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Liberté provisoire pour Jean-Pierre Bemba

Publié le 16 août 2009 dans Dessins par

Liberté provisoire pour Jean-Pierre Bemba

La Cour pénale internationale a ordonné la mise en liberté provisoire du leader du MLC et sénateur congolais Jean-Pierre Bemba. En attendant l’ouverture du procès dont la date n’est pas encore fixée, le tribunal tiendra des audiences au début du mois de septembre pour entendre les observations des pays qui pourraient recevoir l’ancien vice-président et candidat malheureux aux élections présidentielles de 2006, à savoir la France, le Portugal, l’Allemagne, l’Afrique du Sud, l’Italie et la Belgique.

Pour rappel, Jean-Pierre Bemba est accusé de meurtre, viol et pillage, des crimes de guerre et contre l’humanité pour des exactions qui auraient été commises par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), en république Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

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Au Congo belge, au Zaïre et en RDC, le chef a toujours raison

Publié le 14 août 2009 dans Dessins par

Une armée républicaine, à l'image du grand Congo

« Après moi le déluge », aimait bien dire l’homme fort du Zaïre. Aujourd’hui, 12 années après sa chute, le Congo navigue encore en eaux troubles. Mobutu avait-il raison ? Avait-il pressenti ce qui allait arriver ou s’était-il juste arrangé pour que ce soit le chaos après sa chute ?

La question mérite d’être posée mais les avis sont très partagés. Si certains congolais pensent que la situation que connaît actuellement leur pays est la suite logique d’une mauvaise gestion des affaires sous le régime mobutiste, d’autres vous affirmeront que la situation était bien meilleure sous le règne du maréchal et qu’elle ne serait pas aussi chaotique si Mobutu était encore vivant et au pouvoir.

Je garde pour moi ce que je pense mais en observant comment les choses se passent dans mon pays, je me rends compte qu’il y a toujours eu des hommes forts et des institutions frivoles. Tout au long de son histoire – qui commence lorsque les tontons belges débarquent – le Congo a changé plusieurs fois de propriétaires et les Congolais avec lui.

Au départ, ce pays n’appartient à personne. Il devient ensuite la propriété personnelle du roi Belge Léopold II. La suite est bien connue : Léopold passe la gestion de sa parcelle le Congo et par la même occasion les congolais qui y vivaient et qui lui appartenaient à la Belgique. Après la période trouble qui a suivi l’indépendance en 1960, un nouvel homme fort se fait hisser à la tête du pays qu’il dirigera comme un bien privé jusqu’en 1997. L’armée, la garde civile (actuelle police), le trésor public, la justice, l’aide internationale et tout le reste lui appartiennent et il en dispose comme il veut. A cette belle époque, les enfants du maréchal avaient tous les droits. Ils se déplaçaient volontiers escortés par des chars de l’armée.

Cette histoire tumultueuse du Congo explique en partie pourquoi les institutions tiennent difficilement. Tout tourne autour d’un homme et la notion du chef intouchable et incritiquable s’impose à tous les niveaux, autant dans la gestion des entreprises que dans celle de l’armée, en passant par les partis politiques. En politique : PALU = Gizenga ; UDPS = Tshisekedi ; PPRD = Kabila. En musique : Franco meurt, le Tout puissant Ok Jazz disparaît en même temps ; Kabasele Yampanya trépasse, son groupe se disloque après lui.

En plus, le chef a besoin de se faire applaudir même quand il n’y a pas lieu. Celui qui ne se prosterne pas ou qui pose trop de questions se fait évincer (Vital Kamerhe en sait quelque chose).

Comment espérer avoir une république forte avec des politiciens qui ne considèrent pas leur travail comme un engagement pour le bien-être de leurs compatriotes mais qui y voient au contraire un moyen de s’enrichir rapidement ?

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Hillary Clinton en RDC : les USA promettent des pansements aux congolais

Publié le 12 août 2009 dans Dessins par

Hillary Clinton en visite en république démocratique du Congo

Hillary Clinton a quitté Kinshasa ce mardi après une visite qui l’a mené tour à tour à Kinshasa la capitale et à Goma, chef de la désormais très célèbre province du Nord-Kivu. La bonne gouvernance et la lutte contre les violences sexuelles sont les deux principaux sujets sur lesquels s’est attardée la secrétaire d’Etat américaine qui a exprimé le vœu de voir arrêtés et condamnés les militaires responsables de violences sexuelles.

