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Quand la police met en danger la population qu’elle est censée protéger

Publié le 28 avr 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Bagarre entre un policier et un conducteur à Kinshasa

Après les bombes, encore une aventure dans le transport en commun, mais cette fois ci, elle se termine mal. Comme vous pouvez le voir sur la photo, un agent de police routière brutalise le conducteur. La scène, anodine aux yeux de la plupart des kinois se déroule au niveau de la station Ma campagne, dans la commune de Ngaliema.

Le feu vert s’allume, toutes les voitures s’arrêtent. Sans raison, 3 policiers se placent devant notre véhicule. L’un d’eux ouvre la portière brutalement et ordonne aux passagers de descendre. Le policier prend place à bord du véhicule. Il sort la phrase fétiche des roulages :
- « donnez moi vos documents… ».
« Je veux bien vous les donner, mais dites moi d’abord pour quelle raison », lui répond le conducteur.

Sans un mot, l’agent cherche à retirer la clé de la voiture. Le chauffeur s’y oppose et met le véhicule en marche. La course se termine dans le petit caniveau qui longe la chaussée. Nous descendons tous du véhicule, sans choc visible en tout cas.

Mais cette discussion dont l’objectif était de soustraire l’argent au chauffeur pouvait bien se terminer en un accident mortel. Tous débrouillards, policiers et conducteurs se livrent au quotidien au jeu du chat et de la souris. Si l’un veut à tout prix ramasser du pognon pour ramener à manger à ses enfants le soir, l’autre ne veut pas facilement lâcher le fruit de son travail.

Les victimes de cet état des choses sont les clients qui sont obligés d’aller se battre à nouveau pour trouver une place à bord d’un autre véhicule. Nos chers gouvernants dans tout ça ? Ils roulent tranquille au volants des grosses cylindrées achetées avec l’argent de l’état. Ne vivant pas eux-mêmes ces difficultés au quotidien, ils ne se sentent sans doute pas directement concernés. Difficile donc d’attendre quelconque intervention de leur part pour faire cesser les pratiques honteuses des agents de police.

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Le rond-point Mandela a déménagé !

Publié le 9 avr 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Le monument de la paix du rond-point mandela à Kinshasa

Le très célèbre rond-point Nelson Mandela, le monument de la paix qui se dressait fièrement au croisement du boulevard du 30 juin et de l’avenue de la libération (ex. 24 novembre) n’est plus. Un grand vide pour les habitués de ce coin de la capitale.

La disparition de ce monument tombe comme une annonce nécrologique. C’est le sentiment d’avoir perdu quelqu’un, pour ne pas dire quelque chose de précieux qui m’a assailli lorsque j’ai vu ce repère de toujours, volatilisé. A sa place, rien. Sinon une route plate et dure. Une vraie piste d’atterrissage. Nostalgie ? Sans doute.

Ce monument n’est pas le premier bien sûr. Celui dédié à la femme, érigé au rond point Socimat a subi le même sort. Les responsables ? Les Chinois bien sûr, metteurs en scène des fameux 5 chantiers.

Mais on ne leur en veut pas tellement. Surtout depuis qu’on a remarqué la qualité du travail abattu jusque là. Le seul hic, c’est plutôt du côté quantité. Leur rythme de travail est jugé trop lent. Quand arriveront-ils dans les quartiers résidentiels, se demande-t-on. Et surtout, personne ne connaît le plan selon lequel ils travaillent. C’est comme ça quand on travaille sous le « haut patronage du chef de l’Etat » en RDC. On n’a de comptes à rendre à personne !

La grande colombe de la paix repose désormais sur l’avenue de la justice, au bord de la route, ailes déployées, transportant la terre dans des lauriers. Est-ce temporaire, définitif ? Voyons voir.

Photo : Dany Masson 

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Kinshasa : Taxi-bus, le transport du pauvre

Publié le 31 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un taxi-bus Kinois vu de l'intérieur

Le taxi bus, «ngombol», comme les appellent les Kinois est le moyen de transport le plus utilisé des Kinois. Le confort et la sécurité ne sont pas des obligations. Souvent, marchandises et passagers sont entassés. Il y a quelques semaines, je suis montée dans un taxi-bus et dès que j’y posais le pied, je regrettais de n’avoir pas attendu un taxi. Il y régnait une odeur de «bitoyo», ce poisson salé dont la province du Katanga a le secret. Sous le banc en bois, sur lequel trois autres personnes étaient déjà installées, des clients avaient coincé des sacs de marchandises. Conséquence, je ne savais pas où placer mes jambes.

