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Échapper aux tracasseries des hommes en uniforme : à chacun sa technique

Publié le 31 mai 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

L'inscription Laissez-passer sur une voiture à Lubumbashi

Tous les moyens sont bons pour esquiver les tracasseries perpétrées par les policiers de la route (roulages) postés autour des carrefours importants des principales villes congolaises. S’ils ont officiellement pour vocation de réguler le trafic, ces agents en uniforme bleu et jaune se sont transformés en guichets où sont perçues des sommes d’argent inconnues du trésor public. Cette pratique permet aux agents d’arrondir les fins des mois et en échange, ils ferment les yeux sur certaines infractions. Cette pratique qui s’appelle corruption ailleurs a trouvé d’autres noms au Congo : Madesou ya bana, bana ba sumba… Traduction : Les haricots des enfants, de quoi envoyer les enfants

Plutôt que de lutter contre ce système, les autorités publiques ont lancé un nouveau moyen d’esquiver les tracasseries. Officiels, dirigeants des grandes entreprises et membres de familles influentes se sont fait établir des vignettes estampillés « laissez-passer » qu’ils placent sur les pare-brises de leurs véhicules pour échapper aux ennuis que causent les « agents de l’ordre » sur la route et pour se soustraire de la réglementation routière.

Ce qui est drôle c’est que ces vignettes ne sont que des vulgaires bouts de papier imprimés que tout le monde peut se procurer assez facilement. Il y en a de toutes les couleurs et à chacun sa recette pour faire le plus officiel possible. Drapeau congolais ou sceaux de différents services publics sont des éléments dissuasifs qui font la qualité d’un bon « laissez-passer ».

Comme les policiers ne s’approchent généralement pas des véhicules qui arborent un « laissez-passer » de peur de tomber sur un homme influent, les conducteurs qui ont compris s’en font imprimer dans les cybercafés de la ville et arrivent ainsi à éloigner les prédateurs.

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Les marchés de nuit, rendez-vous des plus démunis

Publié le 24 mai 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un marché nocturne à Lubumbashi

Les marchés de nuit qui se multiplient à Lubumbashi, sauvent la vie des citadins les plus pauvres et autres familles à revenus limités qui attendent les soldes de la nuit pour se procurer de quoi se mettre sous la dent à un prix préférentiel. Les ventes s’ouvrent généralement à partir de 19h00. Sur les principales artères de la ville, sous des lampadaires, des commerçants, femmes pour la plupart, crient pour attirer les clients.

« Un seul doigt ne peut pas ramasser une aiguille », c’est le slogan que choisit Maman Bijou, vendeuse dans le petit marché qui jouxte le camp préfabriqué, sur la chaussée de Kasenga. « Ce que mon mari touche à la fin du mois, est insatisfaisant. Je n’ai pas d’autre choix que de me débrouiller autrement pour apporter ma contribution au budget du foyer», confie-t-elle.

Chacun trouve son compte dans les marchés nocturnes. Si les clients profitent d’un tarif préférentiel, les vendeurs pour leur part ont la possibilité de se débarrasser des marchandises périssables : viande, légumes, poisons frais… Les prix aux marchés de nuit sont souvent divisés par deux.

« Mon mari est receveur [contrôleur dans le transport en commun. J’attends tous les jours son retour vers 20 heures, avec son gain du jour pour aller chercher la nourriture. Ce n’est pas un choix mais nous ne pouvons faire autrement parce que nous dépendons exclusivement de ce qu’il rapporte au quotidien », révèle Pascaline Senga, une cliente habituée des marchés de nuit.

Moyen de survie et rendez-vous des débrouillards, les marchés nocturnes de Lubumbashi font partie de ces choses qui mettent en lumière la capacité des congolais à se débrouiller avec les moyens du bord pour survivre. Devrait-on considérer cette manie de la débrouillardise comme un élément positif ou comme un obstacle à un développement formel ?

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Kashamata : Conflit foncier entre électeurs et élus

Publié le 17 mai 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une cultivatrice dans son champ à Kashamata

Situé à 12 Km de la ville de Lubumbashi, Kashamata est un village dont la survie alimentaire est essentiellement assurée par les activités champêtres. Arachides, manioc, patates douces ou encore cannes à sucre y sont cultivés.

En décembre 2008, alors qu’ils se préparaient à la récolte, les paysans voient arriver des bulldozers. Envoyés par le gouvernement provincial, ces engins n’étaient pas destinés à les aider à accroitre leurs productions, mais ils étaient là plutôt pour tout raser et apprêter le terrain sur lequel seront érigées des résidences pour les députés provinciaux.