Elle a en outre indiqué avoir eu une « discussion très franche » avec le président congolais et a par ailleurs annoncé un financement de 17 millions de dollars américains, somme destinée à la formation de femmes policières, et à l’aide médicale et psychologique pour quelque 10.000 victimes de violences sexuelles.

Hillary Clinton a en outre estimé que la RDC « a besoin d’une armée bien payée et entraînée, qui protègera la population, et n’éprouvera pas le besoin de se nourrir sur son dos ».

Tous ces problèmes relevés sont bien réels mais j’ai tout de même un petit pincement au cœur et j’éprouve une certaine déception quant au fond même de l’ensemble du message de la secrétaire d’Etat. En parlant des viols et autres conséquences des conflits armés à l’est de la RDC, elle oublie ou omet volontairement de mentionner les vraies causes de ces atrocités qui sont le trafic d’armes et de minerais dans cette zone au sol riche. Une attaque de plus contre les conséquences, une nouvelle promesse d’argent pour financer des pansements, mais rien de durable pour soigner définitivement la maladie.

Sans vouloir défendre les dirigeants congolais qui se distinguent plus par leur prédation et leur course effrénée pour l’enrichissement rapide que par une bonne gestion de leur pays, je pense que parler du drame Congolais sans pointer clairement du doigt toutes les multinationales tant américaines qu’européennes qui profitent du désordre qui prévaut dans les Kivu pour se procurer du minerais lowcost est une grave omission.

Pour que la paix se rétablisse en RDC, je pense qu’il est important que tous les responsables directs et indirects de cet imbroglio meurtrier soient clairement identifiés et reconnus comme tel. Je rêve du jour où la Cour pénale internationale s’attaquera aux fournisseurs d’armes et de munitions en plus des acheteurs qui les utilisent sur la population congolaise.

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Le transport en commun et le phénomène « faux-tête » dans la capitale congolaise

Publié le 11 août 2009 dans Dessins par

Le transport en commun et le phénomène faux tête à Kinshasa

Tous les Kinois qui sollicitent le transport en commun hors du commun de la ville sont familiers avec le terme « faux tête » qui désigne les insolvables. Ils sont policiers, militaires ou agents des services de renseignement et depuis des années, ils ont le droit d’embarquer gratuitement dans les bus privés. Même lorsqu’ils ne sont pas de service, il leur suffit d’exhiber leurs cartes. Gare à celui qui ose poser des questions ou qui se plaint. Ce genre de discussions finit souvent en baston.

Ce phénomène est loin d’être nouveau et remonte à l’époque où Mobutu était encore au pouvoir. Cette gratuité était alors offerte en compensation aux hommes sous le drapeau qui étaient sous-payés et parfois pas du tout payés. Pour les propriétaires des bus et taxi-bus qui assurent le transport en commun dans la capitale, c’est l’enfer. « Sur certains trajets, il y a une dizaine de ces agents qui ne paient pas. Dans un petit bus qui embarque 14 ou 16 personnes, c’est une perte considérable », se plaint Papitsho, un jeune conducteur de taxi-bus qui habite mon quartier.

Avec l’arrivée des ordinateurs et des cybercafés, les « faux têtes » sont de plus en plus nombreux. Il devient de plus en plus difficile de distinguer les vrais agents insolvables des autres kinois qui veulent profiter eux aussi de la gratuité du transport. Ces derniers vont dans des cybercafés pour se faire fabriquer des fausses cartes. Trois détails importants pour la fabrication de ces cartes qui assurent la gratuité du transport : En plus du drapeau congolais qui doit être bien visible, il est important de prendre une tête de Rambo sur la photo et ne surtout pas oublier de mettre en évidence la mention « laissez-passer ». Les lunettes de soleil rajoutent un effet James Bond qui fait peur aux receveurs.

Cette croissance du nombre de « faux têtes » contribue considérablement aux difficultés de transport que rencontrent les habitants de Kinshasa. Les transporteurs ne s’arrêtent plus à tous les arrêts. Lorsqu’ils se rapprochent d’un groupe en attente, le chauffeur ralentit et le receveur scrute les visages. Si ce dernier ne voit pas de tête suspecte, il demande au conducteur de s’arrêter pour embarquer les passagers. Pas la peine de vous détailler la réaction du receveur lorsqu’il détecte dans le groupe quelques hommes, la quarantaine, pas très bien habillés et qui ont des têtes de militaires et de policiers sous-payés. Un petit signe au chauffeur qui appuie sur l’accélérateur.

