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Kinshasa : Des gris-gris dans les poches, comme dans les champs

Publié le 6 jan 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Des fétiches dans un champ de maïs à Kinshasa

A proximité du tunnel que j’emprunte tous les jours pour me rendre à l’arrêt de bus, il y a quelques plants de maïs. Je n’avais jamais vraiment fait attention à ce petit champ, jusqu’au jour où j’ai remarqué de petits paquets de tissus rouges attachés à certaines plantes. me renseignant sur leur utilité, j’ai appris qu’il s’agissait de gris-gris destinés à décourager d’éventuels voleurs. Cette drôle de découverte me pousse à me poser une question : les oiseaux auraient-ils peur de ces fétiches au point d’éviter de picorer les grains de mais ?

Fiction ou réalité, je me rends compte que le Congolais, qu’il soit de Kinshasa ou de l’intérieur du pays, reste attaché à des croyances ancestrales même quand elles ne sont pas rationelles. Il y a quelques jours, alors que j’étais à bord d’un taxi collectif (qu’on partage à 4 et parfois à 5, sans compter le chauffeur),  j’ai participé à une discussion fort intéréssante. Les autres passagers qui voyageaient avec moi discutaient à propos de la dextérité des pickpockets de Kinshasa. Le premier qui se disait chef coutumier pretendait que nul ne pouvait lui dérober son bien et rester impuni. Et le deuxième d’évoquer la vie du village : « les habitants de mon village ne fermaient pas leurs portes, même lorsqu’ils allaient aux champs, parce que justement personne n’oserait voler, de peur d’en devenir fou, ou pire, d’en mourir », affirmait-il.

Au marché, les commerçantes truffent leurs produits de piments rouges, censés les protéger contre les personnes mal intentionnées. Je m’interroge aujourd’hui sur l’impact de ces croyances dans l’épanouissement du Congolais. Et parfois, dans une vision peut-être un peu exagérée, ces croyances m’apparaissent comme des racines qui nous empêchent d’avoir des ailes.

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Kinshasa : Un match de foot pour aider les victimes de la guerre à l’Est de la RDC

Publié le 26 déc 2008 dans Kinshasa par Joy, Leki ya Bukavu

Le stade des martyrs de la pentecôte à Kinshasa

Cinquième journée à Kinshasa. En suivant la radio nationale Congolaise (RTNC) ce matin, je sursaute lorsque j’entends le journaliste annoncer à la fin de son journal que la Fondation Shabani Nonda en collaboration avec l’association des footballeurs congolais organisent un match de gala ce samedi 27 décembre 2008, au stade des martyrs de la pentecôte à Kinshasa. Ce match opposera l’équipe nationale locale et les joueurs congolais évoluant à l’étranger.

« Ce match est placé sous le signe de la paix et de l’unité nationale. Les recettes obtenues au cours de cette rencontre serviront à l’achat de vivres et non vivres à envoyer aux déplacés et autres victimes de la guerre au Nord et au Sud Kivu », disait le journaliste.

Je trouve que cette initiative est louable mais je me demande combien de temps nous, habitants des Kivu allons nous contenter de dons. Ce que nous voulons vraiment c’est la paix. Cultiver nos terres, vendre nos produits et arriver ainsi à subvenir aux besoins de nos familles.

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Kinshasa : Un Noël morose

Publié le 26 déc 2008 dans Kinshasa par

Père Noël sous les tropiques

Pour la première fois, j’ai vécu un Noël tranquille à Kinshasa. Pas de guirlandes dans les rues, aucune décoration, pas de musique, bref rien. Les habitants de ma ville natale semblent fatigués et rompent avec l’habitude de se dépasser pour célébrer avec faste la nativité. Dans mon quartier, la SNEL a eu la magnifique idée de nous priver d’électricité. Décidés à faire la fête malgré tout chez moi, nous avons donc renoué avec notre bonne vielle méthode de cuisson des aliments au feu de bois. Pour la musique, mon voisin a utilisé la radio de sa voiture.

