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Prolifération des pharmacies de fortune

Publié le 3 déc 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une pharmacie de fortune à Lubumbashi

La ville de Lubumbashi compte un bon nombre tenanciers des pharmacies qui n’ont pas qualité et compétence pour exercer la profession de pharmacien. Certains vendeurs des produits pharmaceutiques ne sont même pas capables de lire une ordonnance prescrite par un médecin.

Ceux qui ont reçu une formation appropriée tirent la sonnette d’alarme, mais en vain. « Les pharmaciens improvisés doivent arrêter car ils mettent des vies humaines en danger », déclare Mr. Nico Mwabilayi, pharmacien de formation. « Il faudrait qu’ils soient formés pour acquérir les compétences nécessaires », ajoute-t-il.

Implantées dans plusieurs coins de la ville, ces pharmacies de fortune ouvrent leurs portes tôt le matin les ferment tard dans la nuit. On y retrouve généralement des produits d’appoint comme l’Aspirine ou encore le Paracétamol. Pour quelques billets de plus, on peut même se procurer des produits normalement soumis au strict accord d’un médecin, sans avoir besoin d’exhiber quelconque ordonnance.

A Lubumbashi comme ailleurs en république démocratique du Congo, il n’y a pas besoins d’autorisations pour ouvrir une pharmacie. Tout le monde peut se lancer dans la vente de médicaments. Il suffit d’avoir de quoi acheter des produits pharmaceutiques chez les grossistes et ensuite les revendre au détail aux gagnepetits. Ainsi, des changements de carrière spectaculaires s’opèrent régulièrement. Aucune surprise donc lorsqu’un maçon ou encore un mécanicien se reconvertit en pharmacien.

« Ce n’est pas si compliqué que ça comme métier. Il suffit de lire ce qui est écrit sur l’ordonnance et de donner le produit correspondant au client », se défend Mme Jacqueline TSHALA, tenancière d’une petite pharmacie.

Certains parmi ces pharmaciens autodidactes poussent le bouton jusqu’à pratiquer des pansements, des injections et même des perfusions.

Au pays de la débrouille, tout est possible, même dans le domaine de la santé.

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Quand le pain vient assurer le quotidien

Publié le 25 nov 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Quand le pain vient assurer le quotidien

L’implantation récente de boulangeries industrielles à Lubumbashi offre de nouvelles possibilités de business aux Lushois. Ces établissements fournissent du pain à un prix abordable laissant une marge bénéficiaire conséquente pour les revendeurs.

Tous les jours, hommes et femmes débouchent de toutes les communes et se pressent vers les grandes boulangeries. Le matin comme le soir, des véhicules, remplis de pains sillonnent les artères de la ville à la recherche de clients. D’autres se garent sur les lieux de vente publique où les Lushois aux faibles revenus prennent rendez-vous. « Je fais toujours un effort pour acheter du pain tous les soirs, surtout lorsque je quitte tard le boulot et que je n’ai pas laissé à manger chez moi », fait savoir Jeannot que j’ai rencontré à l’entrée du marché central Mzée Laurent Désiré Kabila. Pour 800 Francs congolais (0.92 dollars), il se procure assez pour le dîner avec sa famille.

Les revendeuses au détail se réjouissent de l’implantation de ces nouvelles boulangeries dans la capitale cuprifère du Katanga. « A cause du prix compétitif, ces boulangeries nous permettent de gagner un peu plus », déclare Mme Florence Lwembwe, vendeuse et cliente de la boulangerie Pain de vie.

A Lubumbashi, le pain est vendu généralement en sachets de 8 à 13 pains. Les consommateurs font souvent fi de la qualité et privilégient la quantité pour parvenir à satisfaire leurs besoins.

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Kipushi : Divagation des animaux, un danger public en croissance

Publié le 18 nov 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Kipushi: Divagation des animaux, un danger public en croissance

Située au sud-ouest de la ville de Lubumbashi, Kipushi est une localité proche de la frontière avec la Zambie. L’élevage est parmi les principales activités de la population qui cherche à faire face a son quotidien. Les éleveurs qui n’ont pas assez de moyens pour l’encadrement de leur bétail, laissent les animaux en liberté dans toute la cité. Chèvres, poules, porcs et autres animaux se disputent ainsi les ruelles de la cité avec les passants.

