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Pendant que la SNEL coule, les kinois inventent !

Publié le 25 juil 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Un brasero made in Kinshasa

Action rapide, c’est comme cela que vendeurs et consommateurs nomment ce brasero qui connaît un succès fulgurant dans les ménages. Les coupures intempestives d’électricité, conséquence d’une descente aux enfers de la société nationale d’électricité poussent les kinois à trouver des moyens alternatifs pour s’éclairer ou tout simplement pour cuire leur pitance au quotidien. Les inventeurs de la capitale congolaise ont trouvé la solution, peu coûteuse mais très efficace.

Le matériel est rudimentaire :

  • Un brasero fait maison
  • 4 piles
  • Une poignée de charbon de bois
  • Une tige d’allumette, et le tour est joué !

Cette invention fait l’affaire de tout le monde, les vendeurs de charbon de bois en premier. Ces derniers qui voient leurs chiffres d’affaires exploser n’hésitent pas à surenchérir. Les Kinois dont les appareils électroménagers ne servent plus qu’à embellir les maisons sautent sur ce nouveau gadget qui leur facilite la vie.

Qui est l’inventeur de ce jouet ? Difficile de le dire. Presque tous les forgerons de la capitale le fabriquent. Pas écologique comme solution me direz-vous ? Je vous l’accorde mais quel congolais irait se soucier du bien de la nature et du monde pendant que ses propres problèmes de ventre ne sont pas résolus ? Ne dit-on pas que ventre affamé n’a pas d’oreilles ?

Avec la SNEL qui tend à se privatiser et à vendre l’énergie au prix fort, la population de Kinshasa semble bien déterminée à se tourner vers des moyens alternatifs. Toujours fidèle à l’application du fameux article 15 : débrouillez-vous, elle semble toujours trouver les moyens de contourner les difficultés du quotidien. Jusque-là, cette devise fait ses preuves. La question est de savoir jusqu’à quand ou jusqu’où la débrouille nous mènera.

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Les kinois crient : au secours, ils ont vendu la SNEL!

Publié le 14 juil 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Les kinois crient : au secours, ils ont vendu la SNEL!

La Société Nationale d’Electricité a depuis la fin du mois de juin lancé un nouveau mode de distribution du courant électrique dans la ville de Kinshasa. Les factures seront désormais prépayées.

Justifiant cette nouveauté, l’ADG de la SNEL a déclaré : « Ce sera exactement comme ça se passe avec le crédit des téléphones portables. N’aura le courant que celui qui aura payé sa facture en avance. » Je vous assure, cette déclaration a mis les kinois hors d’eux !

Les fonctionnaires qui ont appris cette décision alors qu’ils étaient en pleine grève ont carrément menacé de saccager les bâtiments de la SNEL si cette opération entrait en application. On peut bien comprendre leur colère lorsqu’on sait que certains d’entre eux n’ont pas vu de salaire depuis des années. Où trouver l’argent pour acheter l’électricité ?

Avec des yeux grandement ouverts, une commerçante s’est carrément écriée : « Ils parlent de nouveau mode de facturation, mais je suis sûr qu’ils veulent vendre la SNEL comme ils ont fait avec les Gécamines contre tous les petits Mining qui pullulent au Katanga… »

Des réactions face à cette annonce, il y en a des tas. En y réfléchissant un peu, il y a plusieurs questions qui restent sans réponses. Dans un quartier où plus de dix ménages ne sont pas en règle de paiement, l’obscurité sera au rendez-vous dans la nuit. Imaginez les tracasseries des hommes armés qui pourront opérer en toute quiétude, profitant de l’obscurité.

Le congolais doit désormais ajouter l’achat prépayé de l’électricité à son panier à problèmes, déjà bien rempli par le non paiement des salaires des fonctionnaires, le transport, l’insécurité… et bien d’autres. Espérons que cette nouvelle aventure dans laquelle se lance la SNEL permettra de stabiliser le réseau, très célèbre par sa vétusté.

En plus, nul n’ignore que la SNEL ne vit pas des factures payées par les « petits abonnés », mais plutôt des gros contrats avec grandes entreprises et pays voisins. L’électricité sera-t-elle prépayée pour ceux-là aussi ?

