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Après l’incendie de Boyoma II, étudiants et autorités académiques se rejettent la responsabilité

Publié le 23 nov 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un incendie dans une résidence universitaire de Kisangani

Un incendie s’est déclaré lundi 16 novembre, au deuxième niveau de l’immeuble dénommé « Boyoma II », une des résidences des étudiants à l’Université de Kisangani. Les installations électriques anarchiques seraient à la base de cet incendie qui, heureusement, n’a pas causé de pertes en vie humaine.

L’heure est à présent à l’évaluation des dégâts et à l’établissement des responsabilités. Trois chambres du deuxième niveau de Boyoma II ont été sérieusement touchées. « Nous avons presque tout perdu : lit, matelas, appareils électroménagers, vêtements et surtout les notes de cours », se plaint Pitchou Likonga, une des victimes de l’incendie.

Pour les autorités académiques, les étudiants sont eux-mêmes responsables de ce qui leur arrive. « Comment comprendre que, dans une chambre, l’on retrouve jusqu’à cinq ou six étudiants qui y créent des appartements de fortune, séparés les uns des autres par des rideaux ? Cet incendie est bien la conséquence directe du phénomène maquisard (le fait pour un étudiant de sous-louer sa chambre ou carrément d’y loger d’autres camarades étudiants) que nous ne cessons de décrier », estime un agent du service de l’intendance de l’Université de Kisangani.

Faux, rétorquent les pensionnaires de Boyoma II. « Le fait de sous-louer ou de partager nos chambres avec des cadets ne peut pas être justifié cet incendie dont la responsabilité première incombe aux autorités académiques qui n’ont aucune politique de logement des étudiants. Faute de cette politique, nous faisons ce que nous pouvons. »

Un véhicule anti-incendie de la MONUC intervenant dans une résidence universitaire de Kisangani

Le jour des faits, les étudiants ont essayé de se battre contre les flammes avec des sceaux d’eau (comme la photo l’indique), mais il a fallu pour une énième fois que les services anti-incendie de la MONUC interviennent. Encore une fois, cette Mission des Nations Unies à l’efficacité mitigée fait office de service public face à l’inexistence d’un service anti-incendie dans la troisième ville de la république démocratique du Congo.

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Une bijouterie made in Boyoma

Publié le 18 nov 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un bijoutier de Kisangani à l'oeuvre

J’ai récemment fait une rencontre surprenante, alors que je cherchais une solution miracle pour la chaînette brisée de ma fiancée. Je me suis rendu chez celui que les Boyomais appellent « Maître ».

Les outils de travail de ce bijoutier made in Kisangani  sont rudimentaires. Du bois de chauffage, des allumettes, une lampe à pétrole et quelques pinceaux suffisent. « Tout ce que vous voyez me sert à transformer l’or et l’argent. Par exemple, pour votre cas, je vais mettre un peu de pétrole sur cette lampe, puis je vais faire fondre un peu d’étain et enfin coller la chaînette…» Aussitôt dit, aussitôt fait. Le boulot fini, nous avons payé 1500 francs congolais (environs 2 dollars américains).

Avant de se dire au revoir, le « Maître » a tenu à préciser que c’est par faute de matériel qu’il ne fabrique pas des bijoux et qu’il se contente de les réparer. « Il m’arrive d’en fabriquer de temps en temps avec des moyens du bord », m’a-t-il rassuré.

Une bijouterie made in Boyoma

Avec près de 10 000 francs par jour, ce congolais fait partie de ceux qui ne sont pas riches et pas pauvres non plus. Il connaît un métier qu’il pratique pour gagner sa vie. Ce Boyomais n’est pas spécialement différent des autres mais il respecté des siens pour son travail. Il n’attend pas de recevoir de l’’aide et encore moins que le Congo devienne un paradis pour travailler.

Dans un Congo en paix  et géré correctement, des artisans comme celui-ci peuvent être le moteur du développement. Mais dommage, il faut toujours qu’un pseudo défenseur des intérêts de la population, prêt à troquer quelques tonnes de minerais avec des armes vienne apporter la mort et la désolation. Pas besoin de faire un dessin des conséquences : le fabricant et vendeur d’armes débarque en pompier avec médicaments et aide humanitaire et fait tourner la machine à fabriquer des dépendants aux mains tendues.

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Un des deux Norvégiens condamnés à mort déclaré fou !