Je me souviens des années de mon enfance où les parents étaient obligés d’acheter des vêtements neufs à leurs enfants et de leur offrir des cadeaux pour Noël. En ce qui concerne la bouffe, le 25 décembre, c’était l’occasion de changer les habitudes culinaires et d’offrir des plats spéciaux à la famille. Les choses se passent différemment aujourd’hui. La pauvreté qui touche la majorité des foyers congolais change les habitudes. Ce qui me surprend c’est que les congolais, ne se plaignent toujours pas.

Tendant l’oreille autour de moi, je n’ai entendu que quelques murmures : « c’est la crise, pas d’ambiance festive cette fois-ci mais Dieu aidant, ça ira peut-être mieux l’an prochain… »

Je ne vais pas faire la mauvaise langue pour prédire ce qui va se passer dans une année mais j’espère juste que la date du 25 décembre restera chômée.

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Kinshasa : A la découverte des « Malewa »

Publié le 24 déc 2008 dans Kinshasa par Yves Zihindula

Un plat Kinsois servi dans un restaurant

Il est midi à Kinshasa. Sous une chaleur suffocante, nous allons manger dans un malewa (les Kinois utilisent ce mot pour désigner des petits restaurants de rue), en groupe avec les autres correspondant BA LEKI en formation à Kinshasa. Une découverte pour moi et les autres du groupe qui venons des provinces et qui ne connaissons pas très bien comment les choses se passent dans la capitale. Les Kinois du groupe connaissent et semblent apprécier. Nous nous laissons donc entraîner.

Quelques minutes de marche, et nous nous retrouvons dans l’espace d’une parcelle clôturée par des morceaux de tôles rouillés. Quelques filles font des va-et-vient, se faufilant entre les tables couvertes des tissus sur lesquels est imprimés le logo de l’une des sociétés brassicoles. Elles servent à boire et à manger aux nombreux clients. Je m’arrête devant les mets proposés. Le choix est large et les prix abordables. Je choisis de manger du mpiodi (poisson braisé), du pondu (feuilles de manioc) et du foufou, une pâte à base de farine de maïs et de manioc. Un vrai régal!

Pour un lieu fréquenté par des Kinois, réputés amoureux de la musique, je trouve un peu bizarre qu’il en manque. L’ambiance est tout de même bonne. On discute, on mange, on négocie divers articles proposés par des vendeurs ambulants.

Une chose est sûre, je reviendrai manger dans ce restaurant à l’ambiance particulière.

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Kinshasa : L’UPN rend impraticable l’entrée de l’avenue 24 novembre

Publié le 24 déc 2008 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Une flaque d'eau à proximité de l'université pédagogique nationale

Ce matin, en quittant la maison pour me rendre à l’arrêt de bus, je suis passée par une brèche de la clôture de l’université pédagogique nationale, UPN. Un genre de « tunnel » qui permet d’éviter la rivière formée à l’entrée de l’avenue 24 novembre. Par l’eau de pluie pensez-vous? Si seulement c’était cela! Figurez-vous que la grande Université Pédagogique Nationale vide ses fosses sceptiques dans la rue!

Chaque soir, ils ouvrent les vannes et c’est une véritable cascade d’horreur qui se déverse librement, et généreusement, le long de l’avenue. Et s’il pleut cette nuit là, c’est un bon mélange qui vous attend le matin. Et l’odeur? Ne m’en parlez pas. Depuis que je suis obligée de passer par là, je suis passée maître en exercice de respiration. Si rien n’est fait, je pourrais peut-être prétendre à une compétition de natation. Une nouvelle possibilité de carrière si jamais le journalisme me fatigue. Pourvu que le choléra ne m’emporte pas d’ici là…

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Kinshasa : Quand l’Union Européenne vient nettoyer chez nous

