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Système parallèle face à l’irresponsabilité des politiques

Publié le 25 avr 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Transport en commun à Goma

Plus question que les chauffeurs des taxi-bus fixent les prix du transport à Goma. La décision est tombée, il y a quelques jours et elle émane de l’association des chauffeurs du Congo (ACCO) qui dit vouloir remettre de l’ordre dans le secteur du transport en commun.

Sachant que la tâche n’est pas du tout facile, l’ACCECO a mis sur pied un service de contrôle, « les Policiers » comme ils veulent se faire appeler. Ces jeunes gaillards qui ont envahi les principales artères de la ville ont une mission : traquer les conducteurs récalcitrants qui tracassent les passagers en leur exigeant de payer plus que le prix de la course, fixé à 200 francs congolais.

« Nous avons reçus beaucoup de plaintes de la part des passagers. Il fallait mettre de l’ordre dans la boutique. Certains conducteurs ont profité du léger réaménagement du prix des produits pétroliers, survenu il y a quelques mois, au niveau national pour malmener la population.» M’a confié un des responsables de l’ACCECO.

Face à l’inaction des autorités politiques et de la vraie police, des systèmes parallèles voient le jour. A la tête de ces structures informelles qui : la population elle-même qui a bien compris qu’elle ne pouvait rien attendre de ses gouvernant, spécialistes des beaux discours et beaucoup moins efficaces quand il s’agit de répondre aux attentes du peuple.

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Goma : Congolais débrouillards, vendeurs de beignets

Publié le 31 mar 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Vendeur ambulant de beignets dans une rue de Goma

Pas besoin de suivre des cours de marketing dans des grandes écoles, pour se lancer dans la débrouille, activité vitale de la plupart des congolais. L’imagination suffit amplement. Les Gomatraciens l’ont prouvé. Papy, vendeur ambulant de beignets appelés localement «Ndazi», que j’ai croisé dans les rues de la ville, a accepté de me parler de son quotidien.

Ce jeune homme ne connaît pas son âge. Il n’a pas connus ses parents, décédés suite à un accident de circulation, juste quelque mois après sa naissance. « Mon oncle, chez qui j’ai pratiquement grandi ne m’a jamais dit quand est-ce que je suis né » me raconte-t-il. Tous les matins il récupère sa marchandise chez «sa boss», une dame qu’il qualifie d’exceptionnelle parce qu’elle lui verse régulièrement un salaire.

Depuis un bon moment à Goma, il s’est développé une méthode marketing permettant d’aller à la rencontre des clients pour mieux écouler sa marchandise. Les commerçants recourent de plus en plus à des vendeurs ambulants sous-traitants. La patronne de Papy emploie dix jeunes. « Très tôt le matin nous trouvons les Ndanzi déjà prêts et emballés dans des sachets. Chacun récupère vingt sachets par jour. Nous sommes obligés de vider tout le stock fourni, car la paie est proportionnelle à la vente, soit 30 % des ventes », explique Papy.

En ce qui concerne l’itinéraire du jour, ça se discute chaque matin. Tous les vendeurs se retrouvent avant de descendre en ville et discutent sur les axes à prendre. Papy gagne 2 400 francs par jour. « Avec mon argent, je m’achète la bouffe d’une valeur de 1000 francs, le reste je l’économise », confie le jeune, fier de lui.

Quant aux difficultés, elles ne manquent pas. Rencontrer des policiers est la chose la plus désagréable qui puisse arriver à Papy et à ses compères. Des ambitions et des projets, Papy en caresse aussi. Il envisage se marier. Il a une fiancée réservée d’avance au village par son oncle. « Je n’ai pas besoin de l’argent pour la dotte, mon oncle le fera pour moi. L’essentiel c’est de pouvoir construire un foyer », conclut-t-il.

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Goma : Les jeunes champions du billard de fabrication locale

Publié le 30 mar 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Billard made in Congo

Tous ceux qui sont passé à Goma l’ont constaté, les jeunes de cette ville sont des champions du billard. Dans les bars et dans les restaurants, avoir une table permet d’attirer un nombre plus élevé de clients. Au delà de la passion, le billard constitue désormais une source de revenus. Un business de fabrication se développe; pas besoin donc d’importer les tables, encore mois les queues. Le seul élément importé c’est la boule.

Roger, jeune Gomatracien de 17 ans tient une table de billard qu’il a lui-même fabriqué. 1 mètre sur 65 centimètres, fabriqué totalement avec du matériel de récupération, cette table est son gagne-pain.