Publié le 9 nov 2009 dans Kisangani par Boyomais

Salle comble pour le procès des deux norvégiens accusés de meurtre à Kisangani

Le feuilleton du procès des Norvégiens à Kisangani se poursuit en appel. Lors de l’épisode du début de la semaine passée, la cour militaire a lu un rapport établi par le centre neuropsychiatrique de Kinshasa, lequel atteste que Joshua French, l’un des Norvégiens condamnés à mort au premier degré, manifesterait des signes cliniques de la démence et qu’il faudrait qu’il soit mis à la disposition des experts médicaux pour des examens approfondis.

Alors que Joshua French est actuellement transféré et interné aux cliniques universitaires de Kisangani où des examens médicaux devront être effectués sur son état mental, des avis des Boyomais sont très partagés sur cette nouvelle.

Pour les uns, il s’agit là du début des manœuvres tendant à soustraire lentement mais sûrement les deux Norvégiens de la justice congolaise. « Comment un homme peut-il passer de son état normal à la folie juste lorsque le tribunal est en train de réexaminer son cas ? Ce ne sont que des manœuvres, car la suite est connue : il n’y aura pas de spécialistes au Congo pour son cas et on va le transférer dans des centres spécialisés de l’étranger. Voilà la vérité », s’indigne Monsieur Joseph Bokita qui suit de près le déroulement de cette affaire.

Pour les autres, par contre, c’est plutôt le sang d’un mutoka Maniema, entendez un fils de Manièma, qui réclame vengeance. En effet, Kasongo Abeti, le chauffeur assassiné, est un ressortissant de la province du Maniema, province congolaise réputée pour son mysticisme. « La famille de Kasongo Abeti a probablement invoqué les ancêtres de Kindu pour qu’ils frappent les responsables de la disparition de leur fils », avance Mzee Shabani Wa Shabani, un vieux originaire de la Province de Maniema.

En attendant, l’audience est suspendue. Et, dans les rues de Kisangani, le débat entre la thèse de la superstition et celle de la tentative de soustraction des Norvégiens de la justice congolaise se poursuit, sans aucune considération de l’hypothèse de la démence avérée de Joshua French. Rendez-vous au prochain épisode !

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Les deux Norvégiens condamnés à mort vont en appel

Publié le 21 oct 2009 dans Kisangani par Boyomais

Deux norvégiens comparaissant devant la cour militaire à Kisangani

Ils étaient condamnés à la peine capitale, le mardi 8 septembre 2009, par le tribunal militaire de garnison de Kisangani.  Ils devaient également payer des dommages et intérêts de près de 300 000 dollars américains aux parties civiles (veuve, enfants, frères et sœurs de la victime ainsi que l’association des chauffeurs du Congo) et 60 000 000 dollars américains, à payer avec la Norvège, à l’Etat congolais en raison d’un dollar par citoyen congolais.

Tsjostolv Moland et Joshua French, les deux norvégiens reconnus coupables d’assassinat, tentative d’assassinat, espionnage, association des malfaiteurs et détention illégale d’armes, ont interjeté appel à la cour militaire de justice de Kisangani.

« Nous ne comprenons pas comment ces gens qui ont tué notre frère aient le culot de demander à la cour militaire de rejuger cette affaire. Ils ont eu ce qu’ils ont mérité », se plaignait un des proches de la victime.

Plus loin, c’est l’avocat de deux Norvégiens qui est pris en parti par le public. Chaque fois qu’il prend la parole, le public boude et chahute… « Comment un fils du pays peut prendre la défense de gens qui ont tué un compatriote », s’écrient-ils.

C’est dans ce climat d’hostilité que s’est ouvert le procès en appel de sujets norvégiens. La défense a donc le pain sur la planche pour fournir la Cour des arguments solides pouvant annuler le premier jugement. Affaire à suivre.

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La mairie déploie ses troupes pour le curage des caniveaux

Publié le 19 oct 2009 dans Kisangani par Boyomais

La mairie déploie ses troupes pour le curage des caniveaux

Je parlais il y a une semaine des conséquences du retour de la pluie dans la ville de Kisangani. Pour répondre aux inondations de certaines rues, l’autorité urbaine de la ville de Kisangani vient de dépêcher sur terrain une équipe d’assainissement chargée de faire le curage du collecteur Djubu Djubu I, pour permettre aux caniveaux de bien conduire, l’eau jusqu’à la rivière Tshopo.