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Le calvaire des locataires

Publié le 7 juil 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Maison à louer au quartier Kimbangu, à Kinshasa

Ma cousine Gertrude a deux enfants en bas âge. Avec son mari, ils louent un studio au quartier Kimbangu, dans la commune de Kalamu. Pour la rendre plus commode, la pièce de 8 mètres carrés a été divisée en deux à l’aide d’un rideau. Ils paient un bail de 25 dollars par mois et ont du payer 10 mois de garantie locative. Loyer raisonnable, diriez-vous ? Pourtant depuis 3 mois, la propriétaire leur a demandé de libérer sa « maison ». Elle veut en augmenter le prix du loyer. Mais pour ce qui est de rembourser la garantie locative, c’est une autre affaire. Les locataires doivent attendre qu’elle leur trouve un remplaçant, car elle a depuis longtemps dépensé leur garantie locative. Des locataires qui se retrouvent prisonniers, en somme.

Les locataires doivent en plus supporter la mauvaise humeur de la bailleresse et ses caprices. Ma cousine ne doit pas jeter de l’eau dans la cour, ne doit pas puiser trop d’eau au robinet commun. Ses enfants ne doivent pas jouer trop bruyamment. Et pire encore, la bailleresse garde les clés des toilettes sur elle. Des toilettes à la turque que, pour utiliser, il faut avoir l’accord de la proprio. Et encore, il ne faut pas y aller plusieurs fois par jour. On risque de remplir la fosse sceptique !

La vie des locataires à Kinshasa ressemble parfois à un vrai calvaire. Dans le même quartier, une de mes amies habitait une « cour commune », comme on appelle les parcelles de plusieurs studios, mais qui ne disposent que d’une cour unique. Cette parcelle ne disposait pas de toilette. Juste un couloir où on pouvait se laver… et uriner. Pour des besoins plus sérieux, mon amie devait se retenir et se rendre jusque dans la commune de Limete, chez sa grande sœur.

Et l’Etat dans tout ça ? Inexistant ! Espérons qu’avec le rétablissement de l’impôt parcellaire, les services d’hygiènes qui veillaient aux conditions sanitaires des parcelles ressusciteront en même temps…

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Après le 30 juin, plus de téléphone pour les personnes non identifiées

Publié le 25 juin 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Téléphone

« Merci de remplir votre fiche d’identification d’abonnés au shop le plus proche. Tout abonné non enregistré au 30/06/09 pourrait ne plus accéder au service ». La compagnie téléphonique à laquelle je suis abonné durcit le ton. Et cette fois, avec un ultimatum.

Depuis mars 2009, l’identification des abonnés des opérateurs téléphoniques est devenue obligatoire, sur demande du gouvernement. Selon le communiqué annonçant cette décision, la mesure est dictée par « des raisons de sécurité et de maintien de l’ordre public ». Mais de bouche à oreille, on apprenait que des membres du gouvernement (peut-être encore plus haut)  auraient reçu des messages anonymes « indésirables ».

Donc, pour éviter ce genre de désagrément à l’avenir, le gouvernement exige que chaque détenteur de numéro de téléphone soit identifié. Les opérateurs des télécommunications avaient 3 mois, à partir de mars, pour se conformer à cette mesure. Dans le cas contraire, ils verront leur service interrompu.

Chaque jour, des milliers de cartes Sim sont vendues à des inconnus, sans aucune identification préalable. Certaines ne valent pas plus de 200 francs congolais [0,25 USD]. Les puces sont parfois utilisées à usage unique. Les gens changent de numéro de téléphone, ou de réseau, comme ils changent de chemises.

Une identification utile pourrait concerner les téléphones fixes. Malheureusement, ils n’existent plus depuis des années dans mon pays ! Une chose est presque sûre, après l’expiration du délai, les cartes Sim continueront à être vendues sans aucune identification. A moins que cette fois-ci les autorités congolaises rompent avec les vieilles habitudes qui consistent à lancer des mesures qui ne sont jamais appliquées.