« C’est l’unique activité qui garantit la survie quotidienne de toute ma famille. N’ayant pas de quoi les nourrir, je laisse mes chèvres libres dans la journée. Elles se débrouillent pour se nourrir et le soir ils reviennent dans la parcelle », confie Monsieur Mwanza, dit Postolo, propriétaire d’une vingtaine de chèvres au quartier OUA.

Cette situation s’accentue au niveau de la frontière avec la Zambie où les animaux en divagation traversent la frontière pour aller brouter du côté zambien. Les agents de santé qui œuvrent dans ce secteur, parlent d’un danger qui n’est pas à négliger pour la santé des habitants. Les bêtes peuvent en effet contracter des maladies de l’autre côté et contaminer ensuite les humains.

« Etant en contact permanent avec l’homme, ces animaux qui trainent n’importe où sont trop dangereux et peuvent être à la base de graves maladies comme la rage, la gale et bien d’autres », alerte le Docteur John Kadima, inspecteur sanitaire à Kipushi. Outre les maladies, les animaux en divagation sont également à la base de plusieurs accidents de circulation.

La solution face à cette situation passe par un meilleur encadrement des petits éleveurs mais c’est visiblement plus simple à dire qu’à réaliser comme dans bien domaines qui boîtent en république démocratique du Congo.

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La langue française en perte de vitesse chez les élèves et les étudiants

Publié le 10 nov 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

A Lubumbashi, les jeunes perdent petit à petit leurs notions, déjà moindres, d’orthographe et de la grammaire Française, a force d’envoyer des « texto ». Ils coupent court des mots, font symbiose de lettres et chiffres pour en donner un sens. « jtm pr tt ntr vi. Gv etr fi2l pr tjr », pour dire : « Je t’aime pour toute notre vie. Je vais être fidèle pour toujours ».

L’écriture «texto » qui permet de gagner un peu plus d’espace lorsqu’on envoie les SMS, est devenue très courante autant chez les étudiants que chez les élèves. L’utilisation de ce style d’écriture fait que les usagers perdent l’habitude d’écrire normalement.

« Je me préfère envoyer des textos à mes potes. C’est moins cher, court et rapide. En plus, il n’y a pas besoin de tenir compte de l’orthographe », confie Lisette MASANGU. Consciente que son français s’appauvrit, cette jeune fille fait systématiquement appel au dictionnaire lorsqu’elle doit rédiger une correspondance normale. « J’ai de plus en plus de mal à écrire pleinement un mot quand on me demande de rédiger une lettre ou une dissertation à l’école », révèle-t-elle.

Cette montée en puissance de l’écriture « texto » n’arrange pas la situation des étudiants en quête d’emploi. Pour rédiger les lettres de motivation, ils sollicitent désormais leurs ainés qui ont gardé une bonne connaissance de l’orthographe et de la grammaire française. « C’est un exercice difficile pour moi de rédiger la lettre de demande sans fautes. L’orthographe de certains mots m’échappe », reconnaît Willy, étudiant en troisième année graduat à la faculté d’agronomie de l’université de Lubumbashi. « Je garde jalousement le modèle d’une lettre écrite par un ami pour éviter d’être disqualifié à cause des fautes éventuelles dans demande », complète-t-il.

Au-delà de l’influence des messages texte, c’est le niveau même de l’éducation qui prend un sérieux coup. Avec des pratiques comme l’achat des syllabus, la corruption ou encore les points sexuellement transmissibles, c’est la notion même de l’effort qui disparaît pour laisser la place au langage des billets de banque.

Désormais, qui paie reçoit un diplôme, un bout de papier sur lequel il est marque « gradué » ou encore « licencié ». Une question qui se pose cependant : Que vaut ce bout de papier imprimé si les compétences ne suivent pas ? Est-ce à coup de diplômes achetés que cette jeunesse reconstruira le Congo ?