Publié le 24 déc 2008 dans Kinshasa par

Salubrité à Kinshasa : un panneau publicitaire

Kinshasa ne s’est pas arrêtée de tourner en mon absence. De retour après six mois d’absence, pas grand-chose de changé finalement. Je retrouve les embouteillages, les problèmes de transport, les policiers corrompus, les nids-de-poule et toutes ces autres choses qui font de Kinshasa une ville très particulière. Il y a aussi les Kinois qui peinent au quotidien sans se plaindre et nos chers politiciens, à bord de leurs 4×4, toujours si élégants et éloquents mais autant impuissants face à la déliquescence du pays.

Comme pour la réhabilitation de la distribution d’eau de la Regideso il y a quelques mois, je découvre une publicité annonçant un programme de salubrité financé par l’Union Européenne. Me réjouir ? Je ne sais pas trop si je devrais. Je me pose plutôt la question de savoir si les congolais ne sont pas capables de maintenir eux-mêmes propre leur cadre de vie.

Sur le panneau, Djo Bopeto, envoyé spécial de l’Union Européenne chargé de nettoyage des pays incapables d’assurer les conditions minimum de salubrité demande aux Kinois de préserver la salubrité de leurs quartiers. Dommage qu’il n’ait pas de chicote pour sanctionner les réfractaires.

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Kinshasa : Les jeunes congolais s’interrogent : étudier ou prier pour réussir ?

Publié le 23 déc 2008 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Des enfants jouant dans une rue de Kinshasa

Premier jour de formation de BA LEKI. C’est un lundi, j’ai la « lundiose ». Je me réveille un peu plus tard que mes petites nièces qui vivent avec moi chez mes parents. Elles sont dans la chambre voisine et discutent. Je n’ose pas les déranger, leur conversation m’intéresse…

Prescilia qui a 5 ans, est en première primaire, Christelle est en troisième primaire et elle a 7 ans. Elles sont en congés de Noël.

  • Prescilia: Christelle, pourquoi Mira nous demande de bien garder nos objets scolaires, on devra encore aller à l’école?
  • Christelle: bien sûr, nous avons quelques jours de vacances, nous retournerons ensuite à l’école
  • P: ah non, moi je n »irai plus à l’école…
  • C: mais pourquoi ? il faut étudier
  • P: et pourquoi on étudie?
  • C: euh, c’est pour obtenir un diplôme et puis travailler pour avoir beaucoup d’argent.
  • P: alors, tantine Nancy n’a pas étudié?
  • C: elle a étudié! Tu as oublié la fête pour son diplôme? Mémé (grand mère) a dit que tantine Nancy est devenue maître (avocate)
  • P: et pourquoi Mémé nous demande de prier pour que tantine Nancy obtienne un boulot?
  • C: moi je ne sais pas…
  • P: moi je vais directement prier pour avoir un boulot, au lieu d’aller à l’école.

Après avoir entendu cette conversation, j’ai voulu rassurer Prescilia en lui donnant mon exemple. Mais les petites connaissent plusieurs cas de chômeurs diplômés, je peux comprendre qu’elles se posent des questions.

Comme Prescilia, aujourd’hui plusieurs enfants de la RDC s’interrogent sur leur avenir dans ce pays, après les études. Les études ne sont plus une garantie de réussite en RDC. Aujourd’hui, si vous posez la question à un étudiant en médecine sur ses projets, la réponse est dans la plupart des cas : « j’irai travailler en Afrique du sud,  j’irai au Botswana, j’irai en Europe…»
C’est vrai, notre souhait est qu’ils mettent leur savoir-faire à la disposition de notre chère RDC. Mais qu’est ce que la RDC met à leur disposition? Devons nous tous recourir à la fuite des cerveaux ou espérer avoir une «chance» de réussir dans notre pays ?

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Kinshasa : La capitale est donc une poubelle?