Les femmes de Kinshasa qui ont compris comment ça marche se réunissent désormais en groupes unisexe et se mettent en retrait, au grand bonheur des transporteurs qui peuvent être sûrs d’être payés en les transportant.

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Après les magistrats, au tour des fonctionnaires

Publié le 6 août 2009 dans Dessins par

Joseph Kabila révoque et envoie à la retraite des fonctionnaire de l'Etat

Et de deux ! Après les magistrats, le balai contre les corrompus vient de frapper des agents de la fonction publique. Au total, ce sont 1212 agents de l’Etat qui sont soit révoqués, soit mis en retraite. Ce coup de balai au sein de la fonction publique se fait apparemment avec l’accord du conseil de discipline du ministère de la Fonction publique. Les personnes révoquées sont accusées d’avoir commis des fautes constitutives de manquement grave ou d’avoir écopé, au moins une fois, d’une peine de servitude pénale supérieure à 3 mois.

Cette affaire me met un peu dans l’embarras. Je suis comme on dit chez moi « un peu content » de voir que le président de la république voit et s’attaque enfin à cette corruption et cette confusion qui a toujours existé au Congo entre le bien privé et le bien public. Cette gestion honteuse et catastrophique de la chose publique, on en parle enfin en de termes clairs.

D’autre part, je dois admettre que ce n’est pas la première fois que des fonctionnaires se font éjecter. En fouillant dans mes souvenirs, il me revient que lorsqu’il était au pouvoir, Mobutu avait assez souvent nettoyé autour de lui. Laurent-désiré Kabila avait lui aussi frappé peu après sa prise de pouvoir, allant jusqu’à faire coffrer Bemba Saolona, le géniteur de Jean-Pierre Bemba, leader du MLC, actuellement en séjour dans les geôles de la Cour pénale internationale. A l’époque, monsieur Saolona est ministre de l’économie. Je me souviens qu’il était question d’une affaire d’argent public déplacé. Jusqu’à sa mort – paix à son âme – il était sénateur.

Cette fois-ci, pas de procès, ni d’emprisonnement. Les fonctionnaires incriminés, s’il est vrai qu’ils ont dérobé l’argent de l’état, il est autant vrai que pendant ce break, ils ont la possibilité de dépenser l’argent qu’ils se sont amassés, en attendant une autre restructuration qui leur permettra de se recycler et de revenir aux affaires dans un autre secteur, mais toujours avec le même employé : l’état congolais. Ce n’est qu’une question de temps. Au Congo, dans ce genre d’affaires, l’histoire a plutôt tendance à se répéter.

Question : qui remplacera ceux qui se font mettre dehors aujourd’hui et quelles garanties qu’ils feront la différence ?

Corruption à tous les niveaux

Je tiens à rappeler que la corruption n’est pas la chasse gardée des fonctionnaires de l’état. Bon nombre de congolais corrompent ou se font corrompre. Involontairement ou de notre plein gré, nous y passons tous, en partant de l’élève à l’école primaire qui apprend très jeune que plutôt que de réviser ses notes, il est préférable d’apporter des cadeaux à son enseignant pour avoir de bonnes notes. On peut évoquer également les institutions d’enseignement supérieur où, plutôt que d’avoir un cerveau plein, il vaut mieux avoir un sac plein d’argent – volé ou gagné – pour ses enseignants (Les filles ont toujours la possibilité de payer en nature…). Cette boucle n’exclut pas le citoyen lambda qui préfère donner un bakchich à un agent de police, plutôt que de se doter de documents de bord en règle pour sa voiture et respecter la loi.

Comment faire pour éradiquer ce démon de la corruption qui traine dans les rues de toutes les villes de la RDC ? Une équation difficile à résoudre. Depuis des lustres, des corrompus en remplacent d’autres aux commandes. Cette-fois est la bonne ? Cette lutte contre la corruption dont on parle aujourd’hui ira-t-elle au-delà des discours et entrainera-t-elle un changement structurel des mentalités ? Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre aujourd’hui. L’avenir nous en dira plus…

Petite leçon de Lingala

Dans la langue que je parle depuis mon enfance, on désigne un corrompu, un voleur ou toute personne peu honnête par le mot « Moyibi ». Actuellement, ce mot qui sonne mal n’est plus trop utilisé. Pour corrompu ou voleur on dit : Débrouillard, coopérant, courageux, Shekouleur, Libangiste…

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Les Kinois trop attachés à leurs toilettes en plein air

Publié le 4 août 2009 dans Dessins par Yves Zihindula

Les Kinois trop attachés à leurs toilettes en plein air

La mention « Epekisami kosuba awa » est plus que connue des congolais. Dans des endroits pas trop fréquentées, ce sont des colonnes de gens, jeunes et moins jeunes qui arrosent sans gêne et sans scrupule les murs. Jusque-là, l’excuse officielle c’était l’inexistence des latrines publiques.