Les Boyomais dont les habitations sont voisines de ruisseaux ne cachent pas leur satisfaction. « Des travaux de ce genre ne sont qu’à encourager dans la mesure où ils viennent répondre à un besoin social. Mais le mieux serait que cela tienne dans la durée », souhaite madame Sumba Marie sortie de chez elle pour venir suivre, de près, le déroulement des travaux.

Gouverner c’est aussi prévenir. Même si je ne peux que saluer cette réalisation, je pense, néanmoins, que les autorités locales doivent dans l’avenir anticiper sur les événements, plutôt que d’attendre les catastrophes pour en réparer les conséquences.

La mairie déploie ses troupes pour le curage des caniveaux

La mairie déploie ses troupes pour le curage des caniveaux

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Retour de la saison des pluies : les rues de Kisangani inondées

Publié le 16 oct 2009 dans Kisangani par Boyomais

Retour de la saison des pluies : les rues de Kisangani inondées

Septembre est réputé être le mois de grandes pluies à Kisangani. Le 9ème mois de l’an 2009 n’a pas échappé à cette règle au grand damne, malheureusement, de certaines habitations de la ville de Kisangani, à l’image de celles de 6ème avenue dans la Commune de la Tshopo.

Comme toujours, les fortes pluies de septembre s’accompagnent de malheurs sur les Boyomais. « J’ai perdu mon oncle au début de ce mois de septembre. Il a été électrocuté alors qu’il regagnait sa résidence après une pluie diluvienne. En fait, il a marché sur des fils électriques qui se retrouvaient à même le sol sur son chemin de retour », raconte Motcha, ce jeune homme de 15 ans qui gardera sans doute longtemps ce drame dans sa mémoire.

« Ici, nous ne savons pas bouger le matin lorsqu’il pleut la nuit. Des papas ne savent aller au travail, pas de marché pour les mamans, pas d’école pour les enfants. Nous sommes carrément bloqués dans nos maisons. Il faudrait, dans ces conditions, avoir une pirogue pour sortir de chez soi », s’exclame un père de famille sur la 6ème avenue Tshopo dans la Commune de la Tshopo.

Pour les observateurs avisés, trop souvent, les Boyomais eux-mêmes sont responsables de cette situation. « Les ruisseaux sont transformés en poubelles, comment voulez-vous que les eaux de la pluie puissent ne pas nous inonder », reconnaît une dame visiblement consciente de la part de responsabilité de chacun.

S’il appartient aux Boyomais de changer leurs mentalités et éviter de jeter leurs immondices n’importe où, je me dis qu’il est de la responsabilité des responsables locaux de leur indiquer un endroit approprié et même d’organiser une collecte et un traitement des déchets. Un souhait, un vœux pieux qui tarde à se concrétiser dans la capitale et dans les autres villes congolaises. Kisangani peut-il ouvrir le bal ?

Retour de la saison des pluies : les rues de Kisangani inondées

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Gagner sa vie avec un chariot, un défi relevé par Bonanga Florent

Publié le 8 oct 2009 dans Kisangani par Boyomais

Gagner sa vie avec un chariot, un défi revlevé par Bonanga Florent

Charretier, c’est le métier de Bonanga Florent depuis l’âge de 16 ans. Il en a 34 à ce jour. Petit calcul fait, il a 18 ans dans le métier. Même dans une ville où les taxis-vélo s’imposent encore et malgré la résurrection des taxis-bus, Bonanga Florent ne s’avoue pas vaincu.

« Chaque moyen de transport garde sa spécificité et son utilité. Le toleka est là pour ceux qui veulent être amené jusqu’à la porte de leur résidence, ce que les taximen ordinaires ne font pas souvent et nous, les charretiers, nous sommes là pour transporter des marchandises qui, souvent, ne peuvent pas être bien transportés dans les autres moyens de transport », m’explique-t-il.

Avec son expérience, rien ne peut l’arrêter. Même dans le boulevard où il y a grand trafic routier, il passe sans complexe avec ses cargaisons empilées dans son chariot. « Il suffit d’avoir le tact et surtout un esprit éveillé pour faire ce métier dans la ville comme Kisangani. Sinon, on ne s’en sortira pas » révèle-t-il.

Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens, dit-on. Je l’admets mais je pense aussi qu’après 18 ans dans un métier si dur, Bonanga Florent, avec un peu d’esprit d’épargne, aurait été à mesure de quitter le statut de charretier pour, ne serait-ce que, celui de taximan moto, ou même entreprendre une autre activité lucrative. « Chacun a sa destinée. Moi, je suis fais pour être charretier et je gagne ma vie à la sueur de mon front grâce à ce métier. Je n’envie pas les autres transporteurs », me rétorque-t-il.

Je ne peux qu’ôter mon chapeau devant la témérité et la perspicacité des congolais comme Bonanga Florent, qui, loin d’attendre que « Mboka ebonga », se battent au quotidien pour gagner honnêtement leur pain.

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Kisangani : mendicité, pauvreté et précarité, quotidien d’une femme handicapée…

Publié le 29 sept 2009 dans Kisangani par Boyomais

Avec sa famille, Maman Mariam, handicapée vivant à Kisangani

Maman Mariam Mapoyi habite dans la commune de Lubunga, sur la rive gauche du fleuve Congo à Kisangani. La quarantaine révolue, handicapée depuis son enfance, elle a trois enfants à sa charge. Elle a perdu son mari en 1996, alors que l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo ) de Laurent-Désiré Kabila menait une guerre pour renverser le régime Mobutu.

« Je fais tout ce que je peux …»

Abandonnée à elle-même, sans soutien familial, encore moins celui de l’Etat, Maman Mariam Mapoyi est confrontée aux diverses difficultés au jour le jour : la faim, l’absence du travail, l’éducation des enfants, …

« Je fais tout ce que je peux pour assurer le minimum pour mes enfants mais ce n’est pas évident, me dit-t-elle. Je me lève tous les matins vers 6 heures et je prends la pirogue pour traverser de ce côté (rive droite du fleuve) pour mendier auprès de commerçants, hommes d’affaires ou autres autorités politiques. Mes enfants m’accompagnent parce qu’ils doivent pousser mon vélo et manger avec moi ce qu’on me donne. »

Peu importe la pluie ou le soleil, chaque jour, cette femme déambule sur les rues de la ville. Aidée par ses trois enfants, tous mal vêtus, elle se pointe devant les bureaux administratifs, les comptoirs d’achat d’or ou de diamant et devant les boutiques des commerçants pour mendier. Question de trouver de quoi relier les deux bouts d’une journée !

Au Congo, tout enfant n’a pas droit à l’éducation

Ce que cette dame ne dit pas, c’est qu’aucun de ses trois enfants ne va à l’école. Ils ne savent ni lire ni écrire. Elle a bien conscience du fait qu’un avenir sombre les attend mais elle sait aussi qu’elle n’a aucune marge de manœuvre dans ce pays où les parents doivent payer les études de leurs enfants, l’Etat ayant démissionné de cette charge depuis des décennies.

Et pourtant, les textes de la Constitution de notre chère république stipulent que l’école primaire est gratuite et obligatoire. Cette gratuité de l’enseignement primaire reste malheureusement dans les écrits. En pratique, seuls les enfants dont les parents dispose de quelques ressources financières vont à l’école. L’accès aux cours est conditionné par le versement mensuel par les parents d’élèves d’une prime allouée aux enseignants. Conséquence : les enfants de parents pauvres n’ont pas droit à l’éducation.

Espoir d’une vie dans la dignité

Loin de baisser les bras, Maman Mariam essaie de se sortir d’affaire comme les Congolais savent si bien le faire. Admise, à titre gratuit, dans un centre de rééducation et d’auto-prise en charge des invalides à Kisangani, elle apprend la couture et espère : « Après ma formation, si je parviens à me procurer une bonne machine à coudre, je serais autonome. Je pourrais alors élever mes enfants dans la dignité et leur payer l’école. En attendant, je continue avec la mendicité. »

Si déjà la vie au Congo est dure pour les personnes valides, pas besoin de s’interroger longtemps sur le sort de ceux qui vivent avec un handicap. Et bien sûr, on ne peut, malheureusement, rien demander à l’Etat congolais, un Etat dépourvu de toute politique sociale en faveur de ses habitants.

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Deux Norvégiens accusés d’assassinat refusent de parler devant le tribunal !

Publié le 26 août 2009 dans Kisangani par Boyomais

Deux norvégiens accusés de meurtre à Kisangani

Joshua French et Tjsostov Mhulandhi, deux sujets norvégiens, sont accusés d’avoir tué Monsieur Kasongo Abeti, un chauffeur congolais qui les avait transportés le 5 mai dernier, à bord de son véhicule 4 x 4 en partance pour Nyanya.