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Tolérance zéro, amendes plus lourdes : chauffeurs plus vigilants

Publié le 21 oct 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un policier de roulage dans une rue de Lubumbashi

A Lubumbashi, ne pas respecter le code de la route coûte aux contrevenants parfois plus que leurs gains mensuels. A coté de ces lourdes sanctions, la police et la commission nationale de prévention routière intensifient les campagnes de prévention sur la sécurité routière.

Les autorités impliquées dans la lutte contre l’insécurité routière, révèlent que les premiers résultats de ces campagnes donnent espoir. « Beaucoup des chauffeurs craignent d’être victime de nos mesures en cas d’une moindre infraction. Cette crainte justifie la diminution du nombre d’accidents », fait savoir commandant NTUMBA du bataillon PCR/ville.

Les amendes, de plus en plus lourdes, qui atteignent facilement 100 dollars américains selon la gravité de l’infraction, ont un effet dissuasif. « Depuis qu’on m’a infligé une amende de 90.000 Francs pour excès de vitesse, somme supérieure à ma rémunération mensuelle, je me conforme bon gré mal gré aux mesures du code de la route », explique Guelord Kanku, chauffeur d’un minibus.

Depuis deux ans, le gouvernement provincial a fait preuve d’une sévérité de plus en plus grande en matières d’infractions au code de la route, du contrôle du nombre des passagers pour les véhicules de transport en commun à celui du taux d’alcool pour le conducteur en passant par celui de conformité et validité des documents de bord.

Tolérance zéro pour les chauffards, moins de victimes d’accidents sur les routes, on ne peut qu’applaudir. Espérons que ces mesures dissuasives tiendront dans la durée.

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Des compagnies de sécurité privées prennent la place de la police

Publié le 8 oct 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un agent de gardiannage à Lubumbashi

Depuis environ cinq ans, la ville de Lubumbashi connait une prolifération de sociétés de gardiennage dont la mission première est d’assurer la sécurité des entreprises ou des particuliers. Ces sociétés emploient plusieurs jeunes, avec une préférence pour les plus robustes.

Pour le choix des noms, la plupart de ces entreprises ne vont pas chercher loin : Dragon Security, Mamba Security, Simba Security, Crocodile Security. Les agents de ces sociétés se transposent en agents de l’ordre et font un travail similaire à celui de la police. « Je passais paisiblement devant une parcelle qu’ils gardaient vers 23 heures, ils m’ont arrêté et obligé d’exhiber mes pièces d’identité avant de me laisser partir », dénonce Mr Stanis Mwabilayi, habitant de Lubumbashi.

Face à cette situation, la population, d’une part, se trouve confuse et dénonce une insécurité permanente quand ces agents se substituent aux policiers, et d’autre part, elle salue ces initiatives privées et parle d’un remède à quelques défaillances de la police. « La multiplication de ces maisons de gardiennage est un phénomène à encourager. Surtout pendant ce temps où le système d’intervention de la police est en perte de vitesse », déclare Mme Liliane Mwembo, une habitante dont la parcelle est gardée par les agents d’une société de gardiennage privée.

Malgré tout ce qu’on peut dire, les « Security », comme on les appelle ici emploient plusieurs jeunes et ont le mérite de réduire le taux de chômage. Etudiants et universitaires, y trouvent un emploi ne correspondant à leurs qualifications mais tant qu’ils ont le physique qu’il faut, ils trouvent un moyen de se faire quelques dollars. Les salaires ne sont pas exorbitants mais je pense que c’est déjà mieux qu’un salaire de policier. Et puis, je préfère encore voir ces jeunes gens en uniforme de Security, plutôt que de les savoir dans un gang.