L’Espagne et d’autres « partenaires » de la RDC ont pensé à installer des latrines publiques mais elles n’attirent pas trop de clients. Les kinois ont apparemment du mal à rompre avec les vieilles habitudes. Les murs de la capitale sont toujours arrosés par les passants pris d’une petite envie. Trop attachés à leurs latrines gratuites ou peut-être claustrophobes, ce qui est sûr c’est que personne ne veut aller payer pour ce que la nature offre gratuitement.

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Combattre la corruption, une nécessité en RDC. Mais comment faire ?

Publié le 27 juil 2009 dans Dessins par

Les magistrats congolaises introduisent un recours auprès du président de la république

Le président Joseph Kabila a signé le 15 juillet dernier une série d’ordonnances portant révocation et mise à la retraite des magistrats jugés médiocres et corrompus. La CENCO dénonçait dans le même temps une faiblesse de l’autorité de l’Etat et une confusion entre le bien public et personnel. « Des gouvernants, des gestionnaires de la chose publique et des hommes d’affaires malhonnêtes s’adonnent à un enrichissement éhonté, injustifiable par rapport à ce qu’ils gagneraient loyalement », dénonçait Mgr Nicolas Djomo, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo.

Cette action pourrait donner l’illusion d’une lutte contre la corruption mais tout congolais averti est sans ignorer que la corruption, érigée en mode de fonctionnement depuis des années, atteint des proportions inquiétantes. Les magistrats sont visés cette fois-ci, mais quel sera donc le sort des autres fonctionnaires véreux ? Verrons-nous cette épée qui tranche la gorge aux magistrats agir sur les policiers, militaires, gestionnaires d’entreprises publiques, ministres et autres qui nagent dans la corruption et qui bloquent de ce fait le développement de la RDC ?

La CENCO dénonce la corruption en RDC

Tout un système corrompu
J’ai récemment demandé à ma famille d’accueillir une amie française qui aimerait visiter le Congo. Dans son dossier de demande de visa, elle doit entre autres fournir une attestation d’accueil (prise en charge). Ne voulant pas passer par les circuits parallèles, je leur ai exigé le respect de la procédure légale. Sans trop de surprise, trois semaines après le lancement de ladite procédure, toujours pas de prise en charge et déjà 65 dollars américains dépensés ! Je ne compte même pas les kilomètres et les heures passées à circuler entre les différents bureaux pour des légalisations qui n’en finissent pas.

Le périple pour obtenir l’attestation d’accueil :

Première étape : Le bureau de commune.
Somme à payer : 20 dollars américains
Un document est établi alors, certifiant que vous résidez bien dans la commune et que vous vous engagez à recevoir un hôte venu de l’étranger.

Deuxième étape : le bureau des services d’immigration sur le boulevard du 30 juin, dans la commune de la Gombe.
Somme à payer : 25 dollars américains
Les services d’immigration apposent un sceau certifiant qu’ils sont au courant de l’entrée prochaine d’un ressortissant étranger sur le sol congolais et qu’ils savent où cette personne va habiter.

Troisième étape : Un autre bureau de l’immigration, cette fois-ci derrière les bâtiments de l’Ex Kin Mazière.
Somme à payer : 20 dollars américains
On ne sait pas vraiment pourquoi, mais il faut payer et attendre que l’on vous appelle pour retirer le document. Et là, un fonctionnaire vous propose de payer le double de la somme pour voir la procédure accélérée. En cas de refus de s’acquitter de ce bakchich, votre dossier est enterré. Il faut attendre plusieurs semaines pour le recevoir. Il est même possible qu’il disparaisse et que vous ayez dépensé tout votre argent et votre temps pour rien.

Le plus irritant dans ce genre d’affaires c’est que, plutôt que de suivre cette longue et pénible procédure, vous pouvez tout simplement vous rendre à la dernière étape, payer le total de la somme engagée à un seul fonctionnaire et recevoir votre document le jour même.

