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Bukavu : La viande, une denrée désormais réservée aux nantis

29 mars 2009 par Joy, Leki ya Bukavu Lu 2 442 fois Un commentaire Envoyer par E-mail

Un vendeur ambulant de charcuteries dans une rue de Bukavu

La viande est devenue une denrée de plus en plus couteuse suite aux conflits armés qui rendent certains villages inaccessibles. Les fermes, ces greniers alimentaient la ville de Bukavu ont été pillées et détruites par les belligérants. La viande consommée provient désormais du Rwanda voisin et des quelques particuliers qui élèvent leurs vaches en ville.

Manger de la viande ou tous les autres produits dérivés est devenu un privilège réservé aux nantis. Le kilo bœuf qui se vendait à deux mille deux cents francs congolais (environ deux dollars) il y a une année revient désormais à cinq dollars américains.

« Avec un dollars américain, on peut acheter une tige de saucisson qui pèse environ trois cent grammes, on donne à chaque enfant un petit morceau avec du foufou et ça suffit pour passer la journée », me confie Buhendwa, grand consommateur des saucissons.

Du côté des bouchers, c’est aussi la crise. « Avant on écoulait une ou deux vaches par jour mais depuis un temps, c’est devenu difficile. Les prix sont beaucoup plus élevés. Nous avons moins de clients qu’avant et la situation ne fait qu’empirer », dit avec inquiétude Nadège, une propriétaire de boucherie très réputée à Bukavu.

C’est qu’elle n’avoue pas, c’est qu’il lui arrive de vendre de la marchandise avariée. Avec les coupures intempestives d’électricité, elle se retrouve souvent avec de la viande pourrie dans les bras, qu’elle revend tout de même. Tant pis pour les consommateurs !

Comme personne ne contrôle la qualité des produits commercialisés, ce sont des maladies qui attendent les malheureux qui se retrouvent à ingurgiter des produits pourris. Et dire qu’il y a des gens en costards, fiers de porter des appellations honorifiques du style « excellence » ou encore « honorable ».

Un commentaire »

  • Alex Engwete dit :

    Très belle photo, Joy. J’espère en tout cas que tu n’achèteras jamais le poison que colporte ce garçon dans son panier plastique ! N’as-tu jamais remarqué une chose chez nous, Joy ? A une exception près, tous les nantis du Congo sont obèses et promènent sans honte leur bedaine qui les marque pourtant comme prochaines victimes des pathologies cardiaques et vasculaires. Beaucoup d’entre eux souffrent d’hypertension, d’hypotension, de goutte, etc. Toutes ces pathologies sont principalement causées par la consommation excessive de la « viande rouge ». Chose très grave, presqu’aucun d’entre eux ne pratique un sport. Alors que sous d’autres cieux, les riches passent leurs week-ends à nager dans des piscines, à jouer au tennis ou au golf, chez nous les riches ne font que s’empiffrer du matin au soir de viande rouge. Laisse donc aux nantis la viande rouge. Comme la cigarette, la viande tue, selon plusieurs récentes études américaines. Il faut remplacer la viande de bœuf avec de la « viande blanche » : 1) la viande de porc qui, chez nous, présente d’autres dangers, comme le ténia par exemple (j’allais en mourir quand j’avais 12 ans) ; 2) la viande des oiseaux de basse-cour ; et 3) le poisson. Selon un vieil adage, « le poisson rend intelligent » : c’est pourquoi d’ailleurs dans les anciens internats des Catholiques, c’était du « madesu » avec des « makayabo » du lundi à dimanche. Le poisson réduit aussi le risque d’accident vasculaire cérébral. Puisque je viens de mentionner les haricots (madesu), voilà un aliment qui peut valablement remplacer la viande rouge (je ne te conseille pas de devenir végétarien, puisque je viens d’insister sur le poisson). Pense aux fruits aussi : mangues, papayes, ananas goyaves et autres (évite dans la mesure du possible les avocats : ils contiennent beaucoup de graisse). Surtout, n’oublie pas les légumes verts ! Tu peux facilement te prendre en charge en termes de légumes verts en plantant quelques légumes verts chez toi ! Tous ces conseils diététiques sont sans effet si on ne consacre pas au moins une heure hebdomadaire aux exercices physiques : « Mens sans in corpore sano » (un esprit sain dans un corps sain). Puisque tu n’as pas de voiture, je le suppose, ta marche quotidienne dans les rues escarpées de Bukavu constitue un bon exercice physique.

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