », conclut Jospin Sakila, avant de reprendre son chemin de la croix vers Kisangani.

La route Kisangani - Opala

La route Kisangani - Opala

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« Je guéris là où la médecine moderne a échoué ! »

Publié le 21 mai 2010 dans Kisangani par Boyomais

Je guéris là où la médecine moderne a échoué !

« Venez, vous qui avez des maladies incurables, venez trouver la solution à tous vos problèmes de santé !» On n’a pas toujours besoin d’un haut-parleur pour se faire entendre. D’autres stratégies existent. Et le tradi-praticien ambulant que j’ai croisé ce matin s’y connaît bien.

Des photos illustrant des maladies graves étalées à même le sol, le décor est planté pour attirer la foule et prêcher « son évangile de guérison ». Et la stratégie paie puisque, comme moi, les curieux ne tardent pas à s’approcher. Certains sont attirés par les photos, d’autres par le message de guérison.

« Observez bien cette herbe », nous interpelle le médecin-guérisseur ambulant. «Vous ne pouvez pas imaginer de quoi elle est capable. Après quelques mélanges avec de l’eau et du sel, elle est à mesure de guérir la fièvre typhoïde, l’hernie, la tuberculose », renchérit-il.

Je guéris là où la médecine moderne a échoué !

Ce n’est pas tout, le médecin qui guérit avec de l’herbe a toute une liste des maladies à guérir. «Bref, si vous avez un frère ou une sœur malade à la maison et que les autres médecins modernes n’ont pas pu le soigner, n’hésitez pas à me l’amener car j’ai le remède» conclut-il devant la foule hypnotisée autant par son discours que par les photos qu’il exhibe.

Sans vouloir dénigrer la médecine traditionelle, force est de constater que le nombre de tradi-praticiens explose dans tout le pays. Et bien évidemment, aucune règle ne régule le domaine. Les vendeurs d’illusion opèrent en toute quiétude dans la rue. Difficile de vérifier l’authenticité des miracles qu’ils revendiquent ou d’évaluer les conséquences de cette prolifération de pseudos-guérisseurs. Comme tous les autres domaines de la vie, la débrouille n’épargne pas le domaine de la santé publique et les victimes meurent dans le silence.

Ceux qui sont censés réguler sont sans doute occupés à festoyer dans les salons, en attendant comme toujours que la communauté internationale vienne  faire le travail à leur place.

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Constructions anarchiques ou les démolitions anarchiques ?

Publié le 19 mai 2010 dans Kisangani par Boyomais

Constructions anarchiques ou les démolitions anarchiques ?

L’autorité provinciale frappe encore une fois en mettant en application des mesures visant la démolition de constructions dites anarchiques dans la ville de Kisangani.

« Nous avons des autorisations de services compétents de l’Etat pour ériger nos maisons ici et voilà, maintenant, on vient nous démolir », s’indigne un occupant d’une baraque construite juste à côté du fleuve, à l’approche des agents commis aux opérations de démolition. « Et personne ne parle d’indemnisation ! » s’exclame un autre, désespéré et ne sachant plus à quel saint se vouer.

La plupart de propriétaires de ces habitations à démolir affirment détenir des titres de propriété et autres documents les autorisant à ériger leurs constructions à cet endroit. A ceux-là, les autorités politico-administratives recommandent de la patience, avec la promesse qu’un autre site leur sera indiqué.

Dans l’entretemps, les responsables des services publics qui les avaient installés aux abords du fleuve Congo ne sont pas inquiétés. S’il est vrai que l’endroit n’est pas approprié pour des habitations, il n’en demeure pas moins normal que ceux qui y ont autorisé les constructions soient interpellés devant les instances judiciaires. Sinon, où serait passée alors la fameuse « Tolérance zéro » ?

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Un petit tour dans ce qui reste du jardin zoologique

Publié le 26 avr 2010 dans Kisangani par Boyomais

Un petit tour dans ce qui reste du jardin zoologique

C’est une image de désolation que présente aujourd’hui le zoo boyomais. « Jadis un site touristique attirant du monde, le zoo n’est plus que l’ombre de lui-même », se plaint une dame que j’ai trouvé sur le lieu. Elle fait office de guide aux rares visiteurs qui se pointent de temps en temps. « Les problèmes majeurs auxquels notre zoo se trouve confronté sont de deux ordres : la réhabilitation des installations et la prise en charge des animaux pensionnaires ».