Le taxi-bus n’étant pas très grand, il y régnait une promiscuité désagréable. Le propriétaire du véhicule, voulant sans doute transporter le plus de « têtes » possibles, a calé les bancs si près les uns des autres, que le voisin de devant est pratiquement assis sur vos genoux. Encore heureux qu’il n’y ait plus que quatre passagers par bancs au lieu de cinq, comme c’était le cas il n’y a pas si longtemps.

Après avoir parcouru de longues distances à bord de ce genre de véhicules, sur des routes aussi mauvaises que celles de Kinshasa, on a l’impression d’avoir le derrière en béton. Pour prévenir ce malheur, on se sent obligé de gigoter toutes les 5 minutes, prenant la liberté de déranger un peu le voisin. Finalement, n’y tenant plus, je suis descendue avant mon arrêt, préférant changer de véhicule plutôt que de supporter cette situation plus longtemps.

Ainsi va la vie à Kinshasa. Pendant que les gens du pouvoir se baladent en 4×4 climatisés, la population, dans la misère, continue à trimer. Chacun essayant de s’en sortir au mieux. Dans ces conditions, comment condamner celui qui récupère un véhicule de livraison, y place des bancs en bois, puis se lance dans le transport en commun pour avoir de quoi manger tous les jours ?

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Kinshasa : Les bombes roulantes du transport en commun

Publié le 29 mar 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Le réservoir d'une voiture tropicalisée à Kinshasa

N’allez pas croire que j’exagère. Toutes ces voitures tropicalisées servant de taxi et qui sillonnent la capitale congolaise réservent plein de surprises. En plus du fait qu’elles embarquent, telles des sardines dans une boite des passagers, ces derniers voyagent souvent avec des bagages parfois dangereux.

Les modifications personnalisées de ces véhicules en font de vraies bombes roulantes. Comme vous le voyez sur la photo, le réservoir de ce bus que j’ai pris il y a quelques jours se trouve aux pieds des passagers, à l’intérieur. Un petit tuyau bien visible amène le carburant au moteur. Sans être un oiseau de mauvaise augure, il suffisait d’un petit accident pour que ce bidon-réservoir prenne feu et nous les passagers avec évidemment.

Le plus désolant dans l’affaire c’est que les conducteurs de ce genre des véhicules (bombe roulante) passent devant la police de roulage sans être interpellés. Un petit bakchich, 200 ou un 300 francs suffisent pour détourner l’attention des policiers qui ferment les yeux et ignorent le danger. La vie des hommes, policiers et conducteurs de ces cercueils roulants s’en foutent. Remplir leurs poches est leur seul souci.

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Kinshasa : Une ville sans service anti-incendie

Publié le 17 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un véhicule incendié dans une rue de Kinshasa

Il y a quelques jours, en rentrant le soir chez moi après le travail, le véhicule qui me transportait s’est retrouvé coincé dans un embouteillage. Surgissant de nulle part, un homme visiblement paniqué est venu demander un extincteur au conducteur qui me ramenait. Naturellement, ce dernier n’en avait pas.

« Mon Dieu, la Mercedes va brûler », s’écria l’infortuné. C’est à ce moment que j’ai vu une Mercedes blanche en feu devant un marché, à quelques mètres de moi. Il y avait plusieurs personnes autour de la voiture mais personne ne cherchait à faire quoi que ce soit. Plusieurs minutes plus tard, un homme est arrivé avec du sable, à peine une poignée, qu’il a jeté sur le feu, sans succès.

Entre-temps, le conducteur de la voiture dans laquelle je me trouvais a réussi à s’extirper de l’embouteillage et à s’élancer sur la route. Le lendemain, en repassant par la même route, et j’ai aperçu la voiture de la veille, complètement calcinée. Pire, pendant la nuit, les portières et autres pièces avaient disparu. Sans doute une œuvre des récupérateurs de métaux.

Ainsi va la vie à Kinshasa. Les pompiers sont une race à part et le matériel anti-incendie un luxe. Dans une ville dont la population est estimée à 8 millions d’habitants, on compte moins d’une dizaine de véhicules anti-incendie qui n’opèrent que dans le centre-ville, où habitent les nantis. Les citoyens lambda peuvent toujours brûler.

Connaissant bien cette réalité, les Kinois ne se donnent même plus la peine d’appeler les pompiers, beaucoup plus réputés pour leur capacité à arroser les décombres et compter victimes plutôt qu’à éteindre les flammes. En cas d’incendie, la solution est bien connue : sauver l’essentiel et se tirer vite fait.

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Kinshasa : Des immondices pour combler les ravins

Publié le 12 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Décharge publique à l'entrée de l'université pédagogique national

« De deux maux choisir le moindre ». Cette sentence de Socrate trouve tout son sens à Kinshasa. Déjà, mes compatriotes n’éprouvent aucune gêne à créer des décharges publiques à l’entrée de leurs maisons ou avenues. Il semble en effet plus facile pour les Kinois d’enjamber ces immondices plutôt que de réfléchir au moyen de s’en débarrasser.