Des mesures draconiennes s’imposent pour nettoyer cette société corrompue mais la tâche est loin d’être facile. En visitant la Géorgie il y a quelques mois, j’ai découvert un pays qui était presqu’aussi corrompu que le mien et qui a lutté contre ce mal. Les choses ne sont pas parfaites, mais le président Saakashvili n’a pas hésité à virer toute la police et à la remplacer par du sang neuf. Il y autant un besoin de nettoyage de fond en RDC. Il faut beaucoup de courage pour le faire, mais c’est un passage obligé avant d’espérer un redressement de la situation.

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Le problème FDLR prendra-t-il fin un jour ?

Publié le 25 juil 2009 dans Dessins par

Les FDLR et le pillage de la république démocratique du Congo

La question se pose effectivement, sachant qu’en étant sur le sol congolais, les rebelles hutus exploitent sol et sous-sol et tirent profit de cette situation chaotique qui prévaut à l’est de la RDC. La question se pose également en sachant qu’au-delà du discours officiel qui appelle les FDLR à déposer les armes et à rentrer chez eux, le gouvernement rwandais n’a aucun intérêt à ouvrir les portes du pays à ceux qu’il accuse de génocide et qui, dans l’éventualité d’un retour au Rwanda, constitueraient un danger permanent pour le régime en place.

Et si le problème FDLR devait perdurer ? Et si la présence de ce mouvement sur le sol congolais constituait un fond de commerce, autant pour le Rwanda, les FDLR eux-mêmes et les multinationales qui profitent des minerais low cost, produits de ces conflits armés qui durent depuis des années ?

Quinze ans après le génocide rwandais, ça tire, ça tue et ça viole encore à l’est de la RDC. Le cycle infernal d’attaques des FDLR sur des populations civiles congolaises, l’intervention de l’armée rwandaise et les opérations conjointes MONUC/FARDC, plus efficaces les unes après les autres deviennent des choses normales. Rapports et alertes s’empilent mais rien n’y fait.

Pendant ce temps, les minerais (coltan, étain, or, uranium…) sortent tous les jours du Congo et transitent par les pays voisins et finissent dans les industries des grandes démocraties. Le fruit de ce pillage revient au Congo sous forme « d’aide au développement », de médicaments et de programmes humanitaires pilotés par des ONG provenant des mêmes pays pompiers/pyromanes, consommateurs de matières premières et fournisseurs en armes des différents mouvements armés.

Qui blâmer dans cette histoire ? Tous, en partant des congolais qui tirent leur épingle du jeu et qui profitent de cette période trouble pour amasser des richesses personnelles, en passant par les « hommes d’affaires » des grandes démocraties qui profitent de ce chaos pour faire des bénéfices et en n’oubliant pas bien sûr tous ces voisins de la RDC qui servent de lieux de transit pour les minerais pillés.

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Une nouvelle invention congolaise : le programme « parole de Dieu contre nourriture »

Publié le 21 juil 2009 dans Dessins par

Une nouvelle invention congolaise : le programme parole de Dieu contre nourriture

S’il y a un peuple qui devrait avoir priorité quand il s’agira d’entrer au paradis, c’est bien le congolais. Optant pour la débrouille et renonçant à l’électricité, l’eau courante, la santé et l’éducation sur terre, le congolais s’accroche à la vie dans l’au-delà.

Je me souviens encore de ces prédicateurs ou marchands miracles que l’on croise tous les jours dans les rues de Kinshasa. Mira parlait il y a quelques mois des prêcheurs dans les transports en commun kinois et Boyomais racontait plus tard dans un de ses articles l’histoire d’un militaire qui était en même temps pasteur pigiste.

Ce que je trouve drôle c’est le discours de ces « hommes de Dieu » se termine par « salisa mosali ya nzambe » traduction : « Soutenez l’homme de Dieu ». Si je dois traduire cette phrase en langage kinois en français ce sera : « Donnez-moi de l’argent pour que je ramène à bouffer chez moi ce soir ». On aurait pu parler de mendicité mais comme le prédicateur donne la parole de Dieu en échange, on peut dire qu’il s’agit d’un échange de bons procédés. Comme pour le célèbre programme pétrole contre nourriture, les évangélistes congolais ont inventé le concept de parole de Dieu contre nourriture.