Attendons de voir après le 30 juin…

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Emergence d’une nouvelle génération de cinéastes congolais

Publié le 24 juin 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Une jeune cinéaste congolaise dans une rue de Kinshasa

Quand on parle du cinéma congolais, on ne fait souvent mention que des grands noms comme Dieudonné Ngangura Mweze, réalisateur du célèbre film « La vie est belle » qui a connu la participation de l’artiste musicien Papa Wemba. Le cinéma congolais donne depuis peu naissance à une nouvelle génération, peu connue du grand public mais pas moins déterminée.

Diplômée en Art dramatique de l’Ina (institut national des arts), Clarisse MUVUBA MWIMBU a une véritable passion du 7ième art, elle fera son premier contact avec le métier du cinéma, lors d’un master class organisé par le centre Wallonie Bruxelles à Kinshasa, sa formatrice Monique Phoba réalisatrice congolaise de film, l’initie à l’écriture de films documentaires. Après cette formation, Clarisse passe à la pratique avec un sujet choisi qui donnera naissance à un film « Entre la coupe et l’élection » une nostalgie de la saga des léopards du Zaïre et les élections de 2006 en République Démocratique du Congo. Assistante à la réalisation, fil conducteur, voix off, Clarisse donnera à ce film la touche d’une jeune cinéaste.

Décidée à voler de ses propres ailes, en avril 2007 Clarisse passe à la réalisation de son film « les fils de la vie et de la mort ». Elle met alors en scène les coupures intempestives du courant électrique à Kinshasa, une réalité connue de tous. Sur terrain, elle filme les câbles électriques dans les rues et les vielles installations obsolètes de la Société nationale d’électricité (SNEL). Ce film sera sélectionné au Festival Yambi en 2007 à Bruxelles et diffusé par la chaîne de télévision Arte/Belgique.

Connaissant bien l’art de la débrouille, la jeune cinéaste travaille avec les moyens du bord. De la production à la réalisation, elle prend en charge toutes les étapes et ne reçoit aucune aide. Le gouvernement congolais ne consacre aucun budget au 7ième art. « Je réalise mes films pour le marché à l’étranger, le cinéma n’a pas d’intérêt au Congo » regrette-t-elle.

Avec ses débuts prometteurs et cet esprit de débrouillardise, Clarisse fait partie de cette jeunesse congolaise décidée à s’en sortir et à redorer le blason de son pays même si ce dernier ne l’aide pas vraiment.

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Bienvenue sur le boulevard de la mort

Publié le 24 mai 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Boulevard du 30 juin

Dimanche dernier, alors qu’une amie m’avait invité à déjeuner, nous sommes passés par le boulevard du 30 juin pour nous rendre au centre culturel français de Kinshasa. Comme tous les dimanches et les jours fériés, la circulation était fluide. L’occasion pour les conducteurs de se déchaîner sur cette route nouvellement réhabilitée par les chinois dans le cadre des 5 chantiers.

Et oui ! Le boulevard du 30 juin a été débarrassé de ses nombreux nid-de-poule et même du terreplein qui le coupait en deux et qui séparait les deux sens de la circulation. Il est beaucoup plus agréable de rouler sur une vraie route. Par contre, aucune signalisation. Pas de feux, pas de tracés pour guider les piétons, Rien ! On dirait une marre aux crocodiles. Les véhicules roulent à toute vitesse sans se soucier des piétons qui désirent traverser.

Déjà, entre chauffeurs, c’est à celui qui roulera le plus vite. Conséquences logiques, les accidents se multiplient.

Nouveau visage, nouvelle appellation. Le boulevard du 30 juin se fait désormais appeler « boulevard de la mort ».

Un chantier qui devrait sans doute s’ajouter à la liste de ceux dont on parle actuellement : l’éducation des conducteurs Kinois qui pour la plupart ne passent pas par l’autoécole. Et comme chez nous le permis de conduire ne se passe pas mais s’achète, imaginez le nombre d’autodidactes au volant sur les routes de la capitale. En attendant la réalisation de cet autre chantier, le seul recours reste la prudence.