Elle n’a pas tort. Un coup d’œil autour de moi a suffi pour comprendre l’état dans lequel notre zoo se trouve. Des cages mal entretenues sont soit abandonnées soit occupées par quelques espèces animales encore présentes. Ces dernières se comptent d’ailleurs au bout de doigts. Tenez ici, j’aperçois un chimpanzé. Tout le monde l’appelle « Ferdinand ». C’est un don de l’ancien commandant région militaire en poste à Kisangani.

Un petit tour dans ce qui reste du jardin zoologique

Là, dans une cage assez grande quand même, deux petits singes jouent à cache-cache. Un peu plus loin, un babouin tourne seul en rond et n’hésite pas à faire des grimaces lorsque je m’approche. Juste en face de lui, une vaste cage avec des ânes à l’intérieur. «Autrefois, cette cage était celle des éléphants», m’apprend la guide. Enfin, de gauche à droite, plusieurs autres installations présentent un état de délabrement avancé.

« Nous invitons donc les autorités locales ou nationales mais aussi toutes les personnes de bonne volonté à songer à la réhabilitation de ce site touristique » conclut notre guide, à la fin de la visite.

Sera-t-elle entendue? J’en doute. Alors que la situation déjà chaotique des humains ne cesse de se détériorer, comment espérer que nos chers chefs se soucient d’animaux et de zoo?

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A cheval entre le marché et les cours, les résultats académiques en pâtissent

Publié le 31 mar 2010 dans Kisangani par Boyomais

A cheval entre le marché et les cours, les résultats académiques en pâtissent

Sarah a 22 ans. Voilà bientôt trois ans qu’elle est arrivée à Kisangani en provenance de Bunia. Obligée de vivre loin de sa famille pour des raisons d’études, elle est logée au B1 (Boyoma 1), le seul home pour étudiantes de l’Université de Kisangani.

Il est midi. C’est l’heure de la pause avant de reprendre les cours à 14 heures. Sarah, comme la plupart de pensionnaires de B1, se précipite dans sa chambre. « J’ai juste le temps de déposer mes notes de cours et filer au marché car je dois revenir vite pour préparer mon repas », me dit-elle.

Je suis obligé de l’attendre au rez-de-chaussée de B1. Impossible pour moi de la suivre à l’intérieur car, depuis un certain temps, la pénétration de toute personne du sexe opposé y est formellement interdite. L’attente n’a duré que 5 minutes. Nous voici en route pour le marché. « C’est vraiment difficile de combiner cuisiner et étudier », murmure-t-elle sur le chemin. « Là, je dois vraiment me dépêcher pour aller acheter un peu de haricot et du riz pour revenir vite les préparer mais, je n’ai que deux heures de manœuvre. Pour ne pas être en retard au cours, je ne peux que préparer d’abord le haricot dès mon retour du marché et, ensuite, le riz après la fin du cours, vers 18 heures ». Une stratégie qui paie, semble-t-il.

malgré toutes ses plaintes, Sarah garde tout de même cette fierté dont les congolais seuls gardent le secret. Pas question de la prendre en photo à découvert. C’est la honte que de se plaindre en public.

Restaurant universitaire n’existe pas dans le vocabulaire de cette étudiante et elle est loin d’être la seule dans ce cas. Cette lutte se poursuivra jusqu’à la fin de ses études, et ensuite débutera une autre, celle du sous-paiement dans le meilleur de cas et le chômage si elle n’a vraiment pas de chance. Et vous me direz que c’est la jeunesse l’avenir ?

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Le triste sort des étudiants logés au Complexe Elungu

Publié le 31 mar 2010 dans Kisangani par Boyomais

Les images valent mieux que de longs exposés. Je vous propose un petit album photo du Complexe Elungu-Bâtiment : Situé juste à côté du Batam (bâtiment administratif de l’Université de Kisangani).

1. Le home pour étudiants dénommé "Complexe Elungu" présente un visage de désolation : bâtiment dans un état de délabrement avancé, l'insalubrité, ...

2. Complexe Elungu-Chambre : Inialement prévue pour loger trois pensionnaires, une chambre héberge aujourd'hui jusqu'à six étudiants. Conséquence : la promuiscuité, facteur favorable à la propagation rapide des épidémies ! Les appartements ambigus : juste la place nécessaire pour installer son lit.

3. Complexe Elungu-Cuisine : Ce réseau monté localement se retrouve dans presque toutes les chambres de ce home. Relié vaille que vaille à l'électricité, il aide les étudiants à préparer vite leurs repas, lorsqu'il n'y a pas délestage.