Comme d’habitude, pas de relocalisation ou d’indemnisation. Coup dur pour les agriculteurs et surprise pour les autorités locales qui n’ont jamais été prévenus. « Nous avons été surpris de voir des engins lourds faire des démonstrations dans nos champs. Sans avertissement ni délai », déplore Mr Shipu Kashamata, chef du village.

« Cette décision du gouvernement provincial ne laisse pas d’autre alternative à nos membres qui sont essentiellement des veuves dont l’âge varie entre 54 et 72 ans », se plaint pour sa part Constantin Kavuyi, membre de (Shamba la Amani), la principale coopérative des cultivateurs qui occupe la concession depuis 1984.

Les agriculteurs de Kashamata ont introduit un recours auprès de l’autorité provinciale mais le silence de cette dernière semble rappeler aux infortunées que la raison du plus fort est toujours la meilleure et que la demeure du député dont le salaire s’élève à quelques milliers de dollars est plus importante que leurs champs.

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Lutte contre le VIH-SIDA, à chacun sa thérapie.

Publié le 4 mai 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Panneau de campagne de prévention contre le Sida

Parmi les solutions proposées à ce jour face au Sida en République démocratique du Congo : la prière. Nombreux pasteurs proposent une guérison miracle à qui le veut, souvent en échange de quelques billets de banque ou autres biens en nature. De nombreux séropositifs abandonnent carrément le traitement médical et certains clament haut et fort leur « guérison » par la prière.

Les agents des services spécialisés dans la lutte contre le SIDA se plaignent de cet état des choses. Le nombre de ceux qui laissent tomber les traitements antirétroviraux pour attendre un hypothétique miracle s’accroit à une vitesse vertigineuse. Le Docteur Joe Kabongo, coordonnateur technique du centre d’excellence UNILU en soin du VIH affirme que 80% de ceux qui abandonnent le traitement antirétroviral le font pour se tourner vers la prière. Les autres sont butés à des problèmes de transport et à de difficultés d’accès aux centres spécialisés.

Problème : les discours des pasteurs ont visiblement plus d’écho que les campagnes de sensibilisation et de prévention contre le VIH. La population congolaise ayant perdu foi en ses gouvernants se tourne vers Dieu et la prière. L’utilisation du préservatif étant considérée comme un péché par les églises et le miracle comme solution pour les malades, le sida a encore de beaux jours chez nous.

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Accroissement étonnant du nombre des mendiants

Publié le 26 avr 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un mendiant dans une rue de Lubumbashi

Pas besoin de les chercher dans les rues de Lubumbashi, ils vous retrouvent et gare à vous si vous ne mettez pas la main dans la poche pour lâcher quelques francs. Les avis sont partagés par à l’explosion du nombre des quémandeurs dans la deuxième ville congolaise. Victimes de la crise omniprésente pour certains, ils sont perçus par d’autres comme des paresseux qui considèrent en plus l’aumône comme un dû.

De bon matin, en même temps que ceux qui vont travailler, ils investissent le centre ville. Commerces,, bureaux officiels des services étatiques et privés, sont leurs principales cibles. Certains choisissent les lieux publics où ils reçoivent quelques sous de la part des passants.

« Ils sont passé à trois reprises aujourd’hui. Face à mon refus de leur donner de l’argent, ils ont décidé de ne pas quitter ma boutique. Ils ont même proféré des injures contre moi », témoigne Mr Vladimir Kanda, responsable d’une cabine téléphonique.

La plupart de ces mendiants sont des personnes du troisième âge, orphelins ou encore handicapés (aveugles, estropiés…) Si on peut condamner cette tendance accrue de tendre la main, une autre évidence s’impose : la pauvreté et la précarité vont grandissant dans ce pays qui est pourtant parmi les plus riches du monde avec son sol rempli de minerais de toutes sortes. La prédation des gouvernants et la mauvaise gestion de la chose publique creusent de plus en plus le fossé entre les riches et les pauvres et fait disparaître la classe moyenne.

Ainsi va la vie en république des débrouillards et des corrompus (RDC) où de plus en plus de gens qui bradent leur fierté et leur dignité pour un morceau de pain.

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Lutuku, l’alcool qui noie les soucis et ses consommateurs

Publié le 1 avr 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Distillation d'alcool de maïs à Lubumbashi

Souvent situées derrière des demeures des quartiers périphériques de Lubumbashi, noircies par la fumée permanente, des installations rudimentaires de distillation d’alcool de maïs servent de lieu de retraite pour plusieurs Lushois.

Par dizaines, des jeunes désœuvrés, des employés journaliers de diverses usines, des travailleurs d’entreprises publiques insuffisamment et irrégulièrement rémunérés se fixent rendez-vous sous des paillotes, dans des cabanes destinées à la consommation de l’alcool indigène appelé « Lutuku ».