Pour attirer la clientèle, Roger s’est installé à un lieu « stratégique », au croisement de la route Goma-Sake et la rue menant au bureau du gouverneur, dite rue présidentielle. « J’ai investi seulement 10 dollars au départ juste pour acheter des boules. Je gagne facilement 4000 francs congolais (environ cinq dollars américains) à la fin de la journée. Cela me permet de subvenir à mes besoins », me confie-t-il.

Comme bon nombre de jeunes congolais, Roger ne compte pas sur le pouvoir politique ou sur les cinq chantiers pour manger. Cette situation m’interpelle et me pousse à me poser des questions. Que nous réserve l’avenir, lorsque la jeunesse est classée dans les oubliettes ?

Le pire c’est que ces jeunes débrouillards qui ne demandent rien à qui que ce soit se retrouvent souvent piégés par des conflits armés qui ne les concernent pas, obligés de fuir ou de se cacher, laissant derrière eux ce pour quoi ils se sont battus pendant des années.

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Goma : Etat démocratique sans justice ?

Publié le 11 mar 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Cette parcelle n'est pas à vendre...

« Cette parcelle n’est pas à vendre, celui qui l’achète donne son argent aux escrocs ». Cette inscription, je l’ai lu sur le mur de mon voisin. Pas besoin d’être un savant pour comprendre qu’il s’agit d’une mise en garde. Mais la question c’est à qui elle est adressée et pourquoi ?

« Il s’agit d’un problème familial », me répond Blaise, auteur de l’inscription et étudiant en droit à l’Université Libre des pays des grand-lacs (ULPGL). Avec la complicité de certains agents des services publics d’urbanisation, certains membres de sa famille tentent de mettre en vente la parcelle appartenant à son défunt père sans son accord.

Il me révèle en outre que les documents (titres de propriété) lui ont été ravis par ses oncles. Le jeune homme a essayé d’exprimer son désaccord au sein des réunions familiales mais personne ne semble être disposé à l’écouter. N’ayant aucun autre recours pour les dissuader, il a opté pour une mise en garde publique.

« Après l’étape d’inscription sur le mur, je compte introduire le dossier au tribunal. Même si la justice n’a jamais été efficace dans ce pays, je vais me battre jusqu’au bout ». Pour la défense de sa cause, Blaise projette même d’impliquer s’il le faut ses camarades étudiants. « C‘est sûr que je n’aurais pas assez de sous pour payer les frais administratifs du tribunal et encore moins un avocat. Je vais essayer de mobiliser la faculté et on verra ce que ça vas donner », conclut-il.

Peut-on parler d’état de droit et démocratique sans justice fonctionnelle et accessible à tout citoyen ? La réalité actuelle en république démocratique du Congo prouve que la raison du plus fort est toujours la meilleure. Impossible de tenir tête à une personne plus fortunée, capable de payer des frais administratifs et des pots de vin.

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Goma : Les librairies en plein air

Publié le 9 mar 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Librairies en plein air à Goma

Le commerce de bouquins prospère dans la ville de Goma. Sous un soleil de plomb, des bouquinistes étalent à même le sol leurs marchandises. Dans l’enceinte de l’institut de Goma, face à l’Institut Supérieur de Commerce (ISC/Goma), non loin de l’Institut Supérieur d’Informatique et de Gestion (ISIG/Goma), l’emplacement est important pour se rapprocher de la clientèle essentiellement constituée d’étudiants.

« Nos fournisseurs sont souvent des religieux qui nous laissent leurs manuels lorsqu’ils voyagent. Des particuliers possédant des livres et qui veulent s’en débarrasser nous contactent aussi et discutons des prix. Sinon, il nous arrive de nous déplacer vers le Burundi, le Rwanda et même l’Ouganda pour chercher les livres », confie Donatien, bouquiniste depuis cinq ans.

Pas de prix préétabli ici, l’humeur du jour et la capacité de négociation du client l’emporte. « Ça marche pas mal. Nous n’avons personne derrière nous pour réguler notre activité. Nous sommes maître de nous-mêmes », se réjouit Donatien, tout en reconnaissant que la vente en plein air n’est pas toujours facile. Les jours de pluie sont les plus durs et devoir tous les matins étaler sa marchandise et la remballer le soir est contraignant. L’idéal selon lui est de trouver un local pour abriter leurs ouvrages.

Les bouquinistes de Goma proposent des ouvrages dans des disciplines variées, des mathématiques aux langues, en passant par l’informatique ou la philosophie. Un titre m’a intéressé personnellement : « le pouvoir des médias ». Je l’ai eu à six dollars américains. Je ne sais pas combien il coûte réellement, mais je pense avoir bien négocié le prix. Ne dit-on pas d’ailleurs que le savoir n’a pas de prix ?