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Payer ou pas son parking, les Lushois sont partagés

Publié le 23 août 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Payer ou pas son parking, les Lushois sont partagés

Payer pour garer son véhicule à un arrêt de bus n’est pas du goût de tous les conducteurs de Lubumbashi. Les uns apprécient l’initiative, les autres s’inscrivent en faux. Vêtus de combinaisons bleues avec insignes de l’Acco (Association des Chauffeurs du Congo), carnet de reçus, stylos et petits bloc-notes en mains, les agents de l’Acco sont placés à chaque station de bus au centre-ville de Lubumbashi, percevant 600 Francs (0.8 Dollars américains) sur tout véhicule qui arrive pour stationner chaque matin et 150 à 200 Francs pour chaque course.

« Nous travaillons ainsi tous les jours de 6 heures à 18 heures 30. L’argent que nous percevons permet à la mairie de réaliser plusieurs travaux d’intérêt public, et à l’association de résoudre certains problèmes liés aux droits et devoirs du conducteur », explique Nicolas Nyange que j’ai rencontré sur l’arrêt de bus de la ligne centre-ville – Ruashi.

L’initiative n’est pas mal perçue par toute la population. Certains voient à travers cette nouvelle organisation le retour progressif de l’ordre dans la ville. « C’est un système à encourager. C’est nous qui devons permettre à la mairie de faire des services dont nous sommes les premiers bénéficiaires », me confie Doudou, conducteur de taxi-bus qui exhorte ses collègues à s’acquitter de cette taxe.

Les conducteurs qui s’opposent à cette organisation, finissent par quitter le lieu officiel de stationnement et se livrent au « Kimbirikite », phénomène qui consiste à faire le ramassage des clients sur les artères non indiquées par les autorités urbaines, courant ainsi le risque de tomber dans le filet de la police de circulation routière. « Moi je ne peux pas donner mon argent à un groupe des personnes qui cherchent à satisfaire leurs besoins privés en gardant nos droits hypothétiques », se justifie André Tambwe, conducteur.

« Et surtout qu’il n’y a pas de transparence dans la gestion de cet argent », poursuit-il. Cette affaire met en évidence le manque de confiance de la population face aux dirigeants. Les premiers sont habitués à se débrouiller tous seuls et les autres ne sont pas toujours dignes de confiance.

Que faire ? Chercher à restaurer l’ordre normal ou se contenter de la débrouille ? L’opinion est très partagée par rapport à cette question mais tout passe à mon avis par une gestion transparente et responsable du bien public et surtout par la restauration de la confiance de la population vis-à-vis des dirigeants.

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Une ville aux mille couleurs

Publié le 12 août 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une publicité Primus dans une rue de Lubumbashi

La concurrence acharnée que se livrent les entreprises de télécoms et les brasseries donne une nouvelle couleur à la ville de Lubumbashi. Les rues, les murs de parcelles et les établissements de vente sont repeints et prennent les couleurs des deux types d’entreprises les plus prolifiques en RDC.

Des panneaux publicitaires, on en voit sur toutes les principales entrées de la ville et sur tous les lieux publics. En longeant la chaussée de KASENGA, qui relie la commune de RUASHI au centre-ville, les résultats de la lutte que se livrent les bières Simba et Primus, n’échappent pas au regard.

Entre « Butamu ya kwetu », traduisez « la joie de chez nous », ou encore « fais monter la pression », à chacun son slogan et ses couleurs pour séduire les consommateurs. Sur les murs, le rouge et jaune de Simba se mesure au jaune et bleu de Primus.

Les Lushuois qui n’ont pas les moyens de repeindre leurs murs peuvent désormais solliciter les sociétés en quête d’espace qui se chargent de donner un coup de peinture mais qui en profitent en même temps pour diffuser leur publicité sans payer. A chacun de choisir ses couleurs et surtout sa marque de bière préférée, qui ornera un moment sa façade…

Une publicité Simba dans une rue de Lubumbashi

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Des produits avariés dans nos assiettes

Publié le 14 juil 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un etal de vente de poulets à Lubumbashi

« Le congolais ne meurt jamais de microbes », « le corps humain a besoin de microbes pour son bon fonctionnement » : ce ne sont pas les arguments qui manquent aux congolais pour justifier le non respect de certaines règles élémentaires d’hygiène. Dans la province du Katanga, ils sont nombreux à consommer des produits avariés qui coûtent moins cher. Les maladies que cette attitude peut engendrer, c’est le dernier souci du Lushois.

