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Le passeport biométrique est arrivé dans l’est de la république

Publié le 5 oct 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Le passeport biométrique est arrivé dans l’est de la république

Après Kinshasa et Lubumbashi, Bukavu est doté d’un centre pour faciliter l’obtention du passeport biométrique congolais. Ce centre est situé dans les installations de la grand poste de Bukavu en commune d’Ibanda. Depuis le début du mois de septembre, plusieurs habitants de la ville sont allés remplir les formalités d’obtention de ce document de voyage.

Comme l’a annoncé le secrétaire général au ministère national des affaires étrangères lors de son passage dans la ville, le formulaire coute 20 dollars et le prix du passeport lui-même est évalué à 150 dollars américains. Il faut en plus de cela fournir un extrait du casier judiciaire et une attestation de nationalité qui ne sont pas délivrés gratuitement.

Après toutes ces démarches, la somme déboursée avoisine les 250 dollars américains, soit 83,3 jours de travail pour un travailleur congolais qui touche le SMIG (chiffre obtenu en divisant 250 par 3, se basant sur le SMIG congolais qui devrait passer de 1 à 3 dollars américains cette année).

Certaines personnes parmi ceux qui ont la possibilité de s’octroyer ce document se réjouissent de cette nouveauté, ce qui est normal quand on sait qu’il fallait jusque-là se déplacer physiquement jusque dans la capitale pour obtenir un passeport.

La crainte reste encore et toujours la même : voir les agents commis à la tâche de saisie des données des solliciteurs commencer à exiger des pourboires pour accélérer les formalités qu’ils feraient trainer eux-mêmes.

Ce que je trouve bizarre dans l’affaire c’est que très peu de congolais se plaignent du prix exorbitant exigé pour l’obtention du passeport et autres documents officiels. A en croire qu’on raconte des histoires lorsqu’on affirme que le congolais compte parmi les plus pauvres de la planète.

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Les enfants naissent et grandissent dans la prison centrale

Publié le 13 août 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Des enfants dans une prison de Bukavu

Sur la photo, on distingue deux petits enfants. Le premier est âgé d’à peine un an et l’autre a deux ans. Les deux vivent à la prison centrale de Bukavu. Ils y sont parce que simplement leurs mères ont été incarcérées pour injures et vol. Et comme les enfants tétaient encore, ces mères ont préféré les amener avec elles en prison.

Dans la prison centrale de Bukavu, qui a une capacité d’accueil de 300 personnes selon son directeur, il y a environ 800 personnes qui s’entassent. A Bukavu, comme ailleurs en RDC, les conventions internationales relatives aux conditions de détention pourtant ratifiées par l’Etat congolais peinent à entrer effectivement en application.

« Je suis condamnée à trois ans de prison et je ne pouvais pas laisser mon petit enfant à la maison », me confie Marie-Jeanne, l’une des détenues. Dans cette prison, les détenus survivent grâce aux aides des églises et des organisations philanthropiques. « Il nous arrive de passer deux jours sans rien mettre sous la dent. À la maison, mon mari s’arrange toujours pour me trouver de la bouillie à donner à l’enfant », renchérit-elle.

Ces deux gamins ne sont pas les seuls à vivre dans cette prison, il y a deux mois, une femme détenue avait accouché dans sa cellule. Pourtant elle y est encore restée un mois pour purger sa peine malgré son état d’après accouchement. Se retrouver en prison en RDC équivaut à prendre un couloir de la mort. On n’a plus aucun droit et on se retrouve privé de dignité en plus de sa liberté. Pendant que les ONG crient dans le désert pour susciter l’attention des dirigeants sur cet état de choses qui ternit l’image du pays, ces derniers semblent occupés à autre chose.

Je suis bien tentée de reprendre les propos d’Hillary Clinton dans une interview accordée à la radio Okapi lors de son passage il y a quelques jours à Kinshasa : « La construction de routes est un objectif de développement très important pour ce pays. Mais la bonne gouvernance l’est aussi, tout comme la protection des droits de l’Homme ou l’édification d’un système judiciaire indépendant, une presse libre, des institutions démocratiques qui tiennent longtemps… Vous pouvez être un pays doté de routes, qui prive toujours sa population des Droits de l’Homme, qui n’a toujours pas de développement économique, de sorte qu’il n’y a ni biens ni services qui circulent sur ces routes… »

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Le militaire qui a tué un policier condamné à mort

Publié le 31 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Procès d'un militaire qui a assassiné un policier de roulage

Le procès dont je parlais il y a quelques temps et qui opposait le ministère public au militaire qui avait assassiné un agent de police s’est soldé par une sentence lourde. Le caporal B est condamné à mort et révoqué des Forces Armées de la République Démocratique du Congo. Lui-même et son employeur l’Etat Congolais doivent payer une somme de 500 000 dollars américains à titre de dommages-intérêts, en faveur de la famille du défunt.