A en croire le réquisitoire du ministère public, les deux Norvégiens ont intimé ordre au chauffeur de s’arrêter lorsqu’ils sont arrivés au Pk 109, puis, sans motif connu à ce jour, l’un parmi les deux a tiré sur l’infortuné. Pris de panique, le chauffeur assistant qui accompagnait le chauffeur Kasongo réussit à s’enfuir. Joshua et Tjsoltov disparaîtront par la suite dans la nature, avec le véhicule !

L’armée et la police se sont mises à leur recherche. Et les deux suspects seront arrêtés. D’abord, le 9 mai 2009, Joshua est surpris dans la réserve naturelle d’Epulu, lieu abritant les okapis, à plus au moins 200 km de Kisangani ; ensuite, deux jours après, Tjsostov est lui aussi arrêté à Mambasa, cette fois-ci, dans le district de l’Ituri à presque 500 km de Kisangani. Depuis, ils ont été acheminés à Kisangani où ils ont été entendus par un instructeur de l’auditorat militaire et sont détenus à la Prison centrale.

Le vendredi 14 août 2009, vers 9 heures, les deux prévenus ont été conduits, à pied, sous les injures et les menaces de la foule très en colère, à la salle d’AFRACO (alliance franco-congolaise) désignée pour abriter les audiences de ce procès. « Faut-il vraiment un procès pour cette affaire ? Ils ont tué un de nôtres, ils devraient tout simplement être eux aussi mis à mort », s’exclamait alors une dame dans la foule.

A la troisième audience du procès tenue samedi dernier, les deux accusés, assistés de leurs avocats, se sont abstenus de répondre aux questions du tribunal, prétextant que le procès était politisé. Aux yeux de plusieurs observateurs, cette position des accusés n’est pas de nature à faciliter le bon déroulement du procès ni à permettre l’éclatement de la vérité. Pour une énième fois, l’audience a été remise à une date ultérieure.

« Nous espérons que la vérité éclatera et que nos juges rendront justice, malgré toutes ces manœuvres pour distraire le tribunal », soutient un membre de l’association des chauffeurs du Congo (ACCO/Kisangani) constituée partie civile aux côtés de Bibiche, la femme du défunt. La prochaine audience permettra peut-être d’établir les faits et de dire le droit, à condition que les deux accusés acceptent de parler.

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Débrouillard ou l’art de transformer le futile en richesse

Publié le 13 août 2009 dans Kisangani par Boyomais

Les oeuvres d'un artiste aux chutes de Wagenya, à Kisangani

Les Wagenia sont réputés pour être de grands et excellents pêcheurs. Ils vivent, pour la plupart, de la pêche sur les rapides des célèbres chutes Wagenia sur le fleuve Congo. Je me suis rendu il y a quelques jours près de ces chutes et j’y ai rencontré Monsieur Oscar Lowao, qui, bien que faisant partie de la tribu Genia, ne vit pas des poissons qui sortent du fleuve mais de ceux qu’il fabrique lui-même.

Installé à l’entrée du site des chutes Wagenia, Monsieur Oscar fabrique des objets d’art se rapportant à la vie des pêcheurs Genia. Une sorte de chronique illustrée du quotidien de ces pêcheurs qui ne reculent pas devant le danger que peuvent représenter les rapides du fleuve Congo et en sortent leur pitance.

« Je tiens mon art de mon père. De son vivant, il m’envoyait toujours chercher des jolis cailloux au bord du fleuve lorsque lui allait en brousse pour chercher d’autres matériaux de travail tels que le bois, la liane… Ensuite, je restais près de lui pour apprendre le métier. La plupart de mes clients sont principalement des personnes qui visitent les Chutes Wagenia ; des étrangers surtout qui veulent garder un souvenir de leur passage en ce lieu », me confie-t-il.

Oscar n’a pas eu besoin d’aller chercher des pierres précieuses sous terre. Il transforme en richesse du matériau à sa portée et très facile à trouver (cailloux, bouts de bois et lianes). Cet artiste débrouillard parvient ainsi à gagner son pain et à subvenir aux besoins de sa famille sans rien demander à qui que ce soir. Comme il le dit lui-même : « Si l’Etat ne vous donne pas d’emploi, créez en vous-même ! »

Un artiste au chutes de Wagenya à Kisangani

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