Publié le 23 déc 2008 dans Kinshasa par Joy, Leki ya Bukavu

Une grande flaque deau dans une rue de Kinshasa

Voilà quatre jours que je suis à Kinshasa pour participer à la formation dans le cadre du projet « Ba Leki ». Le spectacle qui s’offre à moi est bien différent de ce que j’aurais pu imaginer.

Des magasins et boutiques VIP, des cabines téléphoniques et des jeeps stationnées… mais où?

Des flaques d’eau pleines de moustiques et de déchets en tous genres avec une odeur nauséabonde entourent ces endroits VIP de Kinshasa et ça ne dérange visiblement personne.

Tumba, un jeune homme d’une quinzaine d’années, assis sur un banc devant un tas de sachets et de boîtes de sardines vend des cartes téléphoniques. « Je ne cherche que l’argent, cette odeur ne m’intéresse pas », déclare-t-il.

Les clients sont obligés parfois de marcher, insouciants dans ces ordures pour se procurer des produits qu’ils désirent dans des boutiques et magasins. Le chantier de la salubrité publique n’est pas encore une réalité dans la capitale de la RDC et je crains que cela ne dure encore longtemps.

Madame Suzanne qui vend des beignets à Kingasani, un quartier populaire de Kinshasa, pense pour sa part que les Congolais sont immunisés contre les maladies liées à la saleté. « Nous sommes habituées à notre saleté, on est là depuis des années et on ne tombe jamais malade. Nous résistons pour faire vivre nos familles », affirme-t-elle.

Et dire que bon nombre de jeunes de Bukavu, ma ville, caressent le rêve de gagner la capitale pour découvrir la beauté de la grande ville.

Comme qui dirait : les rêves sont toujours permis mais la réalité déçoit souvent…

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Kinshasa : Chinois, investisseurs ou envahisseurs ?

Publié le 8 déc 2008 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Chinoises vendeuses de beignets à Kinshasa

Incroyable mais vrai. Aujourd’hui à Kinshasa, les chinois exercent des activités même aux coins de nos avenues. Je me réveille un samedi matin. C’est le jour du mariage d’une copine. Comme toute congolaise qui se respecte et aime « la sape », je choisis une belle robe à mettre pour l’occasion.

Malheureusement, je me rends compte que je n’ai pas des boucles d’oreilles assorties à la robe. Pas assez de sous pour me rendre au centre ville et payer « mes bijoux ».

Sans trop peser le sens de ses propos, mon frère me dit : « ne t’inquiète pas, les chinois ne sont pas venus juste pour les grands projets des 5 chantiers. Ils ont ouvert une boutique dans le petit marché du quartier. Tu peux y trouver tes bijoux »

Etonnée, déçue…besoin oblige ! J’arrive au petit marché du quartier. Pas besoin de chercher longtemps, vous connaissez l’engouement des kinoises devant des bijoux fantaisies. Femmes et filles attroupées devant une boutique : « Ets shingon». Comme les autres j’achète ce que je cherchais, jolie et à vil prix, à la coutume des chinois.

La soirée : « Mira, elles sont jolies tes boucles ! ». Je ne me retiens pas. Je parle de ma découverte. C’est en ce moment que je me rends compte que ca n’en était pas une.

« Ça t’étonne ? Ils vendent même des arachides au rond point Ngaba… Les habitants du Quartier 1 à Masina ont empêché à un chinois d’installer une cabine téléphonique… Rien ne les arrête, les chinois ont même des Nganda Masanga ! »

Je vous épargne des autres commentaires de la soirée. Mais, dans l’entre temps, les routes pour lesquelles ils sont arrivés à Kinshasa attendent toujours ! Mais que fait l’autorité urbaine face à ces étrangers qui venus pour investissement, excellent en envahissement ? Et plus encore, la loi congolaise n’interdit-elle pas le petit commerce aux étrangers ?

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