4. Complexe Elungu-Installations électriques : C'est ici la boîte centrale à partir de laquelle le courant électrique est distribué dans les chambres. L'état dans lequel il se trouve est alarmant. Mais, ici comme ailleurs au Congo, on attend gentiment les conséquences pour penser à arranger les choses.

5. Complexe Elungu Toillettes : Les toilettes de ce home ne sont pas épargnées par ce délabrement. Les étudiants logés au Complexe Elungu sont obligés de prendre bain dans une insalubrité indescriptible. Le service du patrimoine de l'Unikis est pointé du doigt accusateur.

6. Complexe Elungu-Petit commerce : Pour pouvoir couvrir les deux bouts du mois ainsi que les frais académiques et connexes, certains étudiants tiennent de petits commerces au home. Ici et là, l'on vend des produits de première nécessité, des habits, ...

Complexe Elungu-Plantation

7. Complexe Elungu-Plantation : Certains étudiants cultivent de petits champs de manioc à la fois pour l'autoconsommation et la vente.

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Des ngandas et malewa au campus de Kisangani

Publié le 25 mar 2010 dans Kisangani par Boyomais

Des ngandas et malewa au campus de Kisangani

La cantine au campus ? On n’en parle plus. Ce sont les particuliers qui ont pris la relève. Ils implantent des malewa (restaurants de fortune) et des bistrots ou nganda à l’université pour offrir aux professeurs et aux étudiants un endroit où prendre leurs repas.

Interrogés sur le bien-fondé de ces installations au sein du campus de Kisangani, les avis sont divergents. Pour certains étudiants, il s’agit d’une initiative louable qui est venue pallier l’inaction de l’Etat dans ce domaine. « Comment voulez-vous que nous étudions de 8 heures à 18 heures sans avoir un cadre de rafraîchissement ? Les malewa dans l’université, c’est une bonne chose » soutient David Kumbi, étudiant en sociologie, que j’ai trouvé en train de prendre une Primus (une bière locale) au « Restaurant-jardin Shaumba » au cœur de l’Université de Kisangani.

Par contre, d’autres étudiants, à l’instar de pensionnaires de Shaumba, home situé juste derrière ce « restaurant-jardin », estiment que les tenanciers des malewa et autres ngandas implantés au campus abusent. Pitchou Lisungi, logé au home Shaumba, témoigne : « Certaines nuits, il est impossible de réviser ses cours tellement la musique s’y joue terriblement. Et pourtant, nous leur expliquons toujours qu’ici, nous avons besoin du silence pour travailler.»

De leur côté, les tenanciers incriminés se défendent en rejetant la faute aux étudiants. « Nous savons très bien que nous sommes à l’université mais ce sont eux-mêmes, nos clients, les étudiants bien sûr, qui nous demandent des fois de mettre un peu plus d’ambiance la nuit », se défendent-ils.

Là où le formel a disparu, la débrouille prend la place. Dans ce cas précis, il y a toute une génération qui ignore ce que c’est qu’un restaurant universitaire. Heureusement que les malewa sont là…

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La « bleusaille », un calvaire pour les nouveaux venus à l’université

Publié le 24 mar 2010 dans Kisangani par Boyomais

La bleusaille, un calvaire pour les nouveaux venus à l'université

Officiellement, la pratique est interdite. Pourtant, chaque année, elle monte en puissance. Depuis le 15 février dernier, date de la reprise de l’année académique à l’université de Kisangani, les « boulets », entendez les nouveaux admis à l’université, sont maltraités, voire torturés, par les « poils », entendez les anciens.

Aujourd’hui, Julie et ses camarades sont venus tôt le matin aux cours, escortées par un poil pour assurer leur protection, seul moyen d’espérer un accès en douceur dans l’auditoire. « Hier, je suis venue seule et j’ai été interceptée par trois poils, juste à l’entrée de l’université. Ils m’ont exigé de rouler dans la boue, puis ils m’ont tabassée. Coup de pied sur mes derrières, gifles et insultes étaient mon lot », m’explique Julie, nouvelle à l’université de Kisangani.