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Goma : Tchikudu, la trottinette made in Congo

Publié le 28 fév 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Un Tchikudu dans une rue de Goma

Si la trottinette est vue comme un outil de divertissement sous d’autres cieux, elle est un moyen de transport et une source de revenus des moins négligeables dans l’est de la république démocratique du Congo. Spécialité de la province du Nord-Kivu, le « Tchikudu » a ses quelques particularités qui font de lui un objet unique en son genre.

Au départ utilisé par les paysans de Kibumba, une localité située à une vingtaine de Kilomètres au Nord de Goma, afin d’acheminer les produits agricoles (pomme de terre, carotte, oignons, chou) sur la ville de Goma, le Tchikudu a séduit les Gomatraciens. Ses deux roues en bois à la circonférence large, couverte d’une couche de caoutchouc, lui donnent l’allure d’un 4×4.

Cette masse de bois fait entre 50 et 70 kilogrammes et peut transporter jusqu’à 300 kilogrammes. Dans les rues de Goma, le Tchikudu fond dans le paysage et côtoie sans complexe les motos et les camions.

Très sollicité pour le transport de marchandises et ne nécessitant que de la sueur humaine pour fonctionner, le Tchikudu a le mérite de respecter l’environnement.

En attendant le réajustement du code de la route pour prendre en compte la présence de la trottinette made in Nord-Kivu, les Tchikudistes arpentent les rues rocailleuses de Goma et s’imposent de plus en plus comme transporteurs, n’ayant rien à envier aux automobilistes et aux motocyclistes.

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Goma : Au-delà de la guerre et de l’insécurité, les volcans

Publié le 6 fév 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Le Nyiragongo à Goma

Violences, viols, guerres et misère. C’est l’image qui colle à la ville de Goma et la province du Nord-Kivu depuis plus d’une décennie. En dehors de cette image, classée dans les oubliettes, la chaîne volcanique de Virunga est située à juste quelques kilomètres au Nord de la ville. Parmi ces volcans, certains sont en activité. Je fais allusion à Nyamulagira et Nyiragongo. On les appelle ici : « les voisins de toujours ».

Depuis un certain moment, selon un communiqué diffusé sur les ondes de la radio nationale, l’observatoire volcanologique de Goma, fait savoir que le volcan Nyamulagira était en « intense activité « . C’est à dire, une éruption est imminente.

Bien que la ville de Goma ne soit pas directement menacée, tout le monde s’y prépare. Face aux éruptions volcaniques et aux dégâts qu’elles entraînent, chacun a sa théorie. La plus folle, c’est celle d’un de mes voisins, un vieillard qui a vécu plusieurs éruptions. « Les ancêtres sont mécontents, il faut trouver un moyen de les calmer », affirme-t-il. Le vieux va jusqu’à qualifier de maudit le quartier Office, le plus touché lors de l’éruption du Nyarangongo du 17 janvier 2002. « Ce quartier a été totalement rasé et englouti par la lave à cause de la prostitution, des vols, escroqueries, et autres dépravations de mœurs qui y avaient élu domicile. Cela ne plaisait plus aux ancêtres,  d’où la décision de le nettoyer », soutient-il.

Suivant le raisonnement de ce vieux voisin, je me pose une question : Si ces ancêtres existent réellement et s’ils peuvent punir ceux qui se comportent mal , pourquoi n’interviennent-il pas afin d’alléger un tant soit peu la souffrance de cette population ?

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Goma: Quand l’espoir de paix renaît…

Publié le 21 jan 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Goma : La société civile salut la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et le CNDP

Buvons et dansons car la paix revient, c’est l’intention que j’ai prêté à ces motocyclistes roulant à vive allure dans les artères principales de la ville de Goma. Pourquoi se réjouissent-ils? Une aile du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) a signé une déclaration de fin de la guerre avec le gouvernement, dans la soirée du 16 janvier dernier. Cette nouvelle a réjoui les habitants de la ville de Goma et de la province toute entière.

Parmi les fêtards que j’ai pu croiser, il y a Jean-Marie, cultivateur en temps normal et actuellement vendeur de chaussures usagées à Goma. La guerre a tout bouleversé dans la vie de cet homme. Fuyant les exactions et les mauvais traitements infligés par les hommes armés engagés dans les conflits, il a abandonné sa famille dans le Masisi, regagnant Goma pour s’y réfugier. Ceux qui sont restés sont contraints de partager leurs récoltes avec différents groupes armés.