Le tribunal militaire de garnison de Bukavu en a décidé ainsi dans cette affaire qui a défrayé la chronique et qu’une bonne partie de la population a suivi de près. Certains se disent satisfaits de cette sentence. « Il l’a bien mérité ce tueur. Qui tue par l’épée, périra par l’épée. D’ailleurs, on devrait l’exécuter ici, séance tenante », ai-je entendu murmurer.

D’autres personnes ont par contre du mal à croire en l’exécution ou la mise en application de cette sentence. « Cet homme ne sera jamais exécuté, on va le mettre en prison quelques jours et il sera libéré par la suite », pensent pour leur part deux jeunes étudiants qui ont suivi l’affaire depuis le début. « Nous connaissons la maladie de notre justice, et ce n’est pas le premier à être condamné à mort. Nous en avons vécu des cas où le condamné disparaît comme par enchantement de sa cellule. On nous raconte souvent qu’il s’agit d’évasions ordinaires mais nous savons très bien que ces bandits prennent le large avec la bénédiction de certains hommes forts », rajoutent-ils.

L’audience levée, le condamné est menotté et placé dans la jeep de la Rejusco (Restauration de la Justice à l’Est du Congo) qui doit l’acheminer dans son couloir de la mort, si exécution il y aura, à la prison centrale de Bukavu.

Quelques heures seulement après ce verdict du tribunal, les ONG qui militent pour l’abolition de la peine de mort haussent le ton. Elles soulèvent le fait que la condamnation à mort de ce caporal ne l’aide en rien pour se repentir et méditer sur son mauvais agissement.

En observant bien la situation telle qu’elle se passe autour de moi, je me rends compte que la peine de mort est appliquée même sur des gens qui n’ont commis que des délits mineurs. Même si on ne leur coupe pas la tête, ces derniers sont mêlés aux tueurs, violeurs et autres dans des prisons bondées et insalubres. La finalité est la même. Les criminels ne finissent pas la tête tranchée ou sur une potence mais meurent à petit feu, de faim et de maladies que l’on contracte dans ces geôles d’un autre temps.

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Certains quartiers menacés de disparition

Publié le 27 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Erosions dans la ville de Bukavu

Dans quelques mois, il y a des coins dont on ne parlera plus dans la ville de Bukavu. Les quartiers qui seront bientôt rayés de la carte de la ville sont notamment Mosala, Cimpunda et Kahuzi, dans la commune mère de Kadutu. Les célèbres érosions de la province montagneuse du Sud-Kivu, les constructions anarchiques, l’abattage désordonné des arbres et l’exode rural sont les principales causes de ce malaise.

Aujourd’hui, avec 100 à 200 dollars américains, on peut s’acheter un lopin de terre dans certains coins de Bukavu. C’est la raison même pour laquelle les gagne-petits s’y précipitent sans songer aux conséquences fâcheuses qui peuvent s’en suivre.

Cizungu Kasi, qui vit à Funu breski dans le quartier Mosala depuis vingt ans, dit observer un délabrement de la situation depuis près de dix ans. « Ceux qui achètent les terrains dans ces endroits à risque et potentiellement érosifs se débarrassent en premier des arbres », confie-t-il.