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Conflits fonciers et escroquerie officielle dans la capitale congolaise

Publié le 19 mai 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Mise en garde gravée sur un portail : escrocs, cette parcelle n'est pas à vendre

Il suffit de voir comment le mot escroc (scrocs, escrot…) est écrit sur certains portails de Kinshasa pour mesurer le degré d’exacerbation. L’orthographe est le cadet de leur souci, l’essentiel c’est que le message passe.

Si moi je comprends cette douleur, cette colère et ce désarroi…dans ces messages qui sont sur les portails et murs de plusieurs parcelles de Kinshasa, c’est par ce que les conflits fonciers dans la capitale sont devenus monnaie courante. Sans compter le nombre des procès à ce sujet, je vous raconte ma petite expérience :

Dans mon quartier, deux familles se regardent en chiens de faïence dans une même parcelle. Elles détiennent toutes les deux des titres de propriété en « bonne et due forme ». Une parcelle vendue par la même personne à deux acquéreurs différents. Et il ne se passe pas un mois sans que ces « voisins par contrainte » ne se lancent des pierres.

Une autre histoire c’est celle de mon frère qui a trouvé une fondation élevée dans la parcelle qu’il avait acheté 2 mois auparavant à Kutendele, un quartier de Kinshasa. Surpris, puisque ce n’était pas son ouvrage. Les voisins qui remarquent son regard interrogateur lui confirment que la fondation appartenait à un général et qu’il n’est pas la première victime du chef coutumier. C’est comme ça que ça se passe toujours ici…

Et nul n’ignore que dans les procès sur les conflits fonciers, c’est la raison du plus fort qui est la meilleure. Sachant qu’il ne pouvait récupérer son argent, ni gagner le procès contre un « général », il a été obligé de choisir une autre parcelle dans un coin plus reculé et moins attrayant.

Le plus étonnant c’est que ce sont bien les services officiels qui délivrent les titres de propriété. Les mêmes services et qui lotissent les terrains inhabités. Il faut donc beaucoup de précautions avant d’acheter. Un document des services publics n’est pas gage de sécurité. Il suffit de voir combien d’immeubles l’Etat démolit alors que c’est lui-même qui les a vendu.

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Artistes, mais pas musiciens

Publié le 18 mai 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Un jeune artiste plasticien à l'oeuvre à Kinshasa

A côté des musiciens qui ont une renommée au pays et à l’étranger, la République Démocratique du Congo est également un réservoir de talents avec des artistes qui pratiquent un autre art. Il suffit de faire un tour à l’académie des beaux arts de Kinshasa pour voir exposées les œuvres des nombreux sculpteurs, plasticiens, peintres et autres.

Étudiant en Céramique, Gaylord Lofoli exerçait ce métier avant son entrée à l’université. « J’ai décroché eu mon diplôme d’état en arts plastiques. ce métier me passionne et je n’ai pas eu trop de mal à m’adapter à l’université » me confie le jeune artiste. La motivation pour exercer ce métier lui vient de son père, fonctionnaire au ministère de la culture.

Il utilise l’argile pour donner vie à des masques, pots de fleurs, statues et autres représentations. Pour la fabrication des masques, une maquette est présentée au professeur qui prend soin d’apporter des corrections. Après validation du projet, l’artiste malaxe et donne forme. Après montage de l’œuvre, il la sèche, et pour garder sa solidité l’œuvre passe au four. Chaque fin de semaine il présente le rapport de ses travaux à son formateur.

Le jeune artiste a à son actif une dizaine d’œuvres, essentiellement des masques issus de la grande diversité culturelle congolaise. Après la création, vient l’étape de l’exposition et de la vente. Gaylord touche 30% après la vente des ses ouvrages. Le reste va tout droit dans les caisses de l’institution académique. Parallèlement, l’artiste reçoit des commandes privées de ses clients amoureux de l’art. Quelques uns de ses masques passent aussi par le marché d’art « wenzé ya bikeko ».

Petit poisson deviendra grand. Gaylord Lofoli se voit déjà grand artiste sur les pas de maître Alfred Liyolo, le célèbre sculpteur congolais à qui l’on doit bon nombre d’ouvrages qui embellissent la capitale congolaise.