Jean-Marie a toujours rêvé de regagner son village pour retrouver les siens et reprendre le travail sur ses terres. La signature de cet acte de paix est une bonne nouvelle pour lui mais il reste sceptique. « Les politiciens congolais nous roulent souvent dans la farine. Nous en avons vu des accords qui ont avorté et qui n’ont jamais été appliqués. J’espère que cette fois-ci sera la bonne », m’a-t-il lancé.

Ils sont nombreux à caresser le rêve d’un retour de la paix dans les Kivu. J’espère que les démons à qui la guerre profite tairont enfin leur égoïsme et leurs intérêts personnels pour laisser vivre en paix cette population meurtrie.

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Goma : Les débrouillards qui alimentent la ville en eau

Publié le 8 jan 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Vendeur d'eau dans une rue de Goma

Comment se faire de l’argent lorsqu’on habite la ville de Goma, qu’on est chômeur, que la compagnie chargée de la distribution d’eau potable tourne au ralenti et qu’il y a un lac à proximité ? Les jeunes Gomatraciens ont trouvé la réponse :

  • Un vélo,
  • Quelques bidons en plastique,
  • Une branche et des cordes pour attacher les bidons au vélo,
  • Une bonne dose de courage et la force d’aller puiser l’eau du lac Kivu,
  • Et enfin une bonne campagne marketing pour revendre l’eau ainsi récoltée à la population des quartiers privés d’eau.

C’est depuis l’éruption volcanique de 2002 que l’eau ne coule plus des robinets de certains quartiers. La Regideso ne dessert plus que des quartiers jugés « stratégiques ». Conséquence : le nombre de ces cyclistes vendeurs d’eau a galopé dans la ville. J’en croise partout dans les rues de mon quartier.

Le prix d’un bidon d’eau varie entre 100 et 150 francs congolais. Pour les cyclistes robustes, pouvant transporter plusieurs bidons par jour, le gain est assuré. Ils se retrouvent ainsi tous les jours avec une somme variant entre 2000 et 7500 (environ 3 et 12 dollars américains). Un budget suffisant pour nourrir une famille.

Dans le registre des difficultés rencontrées par ces jeunes débrouillards, un cycliste m’a laissé entendre que les militaires (marins) qui montent la garde sur les rives du lac Kivu font payer une taxe de 20 francs congolais par bidon d’eau puisé. Pas de quittance en échange, preuve que c’est une taxe totalement illégale.

Si on peut se réjouir des services rendus par ces vendeurs, il y a aussi lieu de s’interroger sur la qualité de l’eau provenant directement du lac et sur les risques liés aux maladies hydriques. Les vendeurs ont d’autres soucis que de désinfecter leur marchandise. Pour leur part, les consommateurs ne prennent pas toujours les précautions nécessaires pour débarrasser l’eau du lac des microbes qu’elle pourrait contenir.

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Goma : Dans les allées du marché Alanine

Publié le 20 déc 2008 dans Goma par Yves Zihindula

Essayage d'une veste

Le marché Alanine, entouré d’habitations se distingue dans Goma. Il se trouve précisément dans le quartier Katindo aux abords de la grand-route Goma-Sake dans la commune de Goma. Pommes de terre par ci, bisamunyu (bananes plantains) par là, différents parfums vous accueillent. Marchandises et services, il y en a une multitude. Couturiers, cordonniers, restaurateurs et coiffeurs se côtoient au quotidien.

En cette période de fêtes, les vendeurs d’habits usagés ont le vent en poupe. Me promenant dans les allées, je surprends un client négociant le prix d’un pantalon de seconde main. Les prix sont à la hausse.

  • « Je ne peux pas vendre ce pantalon à ce prix. je préfère plutôt le donner à l’un de mes fils » lui lance Jean-Pierre le vendeur.
  • « Je n’ai pas plus d’argent. En plus, ce pantalon n’a aucune «griffe» (entendez, une marque d’un couturier célèbre). Pire, il vient de l’Asie. Je comprendrais s’il provenait d’Europe », rétorque le client.

La sape, ce goût des grandes marques est bien au rendez-vous à Goma comme ailleurs dans le pays. « Les jeunes préfèrent les vêtements griffés. Cette saison, je n’en ai pas trouvé », se plaint Jean-Pierre. Pour contourner ce désavantage, il triche en recourant à son stock d’étiquettes Tommy Hilfiger, Caterpilar Jeans, Gianni Versace,… qu’il greffe ensuite sur sa marchandise, histoire de lui donner un peu plus de valeur.

A voir comment les choses se passent dans ce marché et ailleurs dans la ville, personne ne croirait qu’il s’agit de Goma, une ville assiégée et sous couvre-feu de 23 heures à 5 heures du matin.

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