Qui lui a vendu le terrain qu’il occupe ? Le chef de quartier. « Quand on arrivait à son bureau, il demandait où nous voulions construire et il vous fixait directement le prix qui variait selon l’endroit et la taille du terrain désiré. Ensuite, lui-même et l’un de ses agents venaient mesurer avec une corde l’étendue du terrain acheté. Après cette formalité, libre à l’acquéreur de construire. »

Erosions dans la ville de Bukavu

Des agents qui se revendiquent du cadastre foncier font de temps en temps des incursions dans ces quartiers marginaux et font chanter leurs habitants, en prétextant du fait que leurs maisons sont en fait des constructions anarchiques. « Quand nous avons un peu d’argent, nous leur donnons pour qu’ils nous laissent tranquilles », révèle Cizungu Kasi. « Nous vivons en danger permanent mais nous n’avons pas d’autre choix. La saison de pluie est redoutable et les glissements de terrain sont notre premier ennemi. Il nous arrive souvent de passer la nuit à la belle étoile pour ne pas être emportés en plein sommeil par les eaux. »

Une alternative pour les habitants de ces quartiers ? Aucune. Louer une maison ou même d’acquérir un terrain dans un quartier « normal » coûte très cher. Avec le nombre croissant de gens qui fuient les conflits armés dans les zones rurales et qui se retrouvent dans la ville, cette tendance a plutôt tendance à s’aggraver.

Quelle solution attendre face à une situation de ce type dans un pays sans aucune planification et politique d’urbanisation digne de nom ?

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Un militaire assassine un policier de roulage

Publié le 23 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Procès d'un militaire qui a assassiné un policier de roulage

C’est le quatrième cas enregistré à Bukavu depuis le début de cette année. Des coups de feu crépitent sur avenue Nyofu en commune d’Ibanda presque toute la nuit de dimanche 19 juillet. La population se réveille le matin suivant dans la panique en apprenant sur les chaînes de Radio locales qu’un policier de Roulage du rang d’adjudant chef venait d’être abattu à une heure du matin par un élément des FARDC faisant partie de l’opération Kimia 2 qui traque les FDLR.

L’audience s’ouvre à neuf heures le lendemain mardi 21 juillet devant le tribunal militaire de garnison de Bukavu. Une foule assez nombreuse se rassemble devant l’esplanade de la grand poste pour suivre le procès. A la barre, deux militaires de l’armée régulières bien menottés. Le président de ce tribunal ouvre l’audience publique et questionne le premier prévenu, un caporal : « As-tu tué le policier roulage ? » Et le caporal rétorque sans gêne : « Oui Mr le président, je l’ai tué parce qu’il m’a tabassé dimanche soir dans un débit de boisson. »

L’auditeur militaire de garnison à qui la parole est ensuite donnée, dit que le caporal a volé l’arme de son compagnon de chambre pour aller commettre son crime et il était dans en état d’ébriété. Les avocats désignés pour assister gratuitement les accusés n’ont pas d’autres choix que de plaider coupable et demander au tribunal de réduire la peine pour leur client.

A 20 heures le soir, l’audience n’était pas encore terminée. Après une descente sur le terrain, le tribunal décide de suspendre et de reprendre le lendemain.

Cette situation remet en scène la question du sérieux et de la discipline des ceux qui sont censés protéger la population et ses biens et veiller sur l’intégrité du territoire. Plutôt que de considérer leur arme comme un outil de travail servant à accomplir un devoir noble, ces hommes y voient un gadget leur permettant de se considérer comme les plus forts du monde. Et les conséquences sont bien connues : viols, rackets, assassinats… La liste est longue.

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Les femmes à mille bras

Publié le 8 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une femme travailleuse « à mille bras » à Bukavu

Dans la province du Sud Kivu comme dans plusieurs coins de la RDC la femme porte sur elle tout le poids de sa famille. La situation sociopolitique difficile a plongé  les fonctionnaires et agents de l’Etat dans une misère terrible. Face aux difficultés du quotidien et à la démission manifeste de l’Etat, la femme congolaise prend la relève et fait vivre le foyer. Elle cumule désormais son rôle de procréatrice, ménagère et débrouillarde.

Femme à mille bras ou à mille rôles c’est le nom qui convient. Le portrait de Safi Nabintu reflète cette triste réalité. Elle a 35 ans. Mère de sept enfants, Safi se réveille chaque jour à cinq heures du matin pour aller acheter sa marchandise à cinq kilomètres de la ville de Bukavu. Bananes, carottes, et feuilles de manioc dits sombé en kiswahili sont ses spécialités.

La tâche ne lui est pas facile d’autant plus qu’elle a un bébé ? « C’est trop pénible quand le nourrisson ne se nourrit que du lait maternel. Je ne peux pas le laisser à la maison. Je dois la trainer partout », explique-t-elle. En plus de sa marchandise déjà pesante, elle porte son bébé qui la suivra toute la journée.