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Ceintures de sécurité made in Kinshasa

Publié le 9 mai 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Ceinture de sécurité made in Congo

Rubans en caoutchouc, et même morceaux de pagnes… Il ne manque que le ruban de miss… L’essentiel c’est que quelque chose qui ressemble à une ceinture de sécurité traverse votre torse. Depuis un certain temps, les taximen de Kinshasa se voient obligés de recourir à des ceintures de sécurité faits maison pour tromper l’œil des policiers de roulage guettent et interpellent tous ceux qui ne respectent pas la règle.

Que risquent les contrevenants ? Ils s’exposent au paiement d’une amende forfaitaire, un bakchich s’il faut vraiment nommer explicitement la pratique. Pour les conducteurs c’est une question d’économies. La sécurité des passagers, ils s’en foutent éperdument.

Pourquoi n’y-a-t-il pas de ceintures de sécurité dans toutes les voitures me demanderez-vous. L’explication réside dans le fait que la majorité des taxis Kinois sont montés sur place, avec les moyens du bord. Un savant mélange entre des pièces originelles d’occasion et des matériaux de récupération. Ici, il n’est guère surprenant qu’une voiture de marque Mazda roule avec un moteur Renault, des amortisseurs Mercedes et des phares Toyota. L’essentiel c’est que ça roule.

Lorsque ces véhicules tropicalisés tombent en panne [ce qui arrive très souvent], les conducteurs détachent la ceinture originelle [parce que solide] et l’utilisent pour se faire remorquer. Le problème c’est qu’ils ne peuvent plus la remettre en place après usage, ce qui explique le remplacement de fortune effectué.

Il y a quelques jours, j’ai essayé de m’opposer à cette pratique dans un taxi. Le chauffeur et quelques passagers m’ont traité de tous les mots : « Tu es méchante, tu n’as qu’à acheter ta propre voiture, tu te prends pour qui ? Tu veux qu’il perde son argent… » Face à leur hostilité, j’ai opté pour descendre du taxi et en trouver un autre. Toutes ces personnes qui défendaient l’économie du taximan, oubliaient ou n’avaient juste pas conscience du risque auquel ils s’exposaient. Et dire que lorsque les accidents surviennent, ce sont les sorciers et les mauvais esprits qui sont tenus pour responsables.

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5 chantiers : le programme politique des uns fait le malheur des autres

Publié le 29 avr 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Démolition de constructions anarchiques dans un quartier de Kinshasa

Il y a quelques semaines, en face du camp Kokolo, sur le site dénommé Koweit, on pouvait remarquer de belles maisons en construction dont certaines de plusieurs étages. Aujourd’hui, il ne reste que des ruines. Les bulldozers de l’hôtel de ville de Kinshasa sont passés et toutes ces maisons ont été détruites.

C’est plusieurs milliers de dollars qui sont partis en fumée. Pourtant, la majorité des habitants qui occupaient ce site possédaient des titres de propriété en bonne et due forme.

Que s’est-il donc passé ? C’est tout simplement que dans le cadre des 5 chantiers du chef de l’Etat, ce site est réquisitionné pour la construction d’un centre hospitalier. Aux propriétaires lésés, une promesse d’indemnisation qui ne sera pas proportionnelle aux dommages causés. Déjà faudrait-il que cette indemnisation soit effective. Entre-temps, les habitants de ce quartier sont jetés dans la rue,, sans option de rechange.

Pendant que les malheureux propriétaires font le deuil, un business se forme autour des décombres. On peut s’y procurer toutes sortes de matériaux de construction seconde main: briques, barres de fer, caillasse, moellons, et j’en passe. Ils ont été récupérés avant, pendant et même après la destruction des maisons. Hommes, femmes ou enfants, telles des mouches sur de la viande fraîche, se sont jetés sur les ruines pour récupérer ce qui pourrait être réutilisable, et donc vendable. Souci écologique ou de recyclage me direz-vous ? Permettez-moi de vous décevoir en vous disant qu’il ne s’agit que d’un souci de survie.

Comment en vouloir à ces débrouillards quand on sait que l’emploi est denrée rare à Kinshasa ? Puisque les propriétaires de ces maisons n’en profiteront pas, tant mieux si quelques familles dans la misère trouvent du bénéfice dans cette énième démolition.

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