Toutes les affaires se discutent dans ces lieux de rencontre un peu particuliers : sport, politique, vie des peoples, … Assez fréquemment, la bagarre clôture les discussions de ceux qui ne savent trouver un compromis après leur discussion. Les maisons de Lutuku sont généralement tenues par des femmes souvent âgées. Elles gagnent leur pain quotidien au prix des propos souvent désobligeants à supporter de la part de leurs clients et des risques d’actes de vandalisme caractérisant les consommateurs du Lutuku.

« La distillation et la vente du Lutuku est ma seule source de revenus », confirme Mamu Mwadi, veuve que j’ai trouvé derrière sa maison en pleine opération de distillation.

N’allez pas poser des questions sur la teneur en alcool de ce breuvage, personne ne saura vous répondre. Les autorités publiques ont plusieurs fois essayé en vain d’en interdire la vente, à cause de sa nuisance sur la santé des consommateurs et des fabricants. « Lorsque je prend du Lutuku, je me sent soulagé et même déchargé de tous problèmes qui me semble être difficiles à résoudre à cause de mes maigres moyens », confie Mr Bruno Kankolongo, fidèle client de Mamu Mwadi.

Quoi de plus facile pour le buveur Lushois de pouvoir noyer ses soucis du quotidien dans l’alcool à 250 Francs Congolais, soit près de 0,3 $US ? Les conséquences du lutuku sur la santé de ses consommateurs ne se font pas attendre longtemps. Et là, plutôt que de se contenter de noyer les soucis, cet alcool artisanal finit souvent par noyer aussi son consommateur.

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Likasi: Que sauver entre l’environnement et sa vie ?

Publié le 26 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un vendeur de charbon de bois dans une rue de Likasi

Située à 120 Km de Lubumbashi, Likasi, ex Jadotville se trouve au cœur de la région minière de la province du Katanga, à proximité des montagnes de Mitumba et de Kundelungu. Appelée «ville des lumières », Likasi figurait parmi les villes les plus prospères du Congo et faisait rougir d’autres villes du pays. La vie de plus de la moitié de la population de Likasi dépendait exclusivement des activités dans des mines.

Depuis la dégringolade sans précédent des compagnies minières étatiques comme les GECAMINES, Likasi n’est plus que l’ombre d’elle-même. L’arrivée de dame la crise financière n’arrange pas les choses. Quelques rares entreprises ayant résisté s’enfoncent à leur tour.

Débrouillards nés comme tous les autres congolais, les habitants de cette ville trouvent des activités alternatives leur permettant de survivre. Mr Donatien Monga, ancien employé dans une mine a choisi la fabrication de charbon de bois. Ce sont les arbres qui entourent la ville qui en souffrent. « Étant père de famille, je n’ai aucune raison de croiser les bras et suivre la conduite de la fameuse crise », me lance-t-il.

Le déboisement occasionné par la prolifération de fabricants de charbon de bois est très mal vu par le ministère provincial de l’environnement, qui redoute des perturbations climatiques.

L’environnement est le dernier des soucis de ces ventres affamés qui n’ont pas d’autre source de revenus. Parler de préservation à ces gens est presque perçu comme une injure. Faut-il vraiment parler de problèmes environnementaux dont les conséquences se manifesteront plusieurs années plus tard à des gens qui ne sont même pas certains de trouver leur pain du lendemain ?

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Lubumbashi: Latrines publiques made in Espagne

Publié le 19 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Latrines publiques made in Espagne à Lubumbashi

Ça fait des années que les toilettes publiques n’existent plus dans la ville de Lubumbashi. Sur des places publiques, quelques rares particuliers ont érigé des WC de fortune et font payer les usagers qui seraient pris d’une envie pressante. Hors de question d’utiliser les toilettes des bureaux officiels des services étatiques et des entreprises publiques qui ne font pas trop envie, étant donné qu’elles ne respectent aucune règle d’hygiène.

Face à cette situation, ce sont les plantes et les murs qui en prennent un coup. Voir un passant se cacher derrière un arbre ou à l’ombre d’un bâtiment, dans un endroit pas très fréquenté pour uriner n’est pas étonnant, dans la ville souvent citée comme la plus propre du Congo.

La coopération espagnole érige depuis quelques temps des urinoirs publics dans diverses communes de Lubumbashi, à côté des sièges communaux. Sur les murs de ces latrines, je pouvais facilement interpréter le message que donnent les images et dessins, comme celui de ne pas utiliser l’arbre ou les endroits peu fréquentés pour se soulager.