Aujourd’hui, cette pratique devenue monnaie courante à travers les quartiers de la ville, et même dans les universités, ces milieux dits intellectuels, est défendue et justifiée. L’excuse, c’est qu’il est question de combattre les érosions. C’est ainsi qu’on se retrouve marchant sur des tapis d’immondices dans plusieurs coins de la capitale congolaise.

Un exemple : l’entrée de l’université pédagogique nationale. Pour freiner le début d’un glissement de terrain du à l’eau de pluie, les étudiants ont transformé cet endroit en une énorme poubelle. Et comme les immondices ne se séparent jamais de leurs odeurs, il faut pratiquement retenir sa respiration pour passer par là. Et tous les jours, à toute heure, étudiants et professeurs entrent et sortent de l’université en passant par leur poubelle bien aimée.

C’est quand donc que les étudiants se mettront à appliquer ce qu’ils apprennent en cours ? Au lieu de chercher des solutions efficaces pour chasser un mal, on se contente de déshabiller Paul pour habiller Pierre. Une solution qui se révèlera au bout, n’être qu’un autre problème. Et face à ce genre de situation, l’excuse bien aimée des Kinois reste : « l’état doit trouver une solution ». A en croire qu’ils ne se sont pas encore rendus compte que ceux qui sont censés représenter l’état ne font pas de la salubrité une priorité.

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Kinshasa : Commerce de prières et des bénédictions divines de plus en plus fructueux

Publié le 10 mar 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Un prêcheur dans un bus à Kinshasa

Pas besoin de s’en faire si vous ratez la messe du dimanche. A Kinshasa, l’église et les prêcheurs vous suivent partout. Des églises dites « de réveil » poussent comme des champignons dans la ville de Kinshasa. Comment les repérer ? Au bruit ! Des chants fusent dans tous les sens et le repos des voisins est le dernier des soucis. N’allez pas vous plaindre auprès des « pasteurs », ils vous traiteront de sorcier hostile à la prière et à la « délivrance » des habitants du quartier !

Depuis un certains temps, se développent même des églises ambulantes ! Il n’est donc pas surprenant de tomber sur un prêcheur dans les bus de transport en commun. J’en ai vu un il y a quelques jours. Il nous a obligé à garder silence pour écouter « l’homme de Dieu » selon ses propres termes. L’essentiel de la prédication : donnez pour recevoir les bénédictions divines.

Apres la récitation de plusieurs versets bibliques, le prédicateur a fini par dévoiler sa vraie intention : « donnez de l’argent à l’homme de Dieu et le seigneur vous bénira ». Quelques personnes généreuses one accepté de donner mais je n’ai vu circuler que 3 billets de 50 francs congolais. Ceci malgré les amen et alléluia qui fusaient de partout. Enervé, le prêcheur s’est mis à nous menacer : « ne savez vous pas que Dieu ne bénit que ceux qui donnent ? Je comprends pourquoi tous nos agresseurs dominent sur la RDC et que la guerre ne s’arrête pas…le congolais ne respecte pas les envoyés du seigneur…vos activités ne seront jamais florissantes… »

Ce n’était pas son jour de chance ! La vente de la parole de Dieu est une activité rémunératrice pour bon nombre de Kinois. Et je vous assure que c’est une affaire qui marche. S’il y a de plus en plus de vendeurs, ce ne sont pas les acheteurs qui manquent. Il y a heureusement ou malheureusement bon nombre de congolais prêts à donner aux « hommes de Dieu » pour recevoir en retour du travail, la réussite dans les études ou encore le mariage.

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Kinshasa : Le business des ordures

Publié le 7 mar 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Un ramasseur d'ordures dans une rue de Kinshasa

Kobeta libanga, travailler dur pour gagner son pain, est une réalité, un mode de vie à Kinshasa. Le mot retraite n’existe pas dans le vocabulaire des Kinois. Etre vieux n’exempte pas de l’article 15, bien connu des kinois et qui stipule clairement : débrouillez-vous !
J’ai rencontré dans mon quartier un vieux qui correspondrait bien au vieillard du célèbre poème « le laboureur et ses enfants ». Son métier : récolter des ordures dans chaque parcelle en échange de quelques billets de banque.

« C’est depuis 1961 que je suis dans ce métier. A cette époque, je travaillais pour une société belge, mais le soir, je faisais du ramassage d’ordures pour arrondir les fins de mois», raconte le grand-père.

Le business du vieux débrouillard est bien organisé. Il s’est arrangé avec ses clients et fixé les jours de son passage. Le jour de la récolte, pas besoin de parlementer, tout le monde sait bien comment ça fonctionne.