Il y a quelques mois, en sortant de mon travail à Kinshasa, j’ai croisé un cousin que j’avais perdu de vue pendant des années. Ça devait faire près de 6 ans que je ne l’avais pas vu. Après de belles accolades et quelques minutes de discussions, le cousin a vu, pendu sur mon cou, mon badge de service, preuve que je travaillais pour la MONUC. Comme par reflexe, il s’est mis à me parler de Dieu. A la fin de son sermon, il m’a demandé de lui payer son transport.

Ce cher cousin était devenu évangéliste et il essayait de me convaincre que comme je travaillais à la MONUC, c’était une bénédiction divine que je devais partager « avec mes frères » et avec les serviteurs de Dieu. « Dieu t’a donné, il faut partager avec les autres. Tu sais, dans une famille, l’éternel bénit quelques personnes qui sont supposées aider les autres », me disait-il. Surpris par ce discours ma réponse était bien simple : « Je ne pense pas que le Dieu dont tu me parles m’ait envoyé sur terre avec une mission d’esclave qui se réveille tous les matins pour travailler en ensuite partager le fruit de son travail avec ses frères qui ont fait la grasse matinée et qui, plutôt que d’aller travailler, préfèrent passer la journée devant la télé ou à l’église. »

Simple coïncidence ou problème social ? Plus la situation se dégrade au Congo, plus des églisettes poussent comme des champignons. Réalité bien évidente, la bible est devenue une autre voie de débrouille pour ceux qui ont une bonne mémoire pour en mémoriser quelques versets et qui ont une voix assez forte pour crier et se faire entendre dans un marché ou un bus bondé.

Autant je vois des souvent des musiciens demander des pièces dans le métro parisien en échange de quelques airs de musique, autant à Kinshasa les « pasteurs » réclament de l’aumône en échange de la lecture de quelques versets bibliques. A chacun ses habitudes…

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Les avoirs Mobutu en Suisse reviendront finalement à sa famille

Publié le 15 juil 2009 dans Dessins par

Les avoirs Mobutu en Suisse reviennent finalement à sa famille

C’est officiel, les avoir du « roi du Zaïre » qui trainaient en Suisse seront remis à ses héritiers et non pas à la république démocratique du Congo. Ce sont 7,7 millions de francs suisses (près de 5,2 millions d’euros) qui ne bénéficieront pas à la population congolaise mais bien à la famille de celui aura été aux commandes du pays 32 ans durant et qui l’aura conduit droit au mur.

Je m’interroge aujourd’hui sur la valeur symbolique de la décision du ministère public de la confédération Suisse de ne pas remettre ces millions à l’état congolais. En essayant de me renseigner, je ne vois nulle-part mentionné le montant exact du salaire de Mobutu. Difficile donc de calculer en combien de temps il aurait pu réunir une telle somme en économisant une partie de son salaire « officiel » de dictateur.

Cet argent, n’est-il pas le fruit de détournements massifs et d’une gestion honteuse et catastrophique de l’ancien Zaïre ? N’est-ce pas là le gain provenant d’une confusion entre le bien personnel et le bien public ? Ne parlons-nous pas dans cette affaire de millions qui auraient échappé à tous ces congolais qui, sous le règne du maréchal et de son clan, n’auront pas eu droit à une vie décente, à l’éducation et à un accès à la santé ?

Les commentaires sont nombreux par rapport à cette affaire mais nulle-part je ne vois mentionné le fait que ce soit à la république démocratique du Congo qui voit échapper cet argent de payer des dettes contractées par le régime zaïrois. L’homme fort du Zaïre et son entourage auront empoché des milliards détournés ou empruntés au nom de la population congolaise. Ses héritiers profiteront de ce qu’il n’a pas pu dépenser de son vivant et ce sont les congolais des générations à venir qui devront payer les dettes de la banque mondiale.

Le Congo est loin de faire exception, même si sa situation de pays au sol et au sous-sol riches et aux habitants pauvres compte parmi les plus spectaculaires. L’histoire a plutôt tendance à se répéter sur le continent africain depuis les « indépendances ». Encore et toujours le même scenario. Les dettes contractées par les colons noirs et qui retournent dans les banques des pays dits « démocratiques » et donneurs de leçons de démocratie aux africains deviendront le fardeau des citoyens lambdas, qui devront payer de leur sueur et de leur sang pour des accords conclus entre hommes forts.

« Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se fera enlever même le peu qu’il a. » Ce n’est pas moi qui le dis mais la bible, livre préféré des congolais qui le dit (Matthieu chapitre 25, 14-30).

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