Je ne peux que me réjouir de voir des latrines publiques implantées dans ma ville mais une chose est sûre, il faudra du temps avant que les Boyomais, habitués à la facilité qu’offrent les arbres puissent changer leurs habitudes et utiliser les nouveaux urinoirs.

Je suis bien tenté de fustiger le fait qu’il faille attendre que l’Espagne vienne construire des toilettes chez nous mais je m’inquiète beaucoup plus pour l’entretien de cette nouvelle acquisition. J’espère que cette réalisation ne finira pas comme bon nombre d’initiatives annoncées en grande pompe et qui disparaissent peu de temps après faute d’entretien. Il faut alors attendre que d’autres bienfaiteurs étrangers viennent pour restaurer ou reconstruire.

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Kipushi: Les femmes en lutte contre la misère

Publié le 15 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une femme concasseuse dans une carrière de Kipushi

Ville frontalière située à 30 Km de Lubumbashi, Kipushi vivait, jadis, grâce aux activités de la Générale des Carrières et des Mines (Gecamines). Depuis la chute de cette dernière, la ville de Kipushi n’est à ce jour que l’ombre d’elle-même. Cette situation a contraint à la débrouillardise un peu plus de 3/4 de la population.

Pour survivre, certains, les hommes en majorité, font chaque jour 30 Km pour rejoindre la ville de Lubumbashi et essayer de trouver des petits « Jobs » (petits contrats de travail journaliers). Les autres; femmes et enfants, qui restent, se livrent au concassage manuel des graviers de la carrière du puits 5 au quartier Lumumba.

Avec leurs marteaux, pioches, bèches et brouettes, ces femmes et leurs enfants envahissent tous les matins la carrière, y travaillant sous un soleil de plomb. « Dans le devoir de faire vivre ma famille, j’accepte de passer pour concasseur », me confie Maman Claudine, une veuve de 46 ans que j’ai trouvé dans la carrière. Elle déplore le désintéressement, l’indifférence, et surtout le manque d’une politique d’encadrement pour les femmes de Kipushi de la part du gouvernement provincial. « Voila maintenant, mes biceps sont semblables à ceux d’un catcheur de la WWE, suite au soulèvement régulier et quotidien de mon marteau et pioche », rajoute-t-elle.

Mr Bonny, président des creuseurs de la carrière, dénonce pour sa part les tracasseries perpétrés les agents des services de l’Etat comme; la division des mines et la police des mines. « Les taxes imposées avant l’évacuation des produits de la carrière pour la vente, découragent nos clients et donnent ainsi un autre coup fatal à la population de Kipushi. »

Alors que la misère a même déformé la morphologie des femmes de Kipushi, faut-il maintenir les taxes jugées colossales ou laisser la population bénéficier librement des ressources naturelles? Et puis, je me demande à quoi servent ces taxes alors qu’on sait bien que la population ne reçoit rien en retour.

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Lubumbashi : Guérisseurs ambulants, salut ou danger pour la population?

Publié le 5 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un Tradi-praticien vendant ses potions dans une rue de Lubumbashi

Munis de mégaphones, sacs remplis de racines, ils sont facilement reconnaissables. Appelés « Docta » ou « Docteurs », les charlatans ambulants sont de plus en plus nombreux sur les places publiques de la ville de Lubumbashi. Certains se déplacent à vélo, d’autres à moto et ils débouchent de tous les coins et quartiers pour converger vers le centre ville. « J’ai la solution pour tous les maux… Stérilité, impuissance sexuelle, hémorroïdes,… », ces nouveaux guérisseurs disent apporter des solutions face à un système médical complètement en panne.

Consultation gratuite et thérapie avec des plantes, donc moins coûteuses, les « Docta » poussent le bouton jusqu’à présenter leur business comme une réelle alternative, salutaire face à des médecins congolais continuellement en grève parce que non payés.

Les avis sont partagés face à ce phénomène. Si certains considèrent que la croissance du nombre de ces médecins improvisés est un danger public, d’autres le voient comme un mal nécessaire. « Contrairement aux hôpitaux qui ne reçoivent que ceux qui ont beaucoup d’argent, les tradi-praticiens au moins sont accessible à tous », soutient Mme Junette, une des plus fidèles clientes des docteurs de la rue.

Un nombre assez important de gens se sont fait berner et ont réalisé bien après que les feuilles ou les racines qu’ils se sont donné la peine d’ingurgiter n’avaient aucune vertu thérapeutique. On peut se demander où sont les autorités censées légiférer sur ces pratiques. Les charlatans opèrent en toute quiétude et on ne peut même pas compter sur une justice elle-même au ralenti, pour poursuivre les responsables des dérapages qui ont des conséquences néfastes sur la santé de la population.

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