
Pour échapper aux tracasseries de la police, de plus en plus de conducteurs de la capitale congolaise ne sortent que la nuit. Ils profitent alors de l’absence des roulages pour travailler en toute sérénité et en sans aucun contrôle. Les véhicules de nuit sont souvent pourris et pire, certains des conducteurs ne savent pas vraiment conduire mais profitent de la nuit pour s’essayer au volant.
C’est un système parallèle, bien plus lucratif que le transport de jour. « Je ne sors qu’à partir de 19heures. A cette heure là, les policiers sont rentrés chez eux. Il n’y a donc pas à partager avec eux mes recettes. Il y a aussi le fait que le trafic est moins dense, ce qui permet d’être plus rapide », confie Poro Samy. « Je dors le jour et toute la nuit, je sillonne les rues de la capitale à la recherche de client, sans crainte de faire des mauvaises rencontres comme on peut en faire le jour », ajoute-t-il.
Dans une ville qui vit 24h/24, cette méthode s’avère payante. La question est de savoir combien de temps ce créneau tiendra avant que les roulages ne s’organisent pour récolter leurs taxes fantômes la nuit. Connaissant la débrouillardise de mes compatriotes, ils n’auront pas trop de mal à trouver une nouvelle parade.
Comme le dit Poro Samy : « Soki bayei na butu, toko timola mabulu po na kotambola ne se ya mabele… ». Traduisez : « s’ils viennent nous traquer de nuit, nous nous échapperons en creusant des tunnels sous terre… »
Qui sait si cette affirmation augure la création de lignes de métro made in Kinshasa ?