Ce comportement a ouvert une nouvelle possibilité d’affaires pour certains opérateurs économiques sans scrupules. Ces derniers vendent purement et simplement des produits (importés) avariés en changeant leurs dates de péremption. Poulet, boites de conserve, biscuits et autres marchandises y passent. Boutiques et supermarchés de Lubumbashi surpris en flagrant délit viennent d’être scellés il y a quelques jours. Cette fermeture cause la rareté et la majoration du prix de certaines denrées de consommation quotidienne sur le marché.

« J’achetai ma marchandise au magasin Psaro à un prix trop abordable, mon bénéfice était considérable et significatif. Comme on vient de le sceller, cela est un coup dur pour mon commerce. Je dois donc majorer le prix pour gagner quelque chose », explique Mme Liliane Mwika, vendeuse de viande au marché central Mzee Kabila.

Joseph Kazadi, journaliste, parle lui d’une responsabilité partagée. Les services étatiques censés contrôler la qualité des produits mis en vente sont les premiers à fermer les yeux après avoir reçu de l’argent des opérateurs économiques.

La population, elle, ne sait quelle décision prendre face à cette situation. Le choix est à faire entre la nourriture moins chère et celle de bonne qualité. Les produits avariés sont les compagnons de leur quotidien depuis la nuit des temps. « Nous serions tous morts si lesdits avariés étaient nuisibles à la santé du congolais. Les autorités le savent, c’est pourquoi les mesures de sceller les magasins ne venaient toujours pas », ai-je entendu dire un Lushois.

Et si le congolais n’était pas vraiment vulnérable aux microbes ?

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L’ère du savoir qui se monnaie

Publié le 15 juin 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Faculté de médecine de l'université de Lubumbashi

A l’approche de la fin de l’année académique, la température monte chez les étudiants de l’Université de Lubumbashi (UNILU) et chez ceux des autres institutions d’enseignement supérieur. La réussite étant désormais conditionnée par l’achat du syllabus (supports de cours), les étudiants qui ne savent plus à quel saint se vouer. Plutôt que de réviser ses cours, mieux vaut payer. Mais avec quel argent ?

Pour compléter leurs salaires miséreux et irrégulièrement versés, les enseignants des institutions d’enseignement supérieur ont trouvé dans les syllabus une solution miracle. Le principe est simple : le savoir ne se transmet pas mais se monnaie. Les enseignants rédigent et impriment des supports de cours qu’ils revendent ensuite aux étudiants. Le prix d’un syllabus varie entre 10 et 30 dollars américains. Le paiement se fait en nature ou en espèces. Les étudiantes qui ne peuvent pas payer cash ont la possibilité de bénéficier de ce qu’on appelle ici les points sexuellement transmissibles.

Comme le révèle Romain Kalombo, étudiant à la faculté de Droit à l’UNILU : « Pour les professeurs, l’étudiant qui achète son syllabus est sérieux, régulier et a d’office droit à une note positive pour le cours concerné. Les insolvables se voient tout simplement coller une mauvaise note et n’ont pas le droit de réclamer quoi que ce soit. »

« Nulle part dans le vade-mecum du gestionnaire des institutions d’enseignement supérieur et universitaire n’est mentionnée la vente des syllabus », dénonce pour sa part Mr Nyembo Aozi Phocas, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Lubumbashi. Malgré les langues qui sont de plus en plus nombreuses à se délier pour dénoncer cette pratique, le commerce du savoir poursuit son bonhomme de chemin et les étudiants savent désormais que travailler assidument ne suffit plus. Pire encore, il vaut mieux payer que réviser ses cours.

La plupart des enseignants qui ont instauré la vente des syllabus n’ont jamais été obligé d’en acheter eux-mêmes pendant leurs études. On les entend souvent vanter leurs nombreux voyages et des diplômes qu’ils ramènent des grandes universités de par le monde mais il est tout de même surprenant de voir qu’ils n’ont pas honte de ne pas pouvoir léguer ce savoir à leur progéniture.

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