Une fois son chariot plein et son argent dans les poches, il se débrouille pour aller déverser son contenu dans une des décharges publiques à ciel ouvert et en pleine agglomération dont regorge la ville de Kinshasa. « J’ai touché 3000 francs congolais [environ 5 dollars américains] pour ce chariot plein d’ordures », me lance-t-il lorsque je lui pose la question de savoir si son affaire était rentable. Ce n’est pas une fortune mais la somme ainsi récoltée lui permet de subvenir aux besoins des siens.

Quant aux risques relatifs aux maladies, ils n’ont pas l’air de décourager papy. C’est dans ces moments que ressort la fameuse phrase « moto moyindo akufaka na microbes te ! » traduisez : « l’homme noir est invulnérable aux microbes ! »

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Kinshasa : Une vie de fou, oubliés par l’Etat!

Publié le 4 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un fou couché dans une fosse à Kinshasa

Pas loin de chez moi il y a quelques jours, j’ai vu un jeune homme lorgner, l’air inquiet, dans un grand trou au bord du chemin, avant de poursuivre sa route. Curieuse, je me suis approchée pour voir ce qui pouvait bien se passer. Quelle ne fut ma surprise de voir un fou, endormi paisiblement au fond de la fosse d’une profondeur de près de 3 mètres, creusé par les jeunes du quartier pour retenir les eaux de pluie responsables des érosions.

N’eut été le fait qu’il ait bougé précisément au moment où j’arrivais, je l’aurais cru mort. Cette scène ne devrait normalement pas me surprendre. A Kinshasa, les fous ont la liberté de trainer où ils veulent. Comme l’Etat les ignore délibérément, chacun essaie de s’en sortir comme il peut. Certains s’installent aux abords des décharges publiques, qu’ils considèrent comme leur garde-manger, d’autres encore en plein centre-ville, sous l’œil indifférent des administratifs.

Au meilleur des cas, ces malades mentaux amusent les passants par leurs drôleries, au pire, ils les agressent, constituant ainsi un danger public permanent. Dans certains quartiers, on évite d’emprunter certaines artères de peur de tomber sur le fou du coin. Et il n’est pas rare de retrouver le corps d’un fou, mort pendant la nuit, et on ne saura jamais de quoi.

En santé publique, comme dans beaucoup d’autres domaines, l’Etat congolais est démissionnaire. Il n’y a qu’à visiter le CNPP, Centre neuropsychopathologie du Mont-Amba, autrefois réputé pour ses éminents médecins et son matériel de pointe, pour se rendre compte que réellement, en matière de santé publique, la RDC n’est pas encore sortie de l’auberge. Et ce n’est pas pour demain la veille !

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Kinshasa : Petits boulots et débrouille au quotidien pour survivre

Publié le 27 fév 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Un cireur de chaussures dans une rue de Kinshasa

Une phrase assez pessimiste revient souvent à Kinshasa : « Congo ekobonga te » traduisez : « Le Congo ne sortira jamais de ce trou dans lequel il se trouve ». J’avoue que ce pessimisme je l’ai parfois. Il m’arrive de perdre espoir quant à une issue de sortie de crise pour mon pays. Une lueur d’espoir revient tout de même lorsque je vois tous ces congolais débrouillards, las de se plaindre, mais qui travaillent dur pour gagner leur pain quotidien.

Pas loin de chez moi, à la place Kintambo Magasin, je croise souvent ceux que les Kinois appellent « cireurs » ou abusivement « cirageurs ». Ils sont jeunes, souvent très peu ou pas du tout instruits. Tous les jours, ils sillonnent les artères de la ville, les yeux sur les chaussures des passants et leur proposent de les nettoyer. Une boite de cirage, une brosse à chaussures et une petite boite en bois suffisent pour se lancer dans ce business.

Je me suis rapproché de l’un de ces jeunes. Âgé de 15 ans, il exerce ce métier depuis 2007. «J’exige entre 100 et 200 francs congolais par prestation et je réunis environ 2000 francs congolais (environ 3 dollars américains) tous les jours. Ce n’est pas beaucoup mais ça me permet de me payer à manger et de me vêtir», m’a-t-il confié. «Je n’attends rien des politiciens qui ont toujours de bons discours. Je n’ai pas l’intention d’attendre que les 5 chantiers débutent effectivement pour manger. Mon travail me permet d’être indépendant et de ne pas plonger dans le vol ou la mendicité comme le font d’autres jeunes de mon âge», ajoute le jeune homme.

Les difficultés ne manquent pas au quotidien. Les clients insolvables ou encore les rencontres indésirables sont les principaux ennemis.

Si la témérité de ce jeune congolais est louable, la question du long se pose. Quel sera l’avenir du Congo avec de plus en plus de jeunes obligés de se débrouiller et de recourir aux petites tâches pour survivre ?

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