Elle n’est pas la seule à subir ces actes de torture. Chaque jour, depuis le début des cours, presque tous les nouveaux passent par là. Carine, inscrite en première année de la faculté de droit, témoigne : « Moi, je viens de subir une intervention chirurgicale mais cela importe peu aux yeux de nos tortionnaires. L’autrefois, j’ai dû exhiber mon ventre à des garçons pour prouver mon état mais cela n’a pas suffi. Ils m’ont frappé avant de me demander de courir sans regarder derrière. »

S’il est possible aux garçons « boulets » de se dissimiler parmi les « poils », il est très difficile aux « boulettes » d’échapper à la sentence. « Ce sont nos cheveux qui nous trahissent. On exige de les couper avant de monter à l’université. Ce faisant, l’on permet aux poils de nous identifier de loin et de nous malmener. Conséquence : aucune protection ne pourra être efficace», estime Carine.

Que font les autorités académiques pour décourager cette sauvagerie ? « Nous avons mis en place, dans chaque faculté, de brigades d’étudiants dont la mission essentielle est non seulement de protéger les nouveaux mais aussi de mettre la main sur ceux qui s’arrogent le pouvoir de bleuir », répond un membre décanal de la faculté des sciences sociales, administratives et politiques.

Kisangani n’est pas la seule ville dans laquelle on observe la montée en force de la bleusaille. A Kinshasa, certains « poils » se sont permis de violer des filles. Terrorisées les jeunes étudiantes kinoises ont trouvé une solution : accorder des faveurs sexuelles aux poils, afin d’être protégées.

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Enregistrement à l’état-civil, devoir des parents, mais pour quels droits des enfants ?

Publié le 28 fév 2010 dans Kisangani par Boyomais

Enregistrement à l’état-civil, devoir des parents, mais pour quels droits des enfants ?

Des campagnes d’enregistrement des enfants au registre de l’état-civil se multiplient au Congo et la ville de Kisangani n’a pas échappé à la règle. Devant les édifices administratifs, des affiches appellent les parents à protéger leurs enfants en les faisant enregistrer gratuitement dans les 90 jours qui suivent leur naissance.

Le comble, c’est que malgré toutes ces sensibilisations, de nombreux parents demeurent réticents et ne comprennent pas de quelle protection. Pour  Monsieur Sulombo Kabwana estime que ce devoir ne sert à rien : « Si je n’enregistre pas mon enfant, qu’est-ce que ce dernier perd ? Tous mes quatre enfants n’ont pas été enregistrés à leur naissance et je ne vois pas les droits qu’ils ont en moins par rapport aux enfants enregistrés à leur naissance », soutient-il.

Cette réaction un peu dépourvue de sens sous d’autres cieux, trouve toute sa place en République Démocratique du Congo. En effet, tout le monde le sait bien : au Congo, enregistrer à la naissance ou pas, tous les enfants ont les mêmes droits et surtout les mêmes devoirs, du moins leurs parents. A titre illustratif, ces derniers sont donc obligés, tous et sans distinction, à payer la prime aux enseignants pour la scolarité de leurs enfants.

Où est passée la gratuité de l’éducation au niveau primaire ? Est-elle réservée aux enfants enregistrés ? Même pas. Elle reste plutôt soigneusement rangée dans les articles de la Constitution de la République.

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A manger dans la prison centrale de Kisangani

Publié le 28 fév 2010 dans Kisangani par Boyomais

A manger dans la prison centrale de Kisangani

J’ai fait un tour il y a quelques jours à la prison centrale de Kisangani pour rendre visite à un ami qui y est incarcéré. Grande était ma surprise de voir les prisonniers en train de cuisiner eux-mêmes. Pas à leur goût certes, mais, du moins, à leur manière.

Aussi, j’étais surpris d’apprendre que c’est comme ça chaque jour depuis un certain temps. « Moi-même, j’ai trouvé ce rythme. Chaque jour, bien que ce soit toujours presque le même repas, nous avons à manger quand même », me confie mon ami détenu.

Sur place, l’on m’apprendra aussi qu’il y a désormais une cantine unique dans laquelle la mairie, le CICR et une organisation non gouvernementale catholique viennent chacun déposer des vivres (farines de manioc, haricots et huiles) pour les détenus. « Pour éviter tout détournement, la cantine unique ne peut être ouverte qu’en présence du directeur de la prison et de notre représentant », me certifie mon ami « le prisonnier ».

Cette prise en charge de l’alimentation des personnes incarcérées fait des heureux, mai également des jaloux. J’en connais qui voudraient bien aller en prison, juste pour trouver de quoi se mettre sous la dent tous les jours. Il suffirait d’ajouter quelques lits, et il faudra doubler la sécurité des prisons, non pas par crainte que les prisonniers ne s’en échappent, mais plus par crainte que les prisons se fassent prendre d’assaut par de personnes affamées, prêtes à troquer leur liberté contre une boule de foufou.

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