Le mari de Safi est un agent de la division de l’intérieur qui ne touche pas son salaire depuis une décennie.  Il reçoit de temps en temps une prime de 21.650 francs congolais (environ 25 dollars américains). Bien que ne suffisant déjà pas à subvenir aux besoins de sa famille, cet argent ne tombe que de manière sporadique.

Ici, les hommes sont appelés « Zuk’olye », ce qui veut dire en langue locale Shi : « réveille toi et viens manger ». « Ils sont devenus des bons à rien qui dépendent totalement de leurs femmes quel que soit le moyen par lequel ces dernières trouvent de l’argent. »

Quant à l’avenir, Safi espère que les choses s’amélioreront un jour. « J’espère qu’un jour ce pays marchera. Mais tout dépend de la volonté des autorités et de tous les congolais. Si nous abandonnons la corruption et l’égoïsme, les choses peuvent aller mieux. »

Trêve de bavardage ! Le temps est précieux pour cette travailleuse acharnée, qui, après m’avoir accordé quelques minutes, rattache son bébé au coup. Je l’aide à remettre son sac au dos et la voilà qui se presse au marché.

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Le business des gardiens des prisons débrouillards

Publié le 24 juin 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Les visites à la prison sont gratuites

Les conditions ne sont pas toujours faciles pour pouvoir rendre visite à une personne incarcérée à Bukavu. Pas d’illusion à se faire, les prisons ici ne sont pas des hôtels 5 étoiles. Les prisonniers passent la nuit à même le sol et sont confinés dans une petite cellule, âge et sexe confondus.

Les personnes incarcérées n’étant pas nourries par les institutions carcérales, les familles doivent se débrouiller pour apporter à manger à ceux qui ont eu la malchance de se retrouver derrière les barreaux. Autour de ces visites s’est développé tout un business pour les policiers et gardiens des lieux carcéraux qui monnaient le droit de visite.

Malgré les nombreuses dénonciations des ONGS de droits de l’homme, Lorsqu’on apporte à manger à un prisonnier, il faut en plus prévoir entre 1000 et 1500 francs congolais de taxe forfaitaire au bénéfice des agents de garde. Lorsqu’on n’a pas assez pour payer, les gardiens se contentent alors d’une partie de la bouffe du prisonnier. Pour les visites sans bouffe, le montant exigé est compris entre 300 et 500 francs congolais.

Comprenez donc pourquoi l’Union Européenne, la Coopération technique Belge et La Koninkrijk der Nederlanden s’impliquent dans le financement de l’impression d’affiches sur lesquelles ont lit clairement : « Hakuna Malipo Kwa Kuona Wafungwa », ce qui veut dire en français : « les visites à la prison sont gratuites ».

Je suis surprise de voir que nous devions attendre l’intervention de la communauté internationale pour faire valoir des notions élémentaires comme le respect de la dignité humaine. Si l’attitude des agents commis à la garde des prisons est déplorable, pas besoin d’être un génie pour comprendre que s’ils exigent des pots-de-vin, c’est parce qu’ils n’ont pas de vrai salaire. Ainsi, comme tous les autres congolais, ils ont trouvé leur filon.

Face à la démission et au fonctionnement au ralenti des institutions étatiques, les congolais se tournent vers des modes de fonctionnement parallèles, imparfaits mais salvatrices d’une certaine manière. Dans le cas des prisons, qu’adviendrait-il si les gardiens exigeaient leurs salaires pour garder les prisons ?

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La guerre continue à faire ses victimes

Publié le 19 juin 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Enfants réfugiés du camp de Kalehe à Bukavu

La photo ci-haut montre un camp des déplacés situé au Sud Kivu dans le territoire de Kalehe, à une soixantaine de kilomètre de la ville de Bukavu. Dans ce camp et dans bien d’autres dans la région, vivent des congolais en provenance du Nord Kivu et ayant fui les conséquences de l’opération Umoja Wetu (notre union) menée conjointement par les FARDC, les Forces Armées de la RDC en collaboration avec l’armée Rwandaise contre les rebelles des FDLR (les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda).

Depuis quelques semaines, le camp de Kalehe accueille d’autres déplacés provenant des territoires de Shabunda et Mwenga, où la même opération de traque contre les FDLR est actuellement menée sous le nom de Kimya 2. Tous confinés dans ce camp, telles de sardines ne savent pas trop ce qui le attend et encore moins quand les hostilités s’arrêteront pour qu’ils puissent regagner leurs villages et leurs habitations.

Dans le camp, pas d’eau potable, pas de soins de santé et pas d’assistance humanitaire. Comme si cela ne suffisait pas, le choléra et la tuberculose se sont invité à la fête et achèvent ceux que les balles n’ont pas pu atteindre.

Le plus écœurant c’est que lorsqu’ils se tapent dessus, les faiseurs de guerre ne pensent apparemment pas aux conséquences de leurs actes. Tous ces enfants qui passent leur temps à fuir les combats ne vont bien évidemment pas à l’école. Toute une génération sacrifiée pour des intérêts égoïstes. Des têtes en moins pour essayer de sortir le Congo des ruines. Si ce sont ces jeunes qui sont l’avenir du Congo, j’ai bien peur que cet avenir ne soit pas des plus radieux.

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Le retour du bitume après des années de terre battue

Publié le 9 juin 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Le retour du bitume après plusieurs années de terre battue

Finie la Boulongologie – route en terre battue dans le jargon local de Bukavu – à la place de l’indépendance? La première couche de goudron vient d’être placée par des ingénieurs chinois.

Les travaux se tiennent à la satisfaction de la population. Certaines personnes commencent à croire peu à peu à la concrétisation des très attendus 5 chantiers. D’autres émettent des réserves. « Nous sommes joyeux de voir nos routes reconstruites mais pourvu que ça dure »lâche un passant qui observe tranquillement les travaux.

A quelques pas de la tribune du 24 novembre, un attroupement se forme et les voies s’élèvent. Deux policiers viennent de mettre la main sur une femme qui a piétiné le goudron voulant traverser de l’autre côté de la route.

En m’approchant, je vois la femme entrain de supplier en Swahili pour qu’on lui pardonne « munihurumie, sikujuwa » Traduisez : « pardonnez moi, je ne savais pas que c’était interdit de passer dessus… » Après quelques gifles, l’infortunée est relâchée. Celle-là aura appris qu’on ne s’amuse pas avec les 5 chantiers. Avec les prochaines élections qui sont normalement prévues pour 2011, il faut bien montrer à la population que les choses avancent.

N’allez pas penser que je ne me réjouis pas du fait que ces travaux débutent enfin. Ayant une certaine expérience des fausses annonces et des travaux inachevés, je préfère attendre l’avancée et la conclusion des travaux pour vraiment faire la fête.

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Les morts et les vivants cohabitent

Publié le 31 mai 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Le cimetière de Ruzizi à Bukavu

A Bukavu, les morts ne reposent plus en paix comme jadis. L’exode rural de ces dernières années a occasionné l’érection de constructions anarchiques sur les cimetières. Les croyances et traditions donnant les cimetières pour des endroits inhabitables et pas fréquentables la nuit à cause des esprits des morts qui rodent semblent être loin derrière.

Au cimetière de la Ruzizi (voir la photo), il manquera bientôt de la place pour déposer les morts. Plusieurs habitations y sont érigées et les constructeurs ne se gênent pas de jeter de côté les os et les croix pendant les travaux. Et comme les morts sont morts et ne peuvent pas écrire des mémorandums et encore moins sortir dans la rue pour revendiquer leurs droits, leurs dernières demeures sont spoliées au grand jour, au vu et au su de tout le monde. Le pire c’est que cela ne semble pas déranger grand monde.

Fait étonnant, les locataires vivants des cimetières affirment avoir des documents légaux et des autorisations de bâtir en bonne et due forme. À la question de savoir pourquoi ces personnes construisent sur un cimetière, Paulin Nundu, un habitant de l’avenue du cimetière répond : « Il n’y a plus de parcelles libres en ville. L’autorité nous a demandé de chercher un endroit libre et de le lui proposer, ce que nous avons fait. »

Plus d’une bagarre ont été enregistrés entre ceux qui viennent enterrer leurs morts et les habitants du quartier cimetière. Ces derniers ne veulent pas que des passages soient crées dans leurs parcelles pour faciliter l’accès aux tombes. Souvent, les cercueils sont déposés par terre le temps d’en finir avec